01.04.2008
NUMERO 28
Pour la première fois, Nouveaux Délits parait un 1er avril, d’où le poisson dans le dos… Pour moi, c’était bien ce délai supplémentaire, aussi j’espère que vous apprécierez ce numéro.
Nouveaux délits aura bientôt son émission sur les fréquences d’Antenne d’Oc que les Lotois connaissent bien même si tous ne l’écoutent pas. Une petite radio libre et impertinente comme je les aime. Le printemps des poètes ici a été grâce au Garage Donnadieu et la médiathèque de Cahors, l’occasion d’échanger des paroles du dedans et du dehors, expériences riches et fortes qui sont les prémisses je l’espère d’un véritable courant pour créer du lien entre les gens, les lieux, les différences, surtout les différences. La parole doit franchir les murs, tous les murs et combattre l’exclusion. La parole poétique a les outils pour le faire. La parole mais des actes aussi, pour que le sens prenne corps. Je vous invite partout à faire de même, à nourrir vos rêves et oser la rencontre avec l’autre.
Après avril, vient mai et quarante ans après celui de 68 se retrouve à l’honneur ou au pilori, selon le « camp » qui est le nôtre mais je ne parlerai pas de ce que je n’ai pas vécu, je préfère regarder devant et espérer que mai 2008 sonne le réveil des consciences, dans tous les domaines et dans tous les camps.
C.G.
L’urgence c’est aujourd’hui et maintenant. Et elle demande notre appétit, notre vie, notre essor mental. L’important est d’œuvrer
par le commencement : l’hominisation de l’espèce humaine
et non la robotisation de l’animal humain.
(…)
L’utopie ne signifie pas l’irréalisable, mais l’irréalisé. L’utopie d’hier peut devenir la réalité, la pratique de demain.
Théodore Monod
In Le chercheur d’absolu
AU MENU
Délit etcétéra : textes courts de Thomas Vinau (Vaucluse)
Hommage à Jacek Kaczmarski (Pologne)
Délit de poésie : Muriel Carupt (Rhône), Cathy Garcia (Lot)
Délit gluant : L’intrus de Joaquim Hock (Belgique)
…lui-même
Grand illustrateur attitré
de cette revue
http://homeusers.brutele.be/joaquimhock
Le tout relevé de quelques « Délits d’(in)citations » qui facilitent la digestion.
Vous trouverez le bulletin de complicité au fond en sortant.
Bon appétit !

Ne parle pas du sens si tu n'allumes au soir
une lampe dans la montagne.
Frédéric Ohlen
21:09 Publié dans ÉDITOS & SOMMAIRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.01.2008
NUMERO 27
Janvier 2008
Un bon vœu
En ce passage à la nouvelle année, mes vœux n’ont pas coulé de source…
Quelque chose coince. Chaque année on se répète les mêmes choses et souvent même, le cœur y est. Pourtant quelque chose cloche, quelque chose manque. Peut-être le temps de réfléchir au pourquoi de nos comportements, habitudes, formules, croyances...
Pourquoi souhaiter tellement de bien aux autres seulement le 31/12 à minuit ?
Pourquoi se souhaiter une bonne santé alors que nous offrons des portables, des chocolats aux ogm, des aliments irradiés et gorgés de pesticides, des jouets en plastique et des parfums toxiques ?
La conscience est à la mode, on n’a jamais autant parlé écologie, éthique, ravages de la surconsommation, mais nous avons oublié ceux qui en parlaient déjà dans les années 40, 50, 60, 70. Et ceux et celles qui n’ont cessé d’alerter, de prévenir, de se mobiliser pour lutter sur tous les terrains quitte à passer pour des illuminés, qui y ont laissé leur énergie, leur raison, leur vie à force de gueuler dans les déserts…
Au début du XIXe siècle les luddites, en Angleterre, brisaient les machines… Thoreau en 1849 publiait la Désobéissance civile… Ils font aujourd’hui figure de visionnaires…
Alors ce que je souhaite pour 2008, c’est d’avoir, de garder ou de retrouver le bon sens, car avec ça et avec ça seulement nous pouvons espérer que le reste de nos vœux se réaliseront.
Le vœu de bon sens est de plus un vœu recyclable que l’on peut ressortir à chaque nouvelle année. Il n’est pas près d’être obsolète. Bien sûr, il s’agit aussi de comprendre ce qu’est réellement le bon sens car souvent il n’est pas là où l’on pense… Le bon sens est ce qui profite à tous et non seulement à quelques-uns…
Il nous faut observer, écouter, sentir avec notre cœur et réfléchir avec notre propre cervelle, et pour ce faire il faut prendre le temps. La vitesse est peu propice à la sagesse.
Le vrai slogan aurait du être : travailler moins pour songer plus.
Une bonne résolution
Nouveaux Délits, en cette nouvelle année, a donc décidé de prendre le temps de la réflexion, de la qualité plutôt que de la quantité. C’est pourquoi à partir de ce numéro la revue devient trimestrielle. Le n°28 sortira donc en avril, le 29 en juillet et ainsi de suite.
Cela fait un moment que je j’y songe, mais aujourd’hui ce changement s’avère vraiment nécessaire, pour continuer à y trouver le même plaisir. Plaisir sans lequel faire n’aurait justement aucun sens.
Pour les abonnés, votre abonnement donc va s’étirer et vous laisser le temps de savourer chaque numéro. Que ceux d’entre vous qui appréciaient le rythme actuel ne soient pas trop déçus, je vous offre un peu de temps pour autre chose. Pour prendre soin de votre bon sens.
Que l’amour vous aime !
AU SOMMAIRE :
Délit de poésie :
Emmanuelle K (Eure) donne le vertige de l’écart, quand l’obéissance est devenue impossible
Michèle Marie Petit (Saône et Loire) offre un bouquet de haïkus du dedans
Cathy Garcia présente quelques Ombromanie(s)
Délit cash : textes courts d’Alexis Alvarez Barbosa (Belgique)
Cash délit : courts textes d’Eric Dejaeger (Belgique)
Et un Délit d’(in)citation, un !
Le port du bulletin de complicité est obligatoire.
Joaquim Hock
Grand Illustrateur Attitré
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Pour bâtir haut, il faut creuser profond
Proverbe mongol
14:37 Publié dans ÉDITOS & SOMMAIRES | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
02.11.2007
NUMERO 26
Novembre le retour.
J’ai déjà parlé de la Samain oubliée au profit de sa cousine impériale Halloween, des chrysanthèmes et des citrouilles, j’ai déjà parlé de l’automne et de la transmutation, je n’ai rien dit de la chasse qui me fâche et je pourrais aujourd’hui vous parler de truffes ou d’humanitaire, de sexe ou de joyeuse et française dictature. A vrai dire, j’ai juste envie de silence, d’un verre de vin, d’un feu...
Le repli derrière la barricade solitaire* puisque tout a été trop dit, trop fait, raz de marée de bêtise…
Juste vous laisser lire ces pages, tranquillement. Vous remercier pour ça, pour cette attention, ce partage, cette curiosité qui garde en éveil.
Les mots tressent des réseaux, connectent des consciences, éveillent des sentiments communs.
Les mots tentent l’impossible alors que souvent un simple geste y suffit.
Que cette revue soit un peu comme ma main posée sur votre épaule.
C.G.
* Luis Sepulveda in La Folie de Pinochet
J’écris pour me taire s’il vous plait taisez vous
stop, écoutez, plus de paroles, plus de textes,
des yeux, des mains, un corps,
un arbre, s’il vous plait,
le son de la feuille qui tombe
Marie-Paule Blein
in Tissages mouvants
AU SOMMAIRE
Délit de poésie : Yusuf Kadel (Île Maurice), Pascal Perrot (Paris)
Délit de vagabondage : Déambulations : Cette incessante conjugaison du monde de Patrick Joquel (Alpes-Maritimes)
Délit d’autopromotion : présentation de Salines, nouveau recueil de Cathy Garcia (Lot).
Sans oublier le Délit d’(in)citation tombé sur les pages comme feuilles d’automne pour faire un bon compost où pousseront d’autres pensées (penser est subversif enfin, on vous l’a assez insidieusement suggéré !).
Bulletin de complicité en fin de numéro, dont la subversivité n’est plus à démontrer.
Joaquim Hock joaquimhock@brutele.be
http://homeusers.brutele.be/joaquimhock
Je connais lucidement et sans arrière-pensée les frontières de la communication et de l'harmonie entre moi et les autres hommes. J'ai perdu ainsi de la naïveté ou de l'innocence mais j'ai gagné mon indépendance. Je ne fonde plus une opinion, une habitude ou un jugement sur autrui. J'ai expérimenté l'homme. Il est inconsistant.
Albert Einstein
in Comment je vois le monde
12:29 Publié dans ÉDITOS & SOMMAIRES | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
01.09.2007
Numéro 25 - Septembre 2007
Merci le progrès !
mes démons de 40 kms attaquent d’autant que parce que bacon au tapis
un point de plus d’un gène absolument pas diffèrent
deux j’écris
écoute ceci êtes le texte
ceci est le texte que je tente d’écrire avec elle
logiciel de reconnaissance à vocale pas facile
de faire un édito de cette façon
mais le hasard du mérite clair
est bien en les choses parfois
sur la donne un pas résolu
parole de lune presque pourrait de la poésie libre
comprenait quelque chose crachés
sachez bien que vous êtes
fou complètement fou
au jeune en dirais pas plus pour aujourd'hui
et je crois que c'en est pas fait
en trait breton ni aurait adoré cela
il se trouve que l'esprit surréaliste 11-court N un des pattes
pas un seul ou à zéro
deux mauvais optèrent contre est que tout R dans un maire
deux n'importe quoi…
Sinon avez-vous ramassé des cailloux, des bouts de bois, des coquillages, des chiens cet été ?
C.G
Le coquillage a traversé
Des millénaires
Pour jaser à ton oreille
Il connaît la source
D’où jaillissent les étoiles
Béatrice Gaudy
in Fossile
AU SOMMAIRE
Mes complices du Délit de poésie :
Ø Keltoum Staali (Bouches-du-Rhône) qui, entre autre, rend hommage au poète algérien Jamel Eddine Bencheikh
Ø Sylvie Durbec (Bouches-du-Rhône) nous invite à une déambulation dans l’intimité de quatorze Stanze/Pièces/Stances
Ø Tang Loaec (Chine) entre l’ange et la folie, un soupçon d’érotisme.
Ø Jacques Houssay (Paris), extrait du recueil à paraître Inside Out
Délit translucide : Jean-Marc La Frenière (Québec) promène ses pattes de mouches sous le décor et dans la tasse des hommes .
Joaquim Hock joaquimhock@brutele.be Grand Illustrateur Attitré http://homeusers.brutele.be/joaquimhock
Il n'y a pas le pouvoir, il y a l'abus de pouvoir, rien d'autre.
Henry Millon de Montherlant
12:38 Publié dans ÉDITOS & SOMMAIRES | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
02.07.2007
Numéro 24 - Juillet 2007
Rouge comme le sang qui pulse au plus profond des forêts de l’âme.
Noire comme une terre féconde, une pépite d’ombre.
Rouge, noire, la poésie est libre, liber-terre.
La poésie est libératrice, elle fait sauter verrous, bâillons, cloisons, entraves.
La poésie prend la couleur du temps pour en faire un chant multicolore, multiracial, multiple et multipliable à l’infini des nuances.
La poésie vous enlace et vous relie.
La poésie est vivante, son courant abreuve les soifs essentielles, sa caresse réveille l’être qui sommeille dans le zombie.
La poésie est vivante et sa morsure enivrante.
Sa chair douce, chaude est le pain du rêve.
La poésie est fragile mais le moindre de ses fragments capte et renvoie la lumière.
La poésie est une eau qui s’insinue dans les fissures, dans la plus petite de vos failles, une eau ardente qui dissout masques et mensonges.
La poésie est vivante et balaie d’un seul revers slogans, calculs, statistiques.
La poésie est immense, monstrueuse, incroyable, incommensurablement puissante. Elle vous arrache les tripes, vous broie et vous régénère.
La poésie, vous n’imaginez même pas !
Elle est en marche, la poésie est vivante !
C.G.
qui est vivant ? qui est mort ?
les fantômes dansent pour la dernière fois, je les regarde
de ma salle d'attente futuriste
et je me souvient d'une phrase de MR COCTEAU
les poètes se souviennent de l'avenir
Sébastian D., 2005!
AU SOMMAIRE
"Djamel Mazouz" le cocuou en flagrant délit de vol… l’auteur de deux des quatre textes publiés dans ce numéro est donc en réalité Nicolas Franck. Ne connaissant pas l’auteur des deux autres poèmes, Immigré, mon frère et Une gare la nuit, je les supprime de la présente ré-impression et je les remplace par Lettre ouverte à mon plagiaire de Nicolas Franck…
Délit de poésie :
Θ Tristan Cabral (Hérault), d’un recueil à paraître : Les Morts m’ont tout appris, NRF 2007.
Θ Christian Saint-Paul (Hte-Garonne), de L’enrôleuse - Encres Vives n° 335
Θ André Chenet (Alpes Maritimes), d’un recueil à paraître : Les replis de l’écrit.
Θ Sénamé Koffi Agbodjinou (Paris), du recueil inédit Marée noire… suivi de Afin que nul ne meure.
Délit mobile : Cathy Garcia (Lot), de Bangkok à Varsovie, un nouvel extrait des Calepins voyageurs – Journal intime en tournée 1997-2002.
Le tout agrémenté d’un Délit d’(in)citations en pluie pour baigner vos neurones. Bulletin de complicité toujours en fin de numéro, libre de droits.
Attention l’adresse postale a changé.

Joaquim Hock joaquimhock@brutele.be
http://homeusers.brutele.be/joaquimhock
A la richesse appartient la graisse
à oindre les testicules
Proverbe Toucouleur, Sénégal
12:20 Publié dans ÉDITOS & SOMMAIRES | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
07.05.2007
NUMERO 23 - Mai 2007
En mai, la moitié de la France s’est une fois de plus fait embobiner. Faudra pas venir pleurer ensuite. J’avais décidé d’attendre le second tour de manège pour écrire cet édito alors voilà, je suis consternée mais pas étonnée.
Peuple qui bêle nourri de propagande télévisée, de bouffe industrielle, de gadgets et de rêves pré-digérés. Peuple vieillissant dans la peur de l’Autre, peuple qui veut dévorer en toute tranquillité des acquis empruntés aux générations à venir, peuple drogué aux antidépresseurs, aux pilules à dormir, pilules à bander, pilules à vivre. Peuple crédule et imbécile, toujours avide de croire au père noël, au gentil père fouettard, dont la France a besoin, car le peuple ne mûrit pas à l’ombre des panneaux publicitaires.
Le peuple veut avaler des couleuvres toujours plus et encore pourvu que l’arôme leur soit doux au palais. Peuple molletonné dans ses angoisses sans jamais en comprendre les racines. Peuple qui n’a jamais su tirer des leçons de son Histoire et qui préfère ne pas voir certains détails plus que gênants dans le parcours d’un homme sous prétexte qu’il a dit qu’il avait changé. Puisqu’il vous le dit !
Alors nous n’avons plus qu’à attendre maintenant la suite du spectacle…
Du travail et des jeux pour le peuple ! Il ne manquera pas d’individus génétiquement qualifiés pour nourrir les fauves et la vindicte populaire dans l’arène minable de ce pays.
Nous n’avons plus qu’à attendre que le petit Nicolas sorte le plein emploi de sa mallette de technocrate. en le tenant fermement par les oreilles pendant que nous chanterons avec son copain Lagardère, l’hymne pour la paix de Mireille Matthieu. C’est vrai qu’on sent bien là l’espoir, le renouveau et une seconde jeunesse pour notre beau pays grisonnant.
Quant aux jeunes, les autres, qu’ils se dépêchent de prouver leur mérite et leur capacité à obéir, sous peine d’être génétiquement considérés comme inutiles et nuisibles !
Vive la République, vive la France !
CG
Aux hommes et aux peuples, il suffit de faire avaler des couleuvres pour qu'ils chient des vipères.
Raoul Vaneigem
in Pour l'abolition de la société marchande pour une société vivante
AU SOMMAIRE
Délit de poésie : Majid Kaouah (Hte Garonne) et Serge Bouzouki (Lot).
Délit inédit de Michel Host (Paris) qui nous offre à goûter un hiver absolu cuvée 72 et quelques nouvelles-express d’un recueil à venir.
Délit d’auto-édition : Cathy Garcia (Lot) présente Les années chiennes, série auto-digestion, un recueil tout frais de vieux poèmes (1989-1997).
Délit étrange de méduses, de Mexique et de ronces par Philippe Pilato (Alpes Maritimes).
Délit à vif : Fonctions vitales de Anne Jullien (Finistère) plus quelques fragments de chair.
…Et encore dans ce numéro un délit d’(in)citations à croquer et le Bulletin de complicité à semer à la volée, partout même sous les lits…
Joaquim Hock
Grand Illustrateur Attitré
http://homeusers.brutele.be/joaquimhock
Aldous Huxley
La revue Nouveaux Délits reste ouverte de pages et d’esprit
et ne s’expatriera pas, mais envisage de se proclamer
république poétique autonome.
contact : revuenouveauxdelits chez orange point fr
16:35 Publié dans ÉDITOS & SOMMAIRES | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
05.03.2007
NUMERO 22
Mars 2007
NUMERO 22
Edito planning
Ce mois de mars 2007 marque une première dans l’existence de la revue qui aura 4 ans cette année, comme ma fille. En effet Nouveaux délits est l’invitée des associations Thot’M pour un Café littéraire, le 16 mars à Tarbes et Zygo, dans le cadre du Festival de Poésie Partagée, du 24 au 28 à la Ciotat. La voilà donc qui pointe son nez hors les murs, pour s’aventurer dans le monde e-x-t-é-r-i-e-u-r.
Venez nous rencontrer si vous passez par là. Sait-on jamais !
Je remercie de tout cœur ces deux associations d’oser présenter cette toute petite revue qui de plus, n’a pas vocation de plaire, mais plutôt de titiller, bousculer le sommeil ambiant, y compris celui des poètes… qui de marchés en salons, en oublient parfois de sentir les remous qui s’emparent de la poésie.
Poésie comme parole qui témoigne. Poésie qui dégouline sur les murs, une éponge trop pleine entre deux poings trop serrés. Poésie qui se fait son, souffle, cri.
Je remercie aussi tous ceux et celles, auteurs, illustrateurs, abonnés, lecteurs, échangeurs, tous ceux et celles qui curieux de la vie, de l’Autre, ont apporté leur étincelle à cette revue-miroir à multiples reflets. Sans vous, rien ne serait.
Et j’espère continuer longtemps encore à partager, échanger, diffuser des nouveaux délits.
Il n’y a pas plus subjectif qu’une revue menée par une seule personne mais c’est ce qui lui donne sans doute sa particularité. Tous les auteurs publiés ont pour premier point commun de m’avoir troublée, titillée, bousculée d’une façon ou d’une autre.
Et parce qu’il faut beaucoup de particularités pour faire un monde fertile, j’encourage vivement chacune et chacun à profiter du printemps pour se lancer dans le semis de revues et la diffusion sporadique de la parole-témoin par tous les moyens possibles.
C.G.
Parole de pierre
Parole d’épine
Parole de fleuve
Parole de lion
Frappe-moi ça tam-tam
Jean-Marie Adiaffi
in D’éclairs et de foudres
AU SOMMAIRE
Délit sauvage : Nina Louve (Québec), en liberté.
Délit du Fou : quelques songeries inédites de Werner Lambersy (Paris).
Mes complices du Délit de poésie : Frédéric Ganga (Var) et Diane Meunier (Dordogne).
Délit en boite : Les petits pois rouges de Patrick Evrard (Lot), extraits de poésie en conserve .
Et toujours le Délit d’(in)citations pour ceux qui n’aiment pas lire et le Bulletin de complicité dont la diffusion sporadique est fortement autorisée.
Joaquim Hock joaquimhock@brutele.be
Grand Illustrateur Attitré de Nouveaux Délits
http://homeusers.brutele.be/joaquimhock

Mais qu'est-ce qu'un révolté, Monsieur ?
Quand un homme est broyé et qu'il se tait,
c'est un individu normal.
S'il proteste et réclame son droit,
c'est un révolutionnaire !
René Char
in Le soleil des eaux
Nouveaux Délits est ouverte à tous les courants d’air, d’idées, envies, propositions.
Pour l’instant… alors profitez-en. Le prochain numéro sera peut-être interdit !
15:20 Publié dans ÉDITOS & SOMMAIRES | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
31.12.2006
Numéro 21
divisez en dansant le claquement des fouets (Paul Eluard)
Je vous souhaite donc à toutes et à tous une merveilleuse année 2007 pleine de jours et de nuits.
Une année 2007 remplie de petits matins volés et de joyeuses heures apéritives, une année gorgée de sourires, de chaudes poignées de mains, de baisers, de câlins.
Une année 2007 pleine de regards aimant, de mains tendues, de mains levées aussi…
Pour dire stop ! Suffit la logique marchande qui voudrait nous séduire pour toujours mieux nous réduire. Je sais je me répète, mais si c’était si évident que ça…
Une année 2007 où les nantis remettent en circulation toute l’énergie qu’ils ont amassée, pour que les caillots bancaires cessent de faire crever bien plus d’un tiers du monde.
Une année 2007 où les fachos fondent au soleil comme neige sale, où les manipulateurs en tout genre ne trouvent plus aucun pantin au bout de leurs ficelles.
Une année 2007 où le mot justice signifie justice pour tous.
Y’a du boulot ! Chaque nouvelle année qui passe nous met face à des choix essentiels. Chacun d’entre nous, individu unique, est en devoir et en droit d’assumer son originalité propre, d’en tirer le meilleur et de l’apporter au monde comme une richesse ajoutée à d’autres innombrables richesses, absolument non quantifiables, non industrialisables, non marchandisables.
Oh oui, je pourrais vous souhaiter tant et tant de choses, mais à vrai dire tout ça est pur égoïsme, car en réalité tout ce que je vous souhaite, c’est pour moi que je le souhaite.
Pour moi et mon enfant, et les enfants de mon enfant, et les enfant des enfants de nos enfants…
CG
L'abondance ne peut durer que si des groupes toujours plus larges sont appelés à la partager,
car c'est seulement alors que le mouvement peut se poursuivre sans se muer en son opposé.
Hexagramme Fong
in Yi-king, Le Livre des Transformations
Mes complices du Délit de poésie :
Pierre Colin (Hte Pyrénées), Trouble en moyenne parole ;
Daniel Leduc (Val d’Oise), Quelques traces dans le vent ;
Jacques Zabor (Paris), un extrait de Clap de fin plus La canopée
Christian Erwin Andersen (Belgique), des extraits de Bris de verre, nouveau recueil à paraître
Délit alimentaire à la sauce Marlène Tissot (Drôme)
Illustratrice Invitée :
Corinne Pluchart (Seine et Marne)
corinne.pluchart@free.fr
- Je vous apporte mes vœux.
- Merci. Je tâcherai d'en faire quelque chose.
Jules Renard
in Journal (28 janvier 1901)
16:43 Publié dans ÉDITOS & SOMMAIRES | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
03.11.2006
NUMERO 20
Juste une question :
comment sortir de l’impasse autrement que broyés menus en petites barquettes ?
Nous les sinistrés du sens, téléphones portables dotés de roues parfois motrices, un caddie à la place du ventre et des doigts extra-plats à débit différé.
Nous, la chair à statistiques, fournisseurs crétinisés d’audimat, ressources humanoïdes à profils bas pour des profits toujours plus gros, travailleurs qui ne savent plus pourquoi, chômeurs qui savent…
L’édito n’est pas une réponse.
Juste une question :
accepterons-nous enfin cette aide humanitaire que nous offre depuis des siècles quelques peuples pas encore tout à fait disparus ?
Peuples gardiens de savoirs immémoriaux grâce auxquels nous pourrions peut-être sauver ce qu’il reste de nous-mêmes. La petite part encore humaine.
Les jours sont nombreux
mais ils sont contrariés par un seul.
Proverbe vakaranga, Zimbabwe
Mes complices du Délit de poésie : Philémon Le Guyader (sur la route) avec des fragments de Novembre à Prague et Cafés de la pleine lune, Roland Nadaus (Yvelines), Jay Black (Canada) et Serge Grah (Côte d’Ivoire) en quatrième de couverture.
Délit de vanité : Ludovic Kaspar (Yvelines) sous toutes ses dé-coutures
Vous pouvez encore abuser sans modération du Délit d’(in)citations et du Bulletin de complicité, les effets secondaires n’en seront toujours que meilleurs, vous aimez les girafes ?
Jean-Charles
In paroles d'élèves La Foire aux cancres
Nouveaux Délits est encore ouvert à tous courants d’air, d’idées, envies, propositions. Jusqu’aux prochaines présidentielles… alors profitez-en.
16:25 Publié dans ÉDITOS & SOMMAIRES | Lien permanent | Envoyer cette note
17.09.2006
NUMERO 19
Et je songe aux miennes qui sont européennes, Espagne, Angleterre, catholiques, protestantes. Mes racines… Des conquistadors, des envahisseurs, des colons, des esclavagistes, des exploiteurs, des pilleurs, des violeurs, des assassins…
Mes racines sont gorgées de sang avec lequel s’est bâti un empire.
Des fleuves de sang versé qui ont infiltré mes cellules, et je suis née comme ça, hantée par les cris, les pleurs, la rage et le désespoir de tous ces peuples, hommes, femmes et enfants humiliés, décimés, réduits à néant. Je porte ce poids, ce sang lourd d’injustices non réparées et je tente d’y puiser un peu de cette dignité dont nous avons perdu le souvenir.
Mes racines sont gorgées de sang avec lequel s’est bâti un empire pour néo-humains sous plastique, élevés en batteries sophistiquées et non dénuées de confort, il faut le dire.
Je ne porte pas de culpabilité. Je ne veux pas payer pour des crimes que je n’ai pas commis de mes mains, mais j’aurais terriblement honte si je cautionnais par mon silence et mon indifférence ce qui perpétue ces horreurs encore et encore, quels que soient les noms sous lesquels on les dissimule.
Mes racines sont gorgées de sang avec lequel s’est bâti un empire.
Un empire arrogant, plein de mépris, imbu de son pouvoir temporel, si illusoire en vérité face à l’immensité de notre ignorance. Un empire menteur, cupide, violent, barbare, sans respect, sans aucune grandeur.
Mais cela avait été dit, ce sang reviendrait hanter l’esprit des enfants, petits-enfants, petits-petits-enfants des assassins et aujourd’hui la tribu des opprimés ne cesse de croître mais l’énergie humaine n’a pas dit son dernier mot.
Une énergie spirituelle, une poésie dont le savoir s’est perdu dans les ténèbres de l’Histoire.
Son souffle baigne nos cellules en permanence. Cette énergie comme une vague vient régulièrement se briser sur les récifs mais ne meurt jamais… La roue tourne, soyez attentifs.
CG
deux ou trois images de ces dérélictions, de ces tortures, et que nous nous grisons discrètement de nos indignations magnanimes, de la générosité de nos émotions, de nos serrements de cœur sous-tendus par la satisfaction,
plus discrète encore, de n'être que des spectateurs – mais dominants.
Viviane Forrester
in L'horreur économique
Mes complices du Délit de poésie : Pascal Perrot (Paris), Denis Heudré (Ille et Vilaine), Alexandre L. Amprimoz (Canada), Farid Chettouh (Algérie), plus invité spécial, Mohamed Ksibet (Syrie), en quatrième de couverture.
et le retour de
Joaquim Hock
le saltimbanque était méprisé :
Les sédentaires se jugeaient supérieurs aux errants.
Aujourd'hui, l'homme immobile regarde l'homme bolide écraser sa volaille
et disparaître dans une poussière de gloire.
François Mauriac
in La Province, 1964
19:45 Publié dans ÉDITOS & SOMMAIRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note













