01.04.2008

poisson d'avril !

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   Cathy Garcia

 

L'avantage de la soupe de poisson, c'est que le poisson est dans son élément.
in L'intégrale des brèves de comptoir 1992-1993

JM Gourio

07.01.2008

un peu de couleur

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Cathy Garcia

 

L'eau limpide
ni dedans
ni dehors

Chiyo Fukumasuya

 

 

 

02.11.2007

de l'art...

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©Cathy Garcia (recyclage de couverture ratée)
 
 
 
 
Victoire sur la mort, l’œuvre d'art s'identifie à la vie et il n'y a de vie connue qu'individuelle. Singulière. Originale. Solitaire. Entêtée. L’œuvre fait une espèce animale à soi seul, puisque son arbre, phylogénétique, produit des fruits ou des bourgeons individués, livres, musiques, films ou poèmes. Elle vient donc de la disposition unique des neurones et des vaisseaux sanguins. Jamais de la banalité collective. Inverse de la mode, opposée à ce qui se dit, elle résiste par définition aux médias, je veux dire à la moyenne.
Michel Serres
in Le Tiers-Instruit

01.09.2007

Ordre du Mistigri

RÈGLE DE L’ORDRE DU MISTIGRI
 
Article 1.  Le chevalier s’engage à secourir tout animal en détresse, et singulièrement les chats, autant qu’il sera en son pouvoir et en toute occasion qui se présentera, sans jamais oublier que l’être humain participe également de la nature animale.
 
Article 2.  Le chevalier sera adoubé  - il recevra ses armes symboliques (l’Acte) – dès qu’il aura accompli une première action notoire, une prouesse en faveur d’un animal, celle-ci devant être portée à la connaissance du Maître de l’Ordre [1].
 
Article 3.  Le chevalier aura à honneur d’accomplir autant de prouesses qu’il lui en sera donné occasion. Il agira avec largesse, c’est-à-dire sans mesurer son temps, son énergie et sa fortune. Il fera montre de courtoisie, ne s’attribuant point des prouesses qui seraient d’autrui ou imaginaires, et ne faisant valoir que ce qu’il aura accompli lui-même en faveur des animaux, la confiance étant en la parole de chacun.
 
*
*    *
 
La devise de l’Ordre est :   AD MAJOREM MISTIGRI GLORIAM
 
 
L’Ordre a été fondé le 22 juin 2000, à la suite du sauvetage d’une petite chatte prisonnière du jardin intérieur de la BN du quai François Mauriac, prouesse mémorable qui vit la victoire des premiers chevaliers sur l’entêtement et le silence administratifs. La chatte, appelée Feather, coule aujourd’hui des jours heureux aux Pays-Bas.
 
Chaque chevalier est invité à créer sa devise personnelle.
 
 
Le bulletin ENTRE-CHATS, qui paraît de 3 à 4 fois par an, est envoyé aux chevaliers à leur adresse internet, à charge pour eux de l’imprimer, et de le diffuser éventuellement autour d’eux. Tous les textes, articles, poèmes, récits, contes… des chevaliers ou de leurs proches et amis sont reçus avec plaisir à l’adresse internet ci-dessous, et publiés dans ENTRE-CHATS.
                                                                        Le Maître de l’Ordre : Michel HOST
 
 
[1] A la rédaction du bulletin ENTRE-CHATS :  michhost@club-internet.fr

 

02.07.2007

L'enfant nu, d'Esméralda Romanez

L'ENFANT NU
 
Au terrain vague des Tsiganes
Où papillonne l'enfant nu,
Aux marches froides des ghettos,
Aux usines où l'on enchaîne
Hommes et femmes pour la soupe,
Aux fonds des prisons politiques,
A la caserne " troisième âge "
Où l'on exile le vieillard,
A la réserve des indiens
Crevant au cœur d'un peuple " neuf "
Indifférents " civilisés ",
Aux trottoirs noirs des rues des ports,
Aux piloris nauséabonds
Où pourrissent des innocents,
A la braderie de l'amour,
Aux cris des chambres de torture,
Aux vieux bordels de Thaïlande
Où se consument des enfances,
A la merde des bouges noirs,
A la longue désespérance
De la putain de quatorze ans,
Il me faudrait gueuler l'espoir... !
Dans le bleu tendre du matin,
Au terrain vague des Tsiganes
Où papillonne l'enfant nu,
J'entends un orchestre d'oiseaux
... Ecoute ami, entends la vie,
Elle serait belle...
Respecte là !
 
Esméralda Romanez
 
 
« Fille de déporté, je ne peux oublier le regard que mon père posait sur l'humanité.
Il n'était jamais réellement revenu de là-bas. Il a connu les camps Français puis la déportation vers Dachau, Matahausen, Ebensee, Chelmno. Trop de Tsiganes (750.000) ne sont jamais revenus des camps de la mort pour permettre à notre gouvernement de ne pas reconnaître son implication directe dans l'internement  et la déportation de milliers de Tsiganes
»
 
Esméralda Romanez,  46 ans de voyage à l'ancienne (verdine, cheval) avec ses parents et grands-parents puis seule avec ses enfants alors que ses frères et sœurs ont tous choisi les attelages modernes. Caractère bien trempé. Avec ses fils aînés, elle brave les foudres familiales pour apprendre à lire et à écrire. Elle passe un diplôme d'état d'infirmière et pratique son métier en intérim puisque sa vie c'est le voyage.  En 1990, une sclérose en plaque l'oblige à se sédentariser. Elle choisit le petit village des Saintes Maries De la Mer dans les bouches du Rhône. Hélas - ce village n'a de "gipsyland"que sa renommée mondiale. Elle tient bon cinq ans puis choisit de s'établir: SAMUDARIPEN qui veut dire en langue Romani "Génocide Rom", l'autre est un coup de cœur : Le club des Poètes Arlésiens. Son site : http://gensduvoyage.oldiblog.com/


 
« Il n'y a pas de sous race... Personne ne choisit sa naissance mais nous avons le devoir de ne pas vivre à genoux.... »
 
 
 
 
 
 
 

07.05.2007

MANIFESTE "INSURRECTION POÉTIQUE !"


Dire que la poésie demeure une onde de choc, capable de secouer ce siècle désossé, dont les miracles mous ne créent que lassitude.

Entre les poètes académiques et la "poète academy", ne pas choisir : résister ! Prouver qu'il est d'autres voies que la "poésie éprouvette" pour laborantins du mot. Que la poésie constitue notre dernier espace de liberté, de rêve, de réflexion, où palpite encore le cœur de la nécessaire utopie … et sur lequel nul n'ait songé à installer un parcmètre !

Qu'elle est ce flux d'adrénaline qui nous rend démesurément vivants. Qu'elle soit dure ou douce, sucrée ou épicée, elle est à mille lieues de la fade tisane comme du migraineux pensum.

Clamée, scandée, incarnée, elle est la plus sûre arme contre la médiocrité.

 
Oser la subjectivité. Toute poésie ne se vaut pas. Certaines sentent même le faisandé ! Refuser de toutes ses forces les présentations-naphtaline, le culte du "tout se vaut" et les disséqueurs de la rime. La poésie se ressent, se respire. Elle ne s'analyse pas, pas plus que la musique.

Ceux qui la disent invendable sont souvent ceux-là même qui se complaisent dans un élitisme nombriliste et poussiéreux.

Rompre le cercle et rentrer dans l'arène, faire entendre des voix vivantes et vibrantes à ceux et celles qui disent ne pas aimer les poètes d'aujourd'hui sans pouvoir en citer un seul, parce que personne n'a su les leur faire connaître et aimer.

 
Investir les médias, ne reculer devant aucun support pour promouvoir une poésie libre, généreuse, populaire, exigeante ET jouissive. Griots ludiques qui propagent leurs rages et leurs émerveillements et proposent des voyages d'où l'on revient changés;

 

"Insurrection poétique !" est en marche … Rien ne pourra l'arrêter !





Pascal Perrot

05.03.2007

Appel à soutien des clowns sans frontières


«Les yeux ébahis d’une gamine de Gaza, l’éclat de rire d’une grand mère de Sarajevo, les cris de joie des enfants de Kaboul, c’est un peu de goût de vivre retrouvé, la dignité rendue.»
(P.A Grenier, écrivain)

Partout dans le monde, Clowns sans frontières organise des spectacles et des ateliers pour les populations victimes de la guerre et de la misère.

Depuis 13 ans, l’association a offert plus de 1 000 spectacles pour 300 000 enfants et a mis en place des projets de long terme (initiation artistique auprès d’enfants ou d’éducateurs, travail avec des artistes locaux...).

Aujourd’hui, l’équilibre financier de l’association est menacé.
Pour continuer d’agir, nous avons besoin de votre soutien.

Votre soutien est indispensable pour pérenniser 7 projets en 2007 pour plus de
30 000 enfants : en République Démocratique du Congo, en Moldavie, en Afghanistan, en Uruguay, en Birmanie, au Bangladesh et au Soudan.



NOUS COMPTONS SUR VOUS, MAINTENANT.




Pour offrir votre soutien

Clowns sans frontières - 70 bis rue de Romainville, 75019 PARIS
Tel 01 42 01 14 14
Email : clowns@wanadoo.fr
Site : www.clowns-sans-frontieres-france.org

31.12.2006

Utopies de Eduardo Galeano

UTOPIES

 

(extrait)

 

 

 

Nous allons porter les yeux au-delà de l’infamie, pour deviner un autre monde possible.

 

Un autre monde où :

 

 

 

* dans les rues, les automobiles seront écrasées par les chiens ;

 

* les gens ne seront pas conduits par l’automobile, ni programmés par l’ordinateur, ni achetés par le supermarché, ni regardés par la télé ;

 

* on introduira dans le code pénal le délit de stupidité, que commettent ceux qui vivent pour posséder ou pour gagner, au lieu de vivre tout simplement pour vivre, comme un oiseau chante sans savoir qu’il chante et comme un enfant joue sans savoir qu’il joue ;

 

* on n’emprisonnera plus les jeunes qui refusent de faire leur service militaire, mais ceux qui veulent le faire ;

 

* les économistes n’appelleront plus niveau de vie le niveau de consommation, et n’appelleront plus qualité de vie la quantité de choses ;

 

* les politiciens ne croiront pas que les pauvres sont enchantés de se nourrir de promesses ;

 

* la solennité cessera de croire qu’elle est une vertu, et personne ne prendra au sérieux l’individu incapable de rire de lui-même ;

 

* la mort et l’argent perdront leurs pouvoirs magiques, et le décès ou la fortune ne feront pas d’une canaille un homme vertueux ;

 

* le monde ne sera plus en guerre contre les pauvres, mais contre la pauvreté, et l’industrie de l’armement n’aura plus d’autre solution que de se déclarer en faillite ;

 

* la nourriture ne sera pas une marchandise, ni la communication un commerce, parce que la nourriture et la communication sont des droits humains ;

 

* nul ne mourra de faim, car nul ne mourra d’indigestion ;

 

* les enfants de la rue ne seront plus traités comme s’ils étaient de l’ordure, car il n’y aura pas d’enfants de la rue ;

 

* les enfants riches ne seront plus traités comme s’ils étaient de l’argent, car il n’y aura pas d’enfants riches ;

 

* l’éducation ne sera pas le privilège de ceux qui peuvent la payer ;

 

* la police ne sera pas la malédiction de ceux qui ne peuvent l’acheter ;

 

* la justice et la liberté, sœurs siamoises condamnées à vivre séparées, seront à nouveau réunies, épaule contre épaule ;

 

* une femme noire sera présidente du Brésil et une autre femme, noire, présidente des Etats-Unis ; une Indienne gouvernera le Guatemala et une autre le Pérou ;

 

* en Argentine, les folles de la place de Mai – las locas de la plaza de Mayo – seront un exemple de santé mentale, car elles refusèrent d’oublier à l’époque de l’amnésie obligatoire ;

 

* les déserts du monde et les déserts de l’âme seront reboisés ;

 

* les désespérés seront espérés et les égarés seront retrouvés, car ce sont eux qui se désespérèrent à force d’espérer et qui s’égarèrent à force de chercher ;

 

* nous serons les compatriotes et les contemporains de tous ceux qui voudront la justice et qui voudront la beauté, quels que soient l’endroit où ils seront nés et l’époque où ils auront vécu, sans accorder aucune importance aux frontières de la géographie ou du temps ;

 

 * la perfection restera l’ennuyeux privilège des dieux, mais, dans ce monde fou et foutu, chaque nuit sera vécue comme si elle était la dernière et chaque jour comme s’il était le premier.

 

 

 

Eduardo Galeano in Sens dessus dessous, Ed. Homnisphère

03.11.2006

J'ai honte, de Serge Grah


J’AI HONTE

J’ai trouvé le mot
Oui honte est le mot
Honte occupe ma bouche
mon âme
mon cœur
mon souffle
J’ai honte, honte et honte
De cette bêtise érigée au rang d’esprit éclairé
Ces crues de poubelles mortelles déversées dans notre vie
Cette pollution que l’on respire aujourd’hui le mieux
Oui, chacun a son lot de bêtise
Au voisin bedonnant qui vous la passe
La contagion du temps
Quelle honte !
Oui j’ai terriblement honte
De ces politiciens du ventre qui marchent sur le peuple
Ces hommes qui n’ont appris à caresser que par strangulation
Ces intellectuels qui ne voient que pour leur chapelle
J’ai honte de la brise fétide de leur haleine irrespirable
J’ai honte de cette société si vile
Cette Côte d’Ivoire qu’on ridiculise à tout vent
Et qu’on déchiquette avec délectation
Ce beau pays qui se décompose
Ce pays dont on pille l’avenir
Mon Dieu ! Où allons-nous avec ces bêtises ?
Oui j’ai honte, honte et honte
De cette guerre qui perdure dans la bêtise
Ces combattants qu’on traîne sans âme
Ce chantage-désordre international éhonté
J’ai honte de ces morts sans nom qu’on brandit tel un trophée
Ces morts sans nombre qui hantent nos nuits
De ce sang qui partout coule
Sur l’injustice des morts à venger dans le sang
J’ai honte de cet océan d’infinies misères
J’ai honte et le dégoût me prend à la gorge
J’ai honte de ce temps de trahisons
temps de mensonges
temps de lâchetés
temps de haines
temps d’injustices
temps dégénéré
qui dégénère la vie jusque dans ses racines
Oui j’ai honte de cette lutte imbécile contre les meilleurs
Ah ! Quelle souffrance est donc la mienne !
Comment réprimer cette honte qui me meurtrit ?
Le peuple n’a plus pour pitance que souffrance et douleur
Dans le silence effrayant du matin endeuillé
Mais ce silence se taira-t-il toujours
Quand frappe bruyamment la mort ?
J’ai honte de moi-même
Oui, j’ai honte
honte de tout
Et Dieu m’est témoin

J’ai Honte

Serge Grah, Côte d’Ivoire
serge_grah(chez)yahoo.fr

17.09.2006

Une fleur sous la pluie de Mohamed Ksibet à Joumana Haddad*

Une fleur sous la pluie
à Joumana Haddad*
Par le temps du printemps
Je voulais te dire
Comme Akhmanova
Toi et moi
Deux montagnes qui jamais
Ne se rencontrent
Et entre elles un pont si long
Un pont de mots et de poèmes jamais trahis
Mais voici qu’il pleut
Et voici
Qu’ « il pleut sans cesse sur Beyrouth »
Mais c’est une pluie à Prévert
Pluie de haine
De gravas et de fer
 
Que vois-tu sur la rade
Mon amie ?
Combien de fillettes vois-tu dans cette nuit sombre
Pleurant les conneries des hommes
Et voici qu’il pleut mais
C’est une pluie à Dylan
Pluie drue, sombre
Et de cendre
Pluie qui dresse
La mort de ces nuits d’été
Qu’entends-tu
Mon amie ?
Entends-tu ces cris
Des oiseaux qu’on blesse ?
Entends-tu ce bruit
De l’herbe étouffée ?
Oui mon amie
Dit aux enfants sur la rade
De crier leur colère
De crier
De crier …
Tisse leur une voile
Pour que ce  navire inconnu
Avance dans les eaux
Pourpres de la mer
Pour que la mémoire des hommes
Se réveille
Avant que ces pluies
Ne deviennent
Celles d’Ibuse
Mohamed Ksibet
mgus2000@yahoo.fr
Brest, 31 Juillet 2006
*poète libanaise qui a préféré rester sous le bombardement israélien sur Beyrouth au lieu de partir dans le premier navire mis a sa disposition

 

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