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16/10/2018

Petite histoire essentielle de la futilité lu par Majead At'Mahel (@rt'felinat)

 
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"J'ai beaucoup aimé le recueil de Bruno Tomera. Une plume comme je les aime : pointue, profondément humaine, drôle, d'une haute voltige métaphorique, réaliste et pertinente."
 
15/10/18
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

09/09/2018

Le numéro 60 lu par Marilyne Bertoncini pour la revue Recours au poème

Les Revues “pauvres” (1) : “Nouveaux Délits” et “Comme en poésie”

Par | 4 septembre 2018|Catégories : Comme en poésieNouveaux DélitsRevue des revues

Ce n’est certainement pas à l’excellent qualité des contenus et des projets  que renvoie le terme « pauvre » – mais comme pour ce qu’on nomme « l’art pauvre », je voudrais par ce titre souligner l’inventivité, les maigres ressources (les abonnements et l’investissement bénévole des revuistes), et ce génie de l’utilisation des bouts de ficelle qui permet de concocter des revues ne le cédant en rien aux plus connues, mais qui vivent à la marge, en raison de la confidentialité de leur diffusion.

 

« Nouveaux Délits, revue de poésie vive » en est un excellent exemple : de petit format (une feuille A4 pliée en 2), agrafée sous une couverture rousse, il offre 54 pages d’excellente poésie accompagnée d’illustrations en n&b – un illustrateur différent invité pour chaque numéro – imprimée sur papier recyclé : « Du fait maison avec les moyens et la technicienne du bord, pour le plaisir et le partage. » ainsi que le déclare la maîtresse d’œuvre, la poète Cathy Garcia, qui mène contre vents et marées cette entreprise depuis 15 ans, et à laquelle je cède la parole en recopiant l’édito du numéro 60, dans lequel on lit l’enthousiasme et les difficultés de l’entreprise. (...) 

 

 

 

"Ce n’est pas quelque chose sur quoi j’aime m’étaler mais il faut savoir peut-être que si cette revue existe, c’est par une sorte de passion entêtée de ma part, car elle est réalisée (volontairement) sans subvention et bénévolement, dans un contexte de précarité permanente, qui a d’ailleurs tendance à s’accroître d’année en année et ce numéro 60 a eu un accouchement particulièrement difficile. Cependant, je crois bien qu’au final, c’est un beau bébé ! Un peu étrange, douloureux même, mais riche de toute sa complexité humaine et de cette énergie qui passe dans les mots, qui les traverse et parfois nous transperce, cet appel d’air, ce désir indéfinissable de saisir, en nous et hors de nous par les filets de la parole, ce qui le plus souvent demeure insaisissable.”

 

Feuilletons ensemble ce numéro fatidique : après l’édito que nous venons de citer in extenso, le sommaire : 7 poètes pour cette livraison, dans une partie intitulée « Délit de poésie » puis deux livres présentés dans la rubrique « Résonance ». Suit la mention intriguante « Délits d’’in)citations percent la brume des coins de page » : en effet, la revue est ponctuée de citations plus ou moins longues, dans l’angle des pages non numérotées : on trouve dans ce numéro un proverbe russe, Victor Hugo, Daniel Biga, un haïku de Sôseki… ou encore – en écho au poème de Valère Kaletka, « Le lieu », cette phrase de l’humoriste Pierre Doris : « C’est très beau un arbre qui pousse dans un cimetière. On dirait un cercueil qui pousse ». Car l’entreprise de Cathy Garcia, on le comprend vite, n’est pas dépourvue de cette distance souriante, qui lui a fait choisir le titre provocant de cette publication, liée à l’association et aux éditions Nouveaux délits, à Saint Cirq-Lapopie – rien de moins : revue pauvre, peut-être, mais au moins sous le regard tutélaire d’André Breton, qui y a séjourné après y avoir acheté une maison en 1950. D’ailleurs, si elle invite le lecteur à s’abonner, elle le fait en dernière page avec un « bulletin de complicité » qui vous propose de « blanchir (votre) argent en envoyant (votre) chèque à l’association – et comment résister à cet appel à soutien, lorsqu'on a pu constater la variété des textes publiés ? Dans cette livraison, outre Valère Kaletka, Pierre Rosin, dont on suit le parcours de peintre-poète dans Recours au Poème également, et dont je relève le post-scriptum à l’un de ses textes : « PS : nous pourrons garder les poètes et les peintres à condition qu’ils sachent jardiner ». Puis Daniel Birnbaum, Joseph Pommier, Florent Chamard, dont on peut écouter deux textes lus par Cathy Garcia sur la chaîne youtube « donner de la voix » 

Puis Vincent Duhamel avec quelques proses poétiques, et Antonella Eye Porcelluzzi, dont la biographie succinte nous amène sur google à regarder les films ou écouter à travers la voix de Cathy sur la chaîne associée à la revue

Vous ne connaissez pas la plupart de ces noms ? C’est qu’ils ont surtout publié en revue, et que les éditeurs ne les ont pas encore rencontrés, mais parcourez donc, sur le site, la liste des poètes publiés par la courageuse revue Nouveaux Délits – et : bonnes découvertes !

 

Pour lire l'intégralité de l'article : https://www.recoursaupoeme.fr/les-revues-pauvres-1-nouvea...

 

 

 

 

14/07/2018

Petite histoire essentielle de la futilité de Bruno Toméra - Lu par Patrice Maltaverne

 


Publié par Cathy Garcia, en tant que supplément de la revue Nouveaux Délits (même si ce texte s'achète indépendamment de la revue), "Petite histoire essentielle de la futilité", de Bruno Toméra est son troisième supplément (collection des délits buissonniers).
 
Cela fait plusieurs années que j'espérais relire des poèmes de Bruno Toméra, que j'ai publié à plusieurs reprises dans les premiers numéros de "Traction-brabant".
 
Heureux, donc, de retrouver cette poésie inchangée., qui suit, au plus près, des vies d'infortunes, faites de petits boulots mal payés, de misères de la rue, de ces réalités impossibles à cacher, à moins d'être de mauvaise foi.
 
Si la poésie de l'auteur sort souvent cabossée de ces malheurs ordinaires, ne croyez pas pour autant qu'elle s'y enfonce. Une lueur d'espoir traverse tous ces poèmes, qui est celle d'une fraternité humaine non feinte, et non basée sur l'intérêt. Quelque chose de franc, de direct, de solide, qui s'affirme contre vents et marées. 
 
Rien de malsain dans ces textes, juste une soif de révolte renouvelée, qui s'exprime avec le sourire, qualité rare qui fait que le style des poèmes, chaleureux dans ses images comme dans ses mains tendues, est reconnaissable et rare entre tous.
 
Extrait de "Petite histoire essentielle de la futilité", de Bruno Toméra :

"Le nouveau testament personnel et subjectif"

En m'invitant dans la fiesta de la vie,

l'univers a égaré le carton d'invitation
et me voilà loufiat (comme des milliards d'autres)
à chercher une planque pas trop inconfortable,
un peu d'amour et de calme
mais c'est sans compter
sur la panne d'électricité au seuil du Grand Soir
sur la dernière chanson déprimée du rebelle Renaud
sur dieu et sa bande d'abrutis sanguinaires
sur les grossistes des boutiques multinationales
sur le salon de la motoculture et du tripatouillage animal
sur la délocalisation des entreprises de confettis
sur la peine-à-jouir de l'égocentrique poésie
sur le one man show de la spectaculaire connerie
et son public connaisseur et ravi.
Sur un tas de fatras que nous enjambons chaque jour,
pauvres cloches.
Quand la mort m’enlacera sur un slow éculé
avec ses clins d’œil d'allumeuse pubère
ou sur un dico débridé avec des petits cris jouissifs de travelo
sortir de la fête à son bras sera le point final
de foutus SOS éparpillés en pointillés
avec la satisfaction de celui qui s'est exténué
à rafistoler la ligne de flottaison du radeau jusqu'au bout
et hypocrite jure que c'était bien mais que toute
bonne a une fin... Enfin."

Les illustrations de la couverture et des pages intérieures sont de Jean-Louis Millet.

http://poesiechroniquetamalle.blogspot.com/2018/07/petite...

 

 

 

 

 

16/04/2018

Revue Nouveaux délits n°60 lu par Patrice Maltaverne

 
 
 

 

Le numéro 60 de la revue "Nouveaux délits" (14,7 cms X 20,4 cms), animée par Cathy Garcia (et auteur de l'édito et de la 4e de couverture, une belle réflexion à partir de la macro en photo), comprend des textes poétiques de Valère Kaletka, Pierre Rosin, Daniel Birnbaum, Jospeh Pommier, Florent Chamard, Vincent Duhamel, Antonella Eye Porcelluzzi.
 
Les livres chroniqués par Cathy Garcia sont "Double fond" d'Elsa Orroyo, et "Des abribus pour l'exode", de Marc Tison (ce dernier recueil de poèmes publié par les éditions du Citron Gare).
 
Avec également les citations de bas de pages empruntées à d'autres livres, caractéristiques de la revue "Nouveaux délits", comme, par exemple, "La terre seule me rassure, quelle que soit la part de boue qu'elle contient" (de Françoise Sagan).
 
Les illustrations de ce numéro 60 sont de Jean-Louis Millet.
 
Extrait de ce numéro 60, "Pluion", de Valère Kaletka :
 
"Cet homme me parle en langage ourlé
Génuflexions Rodomontades
Et - j'en suis sûr
Violences contenues
Il parle pour vendre
J'écoute pour acheter
Ou est-ce l'inverse
(tiens, dehors, une averse)
Je suis un miroir qui ne s'aime pas
(antithétique ?)
Qu'est-ce que je fous là ?
(tiens, dedans, une aversion)"
 
 
 

10/04/2018

Le numéro 60 lu par Florent Toniello

 

Revue de revue : Nouveaux Délits

Je l’avoue : déjà abonné à pas mal de revues et avec un budget poésie pas illimité — en tout cas pas aussi vaste que mon goût éclectique, parfois trop, je sais, pour le genre —, j’ai tendance à me reposer sur le grand nombre de revues que je reçois, sans trop regarder les autres maintenant. Eh oui, la poésie est aussi la vie, et il y en a une en dehors de la poésie. Je sais, je radote… Mais le sous-titre « revue de poésie vive » et un appel à soutien de Cathy Garcia, la taulière, qui a vu son vieil ordinateur cesser ses services aux vers et aux strophes inopinément, m’ont convaincu de tenter l’aventure. Peut-être aussi le fait qu’un numéro précédent a été consacré à la remuante poésie guatémaltèque traduite par Laurent Bouisset, allez savoir. Enfin bon : grand bien m’en a pris.

Le numéro 60 de Nouveaux Délits rassemble des textes de sept poètes, agrémentés par Cathy Garcia d’un court édito relatant la genèse (pas simple) de cet opus et d’une quatrième de couverture en forme d’extrait d’un essai sur la simplicité joyeuse et volontaire. Quand le politique s’en mêle, et bien tourné en plus... S’y ajoutent deux « résonances », notes de lecture aussi bien que jeux de miroir à l’écriture ciselée sur deux livres récents, également par la maîtresse des lieux, décidément productive et tellement amoureuse de la poésie que cet enthousiasme est particulièrement contagieux. Ah oui : de petites notes de bas de page, extraits de poèmes ou de romans, font aussi écho, comme des résonances, aux textes originaux publiés ; ces « délits d’(in)citation » confirment, s’il fallait encore la démontrer, la haute connaissance littéraire de Cathy Garcia, qui peaufine une revue franchement réussie tant sur la forme que sur le fond.

Car sur le fond, la cohérence de l’ensemble des sept poètes choisis est admirable, et l’exigence dans l’écriture est un dénominateur commun. Connu des amateurs de revues, Valère Kaletka ouvre le bal avec des textes à la nostalgie qui tourne à l’étrange et au fantastique parfois, avec des titres énigmatiques et décalés : « Ahan / Fils de Crâo / Sur la route du Run / Poumons-de-feu / Ahan / Guerre au gramme intégral / À l’anévrisme hautain en rupture / De son ban », peut-on lire dans « Ahan », savant détournement d’un personnage bien connu en « poésie de Cro-Magnon » (là, c’est moi qui invente, ce n’est pas une citation), pourrait-on dire. Pierre Rosin, lui, ose la poésie de science-fiction (on en publie trop peu, je trouve), même si ce n’est qu’un poème parmi les autres où peut-être sonne comme dénominateur commun « le malheur d’être un homme et de n’être rien » : « construisons un vaisseau / une flottille / une arche / semons les germes d’une nouvelle espérance ». Espérance que versifie Daniel Birnbaum, dans une série narrative qui décrit un voyage à Madagascar ; Daniel, comme souvent, y montre une empathie (« elle a les pieds infectés / suintants / sanguinolents / il faudrait les mettre à l’abri de la poussière / de la boue des ordures des mouches ») qui rend ses vers simples immédiatement assimilables sans cheminement intellectuel tarabiscoté : une poésie qui va droit au cœur. Joseph Pommier, lui, ne parle pas d’autre chose que d’espérance non plus quand, après avoir décrit en vers plus longs et plus fourmillants de cassures de rythme une vie au travail marquée par la servitude volontaire, il glisse qu’« Au prix d’un sommeil lourd on s’arrache / À ces pensées rageuses qui stationneront dans l’oubli ». Florent Chamard flirte (un peu, par rapport à ses prédécesseurs plus narratifs et moins métaphoriques) avec le surréalisme pour « réapprendre le silence des horizons sans but » et retrouver « la tentation du sel et des vagues » ; dans sa présentation, il avoue qu’il aime haïr… tout un programme ! Poésie rock’n’roll pour Vincent Duhamel, mon chouchou de ce numéro, avec un poème magistral et habité intitulé « La boîte » : « J’aurais voulu mourir à neuf ans lors d’un mercredi pluvieux ennuagé de flocons et de victoires avec sur le bord des lèvres l’amour d’une pêche ensoleillée de la veille et, dans le cœur, un oisillon s’étouffant d’un requiem enchanté. » Puis vient une étrange boîte offerte par la mystérieuse Matriochka, concentré de peurs et de fantasmes ; un texte puissant sur les attirances de l’enfance, qu’elle soit enchantée ou brisée. Enfin, dernière autrice et seule femme, Antonella Eye Porcelluzzi conclut par une poésie plus déstructurée où le langage se fait plutôt phonèmes que longs vers. C’est un de ses poèmes, court alors qu’elle peut aussi nous embarquer dans de longues variations hypnotiques sur un sujet donné, qui sera reproduit complet ci-dessous.

En un mot comme en cent : Nouveaux Délits, c’est une belle revue, bien conçue, bien réalisée, et ce numéro 60 en est la preuve.

Pour en savoir plus et surtout ! vous abonner, visitez le site internet de la revue Nouveaux Délits.


Love deux song n. 25 (Antonella Eye Porcelluzzi)

Pour ceux qui conduisent deux avions
qui dirigent deux industries
qui chevauchent deux chevaux
et tirent avec deux arcs
pour ne pas se retrouver avec
deux anus à soigner
en cas d’hémorroïdes.
je suis un monstre qui a tout osé

 

Source :

http://accrocstich.es/post/2018/04/10/Revue-de-revue-%3A-...

 

 

31/01/2018

Numéro 59, revue du mois pour Décharge

 

Février, c’est

Nouveaux Délits n° 59

publié le 31 janvier 2018 , par Jacmo dans Accueil> Revue du mois

 
 

Cathy Garcia la « coupable responsable » de la revue poursuit son chemin de livraisons expédiées sans anicroche. Elle conclut pour l’année nouvelle son édito ainsi : ….que la paix ferme le bec des imbéciles qui ne laissent pas passer la lumière.
Cinq auteurs sont conviés dans ce numéro à qui sont attribuées entre 7 et 12 pages, ce qui constitue un bel aperçu pour chacun.

Illustrateur du numéro : Arnaud Martin.

Pénélope Corps. Les gens naissent avec des trous dans le ventre… Un langage oralisé qui ne s’embarrasse des conventions ni des conformités ordinaires. S’il y a figures de style, ce n’est pas par jeu mais par nécessité, entre anaphores et répétitions. D’une façon générale, les poètes choisis ici par Cathy Garcia ne sont pas économes de mots et usent de vers proches de la phrase et de strophes voisines de la période. Les titres des textes résumeraient à eux seuls l’angle assez brut de sa poésie : L’humanité est un trou, Super 8, J’écris pas, On n’est pas meilleurs, Dimanche en décembre.

Le passé de Benoit Arcadias, ancien interné des hôpitaux, résonne dans ses textes. Lesquels racontent chaque fois des rencontres dans le métro ou le train. Des choses qui lui sont arrivées, mettant en scène au final hostilité ou déception.
Jean-Louis Millet propose 7 fragments d’un « psychorama holographique ». Il s’agit de listes assez longues de ce qu’on pourrait appeler des données à la fois abstraites et précises. Exemples pris presque au hasard : La valise éventrée des restes du quotidien d’une vie ou La croûte d’une banquise dans la fermentation d’un rêve ou encore, avec, pour le coup, une image L’ombre d’un pommier vivante au moindre souffle d’air Cette accumulation de traits, ayant pour point commun l’article défini, tend à rendre réel un univers hétéroclite et poétique. Ajoutons que ces listes sont seulement interrompues parfois par un Question/ réponse ou la réponse vient avant la question. Réponse : dans l’ombre de la lumière / Question : Où est la seule réalité ?

Marc Guimo est l’auteur du tout récent Polder (Co-collection Décharge/Gros textes) : Un début de réalité. Il donne ici des extraits d’un ensemble dans la prolongation intitulé : « Réalité dispersée ». On reste dans la même logique. Le problème du mur, c’est qu’il ne croit pas naturellement à la fenêtre. On est toujours à la limité de l’absurde et du fantastique. On est allé trop loin / En ne bougeant pas L’auteur n’est pas fixé sur la forme, passant facilement de l’aphorisme au long poème, avec ce vers final : Voulez-vous qu’on rajoute une musique d’ascenseur qui descend ?
Enfin Pablo Gelgon qui, en tant que charpentier, sait parler des « Mains qui voyagent » : Elles n’en finissent plus de saigner sur le beau bardage d’épicéa / On voudrait bien avoir des mains comme un pied de biche et soulever / Agripper sans avoir peur de rien suinter / On voudrait bien l’oublier l’écorchure / La bonne vieille croûtasse / La main finit par ajuster la manière…
Deux résonances critiques à propos de recueils de Walter Rhuhlmann et Murièle Modély et le tour est joué.

Illustrations d’Arnaud Martin : sensible à l’expressionnisme et au romantisme sombre du XIX° siècle et à la mélancolie sous toutes ses formes…

 

Rappel  : On se procure le polder de Marc Guimo : Un début de réalité contre 6 €, à nos éditions (4 rue de la Boucherie - 89240 - Egleny). Paypal possible : ici.

 

MERCI à Jacques Morin !

Lien : http://www.dechargelarevue.com/Nouveaux-Delits-no-59.html

 

 

15/01/2018

Revue Nouveaux Délits n°59 lu par Patrice Maltaverne

article en ligne sur son blog : http://cestvousparcequecestbien.blogspot.fr/

 

 


Le numéro 59 de la revue Nouveaux Délits (14,5 cms X 20,5 cms), animée par Cathy Garcia, comprend des poèmes de Pénélope Corps, Benoit Arcadias, Jean-Louis Millet, Marc Guimo et Pablo Gelgon.

L'édito et les chroniques (des livres de Walter Ruhlmann et Murièle Modely) sont de Cathy Garcia.

Les illustrations (dont celle de couverture) sont d'Arnaud Martin.

Extrait de ce n°59 de "Nouveaux Délits", un poème emblématique (au-delà de la revue même, je trouve), de Pénélope Corps :

"quand on en aura marre
de suivre le sens de la file
et de procéder comme indiqué sur les panneaux prévus à cet effet
quand on vomira la ville les murs les agents de sécurité
quand on aura pigé la dictature des images
les petits parasites vicieux
sous la peau dans la bouche et dans les trous
les salles de cinéma bondées
le besoin de se remplir les orifices pour avoir l'impression d'exister
quand de la pluie nous brûlera le visage
et que le vin n'aura plus d'effet
quand des bébés naîtront avec les bronches atrophiées
et qu'on sera devenu des animaux malades
quand les déflagrations nous amèneront au fond des forêts
nous et nos morceaux de corps
peut-être qu'on fermera nos gueules enfin
qu'on finira par entendre quelque chose
peut-être qu'on reviendra aux arbres
et qu'on arrêtera de faire semblant de savoir
à propos de rien
du silence et de l'eau
peut-être qu'on improvisera
quelque chose avec les pierres
avec les pieds
et la constance des oiseaux
et puis
un jour ils viendront tout raser
tout dévaster
tout détruire
fleurs sauvages ombres cailloux poumons
par transgression
par jeu
par nécessité
avec des pierres
avec les pieds
alors restera deux ou trois photos floues
sûrement mal cadrées
ce genre de photos qui fout un peu les boules
tu sais ?"
 
 
 

04/10/2017

Le numéro 58 lu par Murièle Murielle Compère-Demarcy

Merci pour la qualité de ces nouveaux Nouveaux Délits de poésie guatémaltèque en version bilingue-n°58

sans artifice, brut, sans décorum

 

où le coeur flambe

écoule ses charrois de sperme de sang de menstrues

battant, brûlant

cognant vivant

sur

"quatre mondes denses où se tord l'âme et la peau enfle" (Laurent Bouisset)

 

accroché à nos foyers en quête toujours

de péninsule "héliotropique"

 

pour que tourne

les sols tectoniques

du seul vrai réel à gueuler

pour ses mots dire

ses leurres-baudruches crever

sa lave telurrrrique

cracher

 

 

Merci.

 

Murielle

MCDem.

 

 

02/10/2017

Le numéro 58 lu attentivement par Frédéric Perrot

Il faut regarder la bête en face (sur Nouveaux Délits, numéro 58, spécial Guatemala)

  

Le numéro 58 de la revue de Cathy Garcia, Nouveaux Délits, ouvre ses pages à quatre poètes du Guatemala, présentés et traduits par Laurent Bouisset. Quatre poètes : deux femmes, deux hommes. Belle parité ! Il semble également que l’on puisse parler d’une même génération, les quatre poètes étant sensiblement du même âge.

Dans son édito, Laurent Bouisset nous précise que le Guatemala a le triste privilège d’être l’un des pays les plus dangereux du monde. Il sera donc beaucoup question de « l’humain face au pire » et d’une poésie exempte de cette « manie formaliste et hermétique de jouer sur la langue en permanence, en oubliant que la langue, c’est la vie ». Pour les avoir lus dans Realpoetik ou ailleurs, on connaît les arguments de Laurent Bouisset contre la poésie qui s’écrit ici, en France, dans cette noble patrie littéraire prétendue, qui a charitablement « réhabilité » son plus grand poète, un certain Charles Baudelaire, un siècle après l’avoir condamné dans une cour d’assises. À en croire Laurent Bouisset, les quatre poètes présentés dans ces pages ne sont pas spécialement menacés par les récompenses ou le prix Nobel ; idée amusante, si l’on songe que les deux derniers prix Nobel français (Le Clézio, Modiano) sont des écrivains surfaits, embarrassants et à plus d’un titre provinciaux ; les vivats cocardiers que l’on a entendus en ces occasions ne se justifiant pas du tout…

Ce que je veux dire par ce détour un peu long, c’est que la carte du monde poétique n’a sans doute guère à voir avec les cartes de la géographie officielle et l’importance supposée des nations. Laurent Bouisset en est convaincu. Partons donc en sa compagnie à la rencontre du Guatemala !

 

Je crois que parmi les quatre poètes présentés, la première, Regina José Galindo, est celle qui retiendra le plus immédiatement l’attention. Sa poésie est rageuse, violente, convulsive. C’est une poésie de refus (« Je me refuse à penser/que c’est un pays pour les hommes »), marquée par la guerre et portée par un féminisme frémissant. Face à la violence de ce qu’un sociologue nommait « la domination masculine », il s’agit pour Regina José Galindo de se réaffirmer en femme « toute puissante » et de n’être pas une « femme soumise/encore moins au foyer » ; ce goût de la liberté, ayant ses risques, acceptés : « Je ne sortirai pas dans la rue vêtue en homme pour éviter le danger /et je n’arrêterai pas de sortir ». Ou plus terriblement : «  Je ne me priverai pas d’alcool dans les fêtes pour ne pas mériter mon viol/et je n’arrêterai pas de boire ».

Ces lignes m’ont fait songer à ce que pouvait écrire il y a quelques années Virginie Despentes dans son essai King Kong Théorie, où des idées semblables, scandaleuses peut-être pour des esprits plus prudents, se trouvaient exprimées. En résumé : pourquoi les femmes devraient-elles rester chez elles, ne pas sortir, ne pas marcher dans les rues, ne pas porter des jupes courtes si elles en ont envie, ne pas boire, fumer, danser, flirter, et cela sous prétexte que les prédateurs rôdent et que le risque est trop grand ?

Il me semble ces deux auteurs nous disent chacune à leur manière cette vérité importante : la liberté des femmes fait toujours peur.

J’aurais quelques réserves personnelles sur la poésie de Régina José Galindo, qui par moments me semble un peu trop forcenée et d’une outrance problématique ; mais la critique « dialectique » si je puis dire – thèse, antithèse, synthèse – n’est pas mon propos ! Passons à la suite.

On retrouve chez le second poète, Luis Carlos Pineda, une même qualité de refus et l’ombre portée d’une guerre, d’un « génocide » qui a ensanglanté le Guatemala dans les années quatre-vingt du siècle précédent ; cela en particulier dans le beau poème consacré à la « nostalgie » et ce qu’elle peut avoir de dangereux et de mortifère ; quand elle est par exemple celle de « la légalité sinistre » ou celle « des dictateurs ». L’ironie probable des deux derniers vers (« Dis-moi quelle est ta nostalgie/Et je te dirai qui tu es ») ne doit pas nous tromper ; toutes les nostalgies ne se valent pas et la nostalgie peut être une prison : « Ils veulent nous enfermer dans la nostalgie/Pour continuer à profiter de l’ignorance »

Un autre point commun entre ces deux premiers auteurs me semble être une certaine crudité dans l’évocation du sexe ou plus précisément de l’érotisme pour Luis Carlos Pineda : « La jeune femme se caresse/avec les draps sales ». Cela n’est pas forcément le plus neuf, car on connaît également de ce côté-ci de l’Atlantique quelques poètes et poétesses dont les œuvres complètes se réduisent « à l’enregistrement de leurs orgasmes effectifs ou inventés », pour reprendre une expression de cet aimable sceptique qu’est Cioran. Il me semble qu’un peu plus de légèreté, d’humour, de distance s’imposeraient dans ces domaines. Cela n’est qu’un goût personnel et n’enlève rien à la beauté de ce « corps inconscient » qui « bouge/d’une manière quasi imperceptible » et dont « la cadence désigne » au poète « un cours/humide, tiède et anxieux ».

Mais laissons Madame rêver et passons à la suite ! Car le plus important à mon sens est encore à venir.

 

Quelques-uns des plus beaux textes de ce numéro 58 sont en effet selon moi à porter au crédit du troisième auteur, Julio Serrano Echeverria.

Le premier que je prendrai la liberté de nommer « Il faut regarder la bête en face », puisqu’il n’a pas de titre, m’apparaît comme un utile rappel à la lucidité. Les poètes, dont on fait un peu naïvement tant de cas, comme s’ils étaient une sorte d’humanité à part – certains en sont même convaincus ! – ne sont que des êtres parmi d’autres êtres et souvent ne valent pas mieux qu’eux : « il n’y a pas de mérite/à se regarder dans un miroir/et découvrir qu’on est une bête ». Ou plus justement encore : « il faut regarder la bête en face/il faut l’appeler par son nom/ce qui vient de se dérouler d’abject ici/tu aurais très bien pu y prendre part/ pas forcément du côté de la victime ». Donc, même si cela est déplaisant, « il faut se regarder soi-même en face », car chacun a « ce potentiel » en soi, d’appuyer sur « la gâchette » ou « l’accélérateur », de laisser d’un mot libre cours à « la bête ». Le plus étrange dans ce texte à la fois beau et terrible reste cette paradoxale demande de « pardon », qui tend à rendre le poème vertigineux : « il faut regarder la bête en face/et lui dire ton nom/la reconnaître/la regarder fièrement et lui demander pardon », « pour la simple raison que le pardon/est une des manières qu’a l’obscurité/de prendre forme humaine sous un arbre/où se faufilent les rayons du soleil levant ».

Sentiment de vertige, que confirment et approfondissent les toutes dernières lignes, dont je ne dirais rien, pour passer plus brièvement au second poème, que je nommerai « C’est un lieu commun ». D’apparence moins complexe, il est simplement superbe dans son évocation de ceux dont tout l’effort consiste à survivre jour après jour, qui voient « en rêve des chaussures neuves/des chaussettes propres/pour des pieds qui ne saignent plus » et s’accrochent tant bien que mal car « c’est un lieu commun de mourir tous/les jours ».

J’ai parlé des deux poèmes qui m’ont le plus touché, mais les trois derniers poèmes de Julio Serrano Echeverria – « La leçon », « L’ocote », « Nous comprenons grâce aux cartes de géographie »–, où se mêlent l’autobiographique et le politique, sont également remarquables.

Reste Vania Vargas, celle que je préfère, pour le ton qui est le sien… Car les convulsions poétiques, les cris ou « les ovaires » qui volent en éclats, peuvent lasser à la longue !

Par goût, dans la chanson, j’ai toujours préféré ceux qui murmurent à votre oreille, ne songent pas à vous agresser et sont donc d’agréables « compagnons de solitude ». C’est je crois ce genre de complicité qu’établit Vania Vargas avec chacun de ses lecteurs. Qu’elle parle de sa « grand-mère » ou de sa « peur » – pour une raison évoquée au début, la peur et la proximité de la mort, une mort toujours violente, sont un motif récurrent dans tout le numéro –, elle le fait sur le ton juste. Le poème sur la photographie de la grand-mère entre d’autres mains pourrait être atroce, larmoyant, pathétique ; il est étrangement léger, presque volatil : « Elle est sortie/elle a dansé », « Elle s’est rappelé sans tristesse sa jeunesse perdue », « Elle n’en a fait qu’à sa tête/elle les a amusés ». Et l’on a bien l’impression de voir même fugitivement « la gamine qu’elle avait été ».

Il y a ainsi des épiphanies, de fragiles miracles en poésie, qui sont rares ; car trop souvent les poètes eux-mêmes ne voient que des mots, non les êtres et les choses qui leur préexistent. Ils vous parlent de leurs « images » ; mais vous ne voyez rien, que des acrobaties verbales… Je vois cette « femme » qui « achète des fleurs en rentrant chez elle » et qui plus tard n’est plus qu’un fantôme, une « silhouette tremblante » que « projette contre le mur » « le reflet bleu intermittent de la télé ». Je vois cette autre qui « a 31 ans » « et plusieurs vies en moins », sur qui « la fatigue pèse » et qui « voit la solitude fermer des portes/effacer des visages ».

La poésie de Vania Vargas est concrète – en ce sens qu’elle est à la recherche du détail touchant – humaine et mélancolique ; et s’il y est essentiellement question de solitude, s’y devinent aussi un désir, un rêve d’amour : « Et comme si cette femme devinait mes pensées/elle éteint la télé/elle s’enferme dans sa chambre avec une nouvelle histoire/et elle sourit/comme si cette nuit quelqu’un était sur le point d’arriver ». Cela se passe au Guatemala et partout ailleurs…    

 

Nouveaux Délits, numéro 58

Illustrations Anabel Serna Montoya

 

par Frédéric Perrot

 

 

 

 

 

 

09/05/2017

Christian Saint-Paul parle du n°56

Dans son émission "les poètes.fr" du 19 janvier 2017, sur Radio Occitania http://les-poetes.fr, Christian Saint-Paul, merci à lui, a mis un coup de projecteur sur le numéro 56 : " Enfin l’émission se termine sur l’évocation de l’inlassable travail des revuistes en faveur de la poésie, avec la parution du n° 56 de Nouveaux Délits Revue de poésie vive. Cathy Garcia poursuit avec le même succès éditorial son beau labeur de passeuse de poésie. Un numéro soigné, avec ce souci de ne nuire en rien (papier recyclé, pas de fioritures) et un sommaire toujours de découvertes heureuses. Les illustrations sont de Patrick le Divenah, un Breton refondu à Paris, collagiste dessinateur" -

 

 

 

 

29/10/2016

Poètes.fr, l'émission

où Christian Saint-Paul évoque encore le dernier numéro de la revue et notamment un focus sur Laurent Bouisset.

L'émission est à écouter ici :

http://les-poetes.fr/son/2016/161013.wma

 

Merci à lui !

 

 

 

 

22/07/2016

Petit clin d'oeil de JJ Dorio à Nouveaux Délits

 

 

JE ME SOUVIENS DE L’AVENIR

Je me souviens de l’Avenir couché sur papier kraft

Je me souviens du Lot gagné à Saint-Cirq Lapopie

Je me souviens du Bas Breton et de la sandale grecque

Je me souviens du fil rouge que nous tisserons toute une nuit de mai à l’hôtel André Latin

 

Je me souviens du Quai Voltaire qui prit son envol 13 ans après la mort d’Arouet

Je me souviens de ma disparition qui n’aura pas lieu d’être

Je me souviens de notre vie commune sous les pavés de notre amoureuse plage

Je me souviens de l’Avenir

 

http://dorio.blog.lemonde.fr/2016/07/22/je-me-souviens-de...

 

 

 

 

 

 

 

17/07/2016

Christian Saint-Paul parle du n°54 sur Radio Occitania

 

Cathy Garcia poursuit inexorablement son sacerdoce de revuiste et fait paraître le n° 54 de « Nouveaux Délits » revue vive de poésie et dérivés avec le même succès : illustrations remarquables, qui font un peu de la revue un petit livre d’artiste pour les bourses modestes, sommaire toujours original, en phase avec le monde.

 

Cathy Garcia, poète, revuiste, photographe, blogueuse, plasticienne s’exprime par tous ses arts et demande à être écoutée et entendue au sens plein du terme.

 

 
"Nouveaux Délits""Diérèse"Jacques Canut et l'invité Jean-Michel TARTAYRE qui venait de faire paraître chez N&B :
 "Vers l'été , suivi de Fractions de jour".
 
 
Ecrire c'est éprouver et c'est changer, assure Adonis. Il dit aussi : "l'Occident ne cherche plus la culture, la lumière, l'avenir, le progrès. Il cherche l'argent."
Va-t-il changer ?"
 
 
Vous pouvez écouter l'émission en cliquant sur : http://les-poetes.fr/son/2016/160421.wma
 
 
 
 

10/04/2016

Georges Cathalo à propos du n°53 sur le site de Texture

Nouveaux délits N° 53

Oui : ce numéro ne contient « que des plats de résistance » comme il est annoncé au menu de la page 2 pour présenter un sommaire original, « le tout relevé d’un goûteux mélange de Délits d’incitations  ». La revue s’ouvre sur une suite de poèmes que Lou Raoul a extrait d’un ensemble inédit consacré à l’oiseau pour aller vers « des fenêtres ouvertes sur des friches personnelles ». Suivent six poèmes de Mokhtar El Amraoui, poète tunisien d’expression française. Cathy Garcia a toujours l’art raffiné de la revuiste avisée capable de mener sa barque seule en assumant ses choix. Elle se tourne souvent vers les laissés-pour-compte, les délaissés, les oubliés. Ainsi l’illustratrice Ana Minski pour qui « l’errance est son dada » et qui a « découvert la bohème par la littérature » ou le jeune Julien Boutreux qui commence à se faire un nom à travers de nombreuses revues avec des écrits à fleur de peau. On croise encore Jean-Claude Goiri et ses consistants Copeaux contre la barbarie ou les fortes suites poétiques de Denis Wetterwald. La revue s’achève avec les textes chocs de Sammy Sapin et de Tom Buron, jeunes poètes très engagés. Quant à la maîtresse des lieux, elle émaille chacune de ses livraisons de fortes citations en fond de page en concluant par une Résonance où elle fait découvrir des ouvrages originaux comme ici « Les maîtres du printemps » d’Isabelle Stibbe.

à lire sur  http://revue-texture.fr/lecture-flash-2016.html#lucarnes...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

28/01/2016

Christian Saint-Paul revient sur le n° 52 dans l'émission Les poètes sur Radio Occitania

Un excellent numéro illustré avec force par Jacques Cauda cité dans une précédente émission, avec ces notes de lecture indispensables à la diffusion des ouvrages, un sommaire toujours riche, le tout sous le ton de la fraternité tendre et militante de Cathy Garcia. Ce sont des poèmes de Marie-Françoise Ghesquier qui sont lus à l’antenne. Cette hispanisante vit près de Chalon-sur-Saône et publie ses poèmes dans les revues Décharge, Comme en Poésie et Traction Brabant.  Elle publie son premier recueil chez Michel Cosem à Encres Vives, puis chez Bruno Msika aux éditions Cardère avec « A hauteur d’ombre », recueil illustré de photos en duo avec Cathy Garcia. Elle dit aimer les esprits frondeurs.

 

Lecture d’extraits de « De tout bois si ».

 

 

On tourne en rond

dans notre bocal de ronces

Se dessèchent noires pointées

en sons filés assourdis

contre les fonds d’herbes

Les notes du chaos mineur s’égrènent

en idiomes grumeleux

ponctués noirs le long des failles

Faillite du moi

avec mots cadenassés

dans l’intervalle

Parole craquelée à la note forcée

Tant d’effort pour vivre

au travers des sons disjoints

Je renonce note à note       M’

évapore parmi ronces et fuite d’ailes

au-delà des buissons démesurés

***

Toute  cette grenaille crible

au plus fort du silence

Le sang s’étoile

aux charnières livides

des galaxies de paille

Je décimé par tant d’illusions

où je m’achève en éclosions

mortes rouges

Pétales glosés

clous ou glaives

dans la chair des chaumes

La langue s’insère

dans les versions

primitives     glose entre les lignes

Parole close à l’instant

sur les lèves

mangées de coquelicots

Comment voulez-vous

que toute notion d’incarnat ?

Le poème en petite mitraille rouge

où coupée court

la phrase

 

à écouter (émission du 7 janvier :

http://les-poetes.fr/emmission/emmission.html

 

 

 

14/12/2015

Christian Saint-Paul dans son émission, revient sur le numéro 52

 

Christian Saint-Paul revient sur le n° 52 de « Nouveaux Délits, revue de poésie vive ».

C"ette semaine ce sont les textes de Corinne Pluchart qui sont lus à l’antenne. Elle vit en Bretagne. Marche. Chemine. Souvent face à la mer. Et jamais sans poésie. Vous pouvez visiter son blog : http://corinne.pluchart.over-blog.com

(...)

Ce n° de Nouveaux Délits, au sommaire bien choisi comme toujours, offre aussi l’avantage de comporter deux notes de lecture de Cathy Garcia qui excelle dans ce genre ce qui est l’apanage des artistes complets -ce qu’elle est authentiquement- qui sont les mieux autorisés à écrire sur la poésie.

Lecture de la note sur « Cigogne » (nouvelles) de Jean-Luc A. d’Asciano, Serge Safran éditeur, 184 pages, 16,90 €. C’est le premier livre de fiction de ce docteur en littérature et psychanalyste qui a fondé les éditions de l’Œil où il a publié « Petite mystique de Jean Genet »."

 

Pour écouter l'intégralité de l'émission du jeudi 26 novembre 2015, cliquez sur :  http://les-poetes.fr/son/son%20emision/2015/151126.......

 

On peut y entendre aussi des poèmes de Khalid El Morabethi, un jeune poète marocain

(...)

"Il m’a semblé que Khalid El MORABETHI était un homme qui régnait sur soi-même, nous dit Christian Saint-Paul. Ce que j’ai lu de lui, je crois pour la première fois précisément dans la revue Nouveaux Délits*, m’a tout de suite interpellé. Le regard qu’il lançait sur le monde était celui de l’intime qui restitue, par ce qu’il y a de plus personnel, la nature universelle de l’homme. Par la peinture de son entourage familier, Khalid El Morabethi nous fait pénétrer dans le plus secret microcosme de la société dans laquelle il évolue. Et ce faisant, il nous livre l’ensemble de la société marocaine et accède par la justesse de cette représentation, à l’universel.

*voir : http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/archive...... 

 

On y entendra aussi des poème d'Eugène Savitzkaya qui "fait paraître aux Editions de Minuit « A la cyprine, poèmes » ( 100 pages, 11,50 €) ; des textes sensuels à l’érotisme subtil. Une langue revigorée par un regard débarrassé de tout préjugé qui a fait le constat que « sans la cyprine, point de bonheur en ce monde, ni d’appétit »."

ainsi que d'Homero ARIDJIS, "né à Contepec, dans l’Etat de Michoacán au Mexique, en 1940, d’un père grec et d’une mère mexicaine, Homero Aridjis commence à écrire à l’âge de onze ans et obtient son premier prix treize années plus tard. Il a suivi des études de journalisme avant d’enseigner dans plusieurs universités en tant que professeur invité. Il est très impliqué dans la défense de la nature : il lutte activement contre la disparition des forêts et la préservation des animaux et a participé à la création du “groupe des cent”, groupe d’intellectuels partageant son avis. Il a publié plus de nombreux ouvrages de poésie et de prose traduits dans une douzaine de langues, dont La zone du silence, roman paru au Mercure de France en 2005. Durant six ans il a été président de l’International PEN, l’association mondiale des écrivains. Depuis avril 2007, il est ambassadeur du Mexique à l’Unesco.

De lui, Yves Bonnefoy, dans sa préface à « Les poèmes solaires » (éd. Mercure de France,185 pages, 17,50 €) dit : « Homero est assurément très de son pays, qui est à la fois de langue indienne et espagnole. Il l’est comme Octavio Paz. Il l’est par un apport essentiel à cette conscience de soi dont il faut préserver la salutaire inquiétude »."

Christian Saint-Paul  http://les-poetes.fr

 

17/11/2015

Dans l'émission Poetes.fr...

 

Christian Saint-Paul parle de la revue Nouveaux Délits en des termes toujours aussi généreux, pour le numéro 52 cette fois - et je l'en remercie de tout cœur, cette attention est extrêmement précieuse ! - dans ses deux dernières émissions (5 et 11 novembre) sur Radio Occitania que l'on peut écouter ici : 

http://les-poetes.fr/emmission/emmission.html

 

 

 

 

27/10/2015

Numéro 52, lu par Clauve Vercey pour l'I.D. n°594 de la revue Décharge

I.D n° 594 : Cathy G. et le délit d’initié

publié le 27 octobre 2015 , par Claude Vercey


Ces Nouveaux délits, je les avais découverts à l’occasion de leur 33ème livraison, et dénoncé leurs forfaits dans l’I.D n° 222. En novembre 2014, ils étaient désignés comme Revue du mois par Jacmo. Ont depuis continué à se commettre, une rôdeuse en robe kraft, jusqu’à ce récent numéro 52, auquel je m’attache aujourd’hui.

Délits ? Quels délits ? Je retiendrai entre autres à l’encontre de cette revue, et de Cathy Garcia, la cheffe de bande, le délit d’initié, qui est peut-être une des meilleures définitions possible de l’activité de revuiste. Nouveaux délits se caractérise en effet par son travail de découverte et de repérage, non au bénéfice d’un seul ou de quelques coquins, selon la pratique boursière du dit délit, mais au profit du plus grand nombre, - démarche assez semblable somme toute à celle de Traction-Brabant, pareillement hospitalière aux voix encore vertes ( et tant pis pour les goujats). A la différence que Traction-Brabant offre rarement plus d’une page au poète, et l’on retrouve peu ou prou à chaque livraison les mêmes noms : l’intérêt est de suivre au fil du temps les possibles évolutions de chacun, ou les changements d’intérêt. Tandis que Nouveaux délits présente chaque trimestre des sommaires différents, un petit nombre d’auteurs ( 6 à 8), à qui sont accordées 6 à 12 pages, en une première épreuve de vérité pour poète méconnu ou en devenir.

Et comme Cathy Garcia fait montre de clairvoyance et d’une curiosité aiguë, les découvertes y sont fréquentes, mais aussi, égoïste petit bonheur, il nous plaît d’y trouver confirmation de nos propres intuitions : dans ce n° 52, où on y croise ainsi Jacques Cauda, le poème en petite mitraille rouge de Marie-Françoise Ghesquier qui fit ses premiers pas dans Décharge sous le nom de Di Fraja, Laurent Bouisset, dans un texte ici plutôt anecdotique, mais dont on ne tardera pas à prendre toute la mesure alors que s’annoncent conjointement un ensemble de poèmes, à paraître dans le prochain Décharge, et un recueil aux éditions du Citron Gare.

Et maintenant /n’écrire/ que ce qui/ concerne/ la vie/ et ce qui vient/ parfois / se cogner/ tout contre /puisque vivre / alors c’est/ quand / ça cogne. Louable résolution de la part de Benoit Jantet, l’une des voix les plus attachantes qui s’expriment ici, aux côtés de celles de Corinne Pluchart, Gabriel Henry, Claire Lajus :

Silencieux ici et là
des hommes sur des bancs
avec ou sans tabac
Seuls
Sur leur visage leur dos
une grimace une misère
au bord de l’insouciance des flâneurs

Sans doute, Eté n’est pas vacances pour tous, selon le titre du poème. De Claire Lajus, nous aurons à reparler : traductrice de la poésie contemporaine turque et animatrice de la revue en ligne Ayna, elle nous apportera ses compétences pour des dossiers à venir sur cette poésie mal connue.

Reste que la figure centrale du numéro est Jacques Cauda : peintre, il s’est vu confier les illustrations ; poète, douze pages lui sont attribuées, qui lui permettent de présenter une palette de ses écritures, d’un Carnaval haut en couleur, à ce poème d’une gravité et d’une sobriété inhabituelles, L’Hôpital :

J’éprouve une certaine volupté
A n’écrire que des faits
« secs et crus » pour reprendre
L’expression de Saint-Simon
Volupté à se laisser aller
A l’exactitude
Parfois frappée
Au coin de cette partialité
Qui m’est précieuse

 

 

Source : http://www.dechargelarevue.com/I-D-no-594-Cathy-G-et-le-d...

 

 

 

24/10/2015

Un coup de projecteur sur le numéro 52 par Patrice Maltaverne

 

à lire ici :

http://cestvousparcequecestbien.blogspot.fr/2015/10/revue...

 

  

 

30/05/2015

"Les poètes" de Christian Saint Paul sur Radio occitanie, invité : Marc Tison

Un poète à découvrir, vraiment ! Marc Tison, publié dans le numéro 50, parle aussi avec Christian Saint-Paul de Nouveaux Délits et du travail poétique et militant de Cathy Garcia, MERCI à eux (et aussi du recueil Rester debout sur le trottoir de Murièle Modély !) :


http://les-poetes.fr/son/son%20emision/2015/marc%20tison....

 

 

Marc Tison qui organise aussi :

 

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27 et 28 juin. Gratuit / Dans le village
Samedi 27 à partir 19h : apéro textes / Red Bind http://www.kedzior-friedman.org/ / Courts métrages / Charles Pennequin http://www.charles-pennequin.com/
Repas et buvettes sur place
Dimanche 28 de 9h30 / 18h : Petite randonnée contée http://www.chergui.org/wp/
Fanfare les belles gambettes http://www.pistilcircus.com/orchestres/fanfare-des-belles... /
Lectures et rencontres d'auteurs : Pierre Domenges http://pierredomenges.com/
Gilles Bouly
http://www.expolibre.com/serigrap/bouly/bouly-p.htm
Cathy Garcia http://associationeditionsnouveauxdelits.hautetfort.com/
Francis Delabre /
Yanis Youloutas http://youlountas.net/
Concert Strange Enquête http://www.strang...eenquete.fr/
Installations plastiques / animations sur la place du village.
Invités (stands librairies / animation slam Babel Tchap...)
Buvette et restaurations.

 

 

La lettre de Christian Saint-Paul :

Le cardinal Saliège disait en mars 1944 qu'il fallait "travailler comme si tout dépendait de nous, et il poursuivait : De quoi sera fait demain ? De nos actes". Plus tard, en décembre 1945 , il aura cette phrase : "Prudence, que de lâchetés on commet en ton nom !"

La poésie est un art de faire, la poésie est acte. A lire les poètes cités dans l'émission du jeudi 21 mai consacrée en majeure partie à Marc TISON, il apparaît à l'évidence que tous, dans leurs actes, s'éloignent de la lâcheté par prudence. Pourtant notre époque, s'accorde à la crainte de notre courageux cardinal qui s'interrogeait déjà en octobre 1944 :" Ôte-toi de là que je m'y mette. Est-ce que la haine ne serait que la forme, le jaillissement des appétits ?"

Vous pouvez écouter l'émission Marc TISON en cliquant sur :

 http://les-poetes.fr/emmission/emmission.html

Le compte(rendu de l'émission :

***

Cathy GARCIA poursuit don beau chemin et a fait paraître les n° 50 et 51 de sa revue "Nouveaux Délits  Revue de poésie vive". (Le n° 6 €, abonnement 28 €, chèque à adresser à Association Nouveaux Délits, Létou, 46330 Saint Cirq-Lapopie.)

 Des textes toujours intelligibles, ce qui ne nuit en rien à leur qualité, une relation éditoriale sympathique comme le confirme l'invité de la semaine Marc TISON. Une militante culturelle qui ne ménage pas son dynamisme militant, avec une générosité qui signe sa personnalité. A titre personnel cette artiste revuiste publie aux éditions Gros Textes : "TRANS(e)FUSEES  / 80 essais de décollage du réel 1993 - 2013"

"Il y avait au fond de ma valise, un vieux brouillon, une veste d'homme, une bouteille, quelques fantômes et leurs bleus désirs de méharées. C'est de bon cœur que je m'apprêtais à les suivre, hélas, monsieur, en guise de départ, j'entendis pleurer les bombes et je vis l'automne passer sous les rails. Oui Monsieur ! J'ai donc ôté mes souliers et j'ai même ôté mes pieds avant de me glisser , sans rien de plus à dire, sous cet atôme de soupir où vous m'avez trouvée."

Commande Gros Textes, Fontfourane, 05380  Châteauroux-les-Alpes (chéques à l'ordre de Gros Textes, 9 € + 2 € de port).

*

Denis HEUDRE vient de publier :

Bleu naufrage  / Elégies de Lampedusa

éditions La Sirène étoilée

48 pages 12€

à commander à :

lasirene.etoilee@orange.fr

Lecture d'extrait.

 

Jeudi 3 octobre 2013

-un fait divers

-pour à jamais verser du noir

-dans mon bleu

--l’île des lapins

-pays de vaste lumière

-des hommes ont choisi le paradis

-pour enfer

--un bateau de 20 mètres

-pour 500 migrants

--l’horizon effondré

-la mort y a jeté son suaire de sel

--je ne sais rien de toi

-je ne sais pas si tu es un garçon

-je ne sais pas si tu es une fille

-encore moins ton nom

--à ton cercueil blanc

-je te sais enfant

--je sais que ta couleur noire

-assombrit nos âmes de nantis

-je t’appellerai Quinze

-c’est peut-être ton âge

-c’est le numéro sur ton cercueil

--les hommes avec toi

-voyaient les femmes d’ici

-avec des baisers de coquelicot

--s'ils pensaient réussir à apprivoiser

-le cristal et l’acier de notre histoire

-ils ont cru aux mensonges des miroitements

-et au bleu de ce qu’on raconte

--la mer d’ici n’a que faire de toi déjà oublié

-moi je t’ai donné un nom

-et jamais il ne tournera le dos à ma mémoire

--il nous faudra toujours penser

-à effacer méticuleusement les frontières

*

Murièle MODELY déjà citée dans des émissions précédentes est à lire; avant qu'une émission particulière lui soit consacrée, lecture d'extraits de "Rester debout au milieu du trottoir" Contre Ciel éditeur 12 €.

Extraits d'un recueil précédent : "Je te vois" éditions du Cygne, 13 € :

 

mordre

le vide  mordre

laisser tous

les indispensables

biens de consommation

finir

dans la gorge

dans le creux du pantalon

vomir pour se remplir encore

*

Christian Saint-Paul accueille son invité : Marc TISON.

Il se présente aux auditeurs :

1956 : Né entre les usines et les terrils, dans le nord de la France. Fondamental. A la lisière poreuse de la Belgique. Conscience politique et d’effacement des frontières.

1969 : Lit un premier poème de Ginsberg. Electrisé à l’écoute de John Coltrane et des Stooges.

1971 : Performe des textes de Jacques Prévert sur les scènes de collège. Premiers écrits.

1977 : L’engagement esthétique est politique. Punk et free. Déclare, avec d’autres, la fin du punk en 1978. Premières publications dans des revues. 

1977 – 1992 Il écrira et chantera plus d’une centaine de chansons dans plusieurs groupes.

1980 : Décide de ne plus envoyer de textes aux revues, le temps d’écrire et d’écrire des cahiers de phrases sans fin. Cela jusque 1998 où Il jette tout et s’interroge sur un effondrement du « moi ». Part alors à l’aventure analytique.

2000 : Déménage dans le sud ouest. Rend sa poésie de nouveau publique.

Engagé tôt dans le monde du travail. A pratiqué multiples jobs : chauffeur poids-lourd, concepteur- rédacteur publicitaire, directeur d’équipement culturel…. Il s’est spécialisé dans la gestion de projet de l’univers des musiques d’aujourd’hui. A élargi depuis son champ d’action à la gestion et l’accompagnement de projets culturels et d’artistes.

Programme aussi des évènements liés à l’oralité, la poésie dite, et la « poésie action ». 

Ses publications :

1977 - 1980 : Publié dans plusieurs revues (dont « Poètes de la lutte et du quotidien »)

2000- 2015 : Publié dans diverses revues (« traction Brabant, Verso, Nouveaux délits, Diérèse,…).

2008 : Recueil collectif « Numéro 8 », éditions « Carambolage ».

2010 : Recueil « Manutentions d’humanités », éditions « Arcane 17 ».

2012 : Recueil « Topologie d’une diaclase », éditions « Contre poésie ».

Texte « Désindustrialisation », éditions « Contre poésie ».

2014 : Recueil « L’équilibre est précaire », éditions « Contre poésie ».

          Trois affiches poèmes, éditions « Contre poésie ».

2014 : Publications de quinze textes dans le livre d’artiste « Regards » du photographe Francis Martinal.

2015 : Recueil « Les paradoxes du lampadaire + à NY ». édition « contre poésie »

Depuis 2011 : Performances / installations d’action poésie (solo ou duo avec Eric Cartier).

***

L'entretien entre Saint-Paul et Marc TISON est entrecoupé de lecture de textes par l'auteur.

"L’amour, ça ne s’écrit pas / ça s’invente dans les nerfs", clame Marc Tison qui enrage dans l’observation du monde : ‘L’humiliation c’est tellement indolore / à regarder. » Il reste la colère qui « allume de petits phares épandus, mais « pourtant le ciel en feux ça ne suffit / plus. » La poésie de Tison est une poésie de dénonciation. Pour se révolter, donc agir, il faut d’abord affirmer son refus du monde tel qu’il est. C’est le rôle de la poésie que de changer le regard des contemporains sur le monde. Le poète accomplit le dessein de « L’homme révolté » de Camus :" Apparemment négative, puisqu'elle ne crée rien, la révolte est profondément positive, car elle révèle ce qui, en l’homme, est toujours à défendre. » « Il y a tant de révolutions / à faire » écrit Marc Tison dans « l’équilibre est précaire. » La première est celle de la langue. Même s’il utilise le mode de l’harangue, le langage n’est jamais un langage habitué. Les mots sont lavés de leur gangue de routine. Ils voyagent et sont comme les villes que le poète traverse pour en saisir l’éphémère quintessence. Milan, Barcelone, New York, Ostende, Hambourg, etc... la même mésaventure humaine.  Et l’univers invite à vivre « notre liberté inaliénable ».

 

Textes de Marc TISON :

 

J'engage aujourd’hui 06

janvier 2009 celui qui m'a

volé mes disques le 03

décembre 1975 à me les

ramener au plus vite ou en

faire bon usage surtout le

vinyle pressage 1957 du

« Mulligan meets Monk »

acheté chez un soldeur en

Angleterre en 1974 l’année

de mes 18 ans, disque dont

le poids de matière comme

l’épaisseur de la pochette

cartonnée à la photo en noir

et blanc si heureuse

ajoutaient à la volupté de

l’écoute de sa texture

sonore

*

Extraits de "Les paradoxes du lampadaire  suivi de A NY :

 

A NY j’ai entendu un quatuor d’afro-américains septuagénaires chanter à capella du Doo wop dans un wagon de métro le dimanche matin sur la ligne reliant Harlem

Ils avaient des baskets neuves et deux des casquettes à longue visière

Un avait un chapeau à bords ronds

Et j’ai vu tous les passagers du wagon laisser des billets de 1, 5, ou même 10 dollars dans la petite boite en fer peinte maladroitement en rose et tendue par le plus costaud qui chantait la voix basse.

 

 

A NY j’ai croisé des gens pauvres, beaucoup de gens pauvres.

A NY j’ai aperçu des gens riches, beaucoup à « upper east side » .

*

A NY à l’aube laiteuse nous cherchions les enfants somptueux des Fleshtones 

                Nous en avions perdu la trace dans nos pas insouciants lors de battues sonores et vaniteuses.

 

Et puis dans ce qui n’est pas encore le matin

A NY j’ai pris

des taxis qui roulaient sur deux rails oranges

la nuit bleue isotrope des lumières des yeux qui te regardent si loin d’où tu es

un trait scintillant jusqu’à l’émoi sonore dans la gorge dans la poitrine qui résonne du mot évadé « monamour ».

 

A NY j’ai vu un après midi ensoleillé une junky en trithérapie promener son chien et ramasser ses crottes avec un sac plastique fait pour ça

Elle n’a pas vingt cinq ans.

        *A NY j’ai vu de mes yeux vu, le ciel si loin  - il s’habille des façades - se rapprocher auprès des  foules au fond noir des avenues transversales, jonchées des éclats trompeurs de rêves, poussières d’enseignes publicitaires

      Clinquantes et insomniaques.

 

A NY j’ai vu des bibelots désuets

surpris des siècles loin de moi

à l’étal d’une brocante dans un entrepôt gris

les vitrages sécurit des vasistas percés de trous

impacts de balles comme des coups de pioches.

 

Confusion harmonieuse des esthétiques mémorielles, revint en transparence la vitrine de ce magasin de montres soviétiques à Kotor, et les reflets de la poussière dans le maigre souffle de soleil

Evaporation des pastels et les vendeurs qui souriaient.

*

Extrait de  "Manutentions d'humanités "

Pierres

Pierres qui calent mesures d'usines imbriquent des briques de terre de pierres pierres rouges les murs des maisons ouvrières des ouvriers effacés dans le canton de Denain désintégrés statistique sociale troisième page des misères du journal rouge maisons barricades planches aux fenêtres et les murs désertés rouges de pierres s'effritent sans fin recyclées et d'autres écrasées sans fin tapis des sols d'autoroutes sacrifices des os d'anciens locataires sidérurgistes au RMI offerts à la condition de poussières

*

Extraits de "L'équilibre est précaire" :

 

Suivras tu dans la jungle ses pensées sombres sans fin. Croiras tu voir de l’or dans ses regards perdus.

     Rentreras tu dans le                   corps que tes bras enserrent.  Et la joie et la peine pagailles d’émois qui apeurent.

 

Le chant frotté des    mains poignant des chairs, bat l’arythmie haletante des souffles. Moiteurs de suées aux ventres mélangées, et la bite dans le con défiant la mort de baisers.

     Il y a tant de révolutions        à faire.

Tu seras le désir cette sorte de peine. 

*

Un inédit pour l'émission "les poètes" :

Mostar : arrivée comme un road-movie

40° à l’ombre et le ciel bleu

cache les traces de l’enfer

 

Pelure sèche c’est la terre

 

Là autour d’un pont

les prêches et les sermons

des pervers religieux ont nourris les canons

Ce jour de soleil

Les imams et curetons

Ferment enfin leurs gueules

Paraît il qu’ils n’ont toujours pas honte

 

Là au bas d’un pont

Ce jour de soleil

Un Dj hiphop mixe sur une plage de poussière

des jeunes femmes en bikini ondulent

quand des ados fins plongent en frimant

La rivière redevenue bleue

 

Combien d’assassinats snipers fallait il

Retransmis en direct sur les télés du monde

Un jeu de gloriole

Les morts comme figurants

On filme le poing haineux brandi en vociférant

Le racisme nationaliste fait people

 

Et dire qu’on promet des unes spectaculaires sur son retour

 

Alors Mostar : 40° à l’ombre et le ciel bleu

Y revenir

Dans le miroir du présent

Plus jamais ça

Plus jamais ça

Ad lib..

*

Marc TISON une voix témoin de son temps, totalement confondue et en mouvement avec l'art d'aujourd'hui, qu'il est bon de connaître et d' accompagner dans notre énigmatique époque.

 

 Amitiés à ceux qui se reconnaîtront,

fraternité à tous,

Christian Saint-Paul  

http://les-poetes.fr

 

 

04/05/2015

Nouveaux délits n°51 lu par Patrice Maltaverne

 

 

Le numéro 51 (14,3 cms X 20,7 cms) de la revue "Nouveaux délits", animée par Cathy Garcia vient de sortir.
 
Avec des textes de d'Enrico Bertoncini, de Nicole Barromé, de Jean-Louis Llorca, d'Annabelle Verhaeghe, de Sadoum Nakib, Louise Sullivan, de Jean-Baptiste Pédini, de Jean Gédéon, de Michel Host, deux chroniques de Cathy Garcia sur des recueils de Jean-Louis Rambour et de Perrine Le Querrec.
 
Les illustrations de ce numéro sont de Corinne Pluchart.
 
Pour vous mettre l'eau à la bouche (enfin, je veux dire... une fois qu'elle est ajoutée au Pastis du numéro 51), voici un extrait du texte "Epingler des papillons", de Louise Sullivan : "Il est des endroits somptueux en dehors de la terre que vous ne pouvez pas connaître. Des endroits où le ciel vaporeux, parsemé de nuages gonflés de sanglots, ne fait qu'un avec le sol lévitant de sable rose..."
 
 
 
 
 
 
 
 

Numéro 51 lu par Christian Saint-Paul, Radio Occitania

 

Cathy GARCIA a publié dans le mode original qui est sa signature, le dernier numéro de sa revue : " Nouveaux Délits, Revue de poésie vive " n° 51 , avril, mai, juin 2015, 6 € le volume, abonnement 28 € (4 n°s) à adresser à Association Nouveaux Délits, Létou - 46330 Saint Cirq-Lapopie. De la belle ouvrage comme toujours avec cette artiste qui met en page textes et illustrations, au cordeau dans un dépouillement et un ordre qui sont l'apanage d'une conception militante et fraternelle de l'action poétique. Lecture de "Mots sur les mots du poème" de Michel HOST que l'on retrouve dans cette revue, et dont le texte fait écho à l'édito de Cathy GARCIA du n° 50.

"La question de Cathy Garcia a dès lors toute son acuité : "Que serait le poète sans les mots ... sans ses mots ?" Vendeur de chaussures ou comptable ? Mais voilà, c'est trop facile, ou trop difficile... Je n'ai pas de recette. On pense aux teinturiers qui ravivent et rendent leur grand teint aux tissus passés. On pense aux mots changés qui changent le discours, aux discours déplacés du soi vers l'autre ou l'ailleurs... A des allées et venues entre le nombril du diseur de mots et l'univers, avec les mots pour le dire. Offrir de nouvelles nourritures aux mots fatigués ? Leur rendre la santé. Ouvrir les portes et les fenêtres."

(Ré)-écoutez en ligne sur Radio Occitania toutes les émissions de Christian Saint-Paul, toujours très riches en humanité : http://les-poetes.fr

 

 

 

29/04/2015

Numéro 51 lu par Georges Cathalo

Note publiée sur le site de la revue Texture : http://revue-texture.fr/lecture-flash-2015.html

 

 

Avec un courage et une ténacité hors du commun, Cathy Garcia poursuit son aventure revuistique. Si elle fait en sorte que sa revue soit identifiable sur le plan formel (présentation, format, impression...), elle met un point d’honneur à choisir des textes originaux. Il lui est sûrement difficile de choisir parmi les centaines de textes reçus mais elle le fait sans tenir compte de la renommée (?) des poètes. Pour elle, seul le texte compte. On relèvera ici des écrits de jeunes tels que Louise Sullivan (née en 1985) avec une nouvelle étrange, « Épingler les papillons » ou de Jean-Baptiste Pedini (né en 1984) avec une belle suite océanique de poèmes en prose. On croise aussi dans ce numéro des gens plus âgés certes mais peu lus car discrets mais au talent indiscutable : Jean Gédéon et Jean-Louis Llorca par exemple. Quant à l’ancien Prix Goncourt Michel Host, il se voit offrir une page lumineuse pour compléter l’ éditorial de Cathy Garcia du N°50. On lira ensuite quelques brèves notes de lecture sur deux livres bien choisis (Jean-Louis Rambour et Perrine Le Querrec). Signalons enfin que Cathy Garcia rappelle l’adhésion de sa publication à l’association ARPO qui rassemble et répertorie plusieurs dizaines de milliers de revues de poésie en son Conservatoire carmausin depuis plus de 30 ans. Beau geste de reconnaissance !

 
 
 

Numéro 51 lu par Nicole Barromé

Modestement géniale la revue, le ton, la diversité de formes et d'expressions, les exergues en regard très inspirants, vraiment pro; utile aux poètes pour savoir où ils prennent place et aux amateurs pour découvrir une large livraison de la poésie contemporaine.
 
NB, 24 avril 2015
 
 
 
 

08/02/2015

Numéro 50 lu par Didier Trumeau

Je viens d’absorber la demie centaine de la revue de poésie vive et j’ai aimé. J’ai d’abord pensé que c’était un n° spécial poétesses et vu le niveau des dames je me frottais les mains des neurones puis j’ai continué la lecture et donc des poètes qui n’ont pas démérité  ont pris la suite et je n’ai rien regretté. La poésie comme la liberté n’a ni sexe, ni couleur, ni appartenance à un quelconque modèle, la poésie c’est une vague qui sans cesse recommence, semblable et différente à la fois. Et puis tes citations qui renvoient sans cesse à l’éternité et à l’universalité de la poésie sont l’illustration parfaite qui complète les superbes dessins de Joaquim Hock. Et toujours la conclusion éclairée de dernière de couve qui clôt ce moment de bonheur partagé. Bravo.

 

 

 

 

26/01/2015

Nouveaux délits N°49 (2014) lu par Georges Cathalo

 

Guidée par un instinct très sûr, Cathy Garcia excelle dans l’art du revuiste d’investigation pour dénicher des poètes rares et originaux. Ici, avec Thomas Sohier peu lu mais déjà maître d’une écriture assurée, Patrick Devaux, poète belge dont la poésie s’apparente à celle de Guillevic et Jean-Jacques Dorio dans une écriture « à sauts et à gambades » dans le sillage d’un Montaigne finalement très actuel. Plus surprenants encore, les écrits du jeune Paul Fréval (né en 1978) où l’on devine le penchant prononcé pour une oralité où le poème s’accomplit. Suit encore une expérience d’écriture de poèmes « pour deux voix et deux mains » entre Pascale de Trazegnies et Cathy Garcia dans une originale recherche poétique qui mériterait d’être poursuivie. Enfin, avec Cyril C. Sarot, on se trouve face à quelqu’un qui d’emblée déclare ne pas se considérer comme un écrivain. Précaution bien inutile car les neuf pages ici proposées nous prouvent le contraire. Comme toujours, Cathy Garcia parsème chacun de ses numéros de citations diverses ; cela va d’Anouilh à Werner Lambersy, et de Borgès à Noël Godin l’entarteur. Belle palette éclectique à l’image d’une revuiste de haut-vol.

 

 

 

17/01/2015

Patrice Maltaverne à propos du n°50

 

C'est ici :

http://cestvousparcequecestbien.blogspot.fr/2015/01/revue...

 

 

 

 

07/11/2014

Numéro 49, la revue du mois par Jacmo

Novembre, c’est… 100ème revue du mois !

NOUVEAUX DÉLITS n° 49

La revue de poésie vive dirigée par Cathy Garcia touche à son numéro 50. Ce qui est un événement pour toute revue. Une raison de la saluer un rien à l’avance. 52 pages, papier recyclé, une couverture kraft, une présentation sobre… voilà qui en fait un trimestriel régulier et pas cher. Et qui se donne les moyens de durer. Nouveaux délits est repérable en particulier par le fait qu’elle soit truffée de citations en bas de page, qui font comme une respiration parallèle avec les textes principaux, un peu comme quand on lit, mais qu’on a en tête une pensée par ailleurs qui se balade et se combine avec le texte lu. Dans le même ordre d’idée, Cathy Garcia n’hésite pas à emprunter aussi une page complète chez un auteur connu, ainsi Sam Shepard pour l’édito ou Fred Vargas pour la quatrième de couverture. Voire une citation de Francis Blanche pour la dernière page. C’est cette liberté et cette ouverture qui font l’intérêt de cette revue originale. Au sommaire : Thomas Sohler, qui s’occupe des éditions Contre-Ciel, écrit dans la note qui est consacrée à chaque auteur : « J’aime la poésie qui prend aux tripes, celle qui va chercher ce qu’on a de plus profond en nous afin de le mettre face à notre conscience. » Il donne une écriture serrée et fervente. La pluie est dans nos vies / L’insecte dans nos veines // J’ai chaussé la pensée de l’imbécile / Et la mémoire du vieux… Ensuite Patrick Devaux qui présente une poésie lapidaire et verticale ouvrir / à nouveau / les volets / de bois // qui / scient / la lumière Jean-Jacques Dorio qui multiplie les références et les citations : Gaston Puel, Garcia Lorca, Octavio Paz, Borges… un peu comme ce que je disais à propos de la revue, en abyme. Paul Fréval ensuite, qui enregistre et retranscrit, ce qu’il appelle « Postpoèse ». Le deuxième exemple est trop répétitif et assommant, mais le premier, autour du rêve, avec deux angles ou deux versions différentes est très réussi. Puis un « poème pour deux voix et deux mains » signé par Pascale de Trazegnies et Cathy Garcia. Il est indiqué qu’il s’agit « d’une sorte de dialogue hypothétique avec une voix imaginaire. Et que la deuxième voix s’incarne et vient se glisser dans un nouveau jeu de miroir »… Chacune garde sa graphie. Cela donne curieusement un texte vif et nerveux à deux niveaux comme stichomythie au théâtre. Enfin Cyril C. Sarot qui donne des réflexions un peu tout azimut, comme dans un journal. Celle-ci : Il y a des mots que je trouve beaux esthétiquement, pour des questions de pure sonorité. Aruspice, anachorète, coquecigrue, picrocholine, épithalame… Une belle note critique de l’animatrice pour clore, et on peut remplir le « bulletin de complicité » !

25 € / 4 n°. Létou – 46330 St-Cirq-Lapopie.

 

http://www.dechargelarevue.com/revue_du_mois.htm

25/10/2014

Numéro 49 lu par Patrice Maltaverne

Un chouette retour sur le numéro 49 de Patrice Mataverne via son nouveau blog intitulé C'est vous parce que c'est bien, une très belle idée que ce blog essentiellement consacré aux revues de poésie !

à lire et à découvrir ici : http://cestvousparcequecestbien.blogspot.fr/2014/10/revue...

 

 

14/01/2014

L'émission Les Poètes de Christian Saint-Paul

Le scénario de l'émission que vous pouvez partiellement écouter en cliquant sur : http://les-poetes.fr/emmission/emmission.html 

 

L’émission diffusée le jeudi 9 janvier 2014 avait été enregistrée, ce qui est exceptionnel, les émissions étant réalisées normalement en direct. Toutefois, avant le passage du document sonore, et alors en direct, Christian Saint-Paul a fait quelques annonces à l’antenne. Ces annonces n’ont pas été enregistrées et n’ont pu être écoutées que par les auditeurs présents ce jeudi à 20 h. Pour mémoire et bien entendu pour incitation à la lecture, voici ces annonces :

 

Lecture de l’éditorial de Cathy GARCIA : 

Lecture de « Signes de mon vieillissement » d’Eric DEJAEGER.

  

Et parce que Cathy GARCIA dans son éditorial évoque l’année 1972, Saint-Paul revient sur ces années soixante dix et en particulier sur ces années en Espagne et sur une jeunesse déboussolée qui entrera avec un désespoir aveugle dans le terrorisme. Epoque douloureuse. Pour Saint-Paul la lutte antifranquiste de l’extérieur et de façon active se devait de cesser dès 1970. La transition démocratique, voulue par l’Espagne qui désirait entrer dans l’Europe ne laissait aucune place à une action clandestine dirigée depuis les pays étrangers, comme l’URSSS par exemple. Toulouse, plaque tournante de ces actions clandestines et qui s’était si bien illustrée, devait céder le terrain de la lutte politique aux forces de l’intérieur. Toute obstination compromettait la rapidité et le succès du changement vers un état démocratique. Pourtant, des groupes se sont constitués après 1970 refusant le capitalisme et prônant la lutte armée. Et l’amiral CARRERO BLANCO pouvait assurer une continuité édulcorée du régime en place. L’action réussie de l’ETA a rendu drôlement service aux partis démocratiques de transition, toujours officiellement clandestins mais déjà représentatifs et dans l’action politicienne classique qui sied en Europe. Cette année 2014, il y aura 40 ans que les velléités utopiques de jeunes anarchistes fourvoyés dans une action de guérilla, furent stoppées dans le sang. Toulouse fut une des villes les plus impliquées dans l’inutile protestation internationale qui s’en suivit. Le consulat d’Espagne de la ville rose fut plastiquée, avec, c’est vrai, de bien maigres dégâts. Mais la voix toulousaine se faisait entendre. Elle avait intégré dans sa mémoire politique humaniste le nom de Salvador PUIG ANTICH, militant du Mouvement Ibérique de Libération (MIL) impliqué lors de son arrestation à Barcelone, d’échange de coups de feu qui coûtèrent la vie à un inspecteur de police. Six mois après cette arrestation, PUIG ANTICH né en 1948 fut garrotté à la prison Modelo de Barcelone. Son supplice dura vingt minutes. Le même jour, à la prison de Tarragone, Heinz CHEZ  un activiste polonais qui avait tué un garde civil fut lui aussi garrotté, mais dans l’indifférence de l’opinion internationale. L’année suivante, en septembre 1975, cinq autres militants de la lutte armée furent fusillés car l’Espagne ne possédait pas assez de garrots pour les exécuter en même temps. L’Espagne est entrée dans l’Europe en 1986. La peine de mort y est abolie. Mais le nom de Salvador PUIG ANTICH symbole d’une répression brutale qui fut celle, terrifiante, de la dictature franquiste doit demeurer dans nos mémoires, non comme un exemple, mais comme « una putada » une saloperie qui déshonore, s’il en était besoin, les hommes de pouvoir de ces années.

 

Les prisonniers qui étaient dans la galerie d’où partit Salvador PUIG ANTICH pour le supplice, dont il ne découvrit la nature qu’au dernier moment, composèrent sur cette mise à mort des chansons. Lecture de l’une d’elles :

 

  

Ferme la porte

Tire le verrou 

Maton !

  

Attache ferme cet homme-là

Avec des chaînes, avec des cordes 

Ces chaînes aux anneaux

Ensanglantés qui forment 

Des nœuds de sang

 

Attache ferme et serré 

Cet homme là, maton

Tu n’attacheras jamais son âme

Nombreuses sont les serrures

Nombreuses sont les clefs, maton 

Mais tu n’as pas celles de son âme

  

Un homme attend

Dans son confinement

L’oreille à l’écoute 

C’est le prisonnier Salvador

Le peuple criera peut-être 

Ce peuple, le nôtre, qui réclame la liberté

Et alors voleront les serrures 

Voleront les prisons


Attache ferme et serré 

Cet homme-là, maton 

Tu n’enchaîneras jamais son âme

Putain de vie, le garrot l’a emporté !