01.07.2009
NUMERO 33
Juillet - Août - Septembre 2009

Dites 33, dit le docteur. Et pourquoi donc ? Le fait de prononcer des "t" et des "r" renseigne sur l'état de notre gorge. La poésie a-t-elle parfois mal à la gorge ? Le poète certainement, à déclamer dans les déserts ou à tenter, pauvre fou, de couvrir le vacarme permanent du monde. Mais si la voix s’épuise, la poésie est son miel, un miel intarissable. La poésie survivra à l’homme. Elle était là bien avant lui.
La poésie ne craint pas le silence. Parfois même elle le préfère. CG
Au fond, la poésie est une sorte de magie opérative. Ce n'est pas une science, mais un art, un faire initiatique, un pouvoir d'autotransformation sans que l'on puisse en identifier la source. Le poète n'en est pas le maître ou le démiurge. Il n'est que l'instrument ou le porte-parole du silence qui le hante. Il est habité par ce qui le traverse et le dépasse. Le poète, disait Jean Carteret, est l'homme le plus troué du monde.
Michel Camus
in Transpoétique. La main cachée entre poésie et science

AU SOMMAIRE
Délit de sauvegarde : Rita Mestokosho (Ekuanitshit, Québec), poétesse Innue, sa voix, son combat pour la protection du territoire et de la culture Innus.
Délit de poésie : Ile Eniger (Alpes Maritimes), Saint-John Kauss (Québec)
Délit récidiviste : Cathy Garcia (Lot) présente Trans(e)création, nouveau recueil à paraître aux ed. Dlc
Délit d’éducation : Jean-Marc Couvé (Seine Maritime), livre le Journal d’un stit.
Délits d’(in)citations, tout petits cristaux scintillants dans l’obscurité.
En fin de revue, un bulletin de complicité ne demande qu’à s’envoler.

Illustrateur invité :
Valéry Jamin (Lot)
valery.jamin@wanadoo.fr
Né le 4 avril 1970 « Plasticien sans matières plastiques, sculpteur sans statues et artiste sans formation -et sans statut-, j'aime travailler les matériaux naturels et vivants, terre, pierre, bois, et les mots des humains. Pour composer les illustrations de ce numéro 33, je me suis assis au bord de la Dordogne à côté de laquelle j'habite et j'ai utilisé des galets, coquillages et végétaux se trouvant à portée de ma main. »

14:13 Publié dans ÉDITOS & SOMMAIRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
L'entretien des muses

Pour nous qui vivons de plus en plus entourés de masques et de schémas intellectuels, et qui étouffons dans la prison qu’ils élèvent autour de nous, le regard du poète est le bélier qui renverse ces murs et nous rend, ne serait-ce qu’un instant, le réel ; et avec le réel, une chance de vie.
Philippe Jaccottet
14:07 Publié dans QUATRIÈMES DE COUVERTURE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.06.2009
Quelques mots à propos de cette revue
Nouveaux délits est une revue PAPIER, et ce blog ou l'ancien site n'en sont qu'un pâle reflet. En effet, cette revue, il faut la voir (l'avoir) en vrai, c'est important. Il faut la toucher, l'ouvrir, la refermer, la plier, l'écorner, la garder près de soi, la prêter, la perdre, la mettre à disposition dans les toilettes pour un vrai moment d'intimité, bref, il faut qu'elle vive comme objet car elle ne peut s'épanouir dans la virtualité. C'est une petite revue qui se veut grande sentimentale, elle aime être caressée, n'a pas peur de passer de mains en mains.
Je m'occupe peu de publicité pour cette revue, je préfère passer du temps à la concevoir, l'imprimer, la plier, l'agrapher, écrire votre adresse et l'envoyer par la poste, ce bon vieux service public.
Je pourrais passer du temps à faire un site approprié, vendeur, une page myspace spécialement pour elle, je pourrais, je pourrais... Non cette revue pour moi doit rester palpable, aussi je passerai plus de temps dans le réel avec elle qu'ici ou ailleurs sur la toile.
Je tenais à le dire, car c'est important. Moi qui me sers du net depuis de nombreuses années, j'ai de plus en plus de mal à supporter que tout tienne sur un petit espace plat et carré. Le net est un outil, rien de plus. Un outil très perfectionné, très performant et qui permet de se rencontrer vous et moi alors que dans la vraie vie peut-être ne nous serions nous jamais rencontrés, mais dans la vraie vie, quand on se rencontre, on ne peut pas aussi facilement se cliquer dessus, s'ignorer, se supprimer, se rendre invisible, s'éteindre, fermer la page.
Ceci n'est pas un message destiné à encourager les abonnements, je suis bien-sûr ravie d'avoir des abonnés, mais comme je fais tout moi-même, si j'en avais trop des abonnés, ça deviendrait véritablement pénible... Aussi je vous encourage plutôt à faire vous aussi des choses dans la vraie vie, des objets que l'on peut toucher, regarder, aimer. Je vous encourage à aller vers les autres, car oui, ,cela devient de plus en plus difficile et la facilité de la communication virtuelle est trompeuse. En vérité, regardez, vous êtes seuls devant un écran... Et je ne vous vois pas, et je ne peux donc pas vous sourire et encore moins vous toucher.
Alors on touche avec des mots, et si je vous touche, alors c'est que les mots ont des mains. Et ça c'est plutôt une bonne chose.
Un grand merci à tous ceux qui me lisent et donnent la main à mes mots.
Cathy Garcia, 12 juin 2009
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29.04.2009
Erreur dans le numéro 32
Pour les abonnés et autres lecteurs de ce numéro, la citation suivante
On oubliait surtout
Que le rêve est patience
Et noyaute le temps
Attribuée à Zohra el-Manssouri in Psalmodies
Est de Jean Gédéon in Crispations
Je vous prie d’excuser cette coquille.
16:51 Publié dans INFOS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.04.2009
Emission les Poètes sur Radio Occitania
Chaque nouveau numéro de la revue est présenté par Christian Saint-Paul dans l'émission Les poètes sur Radio Occitania.
Dans l'émission du 22/01/2009 "Saint-Paul signale ensuite la parution du n° 31 de la revue de poésie vive et dérivés « Nouveaux Délits » (...). Un numéro impressionnant par sa diversité et sa puissance d’évocation d’une poésie jamais éthérée et ornementale mais en prise directe avec les forces vives et souterraines de la vie qui se veut accessible à l’Autre. Une fraternité à fleur de peau à chaque page. Il faut remonter aux années soixante, au tout début, pour retrouver ce souffle vital d’une poésie à hauteur d’homme et de femme. Saint-Paul lit un poème de Ludovic Kaspar."
15:11 Publié dans CE QU'ILS EN DISENT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.04.2009
NUMERO 32
NOUVEAUX DELITS
Revue de poésie vive et dérivés
Numéro 32


Je n’aime
Pas les gens
Mais je vous aime
Mal et pleine d’exigences
Je fais une revue de poésie
Je fais une revue de
Je fais une revue
Je fais une
Je fais
Je
De poésie
Revue de poésie
Une revue de poésie
Nous faisons
Nous
Cg
Il faut rêver à haute voix, il faut chanter jusqu'à ce que le chant s'enracine, tronc, branches, oiseaux, astres, chanter jusqu'à ce que le chant engendre et que sourde de la côte du dormeur l'épi rouge de la résurrection, l'eau de la femme, la source pour boire et se voir et se reconnaître et se reprendre, la source pour se savoir homme, l'eau qui se parle à elle même dans la nuit et nous nomme de notre nom... la vie et la mort ne sont pas des mondes contraires, nous sommes une seule tige avec des fleurs jumelles, il faut désenterrer la parole perdue, rêver vers l'intérieur vers l'extérieur, déchiffrer le tatouage de la nuit et regarder midi dans les yeux, lui arracher son masque, se baigner dans le soleil et manger les fruits de la nuit, épeler l'écriture de l'étoile et du fleuve, écouter ce que disent le sang et la marée,
la terre et le corps, revenir au point de départ...
Octavio Paz
in "La jarre cassée" dans "Liberté sur Parole"
AU SOMMAIRE
Délit du pied dans la porte : Renaud Marhic (Finistère), L’enfer un pied dans la porte.
Délit de poésie : Manuel Galaret (Lot), Frédéric Ohlen (Nouvelle- Calédonie)
Délit de racolage : Cathy Garcia (Lot), un nouveau recueil, Mystica perdita
Délit dedans les murs : Nathalie Riera, La parole derrière les verrous.
Délits d’(in)citations, boutures à disséminer.
Vous trouverez, c’est lassant, le bulletin de complicité au fond en sortant.
Illustratrice de ce numéro* :
Cathy Garcia

http://ledecompresseuratelierpictopoetiquedecathygarcia.h...
(*sauf pour les illustrations présentées avec Mystica Perdita : JL Millet)
17:15 Publié dans ÉDITOS & SOMMAIRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Les charniers de Guillevic
Passez entre les fleurs et regardez :
Au bout du pré c’est le charnier.
Pas plus de cent, mais bien en tas,
Ventre d’insecte un peu géant
Avec des pieds à travers tout.
Le sexe est dit par les souliers,
Les regards ont coulé sans doute.
— Eux aussi
Préféraient des fleurs.
(…)
On va, autant qu’on peut,
Les séparer,
Mettre chacun d’eux
Dans un trou à lui,
Parce qu’ensemble
Ils font trop de silence contre le bruit.
(…)
Lequel de nous voudrait
Se coucher parmi eux
Une heure, une heure ou deux,
Simplement pour l’hommage.
(…)
Ici
Ne repose pas,
Ici ou là, jamais
Ne reposera
Ce qui reste,
Ce qui restera
De ces corps-là.
Eugène Guillevic
in Les charniers
17:05 Publié dans QUATRIÈMES DE COUVERTURE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.01.2009
NUMERO 31
NOUVEAUX DELITS
Revue de poésie vive et dérivés
Numéro 31
Janv/Fév/Mars 2009
Nouveaux Délits en panne de vœux
Vous souhaite d’Excellents Délits
Que l’an neuf (ou rien) après deux mille
Vous inspire de nombreux et vifs dérivés
Pour l’occasion ce numéro s’est mis sur son 31
Nous attendrons le prochain pour compter nos dents
CG
Rester assis, c'est se mettre à genoux
Yanniss Youlountas
AU SOMMAIRE
Délit de poésie : Marcos Ana (Espagne) suivi d’une présentation par Cristina Castello (Argentine)
Délit cut : Rémi Froger (Lot)
Délit de filiation : La Toilette du Mort (extrait) de Werner Lambersy (Paris)
Délit de poésie non déclarée : Parcours poético-précaire et con/séquences de Cathy Garcia (Lot)
Délits d’(in)citations, cuvée de l’an nu comme un neuf.
Vous photocopierez le bulletin de complicité autant de fois que vous le voudrez
Illustrateur invité :
Jean-Louis Millet (Val de Marne)
jlmillet@free.fr
Je ne pense pas qu’il faille vivre très longtemps pour s’apercevoir
qu’il n’y a d’issue à notre condition que poétique.
Georges Perros
in Papiers collés II (1973)

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Hommage à Ludovic Kaspar
15:29 Publié dans QUATRIÈMES DE COUVERTURE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.11.2008
Pour faire nique à la crise, offrez des cadeaux alternatifs
directement du producteur au dégustateur
une idée (au hasard) :
Un abonnement à la revue de poésie vive et dérivés
Nouveaux Délits.
- 40€ (ou 35 en tarif lent) pour la France
- 42€ pour les DOM, la Belgique et autres pays d’Europe de l’Ouest
- 45€ pour les TOM
- 48€ pour le Québec
- 32€ de la main à la main
>>>> A tout nouvel abonnement souscrit avant le 31 décembre, sera joint un dessin original et signé de Jean-Louis Millet, illustrateur invité de la revue. Le numéro 31 sortira en janvier, je peux l’envoyer directement à la personne de votre choix.
une autre idée (toujours au hasard) :
Un ou bien – soyons fous ! – plusieurs
recueils de poèmes de Cathy Garcia.
Poète authentique, garanti sans pesticide.
>>>> Chaque recueil pourra être dédicacé à la personne de votre choix :
CHRONIQUES DU HAMAC Éd. à tire d’ailes, 2008, 96 pages,
Photos couleur originales de l’auteur
Préambule de Michel Host (Prix Goncourt 86)
14 €
SALINES Éd. A Tire d’Ailes, 2007, 44 pages
Illustrations originales n&b de Katy Sannier
Postface de Michel Host
12 €
LES ANNÉES CHIENNES / Série autodigestion
Éd. A Tire d’Ailes, 2007, 52 pages
Illustrations originales n&b de Marie Bouchet
10 €
JARDIN DU CAUSSE Éd. à tire d’ailes, 2004, 112 pages,
Préface de Mireille Disdero, poète et romancière, présentation par Patrick Devaux, poète belge - Illustrations originales n&b de Joaquim Hock, peintre et dessinateur belge également.
10 €
NOUVELLE HISTOIRE DE LA CHEVRE DE MONSIEUR SEGUIN
Ed à tire d’ailes 2008, 17 pages
Illustration originale n&b de Michèle Martinelli en couverture
5 € port compris
La nouvelle histoire de la chèvre de Monsieur Seguin commence où s’achève la version que nous connaissons tous :
« et au petit matin, le loup la mangea »…
Et bien dans la nouvelle histoire de la chèvre de Monsieur Seguin, au petit matin, le loup ne la mange point.
GRIS FEU (Ambition Chocolatée et Déconfiture, Collection de poésie numéro 1, 2003).
Superbe illustration n&b de Blandine Jullien. Un collector, il en reste 7 !
1 € (soit 0,0769231 le poème !) et une enveloppe timbrée à l’adresse du destinataire.
Tous ces recueils (sauf Gris Feu) sont imprimés sur papier recyclé de haute qualité.
Frais de port (sauf Gris Feu et Nouvelle Histoire de la Chèvre de Monsieur Seguin) : 2€ par recueil.
Et pour ceux qui en ont marre des mots, dernière idée mais de loin la plus originale :
Une reproduction d’un gribouglyphe de Cathy Garcia
en envoi mystère pour ceux qui aiment le risque
ou sinon en choisissant ici
http://ledecompresseuratelierpictopoetiquedecathygarcia.h...
(n’oubliez pas d’indiquer le nom lors de votre commande)
>>>> Reproduction de qualité, signé par l’auteur
sur très beau papier recyclé rigide, A4, 250 gr.
Gribouglyphe au choix noir et blanc : 8 €
Gribouglyphe couleur : 10 €
Envoi mystère : 6 €
Pour toute question ou commande :
Cathy Garcia
http://delitdepoesie.hautetfort.com/
12:08 Publié dans INFOS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.10.2008
"Les poètes" Emission présentée par Christian Saint-Paul sur radio Occitania
Chaque nouveau numéro de la revue est présenté dans cette excellente émission, avec lecture de quelques extraits :
10:51 Publié dans CE QU'ILS EN DISENT | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
29.09.2008
NUMERO 30

Numéro 30
Octobre, le retour des saisons, et chaque année le besoin toujours plus pressant d’en suivre les rythmes, de les épouser même. L’automne est avec le printemps, la saison qui a certainement inspiré le plus de poèmes… Poèmes de mélancolie, de tristesse non dénuée pourtant de flamme.
J’ai appris à aimer l’automne, comme j’ai appris à aimer la pluie, le froid, et tout ce qui nous fait aimer son contraire. L’observation de la nature, mieux sa contemplation et surtout le fait d’être en son sein et non à sa périphérie est sans aucun doute à mes yeux une des meilleures écoles de la vie. Et tout ce qui nous sépare d’elle, nous sépare de nous. La terre, les ruisseaux, les rivières, les fleuves, les montagnes, les plantes, les pierres, les minerais, le sel, les étoiles, l’univers, les galaxies, nous les portons en nous. Les sages de tout temps, en tous lieux, l’ont toujours su.
Nous, peuple du progrès, faisons un très long et coûteux détour, pour revenir à des évidences connues depuis des millénaires. Avec une arrogance parfaitement puérile nous croyons découvrir ce que nous ne faisons que retrouver…
Aujourd’hui nous jouons dangereusement avec ce qui nous dépasse et négligeons ce qui nous permettrait d’accéder à un véritable entendement. Sans rien détruire, ni corrompre mais au contraire en participant avec intelligence et conscience à un tout dont nous ne sommes qu’une toute infime et vibrante partie.
Alors ouvrons bien les yeux, les oreilles, déployons nos innombrables antennes naturelles, car nous en aurons bien besoin dans les temps qui viennent.
Je veux parler d’un désert monstrueux, le désert parfaitement planétaire, parfaitement mondialisé.
Jean-Yves Vallat
in Itinéraires vers le silence
AU SOMMAIRE
Délit de poésie :
Julie Quéré (Paris), en Corset et crinoline, extrait d’Élancements de l’Archée
Jean-Louis Millet (Val de Marne) présente Crimes & Culture, sirventès des relations entre les cultures
Alex Jacquin-Ng (Île Maurice) balance Neufs pets capiteux (extraits) et sa Rage en décembre
Délit de mémoire : Tombeau pour Kalakoa, le touareg inconnu, hommage de Jean-Marc Couvé (Seine-Maritime)
Délit suspendu : Extrait de Chroniques du hamac, nouveau recueil de Cathy Garcia (Lot)
Délit nucléaire : Hommage au Professeur Vassili Nesterenko avec un extrait de La Supplication de Svetlana Alexievitch
Et les Délits d’(in)citations éparpillées comme feuilles d’automne, faites-en bon humus.
Le Bulletin de complicité est disponible en toute saison.
Illustrateur invité :
Jean-Louis Millet (Val de Marne)
jlmillet@free

il y a trop de gens qui regardent !
Coluche
15:25 Publié dans ÉDITOS & SOMMAIRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La paix
©jlmi
Il n'y a pas d'autre bonheur que la paix
Proverbe thaï
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29.08.2008
Soirée poésie "Ouvrez le feu" à St Cirq-Lapopie avec Tristan Cabral, Majid Kaouah et Cathy Garcia

Soirée poétique et musicale proposée en partenariat avec la revue Nouveaux Délits avec les poètes Tristan Cabral, Majid Kaouah et Cathy Garcia, accompagnés en musique par Serge Bouzouki. Vente et dédicace d'ouvrages en fin de soirée. Rencontre avec les auteurs autour d'un thé à la menthe.
Les invités :
Etudes secondaires à Bergerac, puis faculté de théologie protestante à Montpellier. Il abandonne le pastorat, entreprend des études de philosophie. Nommé professeur de philosophie au lycée Daudet à Nîmes, il y exerça son métier durant trente ans.
Il fit une entrée fracassante en littérature " en portant son cadavre sur son dos " comme écrivit Roger Gilbert-Lecomte. En 1974, effectivement le professeur de philosophie Yann Houssin du lycée Daudet préfaça un recueil de poèmes intitulé : " Ouvrez le feu " d'un jeune poète de 24 ans, Tristan Cabral, qui s'est suicidé en 1972. La critique est élogieuse : " Qu'on se donne le temps d'écouter cette voix tourmentée, cette poésie convulsive, aux couleurs de feu dans le maquis des mots. " écrit François Bott dans le journal " Le Monde ". Nous apprendrons plus tard en 1977 que Tristan Cabral est bien vivant et que le préfacier Yann Houssin est en fait le poète Cabral. Il publie alors une avalanche de textes aux Editions Plasma à Paris qui rencontre un large public : " Du pain et des Pierres " 1977, " Quand je serai petit " 1979, " Et sois cet océan "1981. Le recueil "Ouvrez le feu" sera réédité à trois reprises. Nous assistons alors à un phénomène d'édition de poésie, depuis le texte " Paroles " de Jacques Prévert aucun recueil a eu un tel tirage. Cabral occupe une place singulière dans le paysage poétique contemporain. Aussi il écrira ses poèmes depuis des lieux où la vie peut se réconcilier avec la poésie, seule façon de surmonter la déchirure. Cabral voyage tous les étés et on le retrouve là où s'exerce le mal : Paris 68, Prague, les Cévennes, Montségur, Bagdad, Istanbul, Belfast, Mexico, Alger, Jérusalem, Kosovo, Bosnie, Auschwitz... partout où l'homme incendie son semblable. Cabral puise ses images dans l'agonie de notre monde. Il se lie à des mouvements révolutionnaires en Amérique du sud, en Irlande, en Turquie.
En 1976, il sera incarcéré à la prison de la Santé à Paris pour " participation à une entreprise de démoralisation de l'armée française. " Il vit toujours à Nîmes, continue son métier d'enseignant et publie ses chants de lutte qui évoquent le Tiers Monde, la Palestine, l'Irak. Il y exprime souvent ce moment d'espérance juste avant l'arrivée du désespoir. Comme l'écrit le poète Bernard Noël :" Cabral est un poète à la douceur impitoyable ". Cabral poursuit sa route insoumise, sans Dieu, sans parti, sans maître et il construit une œuvre : " la lumière et l'exil " ( anthologie) 1985, " le Passeur de silence " ( 1986), " le quatuor de Prague " ( 1990), " le Passeur d'Istanbul " ( 1992), " le Désert-Dieu " (1996), " Mourir à Vukovar " (1997). Cabral traverse de nombreux brasiers.
En 1997, sa poésie, expression d'une révolte pure évolue vers une poésie de la quête. Cabral nous révèle alors son identité secrète au travers de ses trois derniers recueils : " L’ Enfant d'eau " ( 1997), " La messe en mort " ( 1999) et " L'enfant de guerre " ( 2002). Le poète écrit : " Enfant illégitime de la Seconde Guerre mondiale, j'ai voulu montrer en suivant le Danube, de sa source à son embouchure sur la mer Noire que le monde lui-même ne cesse de naître et de renaître .... " Il a traduit entre autres Yannis Ritsos, Octavio Paz, Georg Trakl. Tristan Cabral a été publié dans le numéro 24 (juillet 2007) de la revue Nouveaux Délits.
Bibliographie
Testament Funambule, Actes Sud, 2008 à paraître
Requiem Océan, Bord à bord avec Xavier Grall, Voix d’encre, 2007
L’Enfant de guerre, Le Cherche-Midi, 2001
La Messe en mort, Le Cherche-Midi, 1999
L’Enfant d’eau, Livre I du Quatuor de l’Atlantique, Cahiers de l’Égaré, 1997
Mourir à Vukovar, Cheyne, 1997
Le Désert-Dieu, éditions De l’Alpha et Oméga, 1996
Le Passeur d’Istanbul, éditions Du Griot, 1992
La Lumière et l’exil, Le Temps parallèle, 1986
Le Passeur de silence, La Découverte, 1986
Et sois cet Océan ! Plasma, 1981
Demain, quand je serai petit, Plasma, 1979
Du pain et des pierres, Plasma, 1977
Ouvrez le feu !, Plasma, 1975
Abdelmadjid Kaouah est né le 25 décembre 1950 à Aïn-Taya, près d'Alger.
Il est journaliste de profession. Correspondant de divers journaux algériens et chroniqueur littéraire. La violence qui a frappé son pays dans les années 90 l'a poussé à l'exil en région toulousaine où il vit aujourd’hui.
Il publie depuis les années 70. Il a publié plusieurs plaquettes aux Editions du Stencyl notamment : Trois télégrammes d’amour et un poème pour les enfants, De toute manière... Son recueil Par quelle main retenir le vent, préfacé par Tahar Djaout en 1986 évoque ce qu'aurait pu être l'Algérie si les poètes avaient eu la parole. Par quelle main retenir le vent a été réédité suivi de La Jubilation du jasmin par les éditions Noir & Blanc ainsi que L'Ombre du livre. Il a publié en 1999 Le Nœud de Garonne (éd. Autres Temps, Marseille).
Titulaire d’une Maîtrise consacrée à la poésie algérienne de langue française, il a également animé en Midi-Pyrénées l’association CRIDLA (Cercle de recherches, d'initiatives des lettres algériennes et maghrébines de langue française).
Collaborateur littéraire (notamment à Notre librairie, Revue des littératures du Sud, Paris), il a produit durant plusieurs années des émissions radio de culture et de société (grands entretiens avec Amin Maalouf, Jean Pélegri, Boualem Sensal, Serge Pey etc. ...) et dans la presse écrite (Yasmina Khadra, Nouredine Saadi, Maïssa Bey...).
Il a obtenu le prix Sernet 1995 des Journées internationales de poésie de Rodez pour La Maison livide (préfacé par Serge Pey avec une couverture du peintre Hamid Tibouchi, (éd. Encres Vives, Toulouse).
Il a publié une anthologie Poésie algérienne francophone contemporaine (éditions Autres Temps, coll. "Temps poétique", 2004).
Et Le Cri de la mouette quand elle perd ses plumes (Encres Vives, mars 2006).
L'Ode à Katerina Angélàki suivi de Skärgarden (Encres Vives, 2008)
Il a pris part à de nombreuses rencontres poétiques, en France, en Grèce, en Espagne , en Allemagne, en Suède. A participé à divers salons et rencontres littéraires en France et animé de multiples lectures dans les librairies et les cafés-littéraires. Majid Kaouah a été publié dans le numéro 23 (mai 2007) de la revue Nouveaux Délits.
Et Cathy Garcia, née en 1970, poète fondatrice de la revue.
Bibliographie
PANDEMONIUM 1 (poèmes) , Editions Clapàs Collec. Les Ami(e)s à Voix 2001
FRAGMENTS DE TOUT ET DE RIEN (prose), Editions Clapàs, Collec. Les Ami(e)s à Voix 2001 ;
PAPILLON DE NUIT, Ed. Clapàs dans la collection Franche-Lippée, 2001
GRIS FEU chez Ambition Chocolatée et Déconfiture, 2003
De larges extraits de CALEPINS VOYAGEURS - Journal intime en tournée 1997/2002 plus quelques poèmes, sur le cd-rom du poète Christian Erwin Andersen : L'EXORCISME DU SABLE (Pourquoi toujours dans le désert?) aux Ed. Profana Bellica, 2003 (Belgique)
La nouvelle histoire de Monsieur Seguin dans le recueil Nouvelles story n°2, Ed. Alpa. 2004;
JARDIN DU CAUSSE, éd. à tire d'ailes, 2004
LES ANNÉES CHIENNES – Série autodigestion, éd. A Tire d’Ailes 2007
SALINES, éd. A Tire d’Ailes, 2007
et LES CHRONIQUES DU HAMAC, éd. A Tire d’Ailes 2008, nouveau recueil qui sera présenté par Les Orteils Papillons au Garage Donadieu, à Cahors, le mardi 16 septembre à 20h30, une lecture en suspension...
• Prévoir des vêtements adaptés en fonction de la météo
• Participation libre
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28.06.2008
NUMÉRO 29
Juillet 2008
Comment ne pas s’essouffler en faisant une revue de poésie ?
Entre les bons sentiments de départ : lire tous les textes, répondre rapidement à toutes et à tous, entretenir de vraies relations avec les auteurs, publiés ou pas, les lecteurs, les abonnés et aussi les autres revues, les innombrables sites de poésie et ce qui est faisable en vérité, il y a ce fossé nommé désillusion ou expérience, selon qu’on l’envisage.
Il faudrait y passer TOUT son temps. Un temps non salarié, bien entendu, puisque il s’agit de passion et non d’un emploi.
Et même en y passant tout son temps, la technologie informatique fait que x auteurs peuvent envoyer x poèmes en même temps, sans compter ceux qui les envoient par courrier. Moi pour suivre, c'est-à-dire lire attentivement et répondre, mais aussi entretenir des relations avec tout le monde, n’étant pas une machine, ça me prend beaucoup plus de temps. Et voilà que x nouveaux auteurs ont envoyé x nouveaux textes et les premiers auteurs m’écrivent pour savoir ce qu’il advient des x textes qu’ils m’ont envoyés il y a x temps. Certains, rares heureusement, s’impatientent un peu trop, en deviennent désagréables, évidemment ce sont eux qui passent à la trappe les premiers.
Et voilà comment une passion, un plaisir peuvent se transformer en corvée parce qu’ils provoquent de la frustration, la machine n’ayant aucun état d’âme et beaucoup d’auteurs s’imaginant être uniques, ne pensent finalement qu’à eux-mêmes et à leur but : être publiés. Ils oublient trop souvent qu’ils sont un parmi x autres.
Que certains ne donnent plus de nouvelles une fois qu’ils ont reçu leur exemplaire, que la plupart ne s’abonnent pas à la revue etc.… ça je ne m’en plaindrais pas, après tout personne ne m’oblige à faire une revue. Non, mon problème c’est plutôt de réaliser combien cela devient envahissant, au point que moi qui me voudrais aussi poète, je n’ai plus le temps de m’occuper de mon propre travail d’écriture, sans parler du reste.
Alors comment faire ? Finalement c’est comme dans la vie, vient un moment où l’on doit faire un tri, et surtout où l’on fait ce qu’on peut et tant pis pour ceux qui ne sont pas contents car après tout personne ne les oblige à contacter une revue.
Ce qui compte à mes yeux, c’est de ne pas renoncer par épuisement, et j’assume donc d’être injuste par nécessité. Répondre à certains, plus qu’à d’autres, selon des affinités réelles qui se créent, lire ce



