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06/12/2022

Soliflore 125 – Haroun Guino

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Turfu 

C’est un petit soir à Marseille
Et le vent souffle sur l’avenir.
Qui en devine le fond absurde ?
Son chant baroque ou minuscule ? 
La vie superbe qu’il annonce,
Avec ses airs de victoire ?
Verra-t-on dans la vérité qu’il chante, 
La faiblesse de ses armes ? 
Et comment ne pas voir aussi, 
Dans le profond de son sourire, 
Dans la jolie révolte qu'il porte, 
Son refus d'aboutir. 

 

 

01/12/2022

Soliflore 124 – Lucie Roger

 

 

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image de l'auteur

 

 


Mosaïque

Par petites touches, petites pièces 
Construisant mosaïque chemin 
S’animant en couleurs mélangées 
Mélangeant porcelaine les instants 
Instants du chemin coloré, parsemé 
Sinueux, ce chemin porcelaine 
Porcelaine s’ajoutant par touches petites
Touches de mots, pièces aimantes
Porcelaine fine, colorée et vibrante 
Du chemin incomplet, lacunaire
Aux mots dépareillés, oscillants,
Pièces porcelaine colorées s’agençant
Formant improbable le chemin 
Fragmentaire, chemin inavouable 
Conduisant vacillants les pas 
Tremblement des cœurs porcelaines
Vers ces instants fébriles, fragiles
Ces chers instants colorés marquants
Instants savourés sur chemin mosaïque 
Inachevé chemin en mosaïque vers toi

 

 

24/11/2022

COLLECTION CARTES-POÈMES "ORACLES" - mise à jour régulière

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Une collection de poésie hors norme, des pièces uniques, fabriquées avec de l'inspiration spontanée, du papier, de la colle & des ciseaux : à l'époque du tout virtuel, décalage revendiqué !

 

Un poème unique de Cathy Garcia Canalès, fruit d'une contrainte que l'auteur  s'impose à elle-même.

Les cartes double sont disponibles à la pièce ou sous forme d'abonnement : une carte par mois pendant 6 mois ou un an et donc là c'est la surprise à chaque fois !

Ce sont des cartes doubles (qui s'ouvrent donc) au format 10,5 x 15 cm, chacune est signée et numérotée.

 

 10 € à la pièce port compris

Abonnement soutien 6 mois : 50 €

Abonnement soutien 12 mois : 100 €

 

Elles sont vendues en soutien à l'association Nouveaux Délits.

 

Vous pouvez voir et choisir ci-dessous parmi les cartes disponibles de la collection  :

 

 

 

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à suivre...............

 

 

 

16/11/2022

Nouveaux-Délits « revue de poésie vive » # 73 - Octobre 2022 par Didier Trumeau

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Commencer un Nouveaux-Délits est toujours un plaisir immense. Nulle exception, et la surprise vient simplement de la forme car le fond je le sais sera de haute volée. Voyez l’édito de Cathy qui propose un aperçu réaliste de la situation actuelle même pas agressif avec les hurluberélu-e-s qui mériteraient pourtant une sévère remontrance eut égard à leur inaction irresponsable, du moins à leurs actions totalement responsables… Mais aussi montre le chemin que tout le monde connait, et qu’il tient à chacun d’emprunter, pour que le monde permette la vie à tous, durablement… Les mots n’y suffiront pas et pourtant les dire, les écrire, les répéter, les réécrire, finiront bien par trouver l’oeil clairvoyant et l’oreille attentive. Le papier est toujours plus cher, et cela correspond bien à l’idée que je me fais du papier, papier cadeau pour recevoir et envelopper les mots, pour recevoir et développer toutes les histoires du monde, celles passées, d’aujourd’hui et à venir, pour recevoir le savoir et permettre au plus grand nombre d’y avoir accès… Le papier une matière exceptionnelle - je n’aime pas le mot noble - et sans doute plus pérenne que le média numérique… Un Nouveaux-Délits se présente toujours sous son écrin vieux rose suranné et précieux. Cela peut sembler fade et au contraire il y a dans cet aspect d’un autre temps une sensation de douceur, de paix et d’hospitalité, une invitation à ouvrir l’ouvrage, et d’être à la maison. Pour ce numéro, c’est Corinne Pluchart qui illustre de ses traits, ciselure et collages, les pages en papier recyclé comme la couverture. C’est à la fois énigmatique et végétal. Pour une fois Nouveaux-Délits ne se contente pas - et ne se contente jamais !!! - de nous offrir de la pure poésie avec ses Yvan Robberechts, Kiko Christian Moroy, Alain Guillaume, Isabelle Garreau, mais avec Thierry Desbonnets nous propose - en plus de deux poèmes, des réflexions profondes dont la portée humaniste doit sembler une lapalissade aux bienpensants, font mieux que moraliser, et rappelle précisément et simplement l’idéal soignant, l’idéal humaniste. Georges Cathalo avec ses uppercuts y va aussi de sa vision de notre monde désincarné, et la puissance de la conscience devrait (ré)conforter ceux qui doutent et désespèrent. Et ses poèmes dédiés sont à la hauteur de l’ensemble de Nouveaux-Délits. Petite auto-promo - qui le ferait sinon ? - pour parler du dernier recueil de Cathy Garcia Canalès « Calepins Voyageurs » qui nous parle de son parcours dans le milieu du spectacle de rue, et c’est bien entendu essentiel pour ceux qui ne se contentent pas de rêver mais en plus concrétisent. Et toujours ces extraits pointus, et ces citations magnifiques pour compléter, Nouveaux-Délits. Voilà !!! 

 

Le 14-11-2022

Didier Trumeau

 

 

 

07/11/2022

Soliflore 123 - Pierre Théobald

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auteur inconnu

 

 


ÉLEVAGE SAUVAGE

Mâles castrés, oreilles coupées :
Mise en préparation !
Queues tranchées, becs meulés :
À vif, ces amputations !
L’animal est maintenant prêt :
Apte à la production !
Ces centimes font rendement :
Voilà la croissance !
Performer pour l’amortissement :
Objectif finance !
L’animal, déjà mis en aliment :
Performance !

 

 

 

05/11/2022

Soliflore 122 - Dorothée Coll

 

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illustration originale de Philippe Chevillard

 

 

Le cuir

Le cuir de nos amours
exhibe ses entailles
Je passe la main sur les blessures, les cicatrices
imprime sur ma peau la dentelle des bords 
Empreinte des remords

On s’étripe, on s’éviscère
nos lignes de conduite s’écrivent à cœur ouvert
Transparence des ruisseaux de sang
qui zigzaguent entre les rochers

Les patrons de nos deux corps mal ajustés
attendent qu’un couturier fantasque
les drape d’un tissu moiré
et les faufile de blanc
que les coutures apparentes
guident les petits poucets
que nous étions, souviens-toi, avant de nous égarer

 

 

 

04/11/2022

Soliflore 121 - Sacha Zamka

 

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Nuée - photo de l'auteur - 2022

 

 

arbres

une seule injustice et c’est celle de naître
les siècles sont figés les heures sont inertes

arbres nous revenons à ceux de la genèse
que sommes-nous ? un corps que la souffrance innerve
l’aube n’est rien de plus que de l’imaginaire
nous dormons regard givre et nous rêvons yeux neige

dérivons-nous sur une ou bien plusieurs planètes ?

 

 

 

 

 

27/09/2022

Nouveaux Délits n°73

MESSAGE IMPORTANT ! Pour celles et ceux qui ne le savent pas, le prix du papier a littéralement explosé : 60 % d'augmentation et pour ce qui est des "délits buissonniers" (comme mes propres livres en autoproduction), le papier est beaucoup plus cher entre autre parce qu'il doit être de qualité pour les illustrations mais aussi parce que ce sont de vrais livres. Avec ça, j'ai toujours utilisé du papier recyclé, encore plus cher donc et de plus en plus rare (comme les fabricants) par un souci d'éthique que je n'abandonnerais pas. Je n'ai pas répercuté cette hausse spectaculaire sur les prix, pas plus que je n'avais répercuté celle des frais postaux mais aussi de l'encre et même de l'imprimante que j'ai dû changer l'hiver dernier en tombant en pleine pénurie mondiale d'imprimantes (!!!?). Comprendre : il faut acheter la gamme bien au-dessus et vite avant qu'il n'y en n'ait plus non plus... Encore un pas, et ce sera tout simplement impossible de continuer, alors comment dire ? Ben tout simplement : abonnez-vous, achetez des livres, soutenez la création et les producteurs indépendants tant qu'il en est encore temps ! Merci ❤

 

***

 

 

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Adepte pratiquante depuis longtemps de la secte des décroissants, alias les khmers verts et autres terroristes en herbe de la simplicité joyeuse et volontaire, je ne devrais que me réjouir du très soudain engouement des zélites pour la sobriété… Enfin, pour notre sobriété, à nous les gens très zordinaires. Un bon nombre d’ailleurs n’a pas été consulté pour être énergétiquement et financièrement sobres depuis longtemps ou toujours — et le picrate bon marché pour l’oublier ne dira pas le contraire. Je dois avouer que je perds vite mon calme devant les énormités proférées actuellement (déjà que…), ce qui est mauvais pour mon évolution spirituelle.

L’art du greenwashing n’a d’égal que celui du brainwashing… et autres anglicismes à la mode (and God took the queen !). En mai dernier, je tapotais sur mon clavier : « Hier j'ai entendu à la radio le terme "écologie pragmatique" sans doute en opposition avec une écologie qui serait utopique, l'un et l'autre ne veulent strictement rien dire, comme 95 % de ce qu'on entend actuellement venant des "autorisés à parler", civilisation du blablabla aux multiples méfaits (…). J'ai souvent eu honte de faire partie d'une espèce qui se laisse ainsi mener par le pire d'elle-même et par ses roquets en chef et qui en redemande de l'hypnose séductrice d'influences en tout genre — et surtout du plus mauvais — mais là ça devient irrespirable. Pour moi il n'y a plus de judicieuse radicalité assez radicale pour stopper cette folie et elle sera de toutes façons étouffée, écrasée par ce besoin de continuer encore et encore à sucer tout ce qui est suçable, à pomper ce qui est pompable. Nous sommes toutes et tous complètement incohérents ! (…) J'ai toujours au fond de ma poche un peu de poudre de perlimpinpin d'espoir — pas de celle qui se jette aux yeux, plutôt celle à diluer jour après jour dans la citerne grise du découragement  — l’espoir que quelque chose va faire ding ou bing ou clash soudainement et en même temps dans la tête de chacun-e d'entre nous, partout sur cette planète ! Et je dois dire qu’un certain nombre de personnes, et notamment des jeunes, mettent de la couleur dans ma poudre mais je n'oublie jamais que des hurluberlus de notre espèce sont bien plus (ir)responsables que d'autres : ceux et celles qui se prennent pour des hurluberélu-e-s pour toutes sortes de déraisons et puis nous autres habitants des pays qui se gavent depuis des siècles, des millénaires même » et je finissais ce coup de gueule trop long pour le mettre ici par « Nous n'avons plus beaucoup de temps et toutes celles et ceux qui ont compris depuis trop longtemps déjà sont fatigué-e-s de tenir la torche allumée, vraiment, je peux le voir, l’entendre et moi-même à ma propre mesure et déception après déception, je n’en peux plus. Alors voilà, aujourd'hui même, tout ce qui nous tue, tout ce qui tue, oppresse, manque de respect à cette planète et à toutes les formes de vie doit tomber, aujourd'hui même, maintenant, là, de suite !!! »

Et bien ce sera là mon édito pour ce numéro d’automne !

 

 

Ne leur pardonnez pas. Ils savent ce qu'ils font.

Claire Séverac (1948-2016)

 

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AU SOMMAIRE

 

 

Délits de poésie : Yvan Robberechts ; Kiko Christian Moroy ; Alain Guillaume & Isabelle Garreau avec des extraits de Manière noire

 

Délit de bonté : Thierry Desbonnets, deux poèmes & des réflexions profondes

 

Délits pluriels : Georges Cathalo avec quelques uppercuts tirés Des pluriels plutôt singuliers & cinq nouveaux poèmes dédiés

 

Délit d’autopromotion pour les Calepins voyageurs et après ? – Tome 1 de Cathy Garcia Canalès, paru en juillet dernier

 

 

Délits d’(in)citations, petits plombs légers au coin des pages, la chasse est ouverte, ici il n’est question que de nourrir l’esprit et non point tuer. Vous trouverez le bulletin de complicité au fond en sortant qui résiste bravement (ou en totale inconscience) à l’inflation, poil au fion !

 

 

 

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Illustratrice : Corinne Pluchart

 

 

Je ne crois pas à un effondrement spectaculaire et brutal, du jour au lendemain. Et je me tiens en retrait de la mouvance "collapsologue", que je respecte pourtant. Il n’en demeure pas moins qu’il est effectivement incontestable qu’une catastrophe est en cours. Ce n’est plus une crainte, c’est un bilan : 60 % des animaux sauvages ont disparu en 40 ans.

Posons-nous une question amusante : sur des échelles des temps géologiques, l'humain laissera-t-il une trace ? Un scorpion-géologue, dans 100 millions d’années, pourra-t-il savoir que nous avons existé ? Naturellement, toutes nos constructions seront balayées : des cathédrales aux usines, il ne restera rien. Et pourtant, il y bien un signe qui marquera le passage des humains sur Terre : la 6e extinction massive. On verra, par les fossiles, que la vie a soudainement périclité sans aucune cause géologique ou météoritique. Voilà la trace que nous laisserons sur notre planète : un anéantissement vertigineux du vivant.

 

Aurélien Barrau

 

 

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La cloche a sonné d'Aline Recoura, délit buissonnier n°6

 

 

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Délit buissonnier n° 6 sorti le 1er juillet 2022 !



*


elle dit non à l’institution
on lui reproche son manque de travail d'équipe
ça dégénère dans sa tête
elle comprend qu’on lui demande de pallier
toutes les incompétences et défaillances
elle est coincée
on lui parle de professionnalisme
de laisser ses émotions de côté
quand pendant deux ans tout le monde semblait
ravi que la maîtresse sorte des cadres affectifs
donne à la petite fille ce qu'elle ne trouvait nulle part d'autre
tout le monde semblait content d'avoir la paix
de cette petite fille comprise au moins par une personne
la maîtresse
c'est pour ça qu'elle décide de changer de métier


 *


illustrations originales de Ludo Godot
tirage numéroté
56 pages agrafées
imprimé sur papier Keaykoulor calcaire

100 g & 250 g 100 % recyclé

 
10 € +3 € de port, à commander à
 l’Association Nouveaux Délits

 

 

 

14/07/2022

Revue Nouveaux Délits - Numéro 72 (extraits)

 
 
Quelques textes et poèmes parmi ceux publiés dans ce numéro paru en avril 2022 des auteurs suivants : Anne-Marie Bernad, Jérémy Semet, Vincent Calvet, Odile Steffan-Guillaume, Stéphane Mongellaz, Perle Vallens et Michel Woelffle. Morceaux choisis et lus par Cathy Garcia Canalès.
 
 
 
 

13/06/2022

Avis de parution : La cloche a sonné d'Aline Recoura, délit buissonnier n° 6

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 Sortie le 1er juillet 2022 !

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clique sur l'image pour voir de près

 

*

 

Cette petite fille n’avait de mot 

que le prénom de sa maîtresse

qu’elle a eu en maternelle

pendant deux ans

en CP la nommant encore et toujours

quand on lui demande qui est ta maîtresse

l’institution décide de la faire retourner en maternelle

quelques heures par jour

la maîtresse est toujours là

la maîtresse vit très mal

tombe malade

elle adore cette petite fille

elle pleure son abandon 

elle pleure chaque jour quand à la sortie de l’école

la petite fille lui saute dans les bras et la serre tellement fort

elle dit non à l’institution

on lui reproche son manque de travail d'équipe

ça dégénère dans sa tête

elle comprend qu’on lui demande de pallier

toutes les incompétences et défaillances

elle est coincée

on lui parle de professionnalisme

de laisser ses émotions de côté

quand pendant deux ans tout le monde semblait

ravi que la maîtresse sorte des cadres affectifs

donne à la petite fille ce qu'elle ne trouvait nulle part d'autre

tout le monde semblait content d'avoir la paix

de cette petite fille comprise au moins par une personne

la maîtresse

c'est pour ça qu'elle décide de changer de métier

 

 

 

*

L'auteur :


 

Lire et écrire ses passe-temps favoris (en dehors des heures de son métier de professeur des écoles). Depuis janvier 2022, directrice de rédaction de la revue Cabaret. Elle a publié en 2020, Banlieue Ville à La Lucarne des écrivains et en 2021, Scènes d'école au Lys Bleu et Cardio Poèmes aux éditions du Petit Rameur. À paraître : Pichenette dans les mots aux éditions Gros textes et Nuages dans le sang aux éditions de La Lucarne des écrivains en 2022. Elle contribue à de nombreuses revues papier de poésie (Comme en poésie, Cabaret, HS 7, Traction Brabant, Les amis de Thalie, Les Impromptus, Décharge, Traversées, Nouveaux Délits, Météor, Verso, FPM, L’Intranquille, Maux à mots, Wam, L'Air de rien…) et numériques (Cosaque des Frontières, Lichen, Behigori, Capital des mots & Hors-série n°6 de la revue Cabaret : 40 jours 40 vies, 2020) et des anthologies (On dit Cap, Ad Vitam Aeternam, Voix des îles). Elle dit régulièrement ses poèmes sur scène et est membre du collectif Contre Silence.

 

*

 

 

illustrations de Ludo Godot

tirage numéroté

56 pages agrafées

imprimé sur papier

Keaykoulor calcaire 100 g & 250 g

100 % recyclé

 

*

 

10 € +3 € de port,  à commander à

 l’Association Nouveaux Délits – Letou – 46330 St Cirq-Lapopie

 

 

Délits buissonniers

est une collection de tirés à part

de la revue Nouveaux Délits

 

Vous pouvez lire Aline Recoura

dans le numéro 67 (octobre 2020)

 

 

 

 

 

03/06/2022

Revue Nouveaux Délits - Numéro 71 (extraits)

 
Extraits de ce numéro 71 paru en janvier 2022 dans lequel on peut retrouver des poèmes de Jean-Charles Paillet, Stéphan Riegel, Martin Zeugma, Stéphane Amiot, Bernard Pikeroen, Clo Hamelin et Cartographie Messyl.
 
Morceaux choisis et lus par Cathy Garcia Canalès.
 
 
 
 

02/06/2022

Revue Nouveaux Délits - Numéro 70 (extraits)

 

Quelques extraits de ce numéro 70 sorti en octobre 2021, avec des poèmes de Liliane Birsinger, Chiara Pastorini, Christine Bouchut, Narki Nal et Cathy Garcia Canalès, des extraits tirés des extraits publiés du recueil "Cheese !!!" de Gorguine Valougeorgis, sorti depuis chez Plaine Page (déc. 2021) et un extrait de la nouvelle de Julien Englebert, "La bague noire". L'ensemble lu par Cathy Garcia Canalès.

 

 

06/05/2022

Et pourquoi moi je dois parler comme toi ? écrits bruts (et non bruts) réunis par Anouk Grinberg

Le Passeur éd. 15 octobre 2020

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256 pages, 20,90 €.

 

 

C’est en puisant, entre autres, dans la Collection de l’Art brut de Lausanne  que la comédienne et artiste peintre Anouk Grinberg a pu rassembler tous ces écrits, dits bruts car écrits par des personnes internées et considérées comme démentes ou délirantes. Des écrits souvent dessinés aussi car un bon nombre d’entre eux font l’objet d’un graphisme très particulier et c’est pourquoi on trouvera aussi dans cet ouvrage des photos de ce qui forme une œuvre brute complète.

 

Anouk Grinberg a une histoire avec la folie, avec celle de sa mère dont elle a eu peur et même honte : « Je ne l’ai pas aimée, je n’ai pas réussi. J’étais de la famille humaine qui se détourne. ». Ce livre est sa façon de réparer : « Par un grand détour, ce sont ces hommes et ces femmes qui m’ont conduite vers cette mère, cette femme, et si j’ai négligé de son vivant toutes ses lettres affamées, je suis heureuse aujourd’hui d’être passeuse de textes jamais lus ». De cette mère, elle dit : « Ma mère était comme ça. Une petite femme fine, intelligente, mal adaptée à la vie bourgeoise. Elle aurait voulu peindre, et elle a été mère, épouse. (…) Elle n’a pas su dire non à la famille qui faisait une croix sur ses désirs, elle n’a pas su dire oui à la petite voix qui devait lui parler tout bas, et elle est descendue marche après marche dans le malheur, comme dans un refuge où on n’irait plus la chercher. On l’a mise dans des endroits pour fous, le désespoir a prospéré avec sa litanie de délires, alors qu’elle était une lumière sur la terre ». Alors, Anouk Grinberg dédie ce livre « à tous ces lumineux que le monde ne doit pas oublier. » Il ne s’agit pas de faire une anthologie d’écrits de fous mais de montrer plutôt la valeur littéraire de ces écrits, qui « ont inspiré les surréalistes et d’autres auteurs reconnus qui se sont fouillé les méninges pour atteindre leur liberté. »

 

On ne sera pas surpris donc, de trouver aussi dans ce livre des écrits dit non-bruts, des écrits de poètes, car qui d’autre qu’eux s’approche le plus de cette forme d’indécente liberté ? D’ailleurs deux d’entre eux — et on note par ailleurs ici la curieuse absence d’Artaud — comme Paul Éluard ou Tristan Tzara, ont trouvé refuge durant la guerre, l’un en 1943, l'autre en 1945, à l’hôpital psychiatrique de Saint-Alban-sur-Limagnole en Lozère où furent internés deux auteurs bruts figurant dans ce livre.

 

La préface a été rédigée par Jean-Pierre Siméon dans laquelle il nous dit : « Les fous, donc, prétendument les plus dénués d’entre nous (ou faudrait-il dire les plus dénudés ?), ont ce talent inouï, et que l’on ne dira qu’avec prudence involontaire, de s’affranchir absolument des lois de la langue et de nous révéler en conséquence dans la langue même cet absolument impossible de la langue dont rêvent les poètes, mais que leur raison sociale empêche généralement d’assumer jusqu’au bout. »

 

Et pourquoi moi je dois parler comme toi est donc « un livre sur la vie et la création, non sur la folie. » Si les fautes d’orthographe et la ponctuation n’ont pas été retouchées, certains passages ont cependant été volontairement coupés car trop incompréhensibles. Les auteurs de ces écrits bruts sont nés entre 1827 et 2005, mais plus spécifiquement au XIXe et XXe siècle. On trouvera une photo et une courte biographie pour chacun d’eux, mais une partie sont des textes anonymes, les auteurs n’ayant laissé aucune autre trace de leur passage sur terre.

« (…) dans nos sociétés riches et prétentieuses, ce trop-plein d’antennes est sévèrement puni. Les sans-fard inspirent la honte et le mépris, alors ils fanent ou enragent, et c’est le début de l’enfer. On les met dans des hôpitaux, on les force à manger des médicaments pour les remettre droit, on leur enlève la parole puisqu’ils parlent mal la langue de papa et maman, on leur enlève leurs droits, parfois leurs noms. » nous dit Anouk Grinberg dans son prologue.

 

Écrits compulsifs, écrits rageurs, écrits du désespoir et de la privation de liberté, mais aussi tentatives de communication, de tresser une passerelle entre des réalités qui s’entrechoquent. Des êtres humains « enfermés dans un faisceau de malentendus », comme si leur pensée, leur vision étaient erronées alors que, bien souvent, ils ont été surtout broyés par les conditions de leur existence quand ils n’ont pas été tout simplement et violemment mis à l’écart, parce qu’ils gênaient l’ordre et la raison établis ou bien considérés socialement comme définitivement idiots parce qu’incapables de contacter le monde extérieur comme ce fut le cas pour Babouillec, autiste sans paroles, diagnostiquée comme très déficitaire et qui n’a jamais appris à lire, écrire et parler et qui est auteur de plusieurs livres, grâce à sa mère qui l’a sortie des institutions spécialisées et a fini par trouver le moyen de communiquer avec elle, lui permettant ainsi de révéler et diffuser son génie littéraire et ses pensées dont l’acuité et la pertinence sont absolument jubilatoires.

 

La postface de Sarah Lombardi, directrice de la Collection de l’Art Brut de Lausanne donne un éclairage sur l’origine et l’histoire des écrits issus de cette collection dont certains ont déjà été publiés précédemment et mentionne les personnes, médecins ou autres, qui s’y sont intéressés, non pas d’un point de vue pathologique mais sur le plan du processus créatif.

Pulsion d’écrire, pulsion de vivre : de crier, défier et même rire et aimer dans le silence carcéral, que ce dernier soit imposé de l’intérieur ou de l’extérieur. Un bon nombre des textes publiés ici donnent envie justement de les lire à haute voix, ils ont quelque chose de théâtral, entre comédie et tragédie, le grand théâtre de la vie. Certains sont des pieds de nez au dogme de la normalité, d’autres sont peut-être bien trop en avance sur leur temps, d’autres encore font mal car ils sont paradoxalement des appels au bon sens de celui qui les lira… Beaucoup sont des blessures ouvertes qui débordent sur le papier et des flux de douleur qui frayent un chemin vers la lumière. La poésie est très souvent au rendez-vous.

 

« Veuillez dire à ce langage

Qu’il dise qu’il est là

C’est une prière

La vie ne peut pas vivre »

Constance Schwartzlin-Berberat (1845-1911)

 

Un ouvrage précieux qui, espérons-le, permettra de porter un autre regard sur ce que la société nomme trop facilement des folles et des fous.

« Alors que la vie elle-même est démente, qui de nous peut dire où se trouve la folie ? Trop de bon sens, n’est-ce pas aussi de la folie ? (…) Et la folie suprême n’est-elle pas de voir la vie telle qu’elle est et non telle qu’elle devrait être ? » avait écrit Cervantès.

 

Cathy Garcia Canalès

 

 

dsc-0613.jpgAnouk Grinberg est née à  Uccle (Belgique), le 20 mars 1963. Fille du dramaturge Michel Vinaver, elle fait ses premiers pas sur les planches dès l'âge de 12 ans dans Remagen mis en scène par Jacques Lasalle. Malgré quelques apparitions au cinéma à partir de 1976, la jeune fille se consacre avant tout au théâtre et commence parallèlement des études d'ethnologie. Après quelques rôles secondaires la comédienne rencontre Bertrand Blier qui la révèle au grand public et dont elle devient la muse. Ils tournent trois films ensemble avant de se séparer : Merci la vie (1991), Un, deux, trois, soleil (1993) et Mon homme (1995). Malgré deux beaux rôles dans Un héros très discret de Jacques Audiard (1995) et Disparus de Gilles Bourdos (1997), Anouk Grinberg espace ses apparitions au cinéma. Elle se consacre au théâtre mais également à la peinture et à l'écriture.

 

 

 

 

30/03/2022

Nouveaux Délits n°72

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Il y a des poètes voyants, des poètes pythies, des poètes monstres qui reçoivent en flots continus des données qui — s’ils ne trouvent moyen de les transcrire — peuvent les submerger, les rendre fous. Le flux est tel que la respiration elle-même ne trouve plus sa place, un essoufflement comme une transe dans laquelle tout lecteur sera emporté car il n’aura rien à quoi s’accrocher. Des eaux tumultueuses mais pas glaciales, car le feu ardent de la poésie brûle sans interruption. Possédée, incantatoire, opératoire, comme le chaman qui souffle sa fumée sur le corps du malade. Ici lecteur, c’est toi le malade. C’est nous. C’est l’humanité.

 

Ce genre d’écriture n’est pas à la mode, on l’a dite maudite, elle fait peur, elle inquiète, elle dérange les conforts, agresse les quiétudes organisées, fait sauter les verrous, les défenses, donne le vertige, la nausée, touille nos tripes sans permission. Elle puise à la source même du Verbe tout autant ravageur que créateur. Pauvre poète traversé et sommé de délivrer le message, c’est un écartèlement permanent : s‘il se tait, il devient fou ; s’il parle, on le prend pour un fou. Ce poète est excessif et peu vendeur, on préfère attendre quelques siècles avant de le lire. Pourtant, il voit là où nous sommes aveugles et ce qu’il voit le foudroie, le brutalise : la laideur sans fard, ni masque, la lumière aussi éblouissante que crue, la beauté qui renverse et les ténèbres sans sas de protection. Il ressent vivement là où nous sommes commodément désensibilisés, il se souvient de ce qui est effacé par nos amnésies quotidiennes. Il entend l’effroi, l’écho du gouffre. Il sait ce que nous étions et ce que nous deviendrons si nous ne nous rappelons pas ce que nous sommes.

 

Il sait et il ne sait rien. Il est l’ignorant qui ne peut jouir de son ignorance, il est parcouru, pénétré, transpercé de toute part et chaque mot qui passe par lui est un trou par où nous pourrions apercevoir une fraction de la réalité originelle.

 

Il a appris cependant depuis le temps que ce torrent le traverse, le retourne, le traîne, le broie et le suffoque, à prendre appui dans l’œil des vortex, à trouver des points d’accroche, l’issue en soi incessible. Il est un vivant mort autant de fois qu’il aura fallu pour se dépouiller jusqu'à l’os, voir son âme nue et il nous tend la main, grimpeur aguerri aux chutes, il nous désigne une brèche par où se hisser. Il partage ses visions, se fait conteur, éclaireur, compagnon.

 

 Il y a un sens à trouver à tout ce que nous vivons ou craignons de vivre : il s’agit de guérir. Et le poète-guérisseur trace des chemins de mots comme autant de formules pour briser les maléfices. Du latin malefacio : faire du mal.

 

CGC

 

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AU SOMMAIRE

 

Délits de poésie :

 

    • Anne-Marie Bernad

 

    • Jérémy Semet

 

    • Vincent Calvet : Naître au Mystère (extraits)

 

    • Odile Steffan-Guillaume : Les Yeux du sablier (extraits)

 

    • Stéphane Mongellaz

 

    • Perle Vallens : Journey (extraits)

 

    • Michel Woelffle : Contes et poèmes d’un été perdu et 71ème hiver (extraits)

 

 

Résonance : Et pourquoi moi je dois parler comme toi ? écrits bruts (et non bruts) réunis par Anouk Grinberg, Le Passeur éd. 15 octobre 2020.

 

 

Les délits d’(in)citations continuent à germer au coin des pages. Vous trouverez le bulletin de complicité peut-être un peu sombre et agité à la sortie, le contexte n’est pas à la fête… Merci infiniment pour votre soutien !

 

 

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Illustratrice : Shenandoah Allheilig-Rivet

 

https://www.instagram.com/shenandoah.allheiligrivet/

 

Artiste plasticienne, passionnée depuis son plus jeune âge, bercée par une multitude d'influences culturelles, elle poursuit aujourd'hui son parcours nomade, mêlant rencontres et créativité, échanges et idées nouvelles. Son travail, s'articulant notamment autour du dessin, s'élargit également à d'autres formes d'expressions et formats (peintures, collage, sculptures, photographie, récup'art, customisation d'objets, Land art).

 

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« Je suis ici pour vous parler de singe à singe. Une cinquantaine de bombes thermonucléaires suffisent à détruire l'humanité. Familièrement appelées bombes atomiques. Mais il n'y a pas cinquante bombes atomiques dans le monde. Il y en a quinze mille.

La question est donc la suivante : si cinquante bombes atomiques suffisent à anéantir l'ennemi et même l'ami, pourquoi en avons-nous construit quinze mille ?

Il n'y a pas de réponse rationnelle. Même la logique de guerre la plus cynique ne peut justifier un tel gaspillage inutile.

Si nous étions au bar entre amis, je vous dirais : c'est la preuve que nous, en tant qu'espèce, ne sommes pas seulement mauvais. Nous sommes aussi des couillons.

Mais s'il y avait un psychanalyste dans le bar, on pourrait aller un peu plus loin : il expliquerait que cette accumulation démesurée est une forme de collection. En psychanalyse, le collectionnisme est étudié comme une perversion.

En 1955, Albert Einstein et Bertrand Russel ont rédigé un appel au désarmement signé par une douzaine de lauréats du prix Nobel. Il disait : "Nous vous demandons, si vous le pouvez, de mettre de côté vos opinions et de raisonner simplement comme les membres d'une espèce biologique en danger d'extinction".

Le mot le plus audacieux, le plus utopique de la phrase que je viens de vous lire est l'emploi du verbe "raisonner". Je ne pense pas que ce soit à notre portée. »

 

Michele Serra, journaliste italien

 

 

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Revue Nouveaux Délits – Avril 2022 ISSN : 1761-6530 Dépôt légal : à parution – Imprimée sur papier recyclé et diffusée par l’Association Nouveaux Délits  Coupable responsable : Cathy Garcia Canalès Illustratrice : Shenandoah Allheilig-Rivet Correcteur : Élisée Bec

 

 

 

 

 

 

 

07/03/2022

Soliflore 120 - Thierry Delhourme

 

 

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©Gil Goulpié

 

 

 

L’ombre épousant la lumière

 

 

Bienvenue à l’enfant que je n’aurai jamais

il court déjà dans les herbes folles

 

Bienvenue au futur de mes amis

pour eux j’avais le désir de naître

sous leurs sabots aux pointes givrées

c’était un désir sans volonté ni rituel

avec juste la transparence à mon seuil

mes visions fraîches comme pains de l’aurore

 

Bienvenues les femmes de pailles et d’or

dont j’envie la flamme dressée

chaque nuit pour réparer le monde

 

Idem les funambules et jongleurs qui brisent

la roche pour en sucer l’âme

ils sont guetteurs de joies ravaleurs de mensonges

et bien plus nombreux les yeux dans le dos

que dans nos chansons nos aventures humaines

 

Alors comment allons nous dire

l’odeur de la fête qui frappera tantôt

 

Peut-être

 

Bienvenue la chose hantée en sa pure merveille  

 

 

 

 

23/02/2022

Dans la revue Le Pot à Mots n°15, Céline Rochette-Castel parle de Nouveaux Délits

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cliquez sur l'image pour lire

 

Merci Céline !

 

 

 

 

 

 

 

Feux de Perrine Le Querrec

 

éditions Bruno Doucey, mars 2021

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75 pages, 14 €.

 

 

Et le poète de sa voix de feu

D’une aile d’oiseau attise les mots

 

On peut dire que dans ce recueil dont le titre dit clairement de quoi elle parle, Perrine Le Querrec fait ici feu de tout feu. Traversant quelques milliers d’années d’Histoire et explorant toutes les facettes de cet élément, les bénéfiques comme les dramatiques, elle déploie une sorte de fresque mouvante, un théâtre d’ombres de personnages que le feu met ou a mis, et parfois très cruellement, en lumière et peut-être plus particulièrement des femmes. Depuis celle qui dans la caverne a inventé le feu « Seins hanches ventre rond / Disparue à jamais » aux ouvrières sacrifiées, aux femmes indociles et veuves indésirables, aux militantes immolées en passant par les sorcières aux bûchers : femmes trop vives, feu aux femmes !

 

La ville silencieuse cadenasse ses oreilles

Qu’on démonte les cloches, qu’on fonde leur acier

Dans le feu des sorcières et des illuminés.

 

Des feux politiques donc, des feux de religion, des feux symboliques, des feux géologiques mais aussi des feux artistiques et littéraires. Des figures renaissent des cendres, comme Marguerite de Porète, béguine itinérante et première femme à avoir péri sur un bûcher de la place de Grève à Paris pour avoir eu trop d’esprit, une âme trop libre et un cœur trop flamboyant. C’était en 1310. Le feu a fait d’elle, et de tant d’autres, une immortelle.

 

Des feux de joie, des feux de guerre, « des feux autoritaires, des feux de dictatures / mais aussi / Des feux de résistance, des feux brûlants de vie. » L’ordre du recueil est chronologique, une traversée de l’Histoire dans le miroir des flammes, la grande Histoire collective et les histoires individuelles. L’humanité, écrit Perrine Le Querrec, se dessine à travers ses feux

 

Des feux qui ramènent une mémoire enfouie.

 

Feux salvateurs, feux destructeurs, feux de mémoire, feux de langues, c’est à un grand incendie que nous convie Perrine le Querrec en agitant ainsi les tisons de son écriture. Elle y convoque des poètes, écrivains, artistes disparus, très connus comme Gogol, Van Gogh, Nerval, Artaud ou moins connus comme Angus McPhee, un artiste brut écossais ou la poétesse Ingeborg Bachmann.

 

Depuis quand le soleil se couche

J’ai toujours l’impression

Que quelqu’un brûle.

 

Elle évoque Piotr Pavlenski, artiste dissident russe fiévreux et incontrôlable toujours actif, elle rend hommage aux victimes de guerres et de catastrophes plus ou moins naturelles. Elle évoque des corps et des lieux marqués au feu, dévorés par le feu mais, écrit-elle, depuis des millénaires la vie renaît de ses cendres / Il y a des racines que jamais le feu n’atteint.

 

Un questionnement plus discret souffle entre ces pages aussi, celui que soulèvent les flammes du désir, du sentiment amoureux.

 

Il y a un côté compilation dans ce recueil, une énumération qui parfois en étouffe même le souffle poétique, peut-être parce qu’il s’agit surtout de faire œuvre de mémoire. Pour qui connaît l’écriture de Perrine le Querrec, on sent qu’il y a là presque comme un chantier en cours encore, une récolte de braises plus ou moins vives dont chacune pourrait donner naissance à un développement. On sent ce qui chez elle a été attisé et qui est un peu trop énorme, trop violent aussi, pour pouvoir être contenu en 75 pages, mais c’est déjà un beau départ de feu car les livres aussi brûlent.

 

Savez vous

Les livres brûlent les doigts brûlent l’esprit brûlent les à priori

brûlent les ignorances brûlent les yeux brûlent les dictatures

saviez-vous

les livres brûlent

 

Le monde parfois semble n’être plus qu’un grand brasier.

  

Cathy Garcia Canalès

 

 

Fondazione0258-edited.jpgPerrine Le Querrec est née à Paris en 1968. Elle hante les bibliothèques et les archives pour assouvir son appétit de mots et révéler les secrets oubliés. De cette quête elle a fait son métier : recherchiste. Les heures d’attente dans le silence des bibliothèques sont propices à l’écriture, une écriture qui, lorsqu’elle se déchaîne, l’entraîne vers des continents lointains à la recherche de nouveaux horizons.
Perrine Le Querrec
écrit de la poésie et de la prose. Sa langue est une architecture de mots, de silences, d’archives de trous et de pliures. Lorsqu’elle sort de la page, elle travaille en duo avec le contrebassiste Ronan Courty et forme l’autre moitié de PLY, duo avec le photographe Mathieu Farcy. Ses dernières parutions en 2020 : Vers Valparaiso, Éditions Les Carnets du dessert de lune, Rouge pute, Éditions La contre allée.

http://www.perrine-lequerrec.fr/

 

 

 

 

22/02/2022

Soliflore 119 - Carl Hallak

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photo de l'auteur

 

 

une chance


s'il reste une chance
mince infime ou immense
cela vaut la peine je t'aime
juste une fissure
murmure dans le mur
cela vaut la peine je t'aime
s'il reste un copeau
de nos plus vieux fagots
cela vaut la peine je t'aime
juste un brin de vent
de nos grands ouragans
cela vaut la peine je t’aime

 

 

11/02/2022

Soliflore 118 - Alexandra Norelli

 

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©Erik Johansson - Impact

 

 

 

Garde-robe

 

Il s’était fait un beau costume
Brodé de nuit
"Ça devrait faire fuir le bonheur"
Qu’il a dit


Elle avait cousu des miroirs
sur son corps nu
"Il se verra comme je le vois"
Qu'elle a cru


Et ne sachant pas comment le
Déshabiller
Elle fit tomber toute son armure
En premier.

(et comme il y avait du verre partout

elle a fini par se blesser

et c’est une bien triste fin)

 

 

 

 

FRANCOPOLIS a lu le n°71

Revue Nouveaux délits, n° 71, janvier 2022

Cette revue artisanale, conçue, confectionnée à la main, et éditée par Cathy Garcia Canalès, sous les auspices de l’association éponyme, est une pépite : en peu de pages des textes poétiques de grande qualité – ici, Jean-Charles Paillet, Stéphan Riegel, Martin Zeugma, Stéphane Amiot, Bernard Pikeroen, Clo Hamein, Cartographie Mzssyl. Note de lecture de l’éditrice au recueil Feu de Perrine Le Querrec.

http://www.francopolis.net/annonces_2022.html

 

 

Georges Cathalo a lu le n°70

et en parle dans un bref panorama de 18 revues sur le site de Terre à ciel :

"Pour chaque nouvelle livraison, Cathy Garcia parvient à trouver le courage de poursuivre sa route solitaire sans aide d’aucune sorte. Chapeau l’artiste-factotum, avec ici des écrits d’auteurs et d’autrices peu lus tels que Liliane Birsinger, Chiara Pastorini, Julien Englebert, Christine Bouchut ou Gorguine Valougeorgis."

Voir ici : https://www.terreaciel.net/Bref-panorama-de-18-revues-de-poesie-par-Georges-Cathalo

 

 

03/01/2022

Revue Nouveaux Délits n°71

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Mais quelle année ! Épuisante, irritante, agressive, pénible, flippante, triste, les moments d’éclaircies furent de courte durée et pourtant des graines ont été semées aussi, parce qu’il est hors de question de céder au marasme. Certes le mot « vœu » semble plus creux que jamais, on sait déjà les pathétiques farces qui se profilent pour l’an 22 et la planète n’a pas fini de secouer ses arrogantes puces. il semble de plus que ce qui s’abat sur les idiot-e-s de base, dont je fais partie, c’est surtout une pandémie de dépressions. Mais parmi les idiot-e-s de base, il y a aussi de nombreux pugnaces et plus le sort s’acharne, plus l‘endurance augmente. Chacun-e individuellement et toutes et tous ensemble, sommes comme dans un grand tamis. Sélection, séparation, choix. Et j’ai l’intuition que 2022 sera plus encore une année de choix qu’on ne pourra esquiver, individuellement et collectivement, choix dont il faudra assumer chaque concrète et très réelle conséquence. Alors il va falloir continuer à semer et protéger les jeunes pousses, obstinément, s’ancrer à la terre — poussière ou gadoue, qu’importe — mais s’y tenir debout, le pied ferme. Et ce sont nos illusions qui serviront d’humus aux nouvelles graines, le prix à payer pour concrétiser nos aspirations les plus authentiques, les seules qui ont une chance de nous mener quelque part de viable et ça ne se fera pas sans prendre conscience, chacun-e et collectivement, de cette vieille part d’ombre qui est la nôtre. La poésie est une graine aussi, et la force qui la fait germer, tout à la fois graines, humus, eau, air, soleil, lune et la fleur qui s’ouvre, le fruit qui tombe mûr exactement où et quand il le faut. Un totum qui défie l’espace-temps. Aussi quelle joie pour moi que ce nouveau jardin que vous allez découvrir ! Et pour cette année qui commence, peu importe le vœu, ce qui compte c’est le souffle qui disperse les graines alors soufflons bien, soufflons juste, ne nous laissons pas essouffler, dansons la danse du tamis et laissons partir tout ce qui doit partir. Et pour 2022, ne souhaitons rien, faisons-le !

CGC

 

Le véritable ennemi, c'est l'esprit réduit à l'état de gramophone, et cela reste vrai que l'on soit d'accord ou non avec le disque qui passe à un certain moment.

Georges Orwell

 

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AU SOMMAIRE

  

 

Délits de poésie protéiforme :

 

Jean-Charles Paillet ; Stéphan Riegel ; Martin Zeugma

 

Stéphane Amiot, avec des extraits de Saison de lagunage

 

Des haïbun de Bernard Pikeroen

 

Clo Hamelin ; Cartographie Messyl

 

 

Résonance : Feux de Perrine Le Querrec, éditions Bruno Doucey

 

Délits d’(in)citations à pleine dose, pour une couverture poétique maximale.

Vous trouverez le bulletin de complicité qui fait du stop au fond en sortant. Il fait un peu la gueule, vu la énième hausse des tarifs postaux, la mort de la grande imprimante, la pénurie covidienne de cet outil incontournable et l’inflation à grandes dents spéculatrices, n’hésitez donc à le prendre ce bulletin et faire un bout de chemin avec lui, merci, car il n’y aura pas de hausse du tarif d’abonnement !

 

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 Illustrateur : Stéphan Riegel

https://www.stephanriegel.com/

 

 

Le système s'effondrera si nous refusons d'acheter ce qu'ils veulent nous vendre, leurs idées, leur version de l'histoire, leurs guerres, leurs armes, leur notion d'inévitabilité. Rappelez-vous de ceci : nous sommes nombreux et ils sont peu nombreux. Ils ont plus besoin de nous que nous n'en avons d'eux. Un autre monde, non seulement possible, mais il arrive. Les journées calmes, je l'entends respirer.

 Arundhati Roy

 

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Petit livre des illuminations simples de Cathy Garcia Canalès

 

 

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sens pratique

 

il n’y a que la pratique

et une infinité de voies

s’étirer comme

racines et chat

 

*

 

énergie

 

penser

c’est vibrer

 

*

 

folie

 

nous ne sommes pas folles

nous sommes peut-être

folles de douleur

mais pas plus

 

 

 

44 pages, agrafées

tirage limité, numéroté et signé

Édité et imprimé par l’auteur

sur papier luxe 100 % recyclé

Dépôt légal : décembre 2021

 

8 € + 2,30 € de port

dispo sur commande auprès de l'auteur

contact : mc point cg arobase point orange

 

 

 

 

BULLETIN DE COMPLICITÉ

La nouvelle hausse conséquente des tarifs postaux n'entraînera pas de hausse de l'abonnement malgré la mort de la grande imprimante, la pénurie covidienne de cet outil incontournable et l’inflation à grandes dents spéculatrices, mais n’hésitez donc pas à copier et remplir ce bulletin et à faire un bout de chemin avec la revue, merci !

 

 

BULLETIN DE COMPLICITÉ

 

 

Je me déclare complice de Nouveaux Délits à compter du numéro    ... :

 

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ASSOCIATION NOUVEAUX DÉLITS Letou – 46330 St CIRQ-LAPOPIE

 

  Abonnement :

    35 € pour 4 numéros ou 65 € pour 8 n° (France)

   40 € pour 4 numéros ou 75 pour 8 n° (international)

 

Je ne souhaite pas m’abonner mais je voudrais le (ou les) n° :

 

7 € + port (2,50 € France ; 3 € international) par exemplaire


Je voudrais commander :

 

Nouveaux délits et les 40 éditos, 2011

 

Collection Délits buissonniers

Feu de tout bois de Murièle Modély, illust. Sophie Vissière 
Instantanés de Myriam OH, illust. Silvère Oriat 
Petite histoire essentielle de la futilité de Bruno Toméra, illust. Jean-Louis Millet 

Printemps captif de Lionel Mazari, illust. De Morgane Plumelle

Paraît que d’Heptanes Fraxion, illust. Jimmy Fortier

La cloche a sonné d’Aline Recoura, illust. Ludo Godot

 

10 € + port : 2,50 €

 

 Adhésion à l’association Nouveaux Délits (facultative) : 10 €

Pour lire les éditos et sommaires des numéros déjà parus :

http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/

 

La force surprenante qui m’anime, c’est tout bêtement la volonté irréductible de refuser d’être complice du nouvel ordre autoritaire-marchand en cherchant à lui nuire joliment.

Noël Godin surnommé Georges Le Gloupier, l’entarteur

 

 

 

ou à télécharger ici : BULLETIN-COMPLICE.pdf

 

 

 

 

 

09/12/2021

Soliflore 117 - Stéphane Mongellaz

 

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Cathy Garcia Canalès

 

 

 

REPOS DE L’ARME

 

Ainsi m’ont-ils eu

et déjà tu le savais,

et durant le temps qui fut le nôtre   ̶

 

échangeant nos saveurs intimes,

trafiquant nos humidités crues,

reconnaissant tracé et inconnu

 

le passage ancien

d’une source claire

encore sourde de nous   ̶

 

tu ramenais l’ombre à sa brute matière

 

dans tout l’espace scellé maintenant

sur mon front, ruisseau de pluie

portée vivante par le vent

 

que je sais être toi,

ô l’Infiltrée, l’Échappée des lacunes.

 

 

 

28/11/2021

Soliflore 116 - Éric Moutier

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Xiaoming Yang

 

 

TÊTE À L’ENVERS

 

Prisonniers de nos tours syllabiques,

À écrire des mots

Quand d’autres vivent des histoires,

Laboureur de lumière

À la lueur de l’encre noire,

Nous cherchons libération

Dans le jour virevoltant,

Quittant nos maisons de papier

Pour de plus grands espaces.

Ne plus s’interdire de rugir,

Sentir l’existence nous souffler ses poèmes,

Souffleuse de verre brûlant,

Modelant

La finesse de nos êtres.

Attendre la dernière expiration

Pour se bomber de flamme,

Voir nos matières rougissantes

Prendre forme

Sous l’inspirante lave

Et revenir

Parfois à la marge

Parfois à la page

Graver nos lignes muries

Sur nos cahiers

Devenues mémorielles.

 

 

https://m.facebook.com/eric.moutier.3

 

 

 

 

23/11/2021

Nouveaux Délits n°69 - extraits

 

Un petit aperçu de ce numéro 69 paru en avril 2021 avec des textes d'Odile Vecciani, Richard Roos-Weil, Marie Alcance, Anne Barbusse et Archibald Aki, lus par Cathy Garcia Canalès.

 

 

Revue Nouveaux Délits n°68 - Patrick Werstink

Deux poèmes de Patrick Werstink qui avaient disparu au montage de la vidéo des extraits de ce numéro 68 sorti en janvier 2021. Lus par Cathy Garcia Canalès.

 

 

Nouveaux Délits n° 68 - extraits

 

Quelques poèmes extraits de ce numéro paru en janvier 2021. Dorian Masson, Angélique Condominas, Pierre Thiollières, Pierre Vinclair, Jacques Merceron, lus par Cathy Garcia Canalès... Manque Patrick Werstink, à suivre....