01.01.2012

NUMÉRO 41

 

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Janv. fév. mars




2012,  la fin ?

Loin de moi l’idée de détourner le calendrier maya, aztèque ou martien à des fins du monde, mais je dois dire que la fin, je l’espère oui, et de tout cœur. La fin de la bêtise crasse, de la violence, la fin du pillage généralisé, la fin de la corruption, la fin du mépris, la fin du cynisme, la fin de l’injustice, la fin de la faim ! La fin, oui, d’un monde régulé par l’avidité, l’arrogance et l’ignorance, la peur et l’agression…

La liste interminable des maux, on la connait n’est-ce pas ? Mais le remède ? 2012, année médecine ? 2012, année de beauté et de bonté ? Beauté comme l’entendent les Navajos : hozho. Un mot qui signifie à la fois beauté et santé. Et non pas au zoo, j’entends déjà les petits malins… Hozho qui signifie surtout un état, un état de beauté et de bien-être. La beauté, une façon d’être, de se conduire pour que règne l’harmonie. Voilà ce que nous devons retrouver, pratiquer, enseigner et nous détourner de tout ce qui est contraire à cet état. Si j’ai un vœu à formuler donc pour cette fin de monde, c’est celui ci :

 

Que je sois hozho, que vous soyez hozho.

Que le monde soit hozho !

 

CG

 

 

dans la beauté je marche

avec la beauté devant moi je marche

avec la beauté derrière moi je marche

avec la beauté au-dessous de moi je marche

avec la beauté au-dessus de moi je marche

accompli dans la beauté

accompli dans la beauté

accompli dans la beauté

 

Chant navajo de la Nuit des Chants


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AU SOMMAIRE

 

Délit nucléaire : Après Fukushima, haïkus du Cercle Seegan, présenté par Seegan Mabesoone (Japon)

 

Délit de poésie :

 

Alain Gourhant, extraits de Poésie du désastre et de la guérison

 

Basile Rouchin, neuf poèmes

 

Timotéo Sergoï (Belgique), extraits du Diagonaute amouraché

 

Résonances : 1 film, 1 livre, 1 roman, 1 groupe de musique


Bulletin de complicité à la sortie.

 

Illustratrice : Karolinda

 

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karolinda@orange.fr

Son site : http://karolinda.pagesperso-orange.fr/

 

« "Peinture tendance art singulier, expression libre, allergique aux définitions qui sclérosent, très sociable ou alors plutôt solitaire, ça oscille ! Profil modifiable selon les saisons... Ici ce sont de petits dessins réalisés à Berlin lors d'un séjour d'une semaine en 2010 ; un passage dans la ville pour faire mes adieux à un amour déjà perdu deux ans auparavant mais qui nécessitait une dernière visite. Dans ma chambre, j'ai pris mes feutres et craies grasses me reliant ainsi à mon être profond, la présence de cet homme devenait fantomatique et je pus ainsi traverser cette période houleuse sans réelle difficulté. Je rencontrais Berlin et son atmosphère si spéciale tout en me réfugiant autant que je le pouvais dans mon espace intime, là ou émerge  un autre monde. Quoique sensible à l’environnement, l'autre monde prend le dessus et alimente mes créations, que ce soit la sculpture, le dessin ou la peinture. Confiée aux mains de l’invisible, l'acte souterrain  s'éprend de mes mains et je me creuse pour en suivre les méandres. »



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Quelle chimère est-ce donc que l'homme ? Quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradictions, quel prodige ? Juge de toutes choses, imbécile ver de terre, dépositaire du vrai, cloaque d'incertitude et d'erreur, gloire et rebut de l'univers. Qui démêlera cet embrouillement ?
Blaise Pascal

in Pensées

 

 

21.09.2011

NUMERO 40

 

Oct. Nov. Dec. 2011

 

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Edito, médito.

 

Une fois de plus, me voilà devant la page blanche de l’édito, ne sachant trop quoi y mettre. L’été est passé, vite mais lourdement chargé et il y a donc celles et ceux qui sont partis pour d’autres voyages. Leur rendre hommage ici est le minimum que je puisse faire. La mort de ceux que l’on aime est toujours une leçon difficile à accepter, et pourtant, qu’en sait-on finalement ? Notre sort à nous, les dits vivants, est-il plus enviable ? Je ne vais pas répondre, ni ici, ni ailleurs, à des questions aussi vastes. A chacun de chercher ses réponses, si toutefois réponses il y a. Alors quoi ? Alors rien. Rien et tout à la fois. Un pas après l’autre, sentir, ressentir et aimer. Aimer au-delà même de nos supposées limites. Aimer, parce que tout est si bref et absolument rien ne peut être monotone. L’ennui est l’illusion de celles et ceux qui pensent avoir tout leur temps. Ils ne se trompent pas tout à fait, ils ont effectivement tout LEUR temps, mais nul ne sait quand il s achève.

 

Mourir est un processus très instructif. C'est fou ce qu'on apprend.

Le seul ennui, c'est qu'on n'a guère le temps de mettre

ses nouvelles connaissances en pratique
Lawrence Block in Le Diable t'attend

 

Chaque jour est unique, chaque jour est un commencement, chaque jour est neuf et rien ne nous oblige à répéter les mêmes erreurs que la veille. Nous sommes libres, libres d’être ce que nous souhaitons être. Libres ! Cela ne signifie pas que tout se fera tout seul, bien au contraire, et nous ne serons jamais ni plus ni moins que celle ou celui qui marche sa propre existence. Sentir, aimer, marcher. Respirer, boire, manger. De créature à créateur, juste la lettre E qui change de place. La lettre EUX, les autres, que nous pouvons accueillir, intégrer au lieu de les laisser tout au bout, loin du C comme cœur. Juste une lettre, juste un pas, juste un geste. Pas grand-chose, mais pas rien non plus. Créer c’est exprimer, éliminer une pression, se libérer donc. Pour certains, c’est aussi essentiel que de respirer, ils ne peuvent vivre sans. Peut-être ont-ils plus de pression à l’intérieur que les autres, telles de véritables cocottes-minutes ? Peut-être, peut-être… Ce qui est certain, c’est qu’aujourd’hui je n’ai vraiment rien d’intéressant à dire, mais toujours une irrépressible envie de créer. Et la poésie, a-t-elle à voir avec la création ?

 

Le poète n'est pas le créateur. Il est porteur d'énigmes.

Michel Camus in Transpoétique

 

 CG

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AU SOMMAIRE

 

Délit d’amour :

Hommage à Beb Kabahn (1974-2011), graphicultrice de stigmates, écrivière en proséïe et tellement plus et encore.

 

Hommage à Yann Orveillon (1941-2011), poète et voleur de feu, au cœur océan.


Délit de poésie : Muriel Modély, Patrick Aveline et Guillaume Siaudeau

 

Résonances : 1 livre, 1 recueil, 1 groupe de musique, 1 couple de photographes.

 

Délits d’(in)citations s’éparpillent comme toujours à l’automne et vous trouverez le bulletin de complicité, très au fond en sortant, qui adore jouer lui aussi les feuilles au vent...

 

 

Illustratrice : Corinne Pluchart

pluchart.corinne@orange.fr

 

« Je vis près du Mont-Saint-Michel, mon lieu entre tous. J'écris, je marche, je m'arrête, je découvre. La poésie comme racine avec la grève et le vent, le sable et l'eau. Je dessine, je peins. Je regarde le monde et la lumière... souhaitant qu'elle éclaire partout et tous. »


http://corinne.pluchart.over-blog.com/

 

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automne profond
mon voisin
comment vit-il?

Saigyo

in poèmes de ma hutte de montagne

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Nouveaux Délits fait partie du fond de l’ARPO

http://www.arpo-poesie.org/

17.03.2011

Numéro 39

 

 

 

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Avril-Mai-Juin 2011

 

 

 

 

C’est donc, le 40ème édito (puisque il y a eu le n°0 en juillet 2003) que j’avais déjà écrit l’autre jour… Avant le Japon… Avant ce monstrueux enchaînement de catastrophes qui montre, encore une fois, combien l’irresponsabilité de quelques-uns est payée au prix fort par tant d’autres, qui montre aussi que l’homme aveuglé par le profit en a perdu la mémoire. Quant au nucléaire, tout le monde le sait, sécurité et transparence. Dans l’édito déjà écrit donc, je parlais du Tiré à Part Nouveaux Délits et ses 40 éditos, qui sort en même temps que ce n°39, peut-être parce que moi-même j’ai 40 ans et du coup je me suis intéressée au nombre 40. Il revient souvent dans la Bible comme nombre de la préparation, de l'épreuve ou du châtiment. Symbole de la mort à soi-même et de la renaissance spirituelle, il correspond à la 13ème lettre hébraïque, mem, et à l'arcane 13 du Tarot, la Mort, marquant l'achèvement d'une étape. Ce nombre joue également un rôle tout particulier dans d’autres religions et dans les rites mortuaires de nombreux peuples du monde. J’évoquais aussi la coutume de la quarantaine et puis j’avais écrit pour finir l’édito : « Le monde change vite mais nous ne changeons pas aussi vite, alors que le mot changement est dans toutes les bouches, surtout celles qui prétendent maîtriser quelque chose. Mais qu’est-ce que le changement ? »

 

Alors faut-il donc que ce soient des catastrophes atroces, des populations toujours et encore sacrifiées, pour que se fassent enfin – peut-être - de véritables prises de conscience ? Le problème du nucléaire, que je considère comme une technologie définitivement folle, c’est surtout d’être utilisé dans un contexte d’irresponsabilité, où seul compte le profit et la rentabilité à court terme. Le futur des enfants sur cette planète, une utopie. La santé publique, elle n’est intéressante que lorsqu’elle rapporte. D’ailleurs, une des premières choses dont on a parlé suite au tsunami, c’est du CAC 40… Si ça ce n’est pas de l’indécence !

 

Quelques jours avant le tsunami, j’ai rêvé d’immenses vagues boueuses déversant sur une plage des voitures avec des gens dedans, et tout ça en silence et au ralenti, j’étais juste témoin de la scène. Je n’ai pas l’habitude de faire des rêves prophétiques, aussi vous imaginez ma perplexité quelques jours après, mais je ne vous le raconterais pas si juste à l’instant, je ne m’étais demandé quel rapport entre tout ça et le chiffre 40 ? Alors j’ai tapé dans un moteur de recherche « Japon 40 » et à ma très grande stupeur s’est affichée une page entière de titres « Japon : 40 morts dans un séisme majeur au nord-est », « Séisme au Japon : 40 morts et 39 disparus, premier bilan de la... »… 40 signifie aussi innombrables. Je ne sais que dire d’autre, il n'y a rien à dire d'autre. Juste se taire.

CG

 

le bruit incessant des vagues
mon village natal
si loin

Shiki

(1867-1902)

 

 

 

 

 

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AU SOMMAIRE 

 

 

Pris(es) en flagrant Délit de poésie :

 

Marlène Tissot, Didier Pesnel, Linda Caro et Patrice Maltaverne

 

Délit d’abandon de chaussure au milieu de la route : Stéphane Beau

 

Délits d’(in)citations printanières et en Résonances, 1 roman, 1 chanteuse et 1 recueil.

 

Vous trouverez le bulletin de complicité fidèle à son poste.

 

 

L’Illustre Illustrateur de retour pour ce numéro :

 

 

 

 

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Joaquim Hock !

joaquimhock@yahoo.fr

 

Joaquim Hock, est né en 1974 du côté du futur ex-royaume de Belgique. Ses activités ont été depuis cette lointaine époque diverses et variées. Dès l’âge de 10 ans, il a été fortement influencé par l’œuvre d’Alfred Jarry en général, et la science pataphysique en particulier. La pataphysique est la science des solutions imaginaires, et il croit avoir fait en ce domaine quelques petites découvertes. Son goût pour l’incongru se manifeste par un style où il aime mêler le sens et le non-sens. L’insolite est au cœur de ses textes et de ses dessins, mais le bizarre naît toujours du quotidien. Faire accepter comme normales les descriptions et les situations les moins ordinaires est ce qu’il recherche en particulier. Il est  à la fois dessinateur/illustrateur et romancier. Parmi ses dernières parutions : son premier roman intitulé L’INTRUS – fragments d’une humiliation en milieu domestique, aux éditions Durand-Peyroles 2010 (avec 30 illustrations) dont Nouveaux Délits avait publié en exclusivité quelques extraits. Il s’agit d’un roman mêlant le burlesque et le tragique et qui s’interroge sur la solitude et la lente acceptation de la tyrannie.

 

 

 

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La vie est une bougie dans le vent
Proverbe japonais

 

01.01.2011

Numéro 38


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Janvier-Février-Mars


 


 
Et cetera desunt.

Jusqu’à quand nous laisserons-nous imposer nos pensées, nos mouvements, nos goûts, nos façons d’être, d’aimer, de travailler, de vivre, nos rythmes, nos rêves ? Jusqu’à quand accepterons- nous l’inacceptable ? Face au rouleau compresseur, s’agirait-il de savoir si on va courir de plus en plus vite - et tant pis pour ceux qui tombent, ceux innombrables qui sont déjà tombés - ou si nous allons tenter un saut de côté ? Le problème c’est qu’il n’y a pas un seul rouleau compresseur, unilatéral, et peut-être évitable, mais des multitudes de rouleaux compresseurs qui partent dans tous les sens ! Alors ?

Il ne s’agit plus là de politique mais de prédation. Prédation d’humains envers d’autres humains. Prédation ou plutôt parasitisme. Le prédateur met à mort sa proie pour s’en nourrir et en nourrir sa progéniture, le parasite s’en nourrit, la pompe, la suce, l’épuise, la mort ne vient que plus tard, de façon non directe, et il est souvent difficile de déceler la vraie cause. Les véritables causes de la guerre, de la misère, de la violence, de la malnutrition, des maladies, de la folie, du fanatisme, et de la longue et atroce liste des etc. Et cetera desunt, qui signifie « et les autres choses manquent ». Oui, les autres choses manquent, comme la paix, le respect, la dignité, la clairvoyance, l’échange, le partage – ailleurs que sur ces réseaux dits « sociaux » -, la sororité et la fraternité, l’empathie pour toute forme de vie... Bref, tout ce qui donne SENS à l’existence.

Alors nous voilà en 2011, à la saison des vœux… Que dire ? Que cette nouvelle année ne soit pas pire encore que celle qui vient de s’achever.

Santé, liberté, dignité, joie et création pour toutes et tous et purgeons nos têtes et nos cœurs plutôt dix fois qu’une !
 
 CG


 
Nous lançons contre ceux qui te pillent et t'épuisent
Contre ceux qui parasitent sur ton grand corps d'humus et de neige
Les imprécations foudroyantes
Qui naissent aux gorges des orages.

 
Gilles Hénault
in Totems
 
 
 

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AU SOMMAIRE
 
 
Délit de résistance : Contes et Récits Rom KALDERACH ou l’avant dernière étape des Tsiganes, de  Georgie Viccini
 
Délit de poésie : Marie-Florence Ehret, Anna Jouy et Guénane Cade
 
Délit de fraternité : Qui Vive de Christophe Manon
 
Délit de souvenance : Il y a des abeilles de Christian Degoutte
 
Délit d’incitation au jardin : Jardin du causse de Cathy Garcia vient de paraître aux Editions de l’Atlantique
 
Et 4 R à Résonances : 1 Revue, 1 Recueil, 1 Roman et 1 Réalisateur.
 
Vous trouverez le bulletin de complicité fidèle à son poste, au fond en sortant.
 
 
Illustrateur invité :

 

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Jean-Louis Millet

 
 
 
 
 
Ce perpétuel dissident, cet être anachronique :
le poète, a trouvé le moyen de survivre au dodo
et à la liberté, que l'homme sociable a fini,
et non sans peine, par exterminer

 
Robert Edward Hart (1891-1954)
 
 

 

 

20.09.2010

NUMERO 37

 

 

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     Oct. Nov. Déc. 2010  

  

  

  

Le retour… peut-être pas éternel mais retour quand même.

 

Après une pause estivale, la première depuis les 7 ans d’existence de la revue, il en fallait vraiment une, voici donc la rentrée avec de légers changements - car il y a un moment où il faut secouer les habitudes sous peine d’encroûtement et de lassitude de part et d’autres, chez vous lectrices-lecteurs et chez moi, femme-orchestre certes, mais certainement pas machine à fabriquer une revue. C’est donc avec un plaisir renouvelé que je vous présente ce numéro trente-sept, qui je l’espère vous titillera les fibres sensibles. C’est le dernier numéro de cette année 2010, nous nous retrouverons donc en janvier, d’ici là bien des feuilles seront tombées, mais sans aucun doute que leur compost sentira bien meilleur que l’odeur actuelle de ce pays.

 

CG

 

 

On peut compter le nombre de pommes dans un arbre, mais l'on ne peut jamais compter le nombre d'arbres dans une pomme.

Proverbe Rom

 

 

 

  

 

AU SOMMAIRE

 

 

Délit poétiques et dérivés :

 

Frédérique Mirande (Pyrénées-Atlantique), poèmes extraits d’Entrée en ma terre

 

Michel Host (Paris), Qu’êtes-vous, femmes, devenues ? XXIV onzains royaux (version intégrale)

 

Francis Gast (Strasbourg),  cinq poèmes

 

Jean-Marc La Frenière (Québec), quatre textes inédits

 

Xavier Lainé (Alpes de Hte Provence),  Poétique d’évolution « Mettre ensemble les fragments épars d’une pensée puzzle »

 

 

Délit de mémoire : Jean-Marc Couvé (Seine Maritime), Battu (extraits)

 

Délit de résonance : une revue, un film, un livre.

 

 

 

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Illustrateur :

Jean-Louis Millet

 

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Nouveaux Délits  - Octobre 2010  -  ISSN : 1761-6530  -  Dépôt légal : à parution  - Auto-impression sur papier recyclé-  Autodiffusion  - femme-orchestre : Cathy Garcia illustrateur : Jean-Louis Millet  correcteur : Michel Host

12.04.2010

NUMERO 36

Offre un verre à autrui 002 small.jpg
Avril/Mai/Juin 2010 
 

 
En avril, ne te découvre pas d’un fil…
La vie ne tient qu‘à un fil… et même si la technologie privilégie de plus en plus le sans fil et le trop plein d’ondes, nous avons bien quelque chose en nous qui nous attache au fil, au fil de l’eau, au fil des mots, au fil à tordre, de fil en aiguille, filons en douce, à l’anglaise ou à toute bombe façon US mais nous filons, filons, n’avons de cesse de filer, enfiler, défiler, se défiler ! Tout oui, tient à un fil ! La trame, le web, le réseau, les supercordes, et en avant la musique, déroulons, emmêlons, démêlons, sur le fil du rasoir, notre vie, celle donc qui ne tient qu’à un fil ! Le poème , me suis-je dit aujourd’hui, permet la distanciation avec tout ce qui nous submerge, nous creuse, nous évide, nous retourne, bref nous effiloche… Le manque et la mort. La mort qui nous manque d’un peu chaque jour, et tous ceux qu’elle ne manque pas et qui nous manquent tant. La vie, l’homme, tout n’est qu’une histoire de fil et les araignées le savent bien. De tout temps et de toutes cultures, les tisseuses ont tissé le destin des hommes. Alors une fois encore, les poètes marchent sur un fil, pour vous mesdames et messieurs, au fil de ces pages et sans filet, Quand le poète chute, il icarne, comme dirait Mr Marzuolo et ça fait bien marrer les oiseaux.
 
CG
 
 

Peut-être saurons-nous un jour qui est l’âme du bleu ? Des mots, des rêves, d’autres mots, d’autres rêves,
des écorces, des branches, l’en marche du désir, l’en marche de la pluie, les horizons errants sur chaque lèvre…
Tout l’impensé du monde est sur nos traces.

Pierre Colin
in Je ne suis jamais sortir de Babylone

 
 
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AU SOMMAIRE
 
Délit de poésie :
 
-          Fabrice Marzuolo, poète raté
-          Marc Bonetto tout en disparates
-          Guy Karl, Blancheur muette, texte intégral 
-          Silvaine Arabo, Dites, mon sel, texte intégral
 
 
Délit de lucidité : textes et poème de Jean Gédéon et Serge Muscat.
 
Délit des confins : présentation d’Eskhatiaï, de Cathy Garcia, qui vient de sortir aux Editions de l’Atlantique.
 
Délits d’(in)citations, petits poissons frétillant au fil des pages. Vous trouverez le bulletin de complicité au fond en sortant. Vous êtes autorisés à y retourner autant de fois que vous le voudrez.

 
Illustrateur :

 
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Jean-Marc Couvé
jeanmarc.couve@free.fr

 
(1957- Paris), a vécu près de 20 ans à l'étranger ; a survécu à autant de petits boulots. Journaliste en Sarre, puis instit ; vit à Dieppe. Traducteur, critique, illustrateur, auteur d'entretiens, études, récits, poèmes, aphorismes. A collaboré à plus de  20  revues/sites,  dont : A l'Index,  la  B-M D, Comme en poésie, Jointure,  Microbe,  Nouveaux Délits, Pages Insulaires, Traces, Traction-Brabant, Evazine. Dernier livre : Un nombre il-limité d'étoiles (dessins de P. Neu), Deux-Siciles, 2007. A paraître, fin 2010 : Battu, récit. Donne, depuis seulement deux ans, ses illustrations à Evazine, TB, Microbe, Nouveaux Délits, Jointure, Parterre verbal (anthologie, 06/09). Dernier flip-book : Contours, détours & couleur rouge, peintures de JMC, poèmes de G. Josse, présenté par C. Garcia, zen évasion, 02/10. Pour une présentation plus détaillée (textes lus par J-L Millet, illustrations.) voir le site : http://evazine.com

 

18.10.2009

NUMERO 34

 

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 Oct. Nov. décembre 2009
 
 
Un automne de plus, un numéro de plus, un édito de plus. Et voilà la panne ! D’inspiration comme on dit, inspirez, expirez, inspirez, expirez… On meurt donc entre chaque inspiration ? Ce n’est pas la petite mort, celle-là est déjà prise, mais alors quel genre de mort ? Peut-être bien celle qui s’annonce en automne, la mort cyclique, celle qui permet la renaissance. Tout est affaire de cycle, et c’est donc à nous de pédaler. Inspirez, expirez, inspirez, expirez. Certes, vous me direz que je n’ai rien à dire et je vous répondrai « et pourquoi pas ? ». Parfois on n’a rien à dire, et c’est là que vient le meilleur, l’inattendu, la phrase clé, l’illumination comme on dit. Et qu’est-ce que l’automne sinon une sorte d’illumination avant l’extinction des feux ? Une dernière danse, et le vin est  prêt. Le vin de table et le vin de l’âme. A boire en bonne compagnie ou avec la solitude, quand on a appris à l’aimer. Tout est affaire d’équilibre, le vin, la compagnie, la solitude. Cycle, équilibre et nous voilà au cirque, grand cirque de la vie. 
Nous revoilà dans le cercle. Inspirez, expirez, inspirez, expirez, inspirez….
Rompre le cercle comme on rompt le pain, tenter l’apnée, explorer les états intermédiaires, l’intervalle… Tout est possible.  La paix, l’os et la cible.
Écrire un édito quand on n’a rien à dire.
 
CG

 
 
Ne me demandez plus mon programme ;
respirer, n'en est-ce pas un ?

Emil Michel Cioran
in Syllogismes de l'amertume
 
 
 
 
 
AU SOMMAIRE
 
 
Délit de vagabondage : Ernest Pépin (Guadeloupe) nous embarque dans L’Odyssée de la ville
 
Délit de poésie : Isabelle Grosse (Deux-Sèvres) ; Cathy Garcia (Lot)
 
Délit nombriliste : Marc Bureau (Tarn) s’interroge sur L’ombilic du lombric
 
Délit d’(in)citations d’automne, comme feuilles qui volent, fera t-il bon humus ? N’oubliez pas le bulletin de complicité au fond en sortant.

 

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Illustrateur invité :
Jean-Louis Millet (Val de Marne)

jlmillet@free.fr



 
« a atterri à Paris, dans le Marais d'avant les bobos, en 1946. Scientifique de formation, curieux compulsif, il enchaîne et tresse ses passions. Très influencé par les pensées orientales, il est récemment entré en peinture et en écriture. Il anime deux sites http://www.zen-evasion.com
  site personnel et http://www.evazine.com site collectif » L’illustration ci-dessus et celles qui accompagnent les textes d’Ernest Pépin sont de véritables pétroglyphes arawak gravés sur des pierres en Guadeloupe, que Jean-Louis Millet a recopiés lors d’un séjour sur place.
  
 
 
 Nous n'avons rien à déclarer sinon la faim
      la faim n'a pas de passeport
      Nous n'avons rien à déclarer sinon la vie
      la vie n'est pas une marchandise
      Nous n'avons rien à déclarer sinon l'humanité
      L'humanité n'est pas une nationalité

Ernest Pépin
in A tous les reconduits 

 

 


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Nouveaux Délits
fait partie du fonds de l’ARPO, à Carmaux (81)
http://www.arpo-poesie.org/

et de la Poéthèque de la Cave Littéraire de Villefontaine (69) http://caveli.free.fr/lacave/scripts/POETHEQ_A_Z.htm.


Deux associations qui travaillent à faire connaître et reconnaître la poésie et qui ont fondé chacune une bibliothèque spécialisée de revues poétiques, présentées également sur leur site internet.
 
 
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 Celui qui déplace la montagne,
c'est celui qui commence à enlever les petites pierres.

Kong tseu (Confucius)

01.07.2009

NUMERO 33

 Juillet - Août - Septembre 2009

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Dites 33, dit le docteur. Et pourquoi donc ? Le fait de prononcer des "t" et des "r" renseigne sur l'état de notre gorge. La poésie a-t-elle parfois mal à la gorge ? Le poète certainement, à déclamer dans les déserts ou à tenter, pauvre fou, de couvrir le vacarme permanent du monde. Mais si la voix s’épuise, la poésie est son miel, un miel intarissable. La poésie survivra à l’homme. Elle était là bien avant lui.
La poésie ne craint pas le silence. Parfois même elle le préfère.            CG
 
 
 
 
 
Au fond, la poésie est une sorte de magie opérative. Ce n'est pas une science, mais un art, un faire initiatique, un pouvoir d'autotransformation sans que l'on puisse en identifier la source. Le poète n'en est pas le maître ou le démiurge. Il n'est que l'instrument ou le porte-parole du silence qui le hante. Il est habité par ce qui le traverse et le dépasse. Le poète, disait Jean Carteret, est l'homme le plus troué du monde.

Michel Camus
in Transpoétique. La main cachée entre poésie et science
 


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AU SOMMAIRE
 
 
Délit de sauvegarde : Rita Mestokosho (Ekuanitshit, Québec), poétesse Innue, sa voix, son combat pour la protection du territoire et de la culture Innus.
 
Délit de poésie : Ile Eniger (Alpes Maritimes), Saint-John Kauss (Québec)
 
Délit récidiviste : Cathy Garcia (Lot) présente Trans(e)création, nouveau recueil à paraître aux ed. Dlc
 
Délit d’éducation : Jean-Marc Couvé (Seine Maritime), livre le Journal d’un stit. 
 
Délits d’(in)citations, tout petits cristaux scintillants dans l’obscurité.
En fin de revue, un bulletin de complicité ne demande qu’à s’envoler.
 
 
 

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Illustrateur invité :
Valéry Jamin (Lot)
valery.jamin@wanadoo.fr


 
Né le 4 avril 1970 « Plasticien sans matières plastiques, sculpteur sans statues et artiste sans formation -et sans statut-, j'aime travailler les matériaux naturels et vivants, terre, pierre, bois, et les mots des humains. Pour composer les illustrations de ce numéro 33, je me suis assis au bord de la Dordogne à côté de laquelle j'habite et j'ai utilisé des galets, coquillages et végétaux se trouvant à portée de ma main. »

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21.04.2009

NUMERO 32

 
NOUVEAUX DELITS
Revue de poésie vive et dérivés
Numéro 32
 

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Je n’aime
Pas les gens
Mais je vous aime
Mal et pleine d’exigences
Je fais une revue de poésie
Je fais une revue de
Je fais une revue
Je fais une
Je fais
Je
De poésie
Revue de poésie
Une revue de poésie
Nous faisons
Nous
 
Cg

 

Il faut rêver à haute voix, il faut chanter jusqu'à ce que le chant s'enracine, tronc, branches, oiseaux, astres,  chanter jusqu'à ce que le chant engendre et que sourde de la côte du dormeur l'épi rouge de la résurrection,  l'eau de la femme, la source pour boire et se voir et se reconnaître et se reprendre, la source pour se savoir homme, l'eau qui se parle à elle même dans la nuit et nous nomme de notre nom... la vie et la mort ne sont pas des mondes contraires, nous sommes une seule tige avec des fleurs jumelles, il faut désenterrer la parole perdue, rêver vers l'intérieur vers l'extérieur, déchiffrer le tatouage de la nuit et regarder midi dans les yeux, lui arracher son masque, se baigner dans le soleil et manger les fruits de la nuit,  épeler l'écriture de l'étoile et du fleuve, écouter ce que disent le sang et la marée,
la terre et le corps, revenir au point de départ...

Octavio Paz
in "La jarre cassée" dans "Liberté sur Parole"
 
 

AU SOMMAIRE
 
 
Délit du pied dans la porte : Renaud Marhic (Finistère), L’enfer un pied dans la porte.
 
Délit de poésie : Manuel Galaret (Lot), Frédéric Ohlen (Nouvelle- Calédonie)
 
Délit de racolage : Cathy Garcia (Lot), un nouveau recueil, Mystica perdita
 
Délit dedans les murs : Nathalie Riera, La parole derrière les verrous.


Délits d’(in)citations, boutures à disséminer.

Vous trouverez, c’est lassant,  le bulletin de complicité au fond en sortant.
 
 
Illustratrice de ce numéro* :
Cathy Garcia

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http://ledecompresseuratelierpictopoetiquedecathygarcia.h...



(*sauf pour les illustrations présentées avec Mystica Perdita : JL Millet)

 

 

06.01.2009

NUMERO 31



NOUVEAUX DELITS
Revue de poésie vive et dérivés
Numéro 31
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Janv/Fév/Mars 2009


 
 




Nouveaux Délits en panne de vœux
Vous souhaite d’Excellents Délits
Que l’an neuf (ou rien) après deux mille
Vous inspire de nombreux et vifs dérivés
Pour l’occasion ce numéro s’est mis sur son 31
Nous attendrons le prochain pour compter nos dents
 
CG




 
 
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Rester assis, c'est se mettre à genoux
Yanniss Youlountas






AU SOMMAIRE
 
 
Délit de poésie : Marcos Ana (Espagne) suivi d’une présentation par Cristina Castello (Argentine)
 
Délit cut : Rémi Froger (Lot)
 
Délit de filiation : La Toilette du Mort (extrait) de Werner Lambersy (Paris)
 
Délit de poésie non déclarée : Parcours poético-précaire et con/séquences de Cathy Garcia (Lot)
 
Délits d’(in)citations, cuvée de l’an nu comme un neuf.
Vous photocopierez le bulletin de complicité autant de fois que vous le voudrez

 
 
Illustrateur invité :
Jean-Louis Millet (Val de Marne)
jlmillet@free.fr


 
 



Je ne pense pas qu’il faille vivre très longtemps pour s’apercevoir
qu’il n’y a d’issue à notre condition que poétique.

Georges Perros
in Papiers collés II (1973)
 
 
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Contact ; revuenouveauxdelits arobase wanadoo point fr

 

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