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25/03/2012

NUMÉRO 42

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Avril-Mai-Juin 2012

 

 

Urgence poéthiques

Parler de politique, sûrement pas ! Marre ! Du cirque moche, du vilain cinoche, du cigare qui fait pouèt ! Marre des simagrées, des citernes, des sitcoms, des si demain c’était hier ! Marre des ciboulots qui sonnent creux, des si boulot y’avait, des si tu m’aimes je te nique, du cimetière de l’éthique et des si je te le dis, c’est toi qui payes. Marre des silures de salons, des cireurs de pompes funèbres, des citadindes et dindons de la farce ! Marre des cibles trop ciblées, des cyborgs et des cyclopes borgnes. Marre, marre, marre ! Alors stop, ne faisons pas scie de tout bois ! Alors oui, Nouveaux Délits pratique la discrimination dès qu’il s’agit de politique ! Parfois la poésie est trompeuse, l’art aussi, mais ici penseurs nauséabonds, même poètes, non acceptés… Je respecte votre liberté d’être con(ne)s, mais ici c’est mon temps qui passe à votre service, m’sieurs, dames, alors pas d’entourloupe, si besoin je recule et ça cafouille un peu, ça merdouille, ça citrouille. Veuillez descendre du carrosse. Des revues y’en a pléthore, ici on s’affiche avec des valeurs plutôt surannées, démodées : humaines encore quoi ! Pas dogmatiques, ni racistes, ni sexistes, plutôt attirées par la simplicité du genre universel, l’authenticité pas forcément terroir, les esprits clairvoyants grands ouverts, le cœur intelligent qui ne bat pas seulement pour lui-même...

Sur ce, que le printemps vous printanise, que le soleil vous exalte, car lui il est bien exalté et ce n’est qu’un début. Lâchez du lest, nous allons grimper !

 CG

 

 

Je suis contre tous les systèmes politiques qui croient détenir le monopole de la vérité. Je suis contre tous les monopoles idéologiques. (...) Je vomis toutes les vérités absolues et leurs applications totales. Prenez une vérité, levez-la prudemment à hauteur d'homme, voyez qui elle frappe, qui elle tue, qu'est-ce qu'elle épargne, qu'est-ce qu'elle rejette, sentez-la longuement, voyez si ça ne sent pas le cadavre, goûtez en gardant un bon moment sur la langue – mais soyez toujours prêts à recracher immédiatement. C'est cela, la démocratie. C'est le droit de recracher.
Romain Gary - 1957

 

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AU SOMMAIRE

 

Délit d’espérance : Fukushima Renaissance de Taro Aizu (Japon)

Délits et des listes : poèmes de Jacques Coly

Délit de mémoire : Je me souviens – Venezuela de Rémy Durand

Délit de vin, délit divin : Aymen Hacen (Tunisie), un extrait du Journal du ramadan (2009-1430)

Délit de poésie : Cathy Garcia, Guillaume Decourt

Résonances : 1 film, Magnifico de Mario J. Delos Reyes (Philippines) ; 1 livre, Zoli de Colum Mc Can ; 1 artiste, Bruce Clark.

 

C’est un fait, vous tomberez nez à nez avec le bulletin de complicité au fond en sortant.

 

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Illustrateur :

Joao Carlos Chaves-Lopes

jc.c.l@orange.fr

 

Né en 1964. Vit dans le Lot depuis 1999. Bricoleur et ébéniste à ses heures perdues. Adepte de la procrastination et de la réflexion horizontale. Veut travailler quand il sera grand. A gribouillé dans un élan non contrôlé quelques dessins qui se retrouvent, il ne sait comment, dans une revue de poésie.

 

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Courir dans les champs,
sentir le vent,
ce n'était pas assez.
...Comme tous ceux
qui n'ont rien dans la tête,
moi aussi j'ai cru
qu'il fallait faire des choses.

Alexandre Romanès

 

 

 

 

 

 

 

01/01/2012

NUMÉRO 41

 

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Janv. fév. mars




2012,  la fin ?

Loin de moi l’idée de détourner le calendrier maya, aztèque ou martien à des fins du monde, mais je dois dire que la fin, je l’espère oui, et de tout cœur. La fin de la bêtise crasse, de la violence, la fin du pillage généralisé, la fin de la corruption, la fin du mépris, la fin du cynisme, la fin de l’injustice, la fin de la faim ! La fin, oui, d’un monde régulé par l’avidité, l’arrogance et l’ignorance, la peur et l’agression…

La liste interminable des maux, on la connait n’est-ce pas ? Mais le remède ? 2012, année médecine ? 2012, année de beauté et de bonté ? Beauté comme l’entendent les Navajos : hozho. Un mot qui signifie à la fois beauté et santé. Et non pas au zoo, j’entends déjà les petits malins… Hozho qui signifie surtout un état, un état de beauté et de bien-être. La beauté, une façon d’être, de se conduire pour que règne l’harmonie. Voilà ce que nous devons retrouver, pratiquer, enseigner et nous détourner de tout ce qui est contraire à cet état. Si j’ai un vœu à formuler donc pour cette fin de monde, c’est celui ci :

 

Que je sois hozho, que vous soyez hozho.

Que le monde soit hozho !

 

CG

 

 

dans la beauté je marche

avec la beauté devant moi je marche

avec la beauté derrière moi je marche

avec la beauté au-dessous de moi je marche

avec la beauté au-dessus de moi je marche

accompli dans la beauté

accompli dans la beauté

accompli dans la beauté

 

Chant navajo de la Nuit des Chants


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AU SOMMAIRE

 

Délit nucléaire : Après Fukushima, haïkus du Cercle Seegan, présenté par Seegan Mabesoone (Japon)

 

Délit de poésie :

 

Alain Gourhant, extraits de Poésie du désastre et de la guérison

 

Basile Rouchin, neuf poèmes

 

Timotéo Sergoï (Belgique), extraits du Diagonaute amouraché

 

Résonances : 1 film, 1 livre, 1 roman, 1 groupe de musique


Bulletin de complicité à la sortie.

 

Illustratrice : Karolinda

 

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karolinda@orange.fr

Son site : http://karolinda.pagesperso-orange.fr/

 

« "Peinture tendance art singulier, expression libre, allergique aux définitions qui sclérosent, très sociable ou alors plutôt solitaire, ça oscille ! Profil modifiable selon les saisons... Ici ce sont de petits dessins réalisés à Berlin lors d'un séjour d'une semaine en 2010 ; un passage dans la ville pour faire mes adieux à un amour déjà perdu deux ans auparavant mais qui nécessitait une dernière visite. Dans ma chambre, j'ai pris mes feutres et craies grasses me reliant ainsi à mon être profond, la présence de cet homme devenait fantomatique et je pus ainsi traverser cette période houleuse sans réelle difficulté. Je rencontrais Berlin et son atmosphère si spéciale tout en me réfugiant autant que je le pouvais dans mon espace intime, là ou émerge  un autre monde. Quoique sensible à l’environnement, l'autre monde prend le dessus et alimente mes créations, que ce soit la sculpture, le dessin ou la peinture. Confiée aux mains de l’invisible, l'acte souterrain  s'éprend de mes mains et je me creuse pour en suivre les méandres. »



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Quelle chimère est-ce donc que l'homme ? Quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradictions, quel prodige ? Juge de toutes choses, imbécile ver de terre, dépositaire du vrai, cloaque d'incertitude et d'erreur, gloire et rebut de l'univers. Qui démêlera cet embrouillement ?
Blaise Pascal

in Pensées

 

 

21/09/2011

NUMERO 40

 

Oct. Nov. Dec. 2011

 

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Edito, médito.

 

Une fois de plus, me voilà devant la page blanche de l’édito, ne sachant trop quoi y mettre. L’été est passé, vite mais lourdement chargé et il y a donc celles et ceux qui sont partis pour d’autres voyages. Leur rendre hommage ici est le minimum que je puisse faire. La mort de ceux que l’on aime est toujours une leçon difficile à accepter, et pourtant, qu’en sait-on finalement ? Notre sort à nous, les dits vivants, est-il plus enviable ? Je ne vais pas répondre, ni ici, ni ailleurs, à des questions aussi vastes. A chacun de chercher ses réponses, si toutefois réponses il y a. Alors quoi ? Alors rien. Rien et tout à la fois. Un pas après l’autre, sentir, ressentir et aimer. Aimer au-delà même de nos supposées limites. Aimer, parce que tout est si bref et absolument rien ne peut être monotone. L’ennui est l’illusion de celles et ceux qui pensent avoir tout leur temps. Ils ne se trompent pas tout à fait, ils ont effectivement tout LEUR temps, mais nul ne sait quand il s achève.

 

Mourir est un processus très instructif. C'est fou ce qu'on apprend.

Le seul ennui, c'est qu'on n'a guère le temps de mettre

ses nouvelles connaissances en pratique
Lawrence Block in Le Diable t'attend

 

Chaque jour est unique, chaque jour est un commencement, chaque jour est neuf et rien ne nous oblige à répéter les mêmes erreurs que la veille. Nous sommes libres, libres d’être ce que nous souhaitons être. Libres ! Cela ne signifie pas que tout se fera tout seul, bien au contraire, et nous ne serons jamais ni plus ni moins que celle ou celui qui marche sa propre existence. Sentir, aimer, marcher. Respirer, boire, manger. De créature à créateur, juste la lettre E qui change de place. La lettre EUX, les autres, que nous pouvons accueillir, intégrer au lieu de les laisser tout au bout, loin du C comme cœur. Juste une lettre, juste un pas, juste un geste. Pas grand-chose, mais pas rien non plus. Créer c’est exprimer, éliminer une pression, se libérer donc. Pour certains, c’est aussi essentiel que de respirer, ils ne peuvent vivre sans. Peut-être ont-ils plus de pression à l’intérieur que les autres, telles de véritables cocottes-minutes ? Peut-être, peut-être… Ce qui est certain, c’est qu’aujourd’hui je n’ai vraiment rien d’intéressant à dire, mais toujours une irrépressible envie de créer. Et la poésie, a-t-elle à voir avec la création ?

 

Le poète n'est pas le créateur. Il est porteur d'énigmes.

Michel Camus in Transpoétique

 

 CG

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AU SOMMAIRE

 

Délit d’amour :

Hommage à Beb Kabahn (1974-2011), graphicultrice de stigmates, écrivière en proséïe et tellement plus et encore.

 

Hommage à Yann Orveillon (1941-2011), poète et voleur de feu, au cœur océan.


Délit de poésie : Muriel Modély, Patrick Aveline et Guillaume Siaudeau

 

Résonances : 1 livre, 1 recueil, 1 groupe de musique, 1 couple de photographes.

 

Délits d’(in)citations s’éparpillent comme toujours à l’automne et vous trouverez le bulletin de complicité, très au fond en sortant, qui adore jouer lui aussi les feuilles au vent...

 

 

Illustratrice : Corinne Pluchart

pluchart.corinne@orange.fr

 

« Je vis près du Mont-Saint-Michel, mon lieu entre tous. J'écris, je marche, je m'arrête, je découvre. La poésie comme racine avec la grève et le vent, le sable et l'eau. Je dessine, je peins. Je regarde le monde et la lumière... souhaitant qu'elle éclaire partout et tous. »


http://corinne.pluchart.over-blog.com/

 

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automne profond
mon voisin
comment vit-il?

Saigyo

in poèmes de ma hutte de montagne

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Nouveaux Délits fait partie du fond de l’ARPO

http://www.arpo-poesie.org/

17/03/2011

Numéro 39

http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/

 

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Avril-Mai-Juin 2011

 

 

 

 

C’est donc, le 40ème édito (puisque il y a eu le n°0 en juillet 2003) que j’avais déjà écrit l’autre jour… Avant le Japon… Avant ce monstrueux enchaînement de catastrophes qui montre, encore une fois, combien l’irresponsabilité de quelques-uns est payée au prix fort par tant d’autres, qui montre aussi que l’homme aveuglé par le profit en a perdu la mémoire. Quant au nucléaire, tout le monde le sait, sécurité et transparence. Dans l’édito déjà écrit donc, je parlais du Tiré à Part Nouveaux Délits et ses 40 éditos, qui sort en même temps que ce n°39, peut-être parce que moi-même j’ai 40 ans et du coup je me suis intéressée au nombre 40. Il revient souvent dans la Bible comme nombre de la préparation, de l'épreuve ou du châtiment. Symbole de la mort à soi-même et de la renaissance spirituelle, il correspond à la 13ème lettre hébraïque, mem, et à l'arcane 13 du Tarot, la Mort, marquant l'achèvement d'une étape. Ce nombre joue également un rôle tout particulier dans d’autres religions et dans les rites mortuaires de nombreux peuples du monde. J’évoquais aussi la coutume de la quarantaine et puis j’avais écrit pour finir l’édito : « Le monde change vite mais nous ne changeons pas aussi vite, alors que le mot changement est dans toutes les bouches, surtout celles qui prétendent maîtriser quelque chose. Mais qu’est-ce que le changement ? »

 

Alors faut-il donc que ce soient des catastrophes atroces, des populations toujours et encore sacrifiées, pour que se fassent enfin – peut-être - de véritables prises de conscience ? Le problème du nucléaire, que je considère comme une technologie définitivement folle, c’est surtout d’être utilisé dans un contexte d’irresponsabilité, où seul compte le profit et la rentabilité à court terme. Le futur des enfants sur cette planète, une utopie. La santé publique, elle n’est intéressante que lorsqu’elle rapporte. D’ailleurs, une des premières choses dont on a parlé suite au tsunami, c’est du CAC 40… Si ça ce n’est pas de l’indécence !

 

Quelques jours avant le tsunami, j’ai rêvé d’immenses vagues boueuses déversant sur une plage des voitures avec des gens dedans, et tout ça en silence et au ralenti, j’étais juste témoin de la scène. Je n’ai pas l’habitude de faire des rêves prophétiques, aussi vous imaginez ma perplexité quelques jours après, mais je ne vous le raconterais pas si juste à l’instant, je ne m’étais demandé quel rapport entre tout ça et le chiffre 40 ? Alors j’ai tapé dans un moteur de recherche « Japon 40 » et à ma très grande stupeur s’est affichée une page entière de titres « Japon : 40 morts dans un séisme majeur au nord-est », « Séisme au Japon : 40 morts et 39 disparus, premier bilan de la... »… 40 signifie aussi innombrables. Je ne sais que dire d’autre, il n'y a rien à dire d'autre. Juste se taire.

CG

 

le bruit incessant des vagues
mon village natal
si loin

Shiki

(1867-1902)

 

 

 

 

 

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AU SOMMAIRE

 

 

Pris(es) en flagrant Délit de poésie :

 

Marlène Tissot, Didier Pesnel, Linda Caro et Patrice Maltaverne

 

Délit d’abandon de chaussure au milieu de la route : Stéphane Beau

 

Délits d’(in)citations printanières et en Résonances, 1 roman, 1 chanteuse et 1 recueil.

 

Vous trouverez le bulletin de complicité fidèle à son poste.

 

 

L’Illustre Illustrateur de retour pour ce numéro :

 

 

 

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Joaquim Hock !

joaquimhock@yahoo.fr

 

Joaquim Hock, est né en 1974 du côté du futur ex-royaume de Belgique. Ses activités ont été depuis cette lointaine époque diverses et variées. Dès l’âge de 10 ans, il a été fortement influencé par l’œuvre d’Alfred Jarry en général, et la science pataphysique en particulier. La pataphysique est la science des solutions imaginaires, et il croit avoir fait en ce domaine quelques petites découvertes. Son goût pour l’incongru se manifeste par un style où il aime mêler le sens et le non-sens. L’insolite est au cœur de ses textes et de ses dessins, mais le bizarre naît toujours du quotidien. Faire accepter comme normales les descriptions et les situations les moins ordinaires est ce qu’il recherche en particulier. Il està la fois dessinateur/illustrateur et romancier. Parmi ses dernières parutions : son premier roman intitulé L’INTRUS – fragments d’une humiliation en milieu domestique, aux éditions Durand-Peyroles 2010 (avec 30 illustrations) dont Nouveaux Délits avait publié en exclusivité quelques extraits. Il s’agit d’un roman mêlant le burlesque et le tragique et qui s’interroge sur la solitude et la lente acceptation de la tyrannie.

 

 

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La vie est une bougie dans le vent
Proverbe japonais

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Je crois qu'il est beaucoup de cabris du verbe parmi nous, d'équilibristes du fil court, d'écarteleurs des logiques morbides, de danseurs des forêts, de nobles ascètes de l'honneur, de vaillants poètes de la jaillance, bref les acrobates se sont retrouvés et entretiennent le feu et les sursauts d'ivresse. Mais ce qui fait défaut, c'est davantage la planification des actes, l'architecture des envolées, la construction de réels dans la durée, le souffle des bâtisseurs d'espace social. Les ménestrels persistent, mais presque plus personne ne sait échafauder des stratégies vitales collectives, architecturer des cathédrales communes, œuvrer la charpente d'un édifice total. Bref, cela bondit divinement, cela jongle, mais cela compose surtout de la musique de chambre, cela ne s'élabore jamais au-delà de quelques pages, minutes, oraisons. Notre lyrisme se porte bien, mais il ne nous portera pas loin sans la patience du maçon organique, du mathématicien de la chair... Et tandis que l'acrobate rue dans les brancards, l'ennemi grandit car il sait s'organiser, construire et suivre des plans. Platon avait-il tout à fait tort de chasser le poète égotiste de la République ? Que nul ne chante trop s'il n'est aussi géomètre... Pour une éthique acrobatique, oui, mais à condition qu'elle sache aussi se faire ordinatrice. Diogène cherchait un homme. Nous cherchons, en Europe, des planificateurs de dimensions multiples. Là est la difficile éthique, ascèse, là est le plus grand défi pour la magie de l'agir.

 

Luis de Miranda

01/01/2011

Numéro 38


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Janvier-Février-Mars


 


 
Et cetera desunt.

Jusqu’à quand nous laisserons-nous imposer nos pensées, nos mouvements, nos goûts, nos façons d’être, d’aimer, de travailler, de vivre, nos rythmes, nos rêves ? Jusqu’à quand accepterons- nous l’inacceptable ? Face au rouleau compresseur, s’agirait-il de savoir si on va courir de plus en plus vite - et tant pis pour ceux qui tombent, ceux innombrables qui sont déjà tombés - ou si nous allons tenter un saut de côté ? Le problème c’est qu’il n’y a pas un seul rouleau compresseur, unilatéral, et peut-être évitable, mais des multitudes de rouleaux compresseurs qui partent dans tous les sens ! Alors ?

Il ne s’agit plus là de politique mais de prédation. Prédation d’humains envers d’autres humains. Prédation ou plutôt parasitisme. Le prédateur met à mort sa proie pour s’en nourrir et en nourrir sa progéniture, le parasite s’en nourrit, la pompe, la suce, l’épuise, la mort ne vient que plus tard, de façon non directe, et il est souvent difficile de déceler la vraie cause. Les véritables causes de la guerre, de la misère, de la violence, de la malnutrition, des maladies, de la folie, du fanatisme, et de la longue et atroce liste des etc. Et cetera desunt, qui signifie « et les autres choses manquent ». Oui, les autres choses manquent, comme la paix, le respect, la dignité, la clairvoyance, l’échange, le partage – ailleurs que sur ces réseaux dits « sociaux » -, la sororité et la fraternité, l’empathie pour toute forme de vie... Bref, tout ce qui donne SENS à l’existence.

Alors nous voilà en 2011, à la saison des vœux… Que dire ? Que cette nouvelle année ne soit pas pire encore que celle qui vient de s’achever.

Santé, liberté, dignité, joie et création pour toutes et tous et purgeons nos têtes et nos cœurs plutôt dix fois qu’une !
 
 CG


 
Nous lançons contre ceux qui te pillent et t'épuisent
Contre ceux qui parasitent sur ton grand corps d'humus et de neige
Les imprécations foudroyantes
Qui naissent aux gorges des orages.

 
Gilles Hénault
in Totems
 
 
 

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AU SOMMAIRE
 
 
Délit de résistance : Contes et Récits Rom KALDERACH ou l’avant dernière étape des Tsiganes, de  Georgie Viccini
 
Délit de poésie : Marie-Florence Ehret, Anna Jouy et Guénane Cade
 
Délit de fraternité : Qui Vive de Christophe Manon
 
Délit de souvenance : Il y a des abeilles de Christian Degoutte
 
Délit d’incitation au jardin : Jardin du causse de Cathy Garcia vient de paraître aux Editions de l’Atlantique
 
Et 4 R à Résonances : 1 Revue, 1 Recueil, 1 Roman et 1 Réalisateur.
 
Vous trouverez le bulletin de complicité fidèle à son poste, au fond en sortant.
 
 
Illustrateur invité :

 

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Jean-Louis Millet

 
 
 
 
 
Ce perpétuel dissident, cet être anachronique :
le poète, a trouvé le moyen de survivre au dodo
et à la liberté, que l'homme sociable a fini,
et non sans peine, par exterminer

 
Robert Edward Hart (1891-1954)
 
 

 

 

20/09/2010

NUMERO 37

 

 

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     Oct. Nov. Déc. 2010  

  

  

  

Le retour… peut-être pas éternel mais retour quand même.

 

Après une pause estivale, la première depuis les 7 ans d’existence de la revue, il en fallait vraiment une, voici donc la rentrée avec de légers changements - car il y a un moment où il faut secouer les habitudes sous peine d’encroûtement et de lassitude de part et d’autres, chez vous lectrices-lecteurs et chez moi, femme-orchestre certes, mais certainement pas machine à fabriquer une revue. C’est donc avec un plaisir renouvelé que je vous présente ce numéro trente-sept, qui je l’espère vous titillera les fibres sensibles. C’est le dernier numéro de cette année 2010, nous nous retrouverons donc en janvier, d’ici là bien des feuilles seront tombées, mais sans aucun doute que leur compost sentira bien meilleur que l’odeur actuelle de ce pays.

 

CG

 

 

On peut compter le nombre de pommes dans un arbre, mais l'on ne peut jamais compter le nombre d'arbres dans une pomme.

Proverbe Rom

 

 

 

  

 

AU SOMMAIRE

 

 

Délit poétiques et dérivés :

 

Frédérique Mirande (Pyrénées-Atlantique), poèmes extraits d’Entrée en ma terre

 

Michel Host (Paris), Qu’êtes-vous, femmes, devenues ? XXIV onzains royaux (version intégrale)

 

Francis Gast (Strasbourg),  cinq poèmes

 

Jean-Marc La Frenière (Québec), quatre textes inédits

 

Xavier Lainé (Alpes de Hte Provence),  Poétique d’évolution « Mettre ensemble les fragments épars d’une pensée puzzle »

 

 

Délit de mémoire : Jean-Marc Couvé (Seine Maritime), Battu (extraits)

 

Délit de résonance : une revue, un film, un livre.

 

 

 

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Illustrateur :

Jean-Louis Millet

 

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Nouveaux Délits  - Octobre 2010  -  ISSN : 1761-6530  -  Dépôt légal : à parution  - Auto-impression sur papier recyclé-  Autodiffusion  - femme-orchestre : Cathy Garcia illustrateur : Jean-Louis Millet  correcteur : Michel Host

12/04/2010

NUMERO 36

Offre un verre à autrui 002 small.jpg
Avril/Mai/Juin 2010 
 

 
En avril, ne te découvre pas d’un fil…
La vie ne tient qu‘à un fil… et même si la technologie privilégie de plus en plus le sans fil et le trop plein d’ondes, nous avons bien quelque chose en nous qui nous attache au fil, au fil de l’eau, au fil des mots, au fil à tordre, de fil en aiguille, filons en douce, à l’anglaise ou à toute bombe façon US mais nous filons, filons, n’avons de cesse de filer, enfiler, défiler, se défiler ! Tout oui, tient à un fil ! La trame, le web, le réseau, les supercordes, et en avant la musique, déroulons, emmêlons, démêlons, sur le fil du rasoir, notre vie, celle donc qui ne tient qu’à un fil ! Le poème , me suis-je dit aujourd’hui, permet la distanciation avec tout ce qui nous submerge, nous creuse, nous évide, nous retourne, bref nous effiloche… Le manque et la mort. La mort qui nous manque d’un peu chaque jour, et tous ceux qu’elle ne manque pas et qui nous manquent tant. La vie, l’homme, tout n’est qu’une histoire de fil et les araignées le savent bien. De tout temps et de toutes cultures, les tisseuses ont tissé le destin des hommes. Alors une fois encore, les poètes marchent sur un fil, pour vous mesdames et messieurs, au fil de ces pages et sans filet, Quand le poète chute, il icarne, comme dirait Mr Marzuolo et ça fait bien marrer les oiseaux.
 
CG
 
 

Peut-être saurons-nous un jour qui est l’âme du bleu ? Des mots, des rêves, d’autres mots, d’autres rêves,
des écorces, des branches, l’en marche du désir, l’en marche de la pluie, les horizons errants sur chaque lèvre…
Tout l’impensé du monde est sur nos traces.

Pierre Colin
in Je ne suis jamais sortir de Babylone

 
 
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AU SOMMAIRE
 
Délit de poésie :
 
-          Fabrice Marzuolo, poète raté
-          Marc Bonetto tout en disparates
-          Guy Karl, Blancheur muette, texte intégral 
-          Silvaine Arabo, Dites, mon sel, texte intégral
 
 
Délit de lucidité : textes et poème de Jean Gédéon et Serge Muscat.
 
Délit des confins : présentation d’Eskhatiaï, de Cathy Garcia, qui vient de sortir aux Editions de l’Atlantique.
 
Délits d’(in)citations, petits poissons frétillant au fil des pages. Vous trouverez le bulletin de complicité au fond en sortant. Vous êtes autorisés à y retourner autant de fois que vous le voudrez.

 
Illustrateur :

 
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Jean-Marc Couvé
jeanmarc.couve@free.fr

 
(1957- Paris), a vécu près de 20 ans à l'étranger ; a survécu à autant de petits boulots. Journaliste en Sarre, puis instit ; vit à Dieppe. Traducteur, critique, illustrateur, auteur d'entretiens, études, récits, poèmes, aphorismes. A collaboré à plus de  20  revues/sites,  dont : A l'Index,  la  B-M D, Comme en poésie, Jointure,  Microbe,  Nouveaux Délits, Pages Insulaires, Traces, Traction-Brabant, Evazine. Dernier livre : Un nombre il-limité d'étoiles (dessins de P. Neu), Deux-Siciles, 2007. A paraître, fin 2010 : Battu, récit. Donne, depuis seulement deux ans, ses illustrations à Evazine, TB, Microbe, Nouveaux Délits, Jointure, Parterre verbal (anthologie, 06/09). Dernier flip-book : Contours, détours & couleur rouge, peintures de JMC, poèmes de G. Josse, présenté par C. Garcia, zen évasion, 02/10. Pour une présentation plus détaillée (textes lus par J-L Millet, illustrations.) voir le site : http://evazine.com

 

18/01/2010

NUMERO 35

Janv/Fév/Mars 2010
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2010, Odyssée de la femme.

  
L’envie de faire un numéro essentiellement féminin m’est venue sans rapport avec le printemps des poètes, mais les idées flottent peut-être dans les airs comme le pollen. Cette idée était déjà là depuis un moment parce que je m’étais rendu compte d’un certain déséquilibre. En poésie comme à la sécurité sociale, les femmes sont secondaires, les femmes sont n°2. Déjà être poète n’est pas très bien vu et encore moins entendu, mais alors poète ET femme, c’est dire le cumul de tares. Je ne suis pas féministe, ne suis pas non plus antiféministe. Je suis une femme qui questionne l’Homme.
Je préfère parler en termes de valeurs non opposables mais subtilement entrelacées. Certaines femmes sont de grosses brutes, certains hommes de fines fleurs. Là n’est pas la question.
La question pour moi est : parmi les hommes et les femmes où se situe l’Humain ?
J’aime la vision taoïste des énergies. Leur harmonisation par une juste et souple compréhension de ce qui EST. Nos sociétés souffrent d’un excès de yang, il faudrait leur insuffler un peu de yin. Mais les femmes ne sont pas uniquement yin, vous allez vous en rendre compte au fil de ces pages.
Les poètes, mâles ou femelles, sont des équilibristes de nécessité humaine.
 
Je vous souhaite une année de plus sans tomber du fil et de grandes et vastes respirations.
Je nous souhaite à tous un brin de sagesse supplémentaire.

CG


  
Je n'ai jamais réussi à définir le féminisme, tout ce que je sais,
c'est qu'on me traite de féministe chaque fois que mon comportement
ne permet plus de me confondre avec un paillasson.
Rebecca West (1913)

 


AU SOMMAIRE

 
Délit métropolitain : Metropolis song de Gaëlle Josse (Yvelines)
 
Délits de poésie éparpillés :
Cristina Castello (Argentine), poèmes de son recueil tout frais Orage/Tempestad
Nathalie Riera (Var), extraits d’un recueil tout frais lui aussi, ClairVision
Cathy Garcia (Lot), nouvel extrait des Chroniques du hamac
 
Délit tramé : Beb Kabahn (Pyrénées-Atlantiques)
 
Délits en morceaux de choix avec Jany Pineau (Loire-Atlantique) et Marlène Tissot (Drôme)
 
 
Illustratrice  : Cathy Garcia

ledecompresseuratelierpictopoetiquedecathygarcia.hautetfort.com/

 

 

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Nous ne sommes plus rigides d’aspect cuir
Nous ne sommes plus antiques et vestales
Nous ne sommes plus obéissantes en jupon
Nous ne sommes plus épouses du Seigneur
Nous ne sommes plus gainées de dentelles barbelées
Nous ne sommes plus livides dans un bain de sang
Nous ne sommes plus vos béquilles de vair
Nous ne sommes plus naïves dans le duvet
Nous ne sommes plus nues sur le papier glacé
Nous ne sommes plus découpées en rondelles assemblables
Nous ne sommes plus muettes et domestiques
Nous ne sommes plus timides et nubiles
Nous ne sommes plus excisées du réel
Nous ne sommes plus issues de la côte biblique
Nous ne sommes plus des jeunes filles sages.
Anne Archet

in Ode à mes sœurs
 
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Nouveaux Délits - Janvier 2010 - ISSN : 1761-6530 - Dépôt légal : à parution  - Imprimée (papier recyclé) - Directrice de publication, rédactrice en chef, maquettiste, illustratrice, plieuse, agrafeuse, colleuse de timbres : Cathy Garcia - Correcteur : Michel Host.
 
 

18/10/2009

NUMERO 34

 

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 Oct. Nov. décembre 2009
 
 
Un automne de plus, un numéro de plus, un édito de plus. Et voilà la panne ! D’inspiration comme on dit, inspirez, expirez, inspirez, expirez… On meurt donc entre chaque inspiration ? Ce n’est pas la petite mort, celle-là est déjà prise, mais alors quel genre de mort ? Peut-être bien celle qui s’annonce en automne, la mort cyclique, celle qui permet la renaissance. Tout est affaire de cycle, et c’est donc à nous de pédaler. Inspirez, expirez, inspirez, expirez. Certes, vous me direz que je n’ai rien à dire et je vous répondrai « et pourquoi pas ? ». Parfois on n’a rien à dire, et c’est là que vient le meilleur, l’inattendu, la phrase clé, l’illumination comme on dit. Et qu’est-ce que l’automne sinon une sorte d’illumination avant l’extinction des feux ? Une dernière danse, et le vin est  prêt. Le vin de table et le vin de l’âme. A boire en bonne compagnie ou avec la solitude, quand on a appris à l’aimer. Tout est affaire d’équilibre, le vin, la compagnie, la solitude. Cycle, équilibre et nous voilà au cirque, grand cirque de la vie. 
Nous revoilà dans le cercle. Inspirez, expirez, inspirez, expirez, inspirez….
Rompre le cercle comme on rompt le pain, tenter l’apnée, explorer les états intermédiaires, l’intervalle… Tout est possible.  La paix, l’os et la cible.
Écrire un édito quand on n’a rien à dire.
 
CG

 
 
Ne me demandez plus mon programme ;
respirer, n'en est-ce pas un ?

Emil Michel Cioran
in Syllogismes de l'amertume
 
 
 
 
 
AU SOMMAIRE
 
 
Délit de vagabondage : Ernest Pépin (Guadeloupe) nous embarque dans L’Odyssée de la ville
 
Délit de poésie : Isabelle Grosse (Deux-Sèvres) ; Cathy Garcia (Lot)
 
Délit nombriliste : Marc Bureau (Tarn) s’interroge sur L’ombilic du lombric
 
Délit d’(in)citations d’automne, comme feuilles qui volent, fera t-il bon humus ? N’oubliez pas le bulletin de complicité au fond en sortant.

 

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Illustrateur invité :
Jean-Louis Millet (Val de Marne)

jlmillet@free.fr



 
« a atterri à Paris, dans le Marais d'avant les bobos, en 1946. Scientifique de formation, curieux compulsif, il enchaîne et tresse ses passions. Très influencé par les pensées orientales, il est récemment entré en peinture et en écriture. Il anime deux sites http://www.zen-evasion.com
  site personnel et http://www.evazine.com site collectif » L’illustration ci-dessus et celles qui accompagnent les textes d’Ernest Pépin sont de véritables pétroglyphes arawak gravés sur des pierres en Guadeloupe, que Jean-Louis Millet a recopiés lors d’un séjour sur place.
  
 
 
 Nous n'avons rien à déclarer sinon la faim
      la faim n'a pas de passeport
      Nous n'avons rien à déclarer sinon la vie
      la vie n'est pas une marchandise
      Nous n'avons rien à déclarer sinon l'humanité
      L'humanité n'est pas une nationalité

Ernest Pépin
in A tous les reconduits 

 

 

 
 
 
 
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Nouveaux Délits
fait partie du fonds de l’ARPO, à Carmaux (81)
http://www.arpo-poesie.org/

et de la Poéthèque de la Cave Littéraire de Villefontaine (69) http://caveli.free.fr/lacave/scripts/POETHEQ_A_Z.htm.


Deux associations qui travaillent à faire connaître et reconnaître la poésie et qui ont fondé chacune une bibliothèque spécialisée de revues poétiques, présentées également sur leur site internet.
 
 
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 Celui qui déplace la montagne,
c'est celui qui commence à enlever les petites pierres.

Kong tseu (Confucius)

01/07/2009

NUMERO 33

 Juillet - Août - Septembre 2009

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Dites 33, dit le docteur. Et pourquoi donc ? Le fait de prononcer des "t" et des "r" renseigne sur l'état de notre gorge. La poésie a-t-elle parfois mal à la gorge ? Le poète certainement, à déclamer dans les déserts ou à tenter, pauvre fou, de couvrir le vacarme permanent du monde. Mais si la voix s’épuise, la poésie est son miel, un miel intarissable. La poésie survivra à l’homme. Elle était là bien avant lui.
La poésie ne craint pas le silence. Parfois même elle le préfère.            CG
 
 
 
 
 
Au fond, la poésie est une sorte de magie opérative. Ce n'est pas une science, mais un art, un faire initiatique, un pouvoir d'autotransformation sans que l'on puisse en identifier la source. Le poète n'en est pas le maître ou le démiurge. Il n'est que l'instrument ou le porte-parole du silence qui le hante. Il est habité par ce qui le traverse et le dépasse. Le poète, disait Jean Carteret, est l'homme le plus troué du monde.

Michel Camus
in Transpoétique. La main cachée entre poésie et science
 


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AU SOMMAIRE
 
 
Délit de sauvegarde : Rita Mestokosho (Ekuanitshit, Québec), poétesse Innue, sa voix, son combat pour la protection du territoire et de la culture Innus.
 
Délit de poésie : Ile Eniger (Alpes Maritimes), Saint-John Kauss (Québec)
 
Délit récidiviste : Cathy Garcia (Lot) présente Trans(e)création, nouveau recueil à paraître aux ed. Dlc
 
Délit d’éducation : Jean-Marc Couvé (Seine Maritime), livre le Journal d’un stit. 
 
Délits d’(in)citations, tout petits cristaux scintillants dans l’obscurité.
En fin de revue, un bulletin de complicité ne demande qu’à s’envoler.
 
 
 

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Illustrateur invité :
Valéry Jamin (Lot)
valery.jamin@wanadoo.fr


 
Né le 4 avril 1970 « Plasticien sans matières plastiques, sculpteur sans statues et artiste sans formation -et sans statut-, j'aime travailler les matériaux naturels et vivants, terre, pierre, bois, et les mots des humains. Pour composer les illustrations de ce numéro 33, je me suis assis au bord de la Dordogne à côté de laquelle j'habite et j'ai utilisé des galets, coquillages et végétaux se trouvant à portée de ma main. »

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21/04/2009

NUMERO 32

 
NOUVEAUX DELITS
Revue de poésie vive et dérivés
Numéro 32
 

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Je n’aime
Pas les gens
Mais je vous aime
Mal et pleine d’exigences
Je fais une revue de poésie
Je fais une revue de
Je fais une revue
Je fais une
Je fais
Je
De poésie
Revue de poésie
Une revue de poésie
Nous faisons
Nous
 
Cg

 

Il faut rêver à haute voix, il faut chanter jusqu'à ce que le chant s'enracine, tronc, branches, oiseaux, astres,  chanter jusqu'à ce que le chant engendre et que sourde de la côte du dormeur l'épi rouge de la résurrection,  l'eau de la femme, la source pour boire et se voir et se reconnaître et se reprendre, la source pour se savoir homme, l'eau qui se parle à elle même dans la nuit et nous nomme de notre nom... la vie et la mort ne sont pas des mondes contraires, nous sommes une seule tige avec des fleurs jumelles, il faut désenterrer la parole perdue, rêver vers l'intérieur vers l'extérieur, déchiffrer le tatouage de la nuit et regarder midi dans les yeux, lui arracher son masque, se baigner dans le soleil et manger les fruits de la nuit,  épeler l'écriture de l'étoile et du fleuve, écouter ce que disent le sang et la marée,
la terre et le corps, revenir au point de départ...

Octavio Paz
in "La jarre cassée" dans "Liberté sur Parole"
 
 

AU SOMMAIRE
 
 
Délit du pied dans la porte : Renaud Marhic (Finistère), L’enfer un pied dans la porte.
 
Délit de poésie : Manuel Galaret (Lot), Frédéric Ohlen (Nouvelle- Calédonie)
 
Délit de racolage : Cathy Garcia (Lot), un nouveau recueil, Mystica perdita
 
Délit dedans les murs : Nathalie Riera, La parole derrière les verrous.


Délits d’(in)citations, boutures à disséminer.

Vous trouverez, c’est lassant,  le bulletin de complicité au fond en sortant.
 
 
Illustratrice de ce numéro* :
Cathy Garcia

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http://ledecompresseuratelierpictopoetiquedecathygarcia.h...



(*sauf pour les illustrations présentées avec Mystica Perdita : JL Millet)

 

 

06/01/2009

NUMERO 31



NOUVEAUX DELITS
Revue de poésie vive et dérivés
Numéro 31
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Janv/Fév/Mars 2009


 
 




Nouveaux Délits en panne de vœux
Vous souhaite d’Excellents Délits
Que l’an neuf (ou rien) après deux mille
Vous inspire de nombreux et vifs dérivés
Pour l’occasion ce numéro s’est mis sur son 31
Nous attendrons le prochain pour compter nos dents
 
CG




 
 
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Rester assis, c'est se mettre à genoux
Yanniss Youlountas






AU SOMMAIRE
 
 
Délit de poésie : Marcos Ana (Espagne) suivi d’une présentation par Cristina Castello (Argentine)
 
Délit cut : Rémi Froger (Lot)
 
Délit de filiation : La Toilette du Mort (extrait) de Werner Lambersy (Paris)
 
Délit de poésie non déclarée : Parcours poético-précaire et con/séquences de Cathy Garcia (Lot)
 
Délits d’(in)citations, cuvée de l’an nu comme un neuf.
Vous photocopierez le bulletin de complicité autant de fois que vous le voudrez

 
 
Illustrateur invité :
Jean-Louis Millet (Val de Marne)
jlmillet@free.fr


 
 



Je ne pense pas qu’il faille vivre très longtemps pour s’apercevoir
qu’il n’y a d’issue à notre condition que poétique.

Georges Perros
in Papiers collés II (1973)
 
 
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Contact ; revuenouveauxdelits arobase wanadoo point fr

 

29/09/2008

NUMERO 30

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Numéro 30
 



 
Octobre, le retour des saisons, et chaque année le besoin toujours plus pressant d’en suivre les rythmes, de les épouser même. L’automne est avec le printemps, la saison qui a certainement inspiré le plus de poèmes… Poèmes de mélancolie, de tristesse non dénuée pourtant de flamme.
J’ai appris à aimer l’automne, comme j’ai appris à aimer la pluie, le froid, et tout ce qui nous fait aimer son contraire. L’observation de la nature, mieux sa contemplation et surtout le fait d’être en son sein et non à sa périphérie est sans aucun doute à mes yeux une des meilleures écoles de la vie. Et tout ce qui nous sépare d’elle, nous sépare de nous. La terre, les ruisseaux, les rivières, les fleuves, les montagnes, les plantes, les pierres, les minerais, le sel, les étoiles, l’univers, les galaxies, nous les portons en nous. Les sages de tout temps, en tous lieux, l’ont toujours su.
Nous, peuple du progrès, faisons un très long et coûteux détour, pour revenir à des évidences connues depuis des millénaires. Avec une arrogance parfaitement puérile nous croyons découvrir ce que nous ne faisons que retrouver…
Aujourd’hui nous jouons dangereusement avec ce qui nous dépasse et négligeons ce qui nous permettrait d’accéder à un véritable entendement. Sans rien détruire, ni corrompre mais au contraire en participant avec intelligence et conscience à un tout dont nous ne sommes qu’une toute infime et vibrante partie.
Alors ouvrons bien les yeux, les oreilles, déployons nos innombrables antennes naturelles, car nous en aurons bien besoin dans les temps qui viennent. 
 


Je veux parler d’un désert monstrueux, le désert parfaitement planétaire, parfaitement mondialisé.
Le désert de l’Homme par l’Homme, celui qu’il édifie dans son cœur, lui l’orgueilleux qui marche sans mémoire.
Jean-Yves Vallat
in Itinéraires vers le silence


 
 
http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/

AU SOMMAIRE
 
 
 
Délit de poésie   :
 
Julie Quéré (Paris), en Corset et crinoline, extrait d’Élancements de l’Archée
Jean-Louis Millet (Val de Marne) présente Crimes & Culture, sirventès des relations entre les cultures
Alex Jacquin-Ng (Île Maurice) balance Neufs pets capiteux (extraits) et sa Rage en décembre
 
Délit de mémoire : Tombeau pour Kalakoa, le touareg inconnu, hommage de Jean-Marc Couvé (Seine-Maritime)
 
Délit suspendu : Extrait de Chroniques du hamac, nouveau recueil de Cathy Garcia (Lot)
 
Délit nucléaire : Hommage au Professeur Vassili Nesterenko avec un extrait de La Supplication de Svetlana Alexievitch
 
Et les Délits d’(in)citations éparpillées comme feuilles d’automne, faites-en bon humus.
Le Bulletin de complicité est disponible en toute saison.
 
 
Illustrateur invité :
Jean-Louis Millet (Val de Marne)
jlmillet@free
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On ne peut pas dire la vérité à la télé,
 il y a trop de gens qui regardent !
Coluche
 

28/06/2008

NUMÉRO 29

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 Juillet 2008




Comment ne pas s’essouffler en faisant une revue de poésie ?
 
Entre les bons sentiments de départ : lire tous les textes, répondre rapidement à toutes et à tous, entretenir de vraies relations avec les auteurs, publiés ou pas, les lecteurs, les abonnés et aussi les autres revues, les innombrables sites de poésie et ce qui est faisable en vérité, il y a ce fossé nommé désillusion ou expérience, selon qu’on l’envisage.
Il faudrait y passer TOUT son temps. Un temps non salarié, bien entendu, puisque il s’agit de passion et non d’un emploi. 
Et même en y passant tout son temps, la technologie informatique fait que x auteurs peuvent envoyer x poèmes en même temps, sans compter ceux qui les envoient par courrier. Moi pour suivre, c'est-à-dire lire attentivement et répondre, mais aussi entretenir des relations avec tout le monde, n’étant pas une machine, ça me prend beaucoup plus de temps. Et voilà que x nouveaux auteurs ont envoyé x nouveaux textes et les premiers auteurs m’écrivent pour savoir ce qu’il advient des x textes qu’ils m’ont envoyés il y a x temps. Certains, rares heureusement, s’impatientent un peu trop, en deviennent désagréables, évidemment ce sont eux qui passent à la trappe les premiers.
Et voilà comment une passion, un plaisir peuvent se transformer en corvée parce qu’ils provoquent de la frustration, la machine n’ayant aucun état d’âme et beaucoup d’auteurs s’imaginant être uniques, ne pensent finalement qu’à eux-mêmes et à leur but : être publiés. Ils oublient trop souvent qu’ils sont un parmi x autres.
Que certains ne donnent plus de nouvelles une fois qu’ils ont reçu leur exemplaire, que la plupart ne s’abonnent pas à la revue etc.… ça je ne m’en plaindrais pas, après tout personne ne m’oblige à faire une revue. Non, mon problème c’est plutôt de réaliser combien cela devient envahissant, au point que moi qui me voudrais aussi poète, je n’ai plus le temps de m’occuper de mon propre travail d’écriture, sans parler du reste.
Alors comment faire ? Finalement c’est comme dans la vie, vient un moment où l’on doit faire un tri, et surtout où l’on fait ce qu’on peut et tant pis pour ceux qui ne sont pas contents car après tout personne ne les oblige à contacter une revue.
Ce qui compte à mes yeux, c’est de ne pas renoncer par épuisement, et j’assume donc d’être injuste par nécessité. Répondre à certains, plus qu’à d’autres, selon des affinités réelles qui se créent, lire certains plus que d’autres, faire passer machin avant bidule, continuer la revue en y passant moins de temps mais toujours avec autant de plaisir, alors pardonnez-moi si je réponds moins souvent ou moins longuement, ou même si je ne réponds pas du tout à vos diverses sollicitations et puis… n’oubliez pas que moi aussi je suis une poète qui voudrait bien être publiée, et si tous les poètes faisaient leur revue, ce ne serait pas si mal, chacun connaitrait les deux côtés du miroir.
Sur ce, j’espère que vous apprécierez ce numéro. J’y ai mis des amis et des causes qui me sont chères.

CG

ps : Nouveaux Délits a 5 ans !
 
 

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AU SOMMAIRE
 
 
Délit de cœur à cœur : un extrait de Dialogue au bout des vagues de Gérald Bloncourt (Haïti/Paris)
 
Délit mapuche : poèmes de Salvador Mariman (Chili/Usa)
 
Délit d’un voleur de feu : poèmes extraits de L’amour à l’heure bleue suivi de N’invitez pas un poète à vos fêtes de Yann Orveillon (Finistère)
 
Délit du fond des tripes : un extrait d’A défaut de martyrs, nouveau recueil de Marc Sastre (Hte-Garonne)
 
Délits d’(in)citations pour ceux qui ne lisent que dans les coins.
Vous trouverez encore le bulletin de complicité au fond en sortant.
 
 
 
Illustrateur invité :
Jean-Louis Millet (Val de Marne)
jlmillet@free.fr


«  Né en 1946 à Paris dans le quartier chargé d’histoire populaire de la Bastille où j’ai ensuite vécu 20 ans. Au sortir de la guerre, ce coin alors pauvre de la capitale, au passé révolté, était un melting pot des races, des ethnies et des religions et vivait un peu comme un village rendu cohérent et solidaire par sa précarité même. Là, j’ai été ‘’perfusé’’ à l’humanisme de la tolérance cosmopolite. Ceci était tout à fait en phase avec la pensée camusienne à laquelle je souscrivais : lutter contre toutes les idéologies et les abstractions qui détournent de l'humain. Plus tard, j’ai spiritualisé l’ensemble avec des éléments de la pensée mahayana d’un zen soto  occidentalisé. Autodidacte curieux, j’ai été chimiste puis marketeur et enfin directeur de la communication. Durant ce parcours, je suis allé aux USA, en Israël, au Japon, à Taïwan… Dans les relations sociales, j’ai développé une activité associative multiple en science et en sports. Côté détente, j’enchaîne depuis toujours les bouffées de passion : Préhistoire, Basket (joueur), Folk song (guitariste), Chine, Minéraux et Fossiles (chercheur/collectionneur), Photographie, Protohistoire/ les Celtes, Japon, Bonsaï (collectionneur), Bouddhisme(s), Art asiatique, Religions, Ecriture (nouvelles), Poésie (haïkaï et vers libres), Art contemporain (peinture, sculpture, vidéo), avec au milieu de tout çà, des voyages : Italie, Allemagne, Belgique, Pays Bas, Espagne, UK, Antilles, Thaïlande, Afrique du Sud… et toujours en filigrane, la lecture, toutes les lectures. Tout n’est-il pas dans les livres…Ces passions sont aujourd’hui rassemblées dans un site sur Internet : http://www.zen-evasion.com »

 

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Nous sommes restés peu nombreux à refuser de croire qu'il faille être fourbe
pour avoir raison, et cela ne veut pas dire que nous autres soyons les fous,
 même s'il est vrai que nous sommes très seuls.
Cesare Battisti

 


 

01/04/2008

NUMERO 28

L’évolution de mai 2008 ?
 
Pour la première fois, Nouveaux Délits parait un 1er avril, d’où le poisson dans le dos… Pour moi, c’était bien ce délai supplémentaire, aussi j’espère que vous apprécierez ce numéro.
Nouveaux délits aura bientôt son émission sur les fréquences d’Antenne d’Oc que les Lotois connaissent bien même si tous ne l’écoutent pas. Une petite radio libre et impertinente comme je les aime. Le printemps des poètes ici a été grâce au Garage Donnadieu et la médiathèque de Cahors, l’occasion d’échanger des paroles du dedans et du dehors, expériences riches et fortes qui sont les prémisses je l’espère d’un véritable courant pour créer du lien entre les gens, les lieux, les différences, surtout les différences. La parole doit franchir les murs, tous les murs et combattre l’exclusion. La parole poétique a les outils pour le faire.  La parole mais des actes aussi, pour que le sens prenne corps. Je vous invite partout à faire de même, à nourrir vos rêves et oser la rencontre avec l’autre.
Après avril, vient mai et quarante ans après celui de 68 se retrouve à l’honneur ou au pilori, selon le « camp » qui est le nôtre mais je ne parlerai pas de ce que je n’ai pas vécu, je préfère regarder devant et espérer que mai 2008 sonne le réveil des consciences, dans tous les domaines et dans tous les camps.
C.G.
 
 
 
L’urgence c’est aujourd’hui et maintenant. Et elle demande notre appétit, notre vie, notre essor mental. L’important est d’œuvrer
par le commencement : l’hominisation de l’espèce humaine
et non la robotisation de l’animal humain.

(…)
L’utopie ne signifie pas l’irréalisable, mais l’irréalisé. L’utopie d’hier peut devenir la réalité, la pratique de demain.
 
Théodore Monod
In Le chercheur d’absolu
 
 

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AU MENU
 
 
Délit etcétéra : textes courts de Thomas Vinau (Vaucluse)
 
Hommage à Jacek Kaczmarski (Pologne)
 
Délit de poésie : Muriel Carupt (Rhône), Cathy Garcia (Lot)
 
Délit gluant : L’intrus de Joaquim Hock (Belgique)
 
…lui-même
Grand illustrateur attitré
de cette revue
http://homeusers.brutele.be/joaquimhock


 
 
Le tout relevé de quelques « Délits d’(in)citations » qui facilitent la digestion.
Vous trouverez le bulletin de complicité au fond en sortant.
 
Bon appétit !
 
 

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Ne parle pas du sens si tu n'allumes au soir
une lampe dans la montagne.

Frédéric Ohlen
 


 
 

07/01/2008

NUMERO 27

Janvier 2008 

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Un bon vœu
En ce passage à la nouvelle année, mes vœux n’ont pas coulé de source…
Quelque chose coince. Chaque année on se répète les mêmes choses et souvent même, le cœur y est. Pourtant quelque chose cloche, quelque chose manque. Peut-être le temps de réfléchir au pourquoi de nos comportements, habitudes, formules, croyances...
Pourquoi souhaiter tellement de bien aux autres seulement le 31/12 à minuit ?
Pourquoi se souhaiter une bonne santé alors que nous offrons des portables, des chocolats aux ogm, des aliments irradiés et gorgés de pesticides, des jouets en plastique et des parfums toxiques ?
La conscience est à la mode, on n’a jamais autant parlé écologie, éthique, ravages de la surconsommation, mais nous avons oublié ceux qui en parlaient déjà dans les années 40, 50, 60, 70. Et ceux et celles qui n’ont cessé d’alerter, de prévenir, de se mobiliser pour lutter sur tous les terrains quitte à passer pour des illuminés, qui y ont laissé leur énergie, leur raison, leur vie à force de gueuler dans les déserts…
Au début du XIXe siècle les luddites, en Angleterre, brisaient les machines… Thoreau en 1849 publiait la Désobéissance civile… Ils font aujourd’hui figure de visionnaires…
Alors ce que je souhaite pour 2008, c’est d’avoir, de garder ou de retrouver le bon sens, car avec ça et avec ça seulement nous pouvons espérer que le reste de nos vœux se réaliseront.
Le vœu de bon sens est de plus un vœu recyclable que l’on peut ressortir à chaque nouvelle année. Il n’est pas près d’être obsolète. Bien sûr, il s’agit aussi de comprendre ce qu’est réellement le bon sens car souvent il n’est pas là où l’on pense… Le bon sens est ce qui profite à tous et non seulement à quelques-uns…
Il nous faut observer, écouter, sentir avec notre cœur et réfléchir avec notre propre cervelle, et pour ce faire il faut prendre le temps. La vitesse est peu propice à la sagesse.
Le vrai slogan aurait du être : travailler moins pour songer plus.
 
Une bonne résolution
Nouveaux Délits, en cette nouvelle année, a donc décidé de prendre le temps de la réflexion, de la qualité plutôt que de la quantité. C’est pourquoi à partir de ce numéro la revue devient trimestrielle. Le n°28 sortira donc en avril, le 29 en juillet et ainsi de suite.
Cela fait un moment que je j’y songe, mais aujourd’hui ce changement s’avère vraiment nécessaire, pour continuer à y trouver le même plaisir. Plaisir sans lequel faire n’aurait justement aucun sens.
Pour les abonnés, votre abonnement donc va s’étirer et vous laisser le temps de savourer chaque numéro. Que ceux d’entre vous qui appréciaient le rythme actuel ne soient pas trop déçus, je vous offre un peu de temps pour autre chose. Pour prendre soin de votre bon sens.
Que l’amour vous aime !

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AU SOMMAIRE :


Délit de poésie :
 
Emmanuelle K (Eure) donne le vertige de l’écart, quand l’obéissance est devenue impossible
Michèle Marie Petit (Saône et Loire) offre un bouquet de haïkus du dedans
Cathy Garcia présente quelques Ombromanie(s)
 
Délit cash : textes courts d’Alexis Alvarez Barbosa (Belgique)
 
Cash délit : courts textes d’Eric Dejaeger (Belgique)
 
Et un Délit d’(in)citation, un !
Le port du bulletin de complicité est obligatoire.
 
 

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Joaquim Hock
Grand Illustrateur Attitré 
http://homeusers.brutele.be/joaquimhock


 
 
 
Pour bâtir haut, il faut creuser profond
Proverbe mongol

 
 
 
 

02/11/2007

NUMERO 26

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Novembre le retour.
J’ai déjà parlé de la Samain oubliée au profit de sa cousine impériale Halloween, des chrysanthèmes et des citrouilles, j’ai déjà parlé de l’automne et de la transmutation, je n’ai rien dit de la chasse qui me fâche et je pourrais aujourd’hui vous parler de truffes ou d’humanitaire, de sexe ou de joyeuse et française dictature. A vrai dire, j’ai juste envie de silence, d’un verre de vin, d’un feu...
Le repli derrière la barricade solitaire* puisque tout a été trop dit, trop fait, raz de marée de bêtise…
Juste vous laisser lire ces pages, tranquillement. Vous remercier pour ça, pour cette attention, ce partage, cette curiosité qui garde en éveil. 
Les mots tressent des réseaux, connectent des consciences, éveillent des sentiments communs.
Les mots tentent l’impossible alors que souvent un simple geste y suffit.
Que cette revue soit un peu comme ma main posée sur votre épaule.
C.G.
 
 
* Luis Sepulveda in La Folie de Pinochet
 
 
 
J’écris pour me taire s’il vous plait taisez vous
stop, écoutez, plus de paroles, plus de textes,
des yeux, des mains, un corps,
un arbre, s’il vous plait,
le son de la feuille qui tombe

Marie-Paule Blein
in Tissages mouvants
 


 
 
AU SOMMAIRE
 
 
Délit de poésie : Yusuf Kadel (Île Maurice), Pascal Perrot (Paris)
 
Délit de vagabondage : Déambulations : Cette incessante conjugaison du monde de Patrick Joquel (Alpes-Maritimes)
 
Délit d’autopromotion : présentation de Salines, nouveau recueil de Cathy Garcia (Lot).
 
Sans oublier le Délit d’(in)citation tombé sur les pages comme feuilles d’automne pour faire un bon compost où pousseront d’autres pensées (penser est subversif enfin, on vous l’a assez insidieusement suggéré !).
 
Bulletin de complicité en fin de numéro, dont la subversivité n’est plus à démontrer.
 
 
Joaquim Hock joaquimhock@brutele.be
Grand Illustrateur Attitré 
http://homeusers.brutele.be/joaquimhock

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Je connais lucidement et sans arrière-pensée les frontières de la communication et de l'harmonie entre moi et les autres hommes. J'ai perdu ainsi de la naïveté ou de l'innocence mais j'ai gagné mon indépendance. Je ne fonde plus une opinion, une habitude ou un jugement sur autrui. J'ai expérimenté l'homme. Il est inconsistant.
Albert Einstein
in Comment je vois le monde

01/09/2007

Numéro 25 - Septembre 2007

 

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Merci le progrès !
 
mes démons de 40 kms attaquent d’autant que parce que bacon au tapis
un point de plus d’un gène absolument pas diffèrent
deux j’écris
écoute ceci êtes le texte
ceci est le texte que je tente d’écrire avec elle
logiciel de reconnaissance à vocale pas facile
de faire un édito de cette façon
mais le hasard du mérite clair
est bien en les choses parfois
sur la donne un pas résolu
parole de lune presque pourrait de la poésie libre
comprenait quelque chose crachés
sachez bien que vous êtes
fou complètement fou
au jeune en dirais pas plus pour aujourd'hui
et je crois que c'en est pas fait
en trait breton ni aurait adoré cela
il se trouve que l'esprit surréaliste 11-court N un des pattes
pas un seul ou à zéro
deux mauvais optèrent contre est que tout R dans un maire
deux n'importe quoi…
 
Sinon avez-vous ramassé des cailloux, des bouts de bois, des coquillages, des chiens cet été ?
C.G
 
 
 
Le coquillage a traversé
Des millénaires
Pour jaser à ton oreille
Il connaît la source
D’où jaillissent les étoiles
Béatrice Gaudy
in Fossile
 
 
 
AU SOMMAIRE
 
 
Mes complices du Délit de poésie :
 
Ø Keltoum Staali (Bouches-du-Rhône) qui, entre autre, rend hommage au poète algérien Jamel Eddine Bencheikh
 
Ø Sylvie Durbec (Bouches-du-Rhône) nous invite à une déambulation dans l’intimité de quatorze Stanze/Pièces/Stances
 
Ø Tang Loaec (Chine) entre l’ange et la folie, un soupçon d’érotisme.
 
Ø Jacques Houssay (Paris), extrait du recueil à paraître Inside Out
 
Délit translucide : Jean-Marc La Frenière (Québec) promène ses pattes de mouches sous le décor et dans la tasse des hommes .
 
 
 
Joaquim Hock joaquimhock@brutele.be Grand Illustrateur Attitré  http://homeusers.brutele.be/joaquimhock

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Il n'y a pas le pouvoir, il y a l'abus de pouvoir, rien d'autre.
Henry Millon de Montherlant
 

02/07/2007

Numéro 24 - Juillet 2007

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La poésie est vivante !
Rouge comme le sang qui pulse au plus profond des forêts de l’âme.
Noire comme une terre féconde, une pépite d’ombre.
Rouge, noire, la poésie est libre, liber-terre.
La poésie est libératrice, elle fait sauter verrous, bâillons, cloisons, entraves.
La poésie prend la couleur du temps pour en faire un chant multicolore, multiple et multipliable à l’infini des nuances.
La poésie vous enlace et vous relie.
La poésie est vivante, son courant abreuve les soifs essentielles, sa caresse réveille l’être qui sommeille dans le zombie.
La poésie est vivante et sa morsure enivrante.
Sa chair douce, chaude est le pain du rêve.
La poésie est fragile mais le moindre de ses fragments capte et renvoie la lumière.
La poésie est une eau qui s’insinue dans les fissures, dans la plus petite de vos failles, une eau ardente qui dissout masques et mensonges.
La poésie est vivante et balaie d’un seul revers slogans, calculs, statistiques.
La poésie est immense, monstrueuse, incroyable, incommensurablement puissante. Elle vous arrache les tripes, vous broie et vous régénère.
La poésie, vous n’imaginez même pas !
Elle est en marche, la poésie est vivante ! 
C.G.
 
 
 
qui est vivant ? qui est mort ?
les fantômes dansent pour la dernière fois, je les regarde
de ma salle d'attente futuriste
et je me souvient d'une phrase de MR COCTEAU
les poètes se souviennent de l'avenir
Sébastian D., 2005!
 
 
 
AU SOMMAIRE
 
"Djamel Mazouz" le cocuou en flagrant délit de vol…  l’auteur de deux des quatre textes publiés dans ce numéro est donc en réalité Nicolas Franck. Ne connaissant pas l’auteur des deux autres poèmes, Immigré, mon frère et Une gare la nuit, je les supprime de la présente ré-impression et je les remplace par Lettre ouverte à mon plagiaire de Nicolas Franck…

Délit de poésie :
 

Θ Tristan Cabral (Hérault), d’un recueil à paraître : Les Morts m’ont tout appris, NRF 2007.
 
Θ Christian Saint-Paul (Hte-Garonne), de L’enrôleuse - Encres Vives n° 335
 
Θ André Chenet (Alpes Maritimes), d’un recueil à paraître : Les replis de l’écrit.
 
Θ Sénamé Koffi Agbodjinou (Paris), du recueil inédit Marée noire… suivi de Afin que nul ne meure.
 
 
Délit mobile : Cathy Garcia (Lot), de Bangkok à Varsovie, un nouvel extrait des Calepins voyageurs – Journal intime en tournée 1997-2002.
 
 
Le tout agrémenté d’un Délit d’(in)citations en pluie pour baigner vos neurones. Bulletin de complicité toujours en fin de numéro, libre de droits.
Attention l’adresse postale a changé.

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Joaquim Hock joaquimhock@brutele.be

Grand Illustrateur Attitré 
http://homeusers.brutele.be/joaquimhock

 

 
A la richesse appartient la graisse
à oindre les testicules

Proverbe Toucouleur, Sénégal

07/05/2007

NUMERO 23 - Mai 2007

En mai chacun vote ce qui lui plaît…
En mai, la moitié de la France s’est une fois de plus fait embobiner. Faudra pas venir pleurer ensuite. J’avais décidé d’attendre le second tour de manège pour écrire cet édito alors voilà, je suis consternée mais pas étonnée.
Peuple qui bêle nourri de propagande télévisée, de bouffe industrielle, de gadgets et de rêves pré-digérés. Peuple vieillissant dans la peur de l’Autre, peuple qui veut dévorer en toute tranquillité des acquis empruntés aux générations à venir, peuple drogué aux antidépresseurs, aux pilules à dormir, pilules à bander, pilules à vivre. Peuple crédule et imbécile, toujours avide de croire au père noël, au gentil père fouettard, dont la France a besoin, car le peuple ne mûrit pas à l’ombre des panneaux publicitaires.
Le peuple veut avaler des couleuvres toujours plus et encore pourvu que l’arôme leur soit doux au palais. Peuple molletonné dans ses angoisses sans jamais en comprendre les racines. Peuple qui n’a jamais su tirer des leçons de son Histoire et qui préfère ne pas voir certains détails plus que gênants dans le parcours d’un homme sous prétexte qu’il a dit qu’il avait changé. Puisqu’il vous le dit ! 
Alors nous n’avons plus qu’à attendre maintenant la suite du spectacle…
Du travail et des jeux pour le peuple ! Il ne manquera pas d’individus génétiquement qualifiés pour nourrir les fauves et la vindicte populaire dans l’arène minable de ce pays.
Nous n’avons plus qu’à attendre que le petit Nicolas sorte le plein emploi de sa mallette de technocrate. en le tenant fermement par les oreilles pendant que nous chanterons avec son copain Lagardère, l’hymne pour la paix  de Mireille Matthieu. C’est vrai qu’on sent bien là l’espoir, le renouveau et une seconde jeunesse pour notre beau pays grisonnant.
Quant aux jeunes, les autres, qu’ils se dépêchent de prouver leur mérite et leur capacité à obéir, sous peine d’être génétiquement considérés comme inutiles et nuisibles !
Vive la République, vive la France !

CG


Aux hommes et aux peuples, il suffit de faire avaler des couleuvres pour qu'ils chient des vipères.
Raoul Vaneigem
in Pour l'abolition de la société marchande pour une société vivante
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AU SOMMAIRE


Délit de poésie : AbdelMadjid Kaouah (Hte Garonne) et Serge Bouzouki (Lot).

Délit inédit de Michel Host (Paris) qui nous offre à goûter un hiver absolu cuvée 72 et quelques nouvelles-express d’un recueil à venir.

Délit d’auto-édition : Cathy Garcia (Lot) présente Les années chiennes, série auto-digestion, un recueil tout frais de vieux poèmes (1989-1997).

Délit étrange de méduses, de Mexique et de ronces par Philippe Pilato (Alpes Maritimes).

Délit à vif : Fonctions vitales de Anne Jullien (Finistère) plus quelques fragments de chair.
 
…Et encore dans ce numéro un délit d’(in)citations à croquer et le Bulletin de complicité à semer à la volée, partout même sous les lits…



Joaquim Hock
Grand Illustrateur Attitré 
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 Un état totalitaire vraiment "efficient" serait celui dans lequel le tout-puissant comité exécutif des chefs politiques et leur armée de directeurs auraient la haute main sur une population d'esclaves qu'il serait inutile de contraindre, parce qu'ils auraient l'amour de leur servitude.
Aldous Huxley


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La revue Nouveaux Délits reste ouverte de pages et d’esprit
et ne s’expatriera pas, mais envisage de se proclamer
république poétique autonome.



contact : revuenouveauxdelits chez orange point fr

 

05/03/2007

NUMERO 22

Mars 2007

NUMERO 22


Edito planning
Ce mois de mars 2007 marque une première dans l’existence de la revue qui aura 4 ans cette année, comme ma fille. En effet Nouveaux délits est l’invitée des associations Thot’M pour un Café littéraire, le 16 mars à Tarbes et Zygo, dans le cadre du Festival de Poésie Partagée, du 24 au 28 à la Ciotat. La voilà donc qui pointe son nez hors les murs, pour s’aventurer dans le monde e-x-t-é-r-i-e-u-r.
Venez nous rencontrer si vous passez par là. Sait-on jamais !
Je remercie de tout cœur ces deux associations d’oser présenter cette toute petite revue qui de plus, n’a pas vocation de plaire, mais plutôt de titiller, bousculer le sommeil ambiant, y compris celui des poètes… qui de marchés en salons, en oublient parfois de sentir les remous qui s’emparent de la poésie.
Poésie comme parole qui témoigne. Poésie qui dégouline sur les murs, une éponge trop pleine entre deux poings trop serrés. Poésie qui se fait son, souffle, cri.
Je remercie aussi tous ceux et celles, auteurs, illustrateurs, abonnés, lecteurs, échangeurs, tous ceux et celles qui curieux de la vie, de l’Autre, ont apporté leur étincelle à cette revue-miroir à multiples reflets. Sans vous, rien ne serait.
Et j’espère continuer longtemps encore à partager, échanger, diffuser des nouveaux délits.
Il n’y a pas plus subjectif qu’une revue menée par une seule personne mais c’est ce qui lui donne sans doute sa particularité. Tous les auteurs publiés ont pour premier point commun de m’avoir troublée, titillée, bousculée d’une façon ou d’une autre.
Et parce qu’il faut beaucoup de particularités pour faire un monde fertile, j’encourage vivement chacune et chacun à profiter du printemps pour se lancer dans le semis de revues et la diffusion sporadique de la parole-témoin par tous les moyens possibles.
C.G.



Parole de pierre
Parole d’épine
Parole de fleuve
Parole de lion
Frappe-moi ça tam-tam
Jean-Marie Adiaffi
in D’éclairs et de foudres

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AU SOMMAIRE


Délit sauvage : Nina Louve  (Québec), en liberté.

Délit du Fou : quelques songeries inédites de Werner Lambersy (Paris).

Mes complices du Délit de poésie : Frédéric Ganga (Var) et Diane Meunier (Dordogne).

Délit en boite :  Les petits pois rouges de Patrick Evrard (Lot), extraits de poésie en conserve .

Et toujours le Délit d’(in)citations pour ceux qui n’aiment pas lire et le Bulletin de complicité dont la diffusion sporadique est fortement autorisée.


Joaquim Hock joaquimhock@brutele.be
Grand Illustrateur Attitré de Nouveaux Délits
http://homeusers.brutele.be/joaquimhock


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Mais qu'est-ce qu'un révolté, Monsieur ?
Quand un homme est broyé et qu'il se tait,
c'est un individu normal.
S'il proteste et réclame son droit,
c'est un révolutionnaire !
René Char
in Le soleil des eaux



Nouveaux Délits est ouverte à tous les courants d’air, d’idées, envies, propositions. 
Pour l’instant… alors profitez-en. Le prochain numéro sera peut-être interdit !

31/12/2006

Numéro 21

divisez en dansant le claquement des fouets (Paul Eluard)


Dans un numéro de janvier, il est de mise de présenter ses vœux, les meilleurs de préférence.
Je vous souhaite donc à toutes et à tous une merveilleuse année 2007 pleine de jours et de nuits.
Une année 2007 remplie de petits matins volés et de joyeuses heures apéritives, une année gorgée de sourires, de chaudes poignées de mains, de baisers, de câlins.
Une année 2007 pleine de regards aimant, de mains tendues, de mains levées aussi…
Pour dire stop ! Suffit la logique marchande qui voudrait nous séduire pour toujours mieux nous réduire. Je sais je me répète, mais si c’était si évident que ça…
Une année 2007 où les nantis remettent en circulation toute l’énergie qu’ils ont amassée, pour que les caillots bancaires cessent de faire crever bien plus d’un tiers du monde.
Une année 2007 où les fachos fondent au soleil comme neige sale, où les manipulateurs en tout genre ne trouvent plus aucun pantin au bout de leurs ficelles.
Une année 2007 où le mot justice signifie justice pour tous.
Y’a du boulot ! Chaque nouvelle année qui passe nous met face à des choix essentiels. Chacun d’entre nous, individu unique, est en devoir et en droit d’assumer son originalité propre, d’en tirer le meilleur et de l’apporter au monde comme une richesse ajoutée à d’autres innombrables richesses, absolument non quantifiables, non industrialisables, non marchandisables.
Oh oui, je pourrais vous souhaiter tant et tant de choses, mais à vrai dire tout ça est pur égoïsme, car en réalité tout ce que je vous souhaite, c’est pour moi que je le souhaite.
Pour moi et mon enfant, et les enfants de mon enfant, et les enfant des enfants de nos enfants…
CG
 
 
 

L'abondance ne peut durer que si des groupes toujours plus larges sont appelés à la partager,
car c'est seulement alors que le mouvement peut se poursuivre sans se muer en son opposé.
Hexagramme Fong
in Yi-king, Le Livre des Transformations
 ***
AU SOMMAIRE
 
 
Mes complices du Délit de poésie :

Pierre Colin (Hte Pyrénées), Trouble en moyenne parole ;
Daniel Leduc (Val d’Oise), Quelques traces dans le vent ;
Jacques Zabor (Paris), un extrait de Clap de fin plus La canopée
Christian Erwin Andersen (Belgique), des extraits de Bris de verre, nouveau recueil à paraître
 
Délit alimentaire à la sauce Marlène Tissot (Drôme)

Illustratrice Invitée :
Corinne Pluchart (Seine et Marne)
corinne.pluchart@free.fr

 
 
 
 
- Je vous apporte mes vœux.
- Merci. Je tâcherai d'en faire quelque chose.
Jules Renard
in Journal (28 janvier 1901)
 

03/11/2006

NUMERO 20

Novembre 2006
L’édito n’est pas une réponse.
Juste une question :
comment sortir de l’impasse autrement que broyés menus en petites barquettes ?
Nous les sinistrés du sens, téléphones portables dotés de roues parfois motrices, un caddie à la place du ventre et des doigts extra-plats à débit différé.
Nous, la chair à statistiques,  fournisseurs crétinisés d’audimat, ressources humanoïdes à profils bas pour des profits toujours plus gros, travailleurs qui ne savent plus pourquoi, chômeurs qui savent…
L’édito n’est pas une réponse.
Juste une question :
accepterons-nous enfin cette aide humanitaire que nous offre depuis des siècles quelques peuples pas encore tout à fait disparus ?
Peuples gardiens de savoirs immémoriaux  grâce auxquels nous pourrions peut-être sauver ce qu’il reste de nous-mêmes. La petite part encore humaine.
 
 

Les jours sont nombreux
mais ils sont contrariés par un seul.
Proverbe vakaranga, Zimbabwe
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AU SOMMAIRE
 
Mes complices du Délit de poésie : Philémon Le Guyader (sur la route) avec des fragments de Novembre à Prague et Cafés de la pleine lune, Roland Nadaus (Yvelines), Jay Black (Canada) et Serge Grah (Côte d’Ivoire) en quatrième de couverture.
 
Délit de vanité : Ludovic Kaspar (Yvelines) sous toutes ses dé-coutures
 
Vous pouvez encore abuser sans modération du Délit d’(in)citations et du Bulletin de complicité, les effets secondaires n’en seront toujours que meilleurs,  vous aimez les girafes ?
 
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Joaquim Hock
joaquimhock@brutele.be
Grand Illustrateur Attitré de Nouveaux Délits
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La forme la plus élevée de la vie animale est la girafe.
Jean-Charles
In paroles d'élèves La Foire aux cancres

Nouveaux Délits est encore ouvert à tous courants d’air, d’idées, envies, propositions.  Jusqu’aux prochaines présidentielles… alors profitez-en.

16:25 Publié dans ÉDITOS & SOMMAIRES | Lien permanent

17/09/2006

NUMERO 19

Septembre 2006
La lumière décline, l’énergie entame son lent retour vers les racines
Et je songe aux miennes qui sont européennes, Espagne, Angleterre, catholiques, protestantes. Mes racines… Des conquistadors, des envahisseurs, des colons, des esclavagistes, des exploiteurs, des pilleurs, des violeurs, des assassins…
Mes racines sont gorgées de sang avec lequel s’est bâti un empire.
Des fleuves de sang versé qui ont infiltré mes cellules, et je suis née comme ça, hantée par les cris, les pleurs, la rage et le désespoir de tous ces peuples, hommes, femmes et enfants humiliés, décimés, réduits à néant. Je porte ce poids, ce sang lourd d’injustices non réparées et je tente d’y puiser un peu de cette dignité dont nous avons perdu le souvenir.
Mes racines sont gorgées de sang avec lequel s’est bâti un empire pour néo-humains sous plastique, élevés en batteries sophistiquées et non dénuées de confort, il faut le dire.
Je ne porte pas de culpabilité. Je ne veux pas payer pour des crimes que je n’ai pas commis de mes mains, mais j’aurais terriblement honte si je cautionnais par mon silence et mon indifférence ce qui perpétue ces horreurs encore et encore, quels que soient les noms sous lesquels on les dissimule.
Mes racines sont gorgées de sang avec lequel s’est bâti un empire.
Un empire arrogant, plein de mépris, imbu de son pouvoir temporel, si illusoire en vérité face à l’immensité de notre ignorance. Un empire menteur, cupide, violent, barbare, sans respect, sans aucune grandeur.
Mais cela avait été dit, ce sang reviendrait hanter l’esprit des enfants, petits-enfants, petits-petits-enfants des assassins et aujourd’hui la tribu des opprimés ne cesse de croître mais l’énergie humaine n’a pas dit son dernier mot.
Une énergie spirituelle, une poésie dont le savoir s’est perdu dans les ténèbres de l’Histoire.
Son souffle baigne nos cellules en permanence. Cette énergie comme une vague vient régulièrement se briser sur les récifs mais ne meurt jamais… La roue tourne, soyez attentifs.
CG
Indifférence aux masses de vivants sacrifiés ; quelques minutes d'émotion, toutefois, lorsque la télévision diffuse
deux ou trois images de ces dérélictions, de ces tortures, et que nous nous grisons discrètement de nos indignations magnanimes, de la générosité de nos émotions, de nos serrements de cœur sous-tendus par la satisfaction,
plus discrète encore, de n'être que des spectateurs – mais dominants.

Viviane Forrester
in  L'horreur économique
 
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AU SOMMAIRE

Mes complices du Délit de poésie : Pascal Perrot (Paris), Denis Heudré (Ille et Vilaine), Alexandre L. Amprimoz (Canada),  Farid Chettouh (Algérie), plus invité spécial, Mohamed  Ksibet (Syrie), en quatrième de couverture.
Délit piquant : un concentré des Pensées d’un ortieculteur et du Lexique d’anthropoclastie de Éric Dejaeger (Belgique).
Délit d’immersion : des extraits de Trente oiseaux face au soleil (voyages) de Gilles Lanneau (Cantal).
Vous pouvez abuser sans modération du Délit d’(in)citations et du Bulletin de complicité, les effets secondaires n’en seront que meilleurs.
 
et le retour de
Joaquim Hock
 
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joaquimhock@brutele.be
Grand Illustrateur Attitré de Nouveaux Délits
Autrefois, le chemineau faisait horreur ;
le saltimbanque était méprisé :
Les sédentaires se jugeaient supérieurs aux errants.
Aujourd'hui, l'homme immobile regarde l'homme bolide écraser sa volaille
et disparaître dans une poussière de gloire.

François Mauriac
in La Province, 1964

NUMERO 18

Juillet 2006
De licence à licencieux, d’abandon à délinquance…
Le mot licence  vient du latin, licere, licetus, signifiant « être permis » mais aussi « être mis aux enchères, être évalué à »… Il serait sans doute très intéressant de connaître le rapport entre  licencia « permission » et licitatio « enchère »…
Au XIIe s., le mot loisir, qui vient aussi du latin licere, est un verbe qui signifie « être permis ».
Société des loisirs, société du tout permis ?
Au XIIe s., licence est un mot savant, qui signifie « liberté », au XVème, il devient « liberté excessive » et un siècle plus tard, apparaît licencieux, dérivé de licentiosus, « déréglé ». En même temps, la licence devient un titre universitaire, licentia docendi, un permis d’enseigner. Et puis arrive la licence fiscale au XIXème, avec les bienfaits de la révolution industrielle et des colonies… Pour l’argent, avec l’argent, tout est permis. Sans aucun doute.
Et les licenciements alors ? Des permis aussi ? Mais permis de quoi et permis pour qui ? 
Quel rapport entre un licencié économique et un licencié en économie ?
Lequel des deux est licetus, « mis aux enchères » ?
Saviez-vous que délinquant a la même origine que relique, avec cette racine indo-européenne, leik, « laisser » ? En grec, leipen d’où ekleipen, « laisser en dehors, abandonner » et en latin, linquere, lictus, d’où delinquere, « faire défaut » et puis surtout « faillir, être en faute ».
Son participe présent delinquens, a donné délinquant au XVIe s.
La délinquance, elle, est née au XXème, mais est-il besoin d’étymologuer pour comprendre que l’exclusion mène à la délinquance ?
Le licencieux ne serait-il pas un excès, un dérèglement de la liberté de quelques-uns au dépend de tous les autres ?… Lorsque liberté et responsabilité ne marchent plus de pair ?
Imaginons que nous donnions à une poignée de très jeunes enfants la liberté de faire constamment tout ce qu’ils veulent. Imaginons que ces enfants là soient des chefs, d’entreprise, de banque, de partis, d’Etat… L’élite. Des enfants gâtés de trois ans, surdoués peut-être, nés du « bon » côté, c’est certain, et auxquels n’a été fixée aucune limite.
Et puis imaginons, la multitude d’enfants laissés en dehors, abandonnés… qui ne vivent que de limites, sur la limite fixée par la conduite irresponsable de la dite élite…
Et moi je vous demande, où sont passés les Anciens dans nos sociétés infantiles ?
C.G.
La moitié des brésiliens ne dorment pas parce qu’ils ont faim.
L’autre moitié ne dort pas non plus, parce qu’elle a peur de ceux qui ont faim

Jose de Castro
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AU SOMMAIRE

Mes complices du Délit de poésie : Claudia Ainchil (Argentine), Eric Gilberh (Paris), Nicolas Gille (Yvelines)
Délit cash : quelques Versets de chair et Papiers de fortune avec une comptine en prime de Anne Archet (Québec)
Délit de sang : La fête et La brebis galeuse de Rubén García García (Mexique)
Délit froid dans le dos : Aire de repos et Des inconnus de Daniel Teulade (Lot)

Illustratrice invitée :
Anaïs Aillet (Lot)
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Le jour de mon arrivée à Potosi, sur le toit bolivien,
je me doutais un peu que ce lieu dissimulait une pauvreté humiliante. Ce fut toutefois au sortir de la mine que je sus
que l’endroit était le véritable nombril de la misère humaine.
J’étais arrivé en simple voyageur. Ce que j’y ai vu suffirait à faire
de tout être normal un révolutionnaire.
Paul Ohl
in Soleil noir

 

NUMERO 17

Mai 2006
®évolution des mœurs…
Le silence est d’or dit-on et le mois de mai ne serait-il pas polisson ?
Il m’arrive de penser que rien n’est plus subversif que le printemps, quand la nature entière ne pense plus qu’à une seule et même chose… Et tous les maîtres du monde auront beau faire, podran cortar todas las flores pero… no detendran la primavera.
Certes il s’agit avant tout de la perpétuation des espèces, mais pas seulement…
Il s’agit aussi de la beauté. La Beauté du vivant. Des couleurs, des courbes, des jeux d’ombre et de lumière, du mouvement.  La danse.
La danse a toujours eu affaire avec le sexe et c’est pourquoi il est bon de danser pour apprécier l’amour dans son expression la plus printanière.
Le mois de mai ravive les sens, et « plus on fait l’amour plus on a envie de faire la révolution, plus on fait la révolution, plus on a envie de faire l’amour »… C’est du moins ce qui se disait en 68 mais les soixante-huitards après avoir bien rigolé… bref passons ! 
Se réapproprier nos corps, nos sexes me semble aujourd’hui plus que nécessaire pour se réapproprier de même notre savoir-penser, notre libre-imaginaire.
Intégrismes, extrémismes, prêcheurs et moralistes de tous bords nous parasitent le mental et la chair. Puritains et pornographes ont la même volonté de manipulation, de contrôle, de profit.  Alors mesdames, messieurs, osez donc votre propre plaisir !
Le vôtre et pas celui des voisins ! Ce plaisir unique qui vous appartient et qui n’est ni bien, ni mal, seulement une expression vitale, belle et éclatante parce que libre et sincère.
Faites-vous du bien, et vous en donnerez aux autres. Respectez vos propres rituels, acceptez vos différences, et vous saurez respecter  les autres, accepter jusqu’à la nécessaire étrangeté de leurs exutoires. Et je pense surtout à nous les femmes, car il serait sans doute temps d’aller puiser à la source, la source vive qui est en nous.
Temps d’aller enfin courir avec les loups mes sœurs…
C.G.

Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? - Pas toujours, mais qu'importe ?
- Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encore.

Jean de La Fontaine
in Le Loup et le Chien
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AU SOMMAIRE
Délit de poésie : Tamara-Amaranta (Paris), Glenn W. Cooper (Australie), Christian Erwin Andersen (Belgique) et Frédéric Pouchol (Paris).
Délit roulant : qu’est ce qui divague de la Sicile à la Côte Vermeille, en passant par la Pologne ? les Calepins Voyageurs de Cathy Garcia (Lot).
Délit del mudo :  contes et silence de Máximo Ramón Chaparro Scetti (Argentine).
Délit d’(in)citations pour les uns, bulletin de complicité pour tous.
Illustrateur invité :
Serge Dubois (Lorient)
s.oazar@wanadoo.fr
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Si vous voulez cacher quelque chose aux peuples, inculquez-leur une façon de penser qui soit la plus éloignée possible de ce qui se passe vraiment afin que, si la vérité est révélée au grand jour, elle paraisse bien trop ridicule et fantastique pour que la majorité l'accepte. Et en effet, si vous faites suffisamment bien votre travail, les gens vont tourner la vérité en dérision, dire que c'est de la folie, et ridiculiser quiconque essayera de la promouvoir.
David Icke


 

NUMERO 16

Mars 2006

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Mars attaque !
Et les oiseaux tombent du ciel, les innocents tombent des nues, les soldats tombent pour rien, il y a des gens qui tombent à pique, d’autres sur le carreau, la pluie ne tombe plus, bref, boum ! tout tombe plutôt mal.
Faut-il pour autant baisser les bras, les yeux, le rideau, la tête ?
Au bout de l’extrême pessimisme, est une plage. Une plage tranquille, une plage musicale.
Une plage blanche et qui doit le rester. Non-espace. Non-penser. Non-faire.
La vie libérée de l’espoir.
C’est beau l’espoir mais c’est aussi un diktat qui nous condamne à l’attente de ce qui n’est pas encore et qui pourrait bien ne jamais être.
L’espoir est une épine qui empêche de jouir de la rose présente.
Quand il n’y a plus rien à espérer, alors oui c’est tout ou rien !
L’étincelle de génie ou la balle dans la tête… L’étincelle de l’instant, le génie de la miette.
Tout sommet couve son gouffre mais au bout de l’extrême pessimisme on peut entendre soudain le bruit de la forêt qui pousse plus que celui de l’arbre qui tombe. On peut entendre la musique de nos respirations, le cœur et le sang qui battent et les bruissements de nos rêves couvrent la cacophonie des bombardements médiatico-publicitaires. Nous immunisent contre l’overdose de sons, d’images, d’évènements factices… Cette nausée de la connerie quand elle est servie continuellement et à toutes les sauces.
On peut en rire, en pleurer ou on peut chercher mieux. Trouver le génie de la miette.
Même et surtout au bout de l’extrême pessimisme.

CG





Pour édifier un nouveau monde
Tous les désespoirs sont permis

Daniel Maximin
In L’invention des désirades




AU SOMMAIRE


Délit de poésie : Jean-Michel Platier (Paris), Paull Viktor (Angleterre), Serge Dubois (Morbihan), Duane Niatum (État-Unis)

Délit sur le causse : un nouvel extrait de jardin du causse de Cathy Garcia (Lot)

Délit farouche : Du plomb dans l’aile, Les deniers de Judas et Poivre et sel de Jean-Marc la
Frenière (Québec)

Le délit d’(in)citations ne sert pas qu’à boucher les trous.

Le culletin de bomplicité non plus.


Illustrateur invité de ce numéro:
Serge Dubois (oui, le même que le poète)
s.oazar@wanadoo.fr

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Une seule misère suffit
à condamner une société.
Il suffit qu'un seul homme soit tenu
ou sciemment laissé dans la misère
pour que le pacte civique
tout entier soit nul.
Aussi longtemps qu'il y a un homme dehors,
la porte qui lui est fermée au nez
ferme une cité d'injustice et de haine.
Charles Péguy
(1873-1914)

NUMERO 15

Janvier 2006
Éditose…
Je m’encre et me tâche…
Et pour commencer du bon pied une énième nouvelle année, j’emmerde le monde !
CG

Si des personnes se sont senties mal, ont été choquées, ont la grippe ferroviaire, sont maniaco-dépressives, ont gagné au loto alors qu’ils n’y jouent pas, ont pris du poids suite à cette morsure de rat caille du Quercy, qu’elles veuillent bien faire avancer la science en répondant au sondage ci-dessous :
J’ai pris cet édito  (coche la bonne réponse) :
0   au 1er degré
0  autre degré
0  ou de force
0  j’ai pas compris la question
0  ni l’édito
0 je vais porter plainte
0 je vais planter une porte
0 c’est quoi ces conneries ?
0 abonnez-moi vite
0 on boit un verre ?
0  autre
* question accessoire  : les rats cailles pondent-ils des vœux ?
0 oui
0 non
0  je m’abstentionne un moment
* les 100 premières réponses seront numérotées
 Quant à ces féroces soldats,
 je le dis, ce n'est pas pour cafter,
mais y font rien qu'à mugir dans nos campagnes.
Pierre Desproges
AU SOMMAIRE
Mes complices du délit de poésie : Bruno Toméra (Saône et Loire), justin.barrett (États-Unis)
Délit fragile : Les moments de Liette de Juliette Clochelune (Essonne)
Délits séditieux : d’Au bonheur des dagues –Farrago- de Pierre Tréfois (Belgique)
Délit d’opinion :  Coup de gueule de Jean Gédéon (Val de Marne)
Délit en ZEP : Siam de Walter Rulhmann (Sarthe)
et
Illustrateurs dépanneurs de ce numéro
Patrick Evrard (dessins)
Cathy Garcia (collages et autre)
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Notre père le Dollar,
Que votre cours soit respecté,
Que votre règne dure.
Donnez-nous aujourd'hui notre vision du jour,
Effacez nos crédits comme nous le réclamons à tous nos débiteurs,
Et délivrez-nous des pauvres.
Amen.

Eric-Emmanuel Schmitt
In Golden Joe

NUMERO 14

Novembre 2005
Ça y est les arbres prennent feu… un magnifique été indien qui fait oublier que l’hiver approche à pas d’ours… 
Je ne sais pas vous mais je sens qu’il va falloir faire des choses cet hiver… des choses que l’on a vraiment envie de faire, pas seulement celles que l’on « doit » faire.
Créer des espaces un peu fous d’auto étonnement. 
Se faire plaisir est une façon positive de contribuer au monde, faire obstacle à l’immonde...
Le plaisir ! L’art d’en prendre et d’en donner. Pas de ces simulacres creux et consommables, ce malaxage de frustrations, non , je parle du plaisir plein, éminemment subversif !
Ni but, ni récompense ou compensation, mais juste une façon de faire. D’être.
Se lever, se coucher, s’occuper, de soi et des autres, travailler, manger, discuter, respirer, aimer, baiser avec plaisir. Avec joie. Une vaste et inconditionnelle joie qui ne tient à rien, pas même à un fil.
Et c’est bien parce que ça me fait immensément plaisir que j’accueille entre ces pages, de plus en plus de voix venues d’ailleurs.
Et tout particulièrement d’un ailleurs qui m’est inexplicablement et très personnellement cher, depuis longtemps… Vagues de paroles de cœur, avec des voix d’ici, des voix de là-bas, des voix humaines pour dire que ça existe encore…l’humanité ! Encore un peu…
C.G.

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Au tout début du temps quand hommes et animaux partageaient la terre un homme, s’il le voulait, pouvait devenir animal. Un animal pouvait devenir homme. Parfois il y avait des hommes, parfois des animaux, mais pas de différence, tous parlaient la même langue. En ce temps les mots étaient magie, l’esprit humain avait des pouvoirs. Un mot prononcé au hasard, pouvait avoir des effets étranges, devenait vivant soudain, et ce que les hommes voulaient arrivait, il suffisait de le dire, personne ne savait la raison, c’était ainsi.
Knud Rasmussen
AU SOMMAIRE

Délit de poésie : Lina Zerón (Mexique), Anita Endrezze (Etats-Unis)
Délit d'errance & d'entrave : Primitifs en position d’entraver de Tieri Briet (Lot)
Délit quotidien :  Le néon, Demain on parlera, Le Café de la Place de Gérard Lacoste (Hte Garonne)
Délit sur calepins : encore un extrait des extraordinaires et passionnantes aventures d’un journal vautré dans un autobus… par Cathy Garcia (Lot)
Délit de fauchage : la lettre ouverte à Monsieur le Préfet du Gers, de Thierry Autefage (Hte Garonne)

Avec en bonus le délit d’(in)citations et en malus le Bulletin de complicité à recopier autant de fois que de feuilles mortes à disséminer dans le vent d’automne.

Joaquim Hock joaquimhock@brutele.be
Grand Illustrateur Attitré de Nouveaux Délits
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Aborigènes n.p. Personnes de moindre importance qui encombrent  les paysages d'un pays nouvellement découvert. Ils cessent rapidement d'encombrer ; ils fertilisent le sol.
Ambrose Bierce
in Le dictionnaire du Diable

NUMERO 13

Septembre 2005

Et si c’était un treize or ?
Bonheur ou malheur ? Treize. Un numéro fétiche, insolite, marginal, erratique.
Arcane du Tarot : la Mort. La mort non comme terminus mais comme aboutissement de cycle. Véritable renouveau ou cauchemar de Sisyphe ?
Qu’importe ! La roue tourne, les saisons passent, les poils blanchissent.
Les certitudes tombent comme les feuilles, d’autres les remplaceront…
Mouvement, rythme, danse de vie ?
Danser donc, encore et encore. S’illuminer.
Se brûler parfois mais surtout demeurer vivant, et comme l’a si joliment écrit Bobin :
ce qui est vivant, c’est ce qui ne se protège pas de sa perte.
Pour ceux d’entre vous qui suivent, cette citation figurait déjà dans le précédent numéro. C’est pour dire si elle me plait…
Alors n’hésitez pas à égarer cet exemplaire de Nouveaux Délits, sur un banc, dans un bar, dans un train, chez vos ami-e-s, vos amant-e-s, où vous voudrez, n’importe où si possible à l’abri de la pluie et sinon tant pis, pourquoi pas sous la pluie ?
Et puis tant que vous y êtes, pourquoi ne pas faire de même pour vous ?
Vous perdre un tout petit peu…
Saluer l’imprévu, l’inattendu, les contre-temps, l’inopiné.
Laisser le présent vous surprendre et vous improviser… Pourquoi pas ?

CG


Le passé est scories, le futur est imaginations. Tout deux forment le cadavre du connu.
Lorsque le présent est vécu dans la dimension du connu, le couvercle du cercueil est déjà refermé.
Le présent est inconnu et mystère, le bambou plie au vent, la rivière coule.

Nan Shan
In Recueil du Tao, Livre de l’Homme




AU SOMMAIRE


Dans ce numéro un hommage spécial à Thierry Metz, l’homme qui penche.

Mes complices du Délit de poésie : Agnès Schnell (Ardennes), Patrice Maltaverne (Meurthe et Moselle), Andrea D’Urso (Italie), Hosho Mc Creesh (Etats-Unis)

Délit d’(in)citations par ci par là toujours et encore, à consommer sans modération

Et le bulletin de complicité avec incitation au délit de spam massif pour les branchés au net, pour les autres n’hésitez pas à le proposer de gré ou fermement à tout ceux que vous connaissez et ne connaissez pas (ce sera une bonne occasion pour vous faire de nouveaux amis ou ennemis, et plus si appétit).

Joaquim Hock joaquimhock@brutele.be

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Grand Illustrateur Attitré de Nouveaux Délits

 

 Quand l'un d'eux a la patience d'écouter une histoire jusqu'à la fin,
c'est qu'il lui faut tout ce temps-là
pour préparer la sienne.
Jules Renard
in Journal (17 novembre 1900)