10.02.2012
Nouveaux Délits N°41 lu par Georges Cathalo
Note parue sur : http://revue-texture.fr/spip.php?article486

Sans se présenter sous la forme d’un « numéro spécial », cette livraison est une singularité, même si elle s’inscrit dans le droit fil de la ligne éditoriale impulsée par Cathy Garcia. En effet, après un original éditorial, on peut y lire des ensembles de textes cohérents autour de ce que l’on pourrait nommer : la menace nucléaire et la survie sur la planète. Avec « Après Fukushima », on peut lire une brassée de haïkus japonais présentés par Seegan Mabesoone, pour qui « la menace nucléaire n’est comparable à aucune autre ». Suit un bel ensemble de poèmes d’Alain Gourhant extraits de « Poésie du désastre et de la guérison ». De la même veine mais d’un tout autre aspect formel, viennent ensuite de troublants poèmes de Basile Rouchin et une étonnante suite de Timoteo Sergoï. L’ensemble de cette livraison est de bonne facture et la lecture est aérée par les discrets accompagnements graphiques de Karolinda et par d’opportunes citations. Allons, suivons Cathy Garcia qui nous adresse ce vœu des Indiens Navajos : « Hozho ! Que le monde soit hozho ! » c’est-à-dire qu’il nous apporte à la fois beauté et santé.
GC
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15.11.2011
Merci à Christian Saint-Paul
Dans sa nouvelle émission Les poètes sur Radio Occitania Christian Saint-Paul invite à lire le n° 40 de la revue de poésie vive NOUVEAUX DELITS 6 € abonnement 25 € chèque à adresser à Association Nouveaux Délits Létou - 46330 St CIRQ-LAPOPIE http://larevuenouveauxdelits.hautefort.com . Ce numéro soigné comme toujours rend hommage : à Beb KABAHN (1974-2011) graphicultrice de stigmates, « écrivière en poésie et tellement plus encore » (selon l’expression affectueuse de Cathy Garcia) et à Yann ORVEILLON (1941-2011) poète et voleur de feu, au cœur océan. Les illustrations sont de Corinne Pluchard http://corinne.pluchart.over-blog.com . Lecture de la fin de l’éditorial de Cathy GARCIA.
Puis toujours de Cathy GARCIA lecture d’extraits de son recueil « le poulpe et la pulpe » avec des dessins de Jean-Louis MILLET paru aux éditions cardère 56 p 10 € commande possible sur : www.cardere.fr
Dernier poème du recueil :
Me couper rituellement la langue pour ne plus qu’elle fourche.
Semer des graines de sourire à chaud dans le fumier de mon cœur.
Me laver des scories qui cherchent encore reconnaissance.
Être creuse afin d’être usée et renouvelée sans fin.
Comme une veine.
Les éditions Cocagne 30 rue de la Banque 82000 Montauban www.cocagne-editions.org ont entrepris de publier l’œuvre de Félix-Marcel CASTAN ; le dernier volume Occitanisme pédagogique 150 p (très beau livre) 30 € rassemble des textes de ce penseur hors norme sur l’humanisme qui découle de la posture culturelle comme un mode de vie à suivre ; et cela pour toutes les cultures, la culture occitane qui est celle de l’auteur comprise. De très belles pages qui font parfois référence à des évènements datés (les années du festival de Montauban par exemple) mais écrits avec une précision pédagogique qui les rendent intemporelles. Pour CASTAN « la littérature occitane peut tout dire au nom de tous, à la fois ceux qui sont de son pays et ceux qui n’en sont pas, au nom de toutes les provinces d’une nation qui veut ressusciter à la vie culturelle, au nom même des hommes qui partout cherchent les moyens les meilleurs d’habiter leur planète. »
Puis le cap de l’émission est mis sur le Portugal, le sud précisément, l’Algarve bien connu de Saint-Paul qui y séjourna quelques étés chez son ami l’éditeur Carapato à Faro. Audition d’un morceau de MADREDEUS pour s’imprégner des accents de cette terre avant de poursuivre sur l’œuvre de Fernando CABRITA dont les éditions L’Harmattan dans leur collection « Poètes des cinq continents » ont fait paraître en édition bilingue portugais-français « Douze poèmes de Saudade » traduit et préfacé par François-Luis Blanc 65 p 10,50 € http://www.librairieharmattan.com
Né à Olhao prés de Faro en 1954, Fernando CABRITA a collaboré à divers journaux et revues, au Portugal, en Suisse et au Mozambique, à travers des articles, des dessins, des photos et des textes. Il a publié à ce jour une vingtaine d’ouvrages, essentiellement de poésie et fût lauréat de nombreux prix.
CABRITA dont c’est le premier recueil traduit en français, suscite l’émotion avec des mots simples, soulevant des ondes de plaisir chez l’auditeur. Lecture de larges extraits avec une pause pour écouter une saudade d’Amalia RODRIGUEZ.
Un poète à découvrir !
à écouter sur
http://lespoetes.fr/emmission/emmission.html
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04.03.2011
Dans Texture, la revue de Michel Baglin
http://revue-texture.fr/spip.php?article417
Passage en revues par Georges Cathalo« Nouveaux Délits » : tous horizons
Nouveaux délits : une revue engagée et enragée au service d’originales écritures poétiques.
C’est avec courage et obstination que Cathy Garcia poursuit depuis 2003 son aventure de revuiste avec Nouveaux délits, « revue de poésie vive et dérivés ». Fidèle à ses engagements initiaux, elle avance à rebrousse-temps et à l’envers des modes.
Sous une couverture kraft qui n’est pas sans rappeler celle de Décharge dans sa première phase, elle prend soin d’utiliser le moindre espace pour donner à lire des ensembles cohérents de plusieurs pages, poèmes, proses poétiques, récits, nouvelles,…
Nouveaux délits tente l’impossible pari d’allier la qualité et la quantité en resserrant en 48 pages le maximum de textes dérangeants ou singuliers. Quelques aérations graphiques (illustrations originales de Joaquim Hock et de Jean-Louis Millet en particulier) et des citations en fond de page permettent au lecteur de souffler un peu.
Des poètes de tous horizons.
Cette revue ouvre large ses portes aux poètes de tous horizons : Ferruccio Brugnaro (Italie), Frédéric Ohlen (Nouvelle-Calédonie), Saint-John Kauss (Haïti et U.S.A.), Jean-Marc Lafrenière (Québec) Yusuf Kadel (Ile Maurice), Lina Zeron (Mexique) et tant d’autres encore. Parole est également donnée aux jeunes poètes qui trouvent là un tremplin pour se faire connaître : Marlène Tissot, Nathalie Riera, Beb Kabahn, Thomas Vinau, Fabrice Marzuolo, Frédérique Mirande, … Ces Nouveaux délits en appellent d’autres pour étonner, surprendre et provoquer.
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05.02.2011
Nouveaux Délits présentée dans le guide des revues ARLIT.
oilà ce qu'on peut y lire à propos de la revue et c'est plutôt bien non ?
Nouveaux Délits se voit comme une revue atypique, indépendante, impertinente, entièrement artisanale, imprimée sur papier recyclé ; certains textes sont publiés en langue d’origine avec la traduction en regard avec des illustrations originales de divers artistes français ou étrangers (belges, espagnols). C’est une revue dite "engagée" de poésie vive et "dérivés" (?) qui publie des auteurs connus et inconnus. La revue est entièrement réalisée et orchestrée par la responsable, poète de surcroît qui déclare en outre : "Des auteurs du monde entier, quelques grands noms sans favoritisme. Petite revue de poésie interdisciplinaire, de l’éthique plutôt qu’une étiquette, ne respecte aucune frontière autre que morale. Point commun des auteurs publiés : leur humanité, pas de favoritisme, mais copinage assumé". Le numéro fourni révèle un périodique de type anthologique sans bourrage : ND n’y accueille que quelques poètes de haute volée dans un large éventail de textes.
Lectorat : poètes et assimilés, amateurs de poésie amoureux des mots et de l’authenticité. Revue moyennement sélective, très ouverte (20 % d’AS, 40 % d’ACQS, 30 % d’AI, 10 % d’AA).
Affinités avec Traction Brabant, Microbe, La Barbacane, Lieux d’être.
Avis aux auteurs : Sympathique revue, à la présentation et à la réalisation amateur, Nouveaux Délits est une toute petite revue vivante et accueillante même si le numéro 31 qui nous a été fourni ne nous permet pas d’en dire plus. Il offre tout son espace à l’emblématique poète espagnol antifranquiste Marcos Ana, au poète belge ultra-confirmé Werner Lambersy, à Rémi Froger (auteur P.O.L) et à Cathy Garcia. Ah, j’oubliai : un immense texte de Ludovic Kaspar sur la 4ème de couverture. Tout cela laisserait supposer qu’ND cacherait bien son jeu et que sous une présentation médiocre, elle ne donnerait à lire que des textes de grande qualité. La revuiste préfère recevoir les contributions par
courriel.
Edité par L'OIE PLATE - L'Observatoire indépendant de l'édition pour les auteurs très exigeants
B.P. 17, 94404 VITRY-sur-SEINE Cedex (France). http://www.loieplate.com/catalogue-livres/arlit.php
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27.01.2011
Marie-Florence Ehret : beau clin d'oeil à Nouveaux Délits
Conférence pour le site Thé Menthe en ligne :
http://www.youtube.com/watch?v=xl5H89iylNQ
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18.01.2011
Nouveaux Délits par Michel Host*
Conçue, dirigée, fabriquée par Cathy Garcia, la revue est couverte d’un papier épais et de bon aloi, ses pages sont de papier recyclé, mais d’une vraie qualité et fort lisibles. C’est que Cathy Garcia, poète (poétesse pour ceux qui pensent que les mots ont un sexe) vit en pleine nature, à Saint-Cirq-Lapopie, qu’elle se comporte selon des lois naturelles, défendant autant qu’elle en a le pouvoir les restes de paysages vierges que veulent bien nous laisser les industriels, les automobilistes, les agriculteurs, les supermarchands, les pollueurs de tout acabit ! et cela non seulement près de chez elle, mais partout dans le monde, offrant ses pages aux poètes des Caraïbes, de l’Afrique, des Antilles, de l’Amérique du Nord… C’est sa marque (sa poésie, j’en parlerai plus loin, sans la démentir, nous porte vers d’autres parages) et elle est présente dans NOUVEAUX DÉLITS, aux côtés du souci constant de défense des opprimés, de révolte contre les injustices, les flagrantes prévarications et corruptions. Un engagement qui, à chaque numéro, met en grand péril son mince budget, voire le met par terre ! Cette volonté, cette marche et cette trajectoire augmentent le poétique, le magnifient, n’en excluent pas d’autres beautés, des fêtes de mots, d’intimes allégresses, les échos des joies et des peines... La poésie, elle, est en soi et par soi illimitée, et cette revue ne l’oublie pas, car ainsi qu’écrit Silvaine Arabo (N°36) :
La magie des mots et des lignes
Parfois dégrafe
La douleur unique du soir
Et sa coupe d’amertume,
Vers d’autres oiseaux
Dont le nom encore
Est inconnu.
D’abord, je me souviens de ce N° 31, où figure le poète espagnol Marcos ANA, que j’y ai l’honneur de traduire, un homme que la prison franquiste, entre 1939 et 1961, n’a pu réduire ni au silence, ni à la haine, ni à quelque forme de résignation :
« Mon péché est terrible ;/ j’ai voulu remplir d’étoiles / le cœur de l’homme. »
[…]
« Elle n’est pas ronde la terre / c’est une cour carrée / où tournent les hommes / sous un ciel d’étain. »
[…]
« Dites-moi comment c’est un arbre. / Dites-moi le chant de la rivière / quand elle se couvre d’oiseaux. / (…) Dites-moi comment c’est le baiser / d’une femme. Donnez-moi le nom / de l’amour : je ne m’en souviens pas. »
[…]
« Si je renais un jour à la vie / ma maison n’aura pas de clefs : / ouverte toujours aux hommes, / au soleil et à l’air. »
[…]
et de sa « Lettre urgente à la jeunesse du monde » :
« Comme un clocher d’or
Rêvent vos cœurs.
La jeunesse est l’heure
De l’amour, son printemps
Pourquoi remuerai-je vos branches
Joyeuses avec ma tristesse ? »
Je me souviens de ce N°33, où parle l’Indienne du Canada, Rita MESTOKOSHO :
« Je suis la traductrice de la terre / Car les hommes ont oublié les sons de notre mère… »
[…]
« Je suis née dans la langue innue / Mais la forêt s’éloigne / Elle a peur de l’homme qui tue… »
[…]
« Mes enfants sont tes propres enfants. Ils sont le sang qui coule dans tes veines. Ils font battre ton cœur. »
Je me souviens de ce N°34, où Ernest Pépin, drôlement, regarde marcher les femmes, concrètes et fragiles, dans la ville caraïbe :
Les femmes multicolores
Ont arrondi la ville
Elles vont jeans serrés
Pantalons moulants
…………………………………….
Elles veulent vivre la barbarie des stars
La mode des riches
Les idées des magazines
Les fantasmes des couturiers
Boire le sang des boutiques
Je vois sous leur taille basse
D’impossibles bonheurs
Le string qui grince et grimace
Peu leur importe que
Des femmes meurent d’être femmes…
Je me souviens de ce N° 35 où Jany Pineau en appelle aux mots qu’elle rassemble non sans violence parfois, en dépit de tout et d’elle-même :
Rien, je ne dirai rien.
Je planquerai mes mots dans des mottes de terre pour les rendre aveugles comme des taupes […] Les mots ne m’échapperont pas.
Des mots / Des mots qu’on sonne / « À la page ! / Le sujet est prêt… » // Un silence qui résonne / Une feuille qui blanchit / Sous la main fixe / de l’anorexique
De ce N°35 encore, où Marlène Tissot a « toujours rêvé d’être une hôtesse de l’air », et voudrait « s’aimer malgré les faux plis, dans une vie froissée »… ; où Nathalie Riera dit des secrets pluriels et mêlés, des grâces délicates : « l’effluve des couleurs et cette envie d’écrire / alors ma légèreté pour vous faire jouir […] voix délivrées de toute éclisse / fais glisser tes longs doigts // sur les lingeries du verbe // déboutonne par devant / depuis le col / la fluidité de la pénombre / mouillée / sur le jersey de laine… »
Des N° 36 & 37 je n’ai pas à me souvenir, ils sont de l’année : l’un qui voudrait nous faire fréquenter des « poètes ratés » qui ne le sont guère (Fabrice Marzuolo) - « Brûler, vous dis-je ! / Jusqu’au gris de la cendre / Et qu’une main preste jette / La poussière dans la lumière ! » -. Des ratages de cette sorte, on en redemande !, et qui aussi permet à Silvaine Arabo d’exprimer tout le sel des temps enfuis : « Dites mon sel / Dites / Vous m’avez manqué / Vents et froidure vous avaient desséché… // Chapelet des siècles / Vos cristaux comme des gemmes / Tôt m’auront dépouillée de moi-même / À moi-même importune » ; l’autre, qui offre à votre serviteur l’espace pour ses Onzains dédiés aux femmes rencontrées, à toutes celles, amantes ou non, à qui il peut dire « Je t’ai fol-aimée. Tu fus mon amoureuse. », et donne ses espaces aussi à Frédérique Mirande : « … le vent me porte haute je suis, / je suis poussière, infiniment poussière, ronde et légère, entre ciel et terre… », à Francis Gast, en quête d’ « Un pays de mélodies intarissables / Que les guerriers surgis du fond de la haine / N’ont pas encore profané de leurs cris », à Jean-Marc La Frenière, qui pourrait me… nous… ressembler assez : « Je ne crois pas en Dieu mais je crie vers le ciel ce qui n’a pas de nom. J’apporte le bois sec, le vent des mots, le pain du rêve. », à Jean-Marc Couvé, dont le mémoire est peuplée d’images que d’aucuns connaissent bien : « - Le canard, cou coupé, court toujours dans la cour de récré ensanglantée de ma mémoire, grince Cadet. Maudit Charlot ! Quel besoin ont-ils de tuer tel plumage ou tel plumage, les hommes, pour manger ? »
Et les Nouveaux Délits N° 38 ne se feront pas attendre longtemps. Si l’on veut ne pas rester figé dans les vents glaciaux des parkings des supermarchés, ne pas s’emberlucoquer de mensonges diplomatiques, se noyer dans Google et sites de rencontre, ne pas manger aux fast food publicitaires, le remède est de lire Nouveaux Délits, et même d’y blanchir quelques euros dans l’abonnement !
(Extrait du bulletin La Mère Michel V - Poiesis-Poésie - Automne-Hiver 2010-2011 qu'on peut lire dans son intégralité sur:
http://delitdepoesie.hautetfort.com/archive/2011/01/18/la-mere-michel-a-lu-special-poesie.html)
*Michel Host outre qu'il a été publié en tant qu'auteur dans la revue, en est également le correcteur bénévole, et donc membre actif de l'Association Nouveaux Délits : http://associationeditionsnouveauxdelits.hautetfort.c...
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28.11.2009
Claude Vercey parle de Nouveaux Délits
A lire sur http://www.dechargelarevue.com/id/index.php?commentaires=260
I.D n° 222 : Alcools découverts au fond d'un placard
samedi 28 novembre 2009 [10:27:09]
Une revue sous couverture kraft ! Je rêve …? Un peu troublé, je l'admets, de retrouver sur le dos d'une autre l'habillage par lequel la revue Décharge s'est identifiée 99 numéros durant, - jusqu'en septembre 98. Non qu'il y ait quelque raison de supposer une filiation directe avec ces Nouveaux Délits que je découvre en leurs 33ème et 34ème livraisons, mais plus sûrement qu'une solution semblable sous-entend une démarche proche, et qu'il n'est décidément pas mieux qu'une couverture kraft pour se donner mauvais genre, marquer son insoumission, exprimer le défi.
Car, si je ne me trompe, la casaque incolore – « robe des champs », si on veut - a ici la même signification que pour l'ancien Décharge, selon Jacmo : celle d'une pauvreté ostentatoire, imposée par les conditions de production – l'une et l'autre revues étant fabriquées à la maison, – assumée et qui fait la nique aux publications mieux friquées, mieux sapées, marquer sa rage et sa révolte, tout en redoublant le caractère provocateur par un titre à rebrousse-poil.
Si elle instruit avec fougue et dévouement les dossiers de ces Nouveaux délits, Cathy Garcia n'entend pas que le « poète de grande bourrasque », tel qu'elle-même se présente, cède le pas à l'animatrice. Simplement, la revue prolonge l'œuvre, y participe. « J'aime les mots, ces alcools que l'on découvre parfois au fond d'un placard oublié.». En conséquence de quoi, sont donnés à lire des auteurs rares ou méconnus, souvent en marge du centralisme hexagonal : Saint-John Kaus, né en Haïti, écrit depuis le Quebec, Ernest Pépin est Guadeloupéen, Rita Mestokosho une poète innue. Le sommaire s'en tenant à quatre ou cinq noms, chacun a de quoi s'exprimer à l'aise au long de 48 pages bien remplies.
Poésie vive, est-il indiqué en sous-titre, et ses dérivés : ici, proclamations écologiques et revendicatives de Rita Mestokosho défendant la terre innue et les traditions de son peuple (n° 33) ; là, Journal d'un instituteur (d'un Stit, selon l'auteur Jean-Marc Couvé). Au final, tendant volontiers la main à l'expression minoritaire ou à celle de minorités, la revue ouvre sur un champ original de création, duquel se détachent, pour le lecteur que je suis, les poèmes d'Ile Eniger (n° 33) et d'Ernest Pépin (n° 34).
Ile Eniger est une véritable découverte, bien que la bibliographie copieuse de cette poète passionnée souligne surtout mon ignorance à son endroit. Dans des proses courtes, denses et vigoureuses, extraites de trois livres différents, se lisent son appétit, son désir et son impatience, une envie féroce d'étoiles : « Je n'ai pas le temps d'être civilisée » écrit-elle. Et, dans le même poème: « J'écris cet amour dans l'urgence tant sa lenteur étonne. » A suivre. Certainement.
Grandement absente des revues hexagonales, l'œuvre d'Ernest Pépin n'est pourtant pas seulement « importante aux Antilles », comme l'affirme un peu cavalièrement la biographie jointe; l'auteur fut invité d'honneur aux Rencontres de Clermont-Ferrand ; et le simple rappel que le romancier est publié par Gallimard contrarie l'image de marginalité dans laquelle Nouveaux Délits enfermerait volontiers tout auteur présenté. Certes, Ernest Pépin écrit une poésie forte, de dénonciation et de révolte, qu'illustre bien L'odyssée de la ville donnée ici à lire. Mais de même que Césaire fut député et maire de Fort-de-France, Ernest Pépin est en Guadeloupe un notable. En dépit de quoi, c'est son mérite, il demeure à l'écoute des malheurs de son peuple, des exclus et de humiliés, des éconduits et de tous les reconduits :
Souviens-toi de l'enfant mort d'atterrir
En un seul bloc de froidure
Dessous le ventre de l'avion
Souviens-toi de sa mort d'oiseau gelé
Références : Nouveaux Délits n° 33 et n°34 (4ème trimestre 09). 5€ le numéro.
En contrepoint à cette revue vivace, lire les adieux de Jacmo à Rétroviseur, revue du mois sur notre site.
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27.04.2009
Emission les Poètes sur Radio Occitania
Chaque nouveau numéro de la revue est présenté par Christian Saint-Paul dans l'émission Les poètes sur Radio Occitania.
Dans l'émission du 22/01/2009 "Saint-Paul signale ensuite la parution du n° 31 de la revue de poésie vive et dérivés « Nouveaux Délits » (...). Un numéro impressionnant par sa diversité et sa puissance d’évocation d’une poésie jamais éthérée et ornementale mais en prise directe avec les forces vives et souterraines de la vie qui se veut accessible à l’Autre. Une fraternité à fleur de peau à chaque page. Il faut remonter aux années soixante, au tout début, pour retrouver ce souffle vital d’une poésie à hauteur d’homme et de femme. Saint-Paul lit un poème de Ludovic Kaspar."
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09.10.2008
"Les poètes" Emission présentée par Christian Saint-Paul sur radio Occitania
Chaque nouveau numéro de la revue est présenté dans cette excellente émission, avec lecture de quelques extraits :
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10.05.2008
Numéro 28 par JL Millet
Confirmation des affirmations et de la qualité de cette revue.
Retrouvailles heureuses avec Thomas Vinau découvert une dizaine de jours plus tôt sur le Net. Des textes forts ! Avec de solides sujets – le Petit Poucet, le Shérif, Débordement, Rosa Parks, la Fortune, Cervelle, dans la Cuisine des Heures perdues, Plan sur la Comète - pour des lectures à mettre sur zen-evasion…
Jacek Kaczmarski m’a paru moins ‘’incisif’’ malgré Notre Classe et Mur 87.
Intense Sur Vie de Muriel Carupt et une nouvelle livraison tout en passion de cœur et de corps de Cathy Garcia avec les beaux Simplement et Noces Pourpres.
Il faut aussi citer l’invité surprise, Joaquim Hock, habituel illustrateur de R.N.D., ici en Intrus prosateur au délire … sensé !
Bien bel opus que ce n°28
JL Millet
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