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  • Soliflore n°6 : El' Mehdi Chaïbeddera

    C'EST UN METIER D'ETRE DEBOUT

                                      DEBOUT C'EST NOTRE VOCATION

     

    Partout tant de monde debout

    Il y a debout et debout

     

    C'est du boulot d'être debout

    Un sacré taf d'être debout

     

    Surtout dans les butorderies

    Où l'on boute de deboutant

     

    Il y a du décès de bout

    Ce n'est pas tout d'être debout

     

    Il y a l'étalé - debout

    De la chefferie failliteuse

     

    Et puis le debout magistral

    De la valetaille étarquée

     

    A la galerie des succès

    Pour le maintien des litanies

     

    Il est du debout perturbant

    De la gent qu'on pousse à bout

     

    De celui qui joint les de(ux) bouts

    Et qui ne voit jamais le bout

     

    Il est du debout parasite

    Des ayants-tout du forestage

     

    Il y a du tapin debout

    En tapinois républicain

     

    C'est du boulot d'être debout

    Un sacré taf d'être au debout

     

    Venir à bout de son debout

    Il faut bien en connaître un bout

     

    Il y a du debout boutade

    Du bout au vent à la Quichotte

     

    Mais l'essentiel étant debout

    Cest de camper à son debout

     

    C'est ne plus jamais être dupe

    Aux rendez-vous des debouteux

     

    Il est des toqués du debout

    Aux grands pics de la deboutite

     

    C'est ne plus être débouté

    De son droit de vivre debout

     

    C'est un métier d'être debout

    Pour nous c'est une vocation

     

    Lyon. Lundi 25 octobre 2OIO

    El' Mehdi CHAIBEDDERA

     

  • Soliflore n° 4 : Jacques Laborde

     Je suis un lecteur
    Un lecteur de poèmes
    Un être rarissime et raffiné
    Qui n’écrit point
    Qui ne racole aucun éditeur
    Aucun imprimeur
    Ni ne convoite aucun auteur
     
    Je suis comme une gomme claire en plein jour
    Une tache obscure dans la nuit d’encre
    En somme un être d’exception
    Qui brille tout en discrétion
     
    Je ne drague aucun concours littéraire
    Ne charme point les revues bi-annuelles
    bimensuelles
    trimestrielles
     
    Je reste un simple lecteur
    Un esprit haut perché
    Sur son tabouret
    Dans son infinie rareté
     
    Je pratique
    En extérieur autant qu’en intérieur
    Selon l’humeur
    Et j’attends mes clients
     
    Ainsi cher édité, poète à tes heures
    Te lirai-je avec passion, curiosité
    Bonheur, amour et volupté
    Du bout des ongles
    Au bout des lèvres
    Attention je n’embrasse pas
    Il t’en coûtera cinquante euros la prestation
    Cinquante euros la page
    Protégée ou non par le copyright
     
    Car Je suis un lecteur
    Un lecteur de poèmes
    Et mes tarifs en vigueur
    Sont bien à la hauteur
    De ma singularité
    Sur le marché.


    Jacques Laborde

     

     

     

    http://www.bestiairedubasmontmartre.org/

     

  • Soliflore n°3 : Didier Trumeau

     

    La voyez vous derrière les joubarbes ?

    Non ?!

    Pourtant elle est là !

    Suivez la tige du milieu qui tombe

    vers les ténèbres et monte vers l’infini.

    Vous ne la voyez toujours pas ?

    Alors comptez trente huit pétales

    en partant de la gauche

    puis soustrayez la vache qui au loin

    broute l’herbe grasse du printemps

    avant de mugir au perdu

    pour attirer l’attention

    quelle frimeuse cette  belle Normande

    aux traits celtes aux yeux scandinaves,

    aux flancs larges.

    Alors vous la voyez ?

    Quoi ?

    L’imagination !

     Ah! bon...

     

     

    Didier Trumeau

    Extrait de Pacemaker Quark Pastel  

     

     

    DSCF0810.JPG

    (c) Didier Trumeau

     

    Didier Trumeau a créé et animé un bon zine musico-poético-artistico- anarcho pendant une dizaine d'années : L'Heure-Tard, Ed. Enitram Treab à Vierzon : http://www.enitramtreab.fr

     

     

  • Soliflore n°2 : Jean-Marc Gougeon

    rassurée

     

    Sur le dos de la nuit

    s’exhibent quelques chiens

    panse creuse ils accourent

    et toi tu les retiens

     

    Les crocs ont faim respire

    ils reviendront repus

    impose prends ta lyre

    ton chant est attendu

     

    Calmés ils auront gratté

    la peau de tes cauchemars

    au ventre chardons broyés

    tes aspérités sont douces

    et tu cours tu te fais tard

     

    Reconnaissante tu longes

    des restes de fossés vides

    franchis les talus en songe

    dors dans le baiser avide

    le drap te donne la source

     

     

    Jean- Marc Gougeon