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  • Revue Nouveaux Délits n°84

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    Que dire, sinon faire pour une fois abstraction du monde et partager ma joie renouvelée de concevoir et fabriquer cette petite revue ? Je l'appréhende parfois car c'est du temps et du travail mais je n'en reviens toujours pas de ne pas avoir flanché, malgré toutes les péripéties, épreuves, obstacles de la vie qui ne manquent pas et voir Nouveaux Délits tenir encore à bout de bras, 23 ans après son éclosion.

     

    Avoir toujours eu la certitude que cela pouvait s'arrêter n'importe quand aide sans doute à tenir sur la longueur et puis peut-être aussi est-ce justement pour moi un repère au milieu du chaos. Et puis, surtout, jamais je ne me lasse de vous lire, d'être emportée, touchée, émue, enthousiasmée par vos textes, votre envie d'écrire. Je ne sais que trop à quel point cela peut être thérapeutique, parfois c'est tout ce qu'il nous reste dans les grandes dévastations et plus les textes sont à vif, sincères, imbibés de l'encre de l'urgence, plus ça me bouleverse et jamais je ne me lasse d'être bouleversée. J'aime accueillir les mots du corps et aussi les mots de la terre, les mots du simple, les mots de ce qui est à la fois fragile et solide, les mots arpenteurs, les mots paysans. Les mots qui foulent le sol et se font fleurs, mousse, écorce, vers, oiseaux, vent.

     

    C'est peut-être là aussi le secret de la longévité. Nouveaux Délits a toujours eu vocation d'être une sorte d'auberge cosmopolite, de refuge pour toutes sortes d'écritures qui peuvent ne pas plaire à tout le monde. Le trop lisse, le consensuel, le "pour faire joli", ne m'intéressent pas. Voici donc encore un numéro éclectique, riche, et j'espère que vous aurez autant de plaisir à le lire que j'ai eu à accueillir toutes ces plumes vives. Pour octobre, un numéro spécial encore est en préparation, puissant et très précieux pour moi, j'ai hâte !

     

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    AU SOMMAIRE

     

     

     

    Délit de poésie

     

    & Jean-Luc Godard (Belgique), À ma table (extraits)

    & Romain La Sala

    & Milena Contini (Italie) Douze poèmes, en version bilingue

    & Emiga Darbois

    & Clémentine Pons

    & Jean-Marc Feldman, Langue de paille (extrait)

     

     

    Délit-rium tremens : Laurent Dequet, Serge — Une bouteille pour l’oubli (fragment)

     

    & un Délit d'autopromotion : Le monde émoi, Cathy Garcia Canalès, à tire d'ailes, 2026

     

     

    Délits d’(in)citations bourgeonnent au coin des pages et vous trouverez comme toujours le bulletin de complicité au fond en sortant, un abonnement peut faire un très original cadeau, il suffit d'y penser. Le prix de la revue a augmenté pour absorber la haute continuelle des frais postaux mais pas les abonnements !

     

     

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    Illustratrice : Cathy Garcia Canalès

     

    Pour cause de problème mystère d'impression des images de l'imprimante principale qui sinon marche très bien, je ne suis plus en mesure de garantir une qualité optimale aux artistes aussi je préfère donner une part plus belle encore aux textes et puiser dans mes propres créations, en attendant que...

     

     

     

    Elle monte la solitude, et elle monte la détresse
    Il monte l’enfermement, et il monte le repli
    Elle monte la désaffection, et elle monte l’intelligence artificielle
    Il monte le dépeuplement, et il monte l’étranglement
    Elle monte l’autorité, et il monte le mur
    Il monte le naufrage, et elle monte la disparition

     

    Perrine le Querrec

     

     

    Nouveaux Délits : Avril 2026 - ISSN : 1761-6530 - Dépôt légal : à parution - Imprimé sur papier recyclé et diffusé par l’Association Nouveaux Délits - Coupable responsable & illustratrice : Cathy Garcia Canalès - Correcteur : Élisée Bec

     

     

     

  • Atelier collectif à distance pour travailler à son rythme son écriture

     

    Cet atelier est mensuel et distanciel avec un engagement sur trois mois

    Voici comment cela se passe : je propose par mail à chacun des participant-e-s, une consigne, un jeu, un départ d'écriture assez précis, vous avez alors 15 jours pour envoyer vos textes que je transmets ensuite à tout le groupe dans un seul mail et avec simplement les prénoms (ou pseudo) de chacun-e. Parallèlement, chaque texte fait l'objet d'un travail de ma part, celui que je fais quand j'accompagne professionnellement des travaux d'écriture et vous est renvoyé individuellement et annoté. À partir de là, il y a de nouveau 15 jours pour renvoyer le texte retravaillé en fonction de ces annotations mais toujours de la façon dont cela vous paraît pertinent. Mon intervention propose des pistes de travail mais permet aussi d’affirmer ses choix. J’accompagne, je n’impose rien. Après réception à la date butoir, je renvoie à tout le monde dans un seul mail tous les textes retravaillés, ainsi chacun peut profiter du travail qui a été fait en comparant les deux versions.

    Et on continue ainsi sur trois mois renouvelables.

    D’expérience, ma façon d'accompagner permet vraiment de développer sa propre méthode de travail, de visualiser plus rapidement ses forces et ses "faiblesses" et donc d'acquérir toujours plus de fluidité et de plaisir dans l’acte d’écrire.

    Pour participer à ces ateliers, il faut avoir le goût bien sûr de l'écriture mais surtout avoir envie de progresser. Aucun niveau n’est requis mais ce n'est pas simplement un atelier ludique, c’est une façon efficace d'améliorer et développer son expression écrite et de découvrir ce qui est unique à chacun-e tout en partageant avec d’autres (les mails des participant-e-s sont toujours en copie cachée). Le distanciel pour cet atelier est un + car on se sent plus à l’aise pour donner à lire ses écrits. Mon travail d’accompagnement, lui, se fait toujours individuellement de façon privée.



    Plus d'infos et des témoignages ici :

    http://cathygarcia.hautetfort.com/archive/2025/01/29/atelier-mensuel-a-distance-pour-travailler-son-ecriture-6533183.html

     

     

  • Le numéro 83 lu par Dana Shishmanian pour Francopolis

    Nouveaux délits n° 83 (Janvier 2026)

    Entre les couvertures cousues main de ce nouveau numéro – le 84e car il y a eu un numéro zéro, nous rappelle Cathy Garcia Canalès – foisonne une faune littéraire d’une diversité inouïe, tout en décalé, en biais, en contre-temps, en creux et en saillants, loin du politiquement correct aligné sur la pensée unique. Quelques plumes à découvrir : Patrick Gillard (qui convoque ses peurs pour les confondre), Flore Nélin (maniant avec brio les paradoxes : « Telle est la noirceur,/ d’un blanc éclatant/ parfois »), Samuel Martin-Boche (avec ses Litanies de la forêt), Frédérique Duriez (qui touche de près à la géographie interne des corps et de leurs silences), Marianne Duriez (qui prend la voix de « la mauvaise fille » pour s’exclamer : « Que les nuits brûlantes sont douces à Madrid »), Jeanne A. Debats (avec son « dictionnaire des mots imbitables »), ou enfin l’Allemande Therese Steigleder (avec ses courtes nouvelles traduites par Simon Degrave). Mon coup de cœur : Marie-Anne Bruch dont je cite un peu au hasard :

    Cette année l’automne

    fait tout tomber, vraie débandade

    des âmes, des nerfs et des épaules

    tandis que les pluies sur les plantes

    tournent à l’aigre et que je me paume.

    Les dahlias continuent bêtement

    à faire leur grande roue

    d’héliothérapie, mi-derviche mi-paon,

    cette arrière-saison va nous arracher,

    une à une, toutes nos vanités,

    ce sera plus simple

    qu’un hiver sans neige.  

     

    Et encore :

    La nuit est une encre subtile

    et la douleur change de couleur.

     

    Jeter un œil au fond de soi

    et n’y trouver qu’un peu d’air frais,

    pour l’apaisement ou l’effroi ?

     

    Le cœur, mieux que nul autre,

    sait rabattre les cartes.

     

    On ne peut quitter les Nouveaux délits sans rappeler l’engagement jusqu’au-boutiste de Cathy qui trouve la force de croire en la Poésie face à la « vitesse exponentielle - bien que prévisible - de la falsification générale » : « Alors oui ! Toujours et encore nouveau délit, ta poésie, nouveau délit, l'humour décapant, deux inadéquations qui horrifient tout penchant à la mise au pas, alléluia ! (…) Je nous souhaite (convenu mais sincère) pour cette année numérotée 2026, beaucoup de rire et de poésie sous toutes leurs innombrables formes, deux ailes essentielles pour prendre de la hauteur et aller se poser sur les arbres beaux, causer avec les petits dinosaures nommés oiseaux, trier les bonnes étoiles des satellites. C'est un fait, les mauvaises farces remplissent toujours tes mêmes poches mais les faux clowns, sinistres pitres du pire, ne feront jamais rire les enfants. Il faut avoir un bon gros grain de poésie pour être drôle et de solides brins d'humour pour mettre pattes au sol. Alors résolument pour 2026, bien s'équiper : deux ailes joliment bricolées maison pour la respiration et un grand balai avec de grands seaux de rires francs et frais, prêts à tout éclabousser pour rincer le monde. »

     

    http://www.francopolis.net/annonces_2026.html#_Revues