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21/09/2011

Avis de parution : Le Poulpe et la Pulpe de Cathy Garcia

 

 

AVIS DE PARUTION CHEZ CARDERE EDITEUR

 

Le poulpe et la pulpe – Cathy Garcia

 

 

 

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Extrait

J’ai mordu, bafouillé comme d’autres se lovent et jouissent. J’ai camouflé ma soif dans une cargaison de vertige. Trouvé dans le caniveau, une pépite lustrale.

Sur les crêtes frontalières, j’ai fait récolte de courbes sereines. Amulettes fertiles. Clarté rayonnante. Trouvé le noyau de la féminité caché dans les arbres.

Des cavales et des transes, j’ai gardé l’authentique insolence de la pulpe. Ce tremblement des nuques, embuscade hypnotique. Méandre où se coule la joie inconditionnelle.

Dans ma soif, j’ai la vision d’un oiseau ensorceleur posé sur la branche haute d’un cèdre.

 

 

« Une poésie grave, précise et drôle à la fois, où je me laisse volontiers embarquer, surprendre souvent, dans un cheminement preste, parfois fébrile ou vertigineux, qui épouse des méandres très féminins d’émotions, de sentiments, de joies et de souffrances. » (Bruno Msika, éditeur)

 

Poésie. Livre de 60 pages au format 140 x 210 imprimé en noir sur bouffant naturel 80g. Illustré par des dessins de Jean-Louis Millet. Sept. 2011, prix public 10 euros, ISBN 978-2-914053-60-0 Cardère éditeur, Lirac (30) www.cardere.fr

 

 

 

 

 

 

     

17/03/2011

Créalisme !

 

Je crois qu'il est beaucoup de cabris du verbe parmi nous, d'équilibristes du fil court, d'écarteleurs des logiques morbides, de danseurs des forêts, de nobles ascètes de l'honneur, de vaillants poètes de la jaillance, bref les acrobates se sont retrouvés et entretiennent le feu et les sursauts d'ivresse. Mais ce qui fait défaut, c'est davantage la planification des actes, l'architecture des envolées, la construction de réels dans la durée, le souffle des bâtisseurs d'espace social. Les ménestrels persistent, mais presque plus personne ne sait échafauder des stratégies vitales collectives, architecturer des cathédrales communes, œuvrer la charpente d'un édifice total. Bref, cela bondit divinement, cela jongle, mais cela compose surtout de la musique de chambre, cela ne s'élabore jamais au-delà de quelques pages, minutes, oraisons. Notre lyrisme se porte bien, mais il ne nous portera pas loin sans la patience du maçon organique, du mathématicien de la chair... Et tandis que l'acrobate rue dans les brancards, l'ennemi grandit car il sait s'organiser, construire et suivre des plans. Platon avait-il tout à fait tort de chasser le poète égotiste de la République ? Que nul ne chante trop s'il n'est aussi géomètre... Pour une éthique acrobatique, oui, mais à condition qu'elle sache aussi se faire ordinatrice. Diogène cherchait un homme. Nous cherchons, en Europe, des planificateurs de dimensions multiples. Là est la difficile éthique, ascèse, là est le plus grand défi pour la magie de l'agir.

 

Luis de Miranda

 

http://nouvellesdelhumanite.over-blog.com/ext/http://crea...

 

 

 

 

01/01/2011

Le Comité International de Réflexion Tsigane

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Le Comité International de Réflexion Tsigane, se donne pour mission d’engager une réflexion intellectuel, impartiale, raisonnable, responsable et constructive. Son but vise à redéfinir des valeurs et une identité culturelle applicables à l’édification d’une Unité Tsigane Universelle, reconnues et acceptées par les Nations ou les différents peuples ou populations à travers le monde.
Le Conseil d'administration du CIRT, comme défini dans les statuts, est exclusivement composé d'intellectuels émanants, ou appartenant à la population Tsigane, Les Grands Sages. (L’appellation Tsigane regroupe, ici, l’ensemble des Gens du voyage, Gitans, Mânouches, Roms, Sinté, Yéniches, et tout autres noms ou dénominations définissants notre population, dans toutes langues, à travers le monde). Néanmoins, le CIRT est ouvert à toutes les intelligences, Tsigane ou non-Tsigane, Les Justes, qui veulent participer à une réflexion générale sur notre population. Pour rejoindre le CIRT, il suffit d'en faire la demande auprès du Conseil d'Administration. Les droits d'inscription sont libres.
 

Les Grands Sages
Par respect d'âge.
 
Yono RICHAR, Gerard GARTNER, Jean SARGUERA, Alexandre BOUGLIONE, Tony GATLIF, Renardo LORIET, Alain DAUMAS, Milo DELAGE, Joseph STIMBACH, Marcel HOGNON, Johnny MICHELET, Marcel VILLE, Pierre MAITRE, Délia BOUGLIONE.
 
Le Porte Parole du CIRT
Maître Henry Braun, avocat au Barreau de Paris.
 
Les Justes
André DRYANSKY. Maryse GARGAUD. Lisa CROZE. Thierry CHANTEGRET. Jean-Luc BECQUAERT. Denis TOULME. Esmeralda ROMANEZ. Cathy GARCIA. Asso Notre Route - Amaro Drom. Joseph SAADNA - Comité d'animation Place du Puig.
 
 
L'édification d'une Unité Tsigane ne pourra se faire qu'en harmonie avec les populations qui nous entourent. 
Ceux ou celles qui voudront nous rejoindre dans notre réflexion, seront les bienvenus.
 
http://www.blogg.org/blog-89593.html

 
 
 

12/04/2010

ÉTATS DU BIG BANG

Les Éditions Nouveaux Délits présentent
 

 
ÉTATS DU BIG BANG

 
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Chimères de Jean-Louis Millet
Captation de Cathy Garcia
 
 

« Jaillir, jouir, big bang et le calme après l’extase »
 
 
 
Sur beau papier recyclé 115 gr et couverture calcaire 250 gr, format 21 x 15, 40 pages,  avec reproduction couleur des encres de JL Millet, texte de Cathy Garcia. 
 
 
 
Version numérique sur : http://www.evazine.com/livre14/Default.html
 
 
À commander à : Association Nouveaux Délits Létou 46330 St Cirq-Lapopie
 
12 € + 1 de port  (Pour les adhérents de l’association : 10 € port compris)
 
 
 
Adhésion à l'association : 10 € http://associationeditionsnouveauxdelits.hautetfort.com/
 
 

 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

18/01/2010

Notre belle langue française : une langue de pute ?


Un gars : c'est un jeune homme
Une garce : c'est une pute
Un courtisan : c'est un proche du roi
Une courtisane : c'est une pute
Un masseur : c'est un kiné
Une masseuse : c'est une pute
Un coureur : c'est un joggeur
Une coureuse : c'est une pute
Un rouleur : c'est un cycliste
Une roulure : c'est une pute
Un professionnel : c'est un sportif de haut niveau
Une professionnelle : c'est une pute
Un homme sans moralité : c'est un politicien
Une femme sans moralité : c'est une pute
Un entraîneur : c'est un homme qui entraîne une équipe sportive
Une entraîneuse : c'est une pute
Un gagneur : c’est un battant
Une gagneuse ; c’est une pute
Un homme à femmes : c'est un séducteur
Une femme à hommes : c'est une pute
Un homme public : c'est un homme connu
Une femme publique : c'est une pute
Un homme facile : c'est un homme agréable à vivre
Une femme facile : c'est une pute
Un homme qui fait le trottoir : c'est un paveur
Une femme qui fait le trottoir : c'est une pute
Un péripatéticien: c'est un élève d'Aristote
Une péripatéticienne: c'est une pute



 

18/10/2009

A tous les reconduits (extrait) d'Ernest Pépin

La misère ne passe pas
      Passager clandestin
      Elle retourne au pays
      Nos sandales ont usé les nuits
      Nos pieds nus ont écorché les dunes
      La rosée pleurait une terre inhumaine
      Et nos mains mendiaient une autre main
      Les drapeaux ont peur de leurs promesses
      Ils se sont enroulés comme des scolopendres
      Notre soif est retournée au feu de notre gorge
      Et la vie nous a tourné son dos
      Tout homme qui s'en va défie l'entour
      Dessouche une nation
      Et lézarde une étoile
      Et dans ses yeux grésillent une autre vie
      Son feuillage est d'outre-mer
      Quand tout au loin luit son désastre
      Il fait troupeau vers les quatre saisons
      Il fait tombeau aux bornages
      O nègres marrons !
      Ce sont forêts de béton et d'arbres chauves
      Souviens-toi de l'enfant mort d'atterrir
      En un seul bloc de froidure
      Dessous le ventre de l'avion
      Souviens-toi de sa mort d'oiseau gelé
      Souviens-toi
      Et toi reconduit
      Éconduit
      Déviré
      Jeté par-dessus bord
      Taureau d'herbe sèche
      Regarde toi passer sur ta terre
      Les yeux baissés
      Et sur la joue le crachat des nations
 
Ernest Pépin, Lamentin le 29 octobre 2006

 

 

 

 

 

 

 

 

 

01/07/2009

L'entretien des muses

 
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Pour nous qui vivons de plus en plus entourés de masques et de schémas intellectuels, et qui étouffons dans la prison qu’ils élèvent autour de nous, le regard du poète est le bélier qui renverse ces murs et nous rend, ne serait-ce qu’un instant, le réel ;  et avec le réel, une chance de vie.
 
Philippe Jaccottet
 

 

 

 

21/04/2009

Les charniers de Guillevic

Passez entre les fleurs et regardez :
Au bout du pré c’est le charnier.
 
Pas plus de cent, mais bien en tas,
Ventre d’insecte un peu géant
Avec des pieds à travers tout.
 
Le sexe est dit par les souliers,
Les regards ont coulé sans doute.
 
— Eux aussi
Préféraient des fleurs.


(…)
           
On va, autant qu’on peut,
Les séparer,
 
Mettre chacun d’eux
Dans un trou à lui,
 
Parce qu’ensemble
Ils font trop de silence contre le bruit.
 
(…)

Lequel de nous voudrait
Se coucher parmi eux
 
Une heure, une heure ou deux,
Simplement pour l’hommage.
 
(…)
           

Ici
Ne repose pas,
 
Ici ou là, jamais
Ne reposera
 
Ce qui reste,
Ce qui restera
De ces corps-là.
 
 
Eugène Guillevic
in Les charniers

 

 

 

 

 

06/01/2009

Hommage à Ludovic Kaspar

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29/09/2008

La paix

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©jlmi

 

 

 

 

Il n'y a pas d'autre bonheur que la paix

Proverbe thaï

 

 

 

 

28/06/2008

SUTURE

044n&b.jpglunes de cire
écho des frontières
tracées au khôl
nuit émaciée
aux éclats
de soufre
 
la langue des anges
dérange les nerfs
prend la douleur
trois fois nouée
 
mots souillés
paupières éparpillées
aux portes
 
langues humaines
langue de la soif
première
obstinée
 
rapprocher les lèvres
recoudre le mot
la plaie
le meurtre
par un baiser
ou le silence
 
Cathy Garcia - 2007

 

 




 
 
 

01/04/2008

poisson d'avril !

 
 
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   Cathy Garcia
 
 

 

L'avantage de la soupe de poisson, c'est que le poisson est dans son élément.
in L'intégrale des brèves de comptoir 1992-1993

JM Gourio

 

 

 

07/01/2008

un peu de couleur

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Cathy Garcia

 

 

 

L'eau limpide
ni dedans
ni dehors

Chiyo Fukumasuya

 

 

 

 

 

 

 

02/11/2007

de l'art...

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©Cathy Garcia (recyclage de couverture ratée)
 
 
 
 
Victoire sur la mort, l’œuvre d'art s'identifie à la vie et il n'y a de vie connue qu'individuelle. Singulière. Originale. Solitaire. Entêtée. L’œuvre fait une espèce animale à soi seul, puisque son arbre, phylogénétique, produit des fruits ou des bourgeons individués, livres, musiques, films ou poèmes. Elle vient donc de la disposition unique des neurones et des vaisseaux sanguins. Jamais de la banalité collective. Inverse de la mode, opposée à ce qui se dit, elle résiste par définition aux médias, je veux dire à la moyenne.
Michel Serres
in Le Tiers-Instruit

 

 

 

01/09/2007

Ordre du Mistigri

RÈGLE DE L’ORDRE DU MISTIGRI
 
Article 1.  Le chevalier s’engage à secourir tout animal en détresse, et singulièrement les chats, autant qu’il sera en son pouvoir et en toute occasion qui se présentera, sans jamais oublier que l’être humain participe également de la nature animale.
 
Article 2.  Le chevalier sera adoubé  - il recevra ses armes symboliques (l’Acte) – dès qu’il aura accompli une première action notoire, une prouesse en faveur d’un animal, celle-ci devant être portée à la connaissance du Maître de l’Ordre [1].
 
Article 3.  Le chevalier aura à honneur d’accomplir autant de prouesses qu’il lui en sera donné occasion. Il agira avec largesse, c’est-à-dire sans mesurer son temps, son énergie et sa fortune. Il fera montre de courtoisie, ne s’attribuant point des prouesses qui seraient d’autrui ou imaginaires, et ne faisant valoir que ce qu’il aura accompli lui-même en faveur des animaux, la confiance étant en la parole de chacun.
 
*
*    *
 
La devise de l’Ordre est :   AD MAJOREM MISTIGRI GLORIAM
 
 
L’Ordre a été fondé le 22 juin 2000, à la suite du sauvetage d’une petite chatte prisonnière du jardin intérieur de la BN du quai François Mauriac, prouesse mémorable qui vit la victoire des premiers chevaliers sur l’entêtement et le silence administratifs. La chatte, appelée Feather, coule aujourd’hui des jours heureux aux Pays-Bas.
 
Chaque chevalier est invité à créer sa devise personnelle.
 
 
Le bulletin ENTRE-CHATS, qui paraît de 3 à 4 fois par an, est envoyé aux chevaliers à leur adresse internet, à charge pour eux de l’imprimer, et de le diffuser éventuellement autour d’eux. Tous les textes, articles, poèmes, récits, contes… des chevaliers ou de leurs proches et amis sont reçus avec plaisir à l’adresse internet ci-dessous, et publiés dans ENTRE-CHATS.
                                                                        Le Maître de l’Ordre : Michel HOST
 
 
[1] A la rédaction du bulletin ENTRE-CHATS :  michhost@club-internet.fr

 

 

 

 

 

02/07/2007

L'enfant nu, d'Esméralda Romanez

L'ENFANT NU
 

Au terrain vague des Tsiganes
Où papillonne l'enfant nu,
Aux marches froides des ghettos,
Aux usines où l'on enchaîne
Hommes et femmes pour la soupe,
Aux fonds des prisons politiques,
A la caserne " troisième âge "
Où l'on exile le vieillard,
A la réserve des indiens
Crevant au cœur d'un peuple " neuf "
Indifférents " civilisés ",
Aux trottoirs noirs des rues des ports,
Aux piloris nauséabonds
Où pourrissent des innocents,
A la braderie de l'amour,
Aux cris des chambres de torture,
Aux vieux bordels de Thaïlande
Où se consument des enfances,
A la merde des bouges noirs,
A la longue désespérance
De la putain de quatorze ans,
Il me faudrait gueuler l'espoir... !
Dans le bleu tendre du matin,
Au terrain vague des Tsiganes
Où papillonne l'enfant nu,
J'entends un orchestre d'oiseaux
... Ecoute ami, entends la vie,
Elle serait belle...
Respecte là !
 
Esméralda Romanez
 
 
« Fille de déporté, je ne peux oublier le regard que mon père posait sur l'humanité.
Il n'était jamais réellement revenu de là-bas. Il a connu les camps Français puis la déportation vers Dachau, Matahausen, Ebensee, Chelmno. Trop de Tsiganes (750.000) ne sont jamais revenus des camps de la mort pour permettre à notre gouvernement de ne pas reconnaître son implication directe dans l'internement  et la déportation de milliers de Tsiganes
»

 
Esméralda Romanez,  46 ans de voyage à l'ancienne (verdine, cheval) avec ses parents et grands-parents puis seule avec ses enfants alors que ses frères et sœurs ont tous choisi les attelages modernes. Caractère bien trempé. Avec ses fils aînés, elle brave les foudres familiales pour apprendre à lire et à écrire. Elle passe un diplôme d'état d'infirmière et pratique son métier en intérim puisque sa vie c'est le voyage.  En 1990, une sclérose en plaque l'oblige à se sédentariser. Elle choisit le petit village des Saintes Maries De la Mer dans les bouches du Rhône. Hélas - ce village n'a de "gipsyland"que sa renommée mondiale. Elle tient bon cinq ans puis choisit de s'établir: SAMUDARIPEN qui veut dire en langue Romani "Génocide Rom", l'autre est un coup de cœur : Le club des Poètes Arlésiens. Son site : http://gensduvoyage.oldiblog.com/


 
« Il n'y a pas de sous race... Personne ne choisit sa naissance mais nous avons le devoir de ne pas vivre à genoux.... »
 
 
 
 
 
 
 

07/05/2007

MANIFESTE "INSURRECTION POÉTIQUE !"


Dire que la poésie demeure une onde de choc, capable de secouer ce siècle désossé, dont les miracles mous ne créent que lassitude.

Entre les poètes académiques et la "poète academy", ne pas choisir : résister ! Prouver qu'il est d'autres voies que la "poésie éprouvette" pour laborantins du mot. Que la poésie constitue notre dernier espace de liberté, de rêve, de réflexion, où palpite encore le cœur de la nécessaire utopie … et sur lequel nul n'ait songé à installer un parcmètre !

Qu'elle est ce flux d'adrénaline qui nous rend démesurément vivants. Qu'elle soit dure ou douce, sucrée ou épicée, elle est à mille lieues de la fade tisane comme du migraineux pensum.

Clamée, scandée, incarnée, elle est la plus sûre arme contre la médiocrité.

 
Oser la subjectivité. Toute poésie ne se vaut pas. Certaines sentent même le faisandé ! Refuser de toutes ses forces les présentations-naphtaline, le culte du "tout se vaut" et les disséqueurs de la rime. La poésie se ressent, se respire. Elle ne s'analyse pas, pas plus que la musique.

Ceux qui la disent invendable sont souvent ceux-là même qui se complaisent dans un élitisme nombriliste et poussiéreux.

Rompre le cercle et rentrer dans l'arène, faire entendre des voix vivantes et vibrantes à ceux et celles qui disent ne pas aimer les poètes d'aujourd'hui sans pouvoir en citer un seul, parce que personne n'a su les leur faire connaître et aimer.

 
Investir les médias, ne reculer devant aucun support pour promouvoir une poésie libre, généreuse, populaire, exigeante ET jouissive. Griots ludiques qui propagent leurs rages et leurs émerveillements et proposent des voyages d'où l'on revient changés;

 

"Insurrection poétique !" est en marche … Rien ne pourra l'arrêter !

 

 

Pascal Perrot
 
 
 
 

05/03/2007

Appel à soutien des clowns sans frontières


«Les yeux ébahis d’une gamine de Gaza, l’éclat de rire d’une grand mère de Sarajevo, les cris de joie des enfants de Kaboul, c’est un peu de goût de vivre retrouvé, la dignité rendue.»
(P.A Grenier, écrivain)

Partout dans le monde, Clowns sans frontières organise des spectacles et des ateliers pour les populations victimes de la guerre et de la misère.

Depuis 13 ans, l’association a offert plus de 1 000 spectacles pour 300 000 enfants et a mis en place des projets de long terme (initiation artistique auprès d’enfants ou d’éducateurs, travail avec des artistes locaux...).

Aujourd'hui, l’équilibre financier de l’association est menacé.
Pour continuer d’agir, nous avons besoin de votre soutien.

Votre soutien est indispensable pour pérenniser 7 projets en 2007 pour plus de
30 000 enfants : en République Démocratique du Congo, en Moldavie, en Afghanistan, en Uruguay, en Birmanie, au Bangladesh et au Soudan.



NOUS COMPTONS SUR VOUS, MAINTENANT.




Pour offrir votre soutien

Clowns sans frontières - 70 bis rue de Romainville, 75019 PARIS
Tel 01 42 01 14 14
Email : clowns@wanadoo.fr
Site : www.clowns-sans-frontieres-france.org

 

 

 

31/12/2006

Utopies de Eduardo Galeano

UTOPIES

(extrait)

 

Nous allons porter les yeux au-delà de l’infamie, pour deviner un autre monde possible.

 

Un autre monde où :

 

* dans les rues, les automobiles seront écrasées par les chiens ;

 

* les gens ne seront pas conduits par l’automobile, ni programmés par l’ordinateur, ni achetés par le supermarché, ni regardés par la télé ;

 

* on introduira dans le code pénal le délit de stupidité, que commettent ceux qui vivent pour posséder ou pour gagner, au lieu de vivre tout simplement pour vivre, comme un oiseau chante sans savoir qu’il chante et comme un enfant joue sans savoir qu’il joue ;

 

* on n’emprisonnera plus les jeunes qui refusent de faire leur service militaire, mais ceux qui veulent le faire ;

 

* les économistes n’appelleront plus niveau de vie le niveau de consommation, et n’appelleront plus qualité de vie la quantité de choses ;

 

* les politiciens ne croiront pas que les pauvres sont enchantés de se nourrir de promesses ;

 

* la solennité cessera de croire qu’elle est une vertu, et personne ne prendra au sérieux l’individu incapable de rire de lui-même ;

 

* la mort et l’argent perdront leurs pouvoirs magiques, et le décès ou la fortune ne feront pas d’une canaille un homme vertueux ;

 

* le monde ne sera plus en guerre contre les pauvres, mais contre la pauvreté, et l’industrie de l’armement n’aura plus d’autre solution que de se déclarer en faillite ;

 

* la nourriture ne sera pas une marchandise, ni la communication un commerce, parce que la nourriture et la communication sont des droits humains ;

 

* nul ne mourra de faim, car nul ne mourra d’indigestion ;

 

* les enfants de la rue ne seront plus traités comme s’ils étaient de l’ordure, car il n’y aura pas d’enfants de la rue ;

 

* les enfants riches ne seront plus traités comme s’ils étaient de l’argent, car il n’y aura pas d’enfants riches ;

 

* l’éducation ne sera pas le privilège de ceux qui peuvent la payer ;

 

* la police ne sera pas la malédiction de ceux qui ne peuvent l’acheter ;

 

* la justice et la liberté, sœurs siamoises condamnées à vivre séparées, seront à nouveau réunies, épaule contre épaule ;

 

* une femme noire sera présidente du Brésil et une autre femme, noire, présidente des Etats-Unis ; une Indienne gouvernera le Guatemala et une autre le Pérou ;

 

* en Argentine, les folles de la place de Mai – las locas de la plaza de Mayo – seront un exemple de santé mentale, car elles refusèrent d’oublier à l’époque de l’amnésie obligatoire ;

 

* les déserts du monde et les déserts de l’âme seront reboisés ;

 

* les désespérés seront espérés et les égarés seront retrouvés, car ce sont eux qui se désespérèrent à force d’espérer et qui s’égarèrent à force de chercher ;

 

* nous serons les compatriotes et les contemporains de tous ceux qui voudront la justice et qui voudront la beauté, quels que soient l’endroit où ils seront nés et l’époque où ils auront vécu, sans accorder aucune importance aux frontières de la géographie ou du temps ;

 

 * la perfection restera l’ennuyeux privilège des dieux, mais, dans ce monde fou et foutu, chaque nuit sera vécue comme si elle était la dernière et chaque jour comme s’il était le premier.

 

Eduardo Galeano in Sens dessus dessous, Ed. Homnisphère

 

 

 

03/11/2006

J'ai honte de Serge Grah


J’AI HONTE

J’ai trouvé le mot
Oui honte est le mot
Honte occupe ma bouche
mon âme
mon cœur
mon souffle
J’ai honte, honte et honte
De cette bêtise érigée au rang d’esprit éclairé
Ces crues de poubelles mortelles déversées dans notre vie
Cette pollution que l’on respire aujourd’hui le mieux
Oui, chacun a son lot de bêtise
Au voisin bedonnant qui vous la passe
La contagion du temps
Quelle honte !
Oui j’ai terriblement honte
De ces politiciens du ventre qui marchent sur le peuple
Ces hommes qui n’ont appris à caresser que par strangulation
Ces intellectuels qui ne voient que pour leur chapelle
J’ai honte de la brise fétide de leur haleine irrespirable
J’ai honte de cette société si vile
Cette Côte d’Ivoire qu’on ridiculise à tout vent
Et qu’on déchiquette avec délectation
Ce beau pays qui se décompose
Ce pays dont on pille l’avenir
Mon Dieu ! Où allons-nous avec ces bêtises ?
Oui j’ai honte, honte et honte
De cette guerre qui perdure dans la bêtise
Ces combattants qu’on traîne sans âme
Ce chantage-désordre international éhonté
J’ai honte de ces morts sans nom qu’on brandit tel un trophée
Ces morts sans nombre qui hantent nos nuits
De ce sang qui partout coule
Sur l’injustice des morts à venger dans le sang
J’ai honte de cet océan d’infinies misères
J’ai honte et le dégoût me prend à la gorge
J’ai honte de ce temps de trahisons
temps de mensonges
temps de lâchetés
temps de haines
temps d’injustices
temps dégénéré
qui dégénère la vie jusque dans ses racines
Oui j’ai honte de cette lutte imbécile contre les meilleurs
Ah ! Quelle souffrance est donc la mienne !
Comment réprimer cette honte qui me meurtrit ?
Le peuple n’a plus pour pitance que souffrance et douleur
Dans le silence effrayant du matin endeuillé
Mais ce silence se taira-t-il toujours
Quand frappe bruyamment la mort ?
J’ai honte de moi-même
Oui, j’ai honte
honte de tout
Et Dieu m’est témoin

J’ai Honte



Serge Grah, Côte d’Ivoire
serge_grah(chez)yahoo.fr

 

 

17/09/2006

Une fleur sous la pluie de Mohamed Ksibet à Joumana Haddad

Une fleur sous la pluie
à Joumana Haddad*
 
Par le temps du printemps
Je voulais te dire
Comme Akhmanova
Toi et moi
Deux montagnes qui jamais
Ne se rencontrent
Et entre elles un pont si long
Un pont de mots et de poèmes jamais trahis
Mais voici qu’il pleut
Et voici
Qu’ « il pleut sans cesse sur Beyrouth »
Mais c’est une pluie à Prévert
Pluie de haine
De gravas et de fer
 
Que vois-tu sur la rade
Mon amie ?
Combien de fillettes vois-tu dans cette nuit sombre
Pleurant les conneries des hommes
Et voici qu’il pleut mais
C’est une pluie à Dylan
Pluie drue, sombre
Et de cendre
Pluie qui dresse
La mort de ces nuits d’été
Qu’entends-tu
Mon amie ?
Entends-tu ces cris
Des oiseaux qu’on blesse ?
Entends-tu ce bruit
De l’herbe étouffée ?
Oui mon amie
Dit aux enfants sur la rade
De crier leur colère
De crier
De crier …
Tisse leur une voile
Pour que ce  navire inconnu
Avance dans les eaux
Pourpres de la mer
Pour que la mémoire des hommes
Se réveille
Avant que ces pluies
Ne deviennent
Celles d’Ibuse
 
 
Mohamed Ksibet
mgus2000@yahoo.fr
Brest, 31 Juillet 2006
 
*poète libanaise qui a préféré rester sous le bombardement israélien sur Beyrouth au lieu de partir dans le premier navire mis a sa disposition.
 
 
 
 

 

"Sur le collier de ton chien..." de Pierre Deprosges

Sur le collier du chien que tu laisses au mois d’août
Sur la vulgarité de tes concours de pets
Sur l’étendard nazi et sur le drapeau rouge
Sur la rosette au coin du vieillard officiel
Sur les blousons kaki, sur les képis dorés
Sur le cul blanc des féministes
Sur le mandrin des misogynes
Sur le béret obtus des chauvins aveuglés
Sur la croix des cathos, le croâ des athées
Sur tous les bulletins et sur toutes les urnes
Où les crétins votants vont se faire entuber
Sur l’espoir en la gauche
Sur la gourmette en or de mon coiffeur de droite
Sur la couenne des connes aplaties sur les plages
Sur l’asphalte encombré de cercueils à roulettes
Sur les flancs blanc d’acier des bombes à neutron
Que tu t’offres à prix d’or sur tes impôts forcés
Sur la sébile humiliante et dérisoire
Qu’il faut tendre pourtant à tous les carrefours
Pour aider à freiner l’ardeur des métastases
Sur le mur de la honte et sur les barbelés
Sur les fronts dégarnis des commémorateurs
Pleurant au cimetière qu’ils ont eux-même empli
Sur le petit écran qui bave encore plus blanc
Sur l’encéphalogramme éternellement plat
Des Musclés, des Miss France et des publicitaires
Sur l’étendard vainqueur de la médiocrité
Qui flotte sur les ondes hélas abandonnées
Aux moins méritants des handicapés mentaux
Sur la Bible et sur Mein Kampf
Sur le Coran frénétique
Sur le missel des marxistes
Sur les choux-fleurs en trop balancés aux ordures
Quand les enfants d’Afrique écartelés de faim
Savent que tu t’empiffres à mourir éclaté
Sur le nuage
Sur la lune
Sur le soleil atomique
Sur le cahier d’écolier de mes enfants irradiés
J’écris ton nom
HOMME

Pierre Desproges
in Dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des bien nantis

 

 

 

 

Baisse du chômage, hantise de la Bourse ?

1er mai, fête du chagrin…

Baisse du chômage, hantise de la Bourse ?

« Nous vivons au sein d'un leurre magistral, d'un monde disparu que des politiques artificielles prétendent perpétuer. Nos concepts du travail et par là du chômage, autour desquels la politique se joue (ou prétend se jouer) n'ont plus de substance : des millions de vies sont ravagées, des destins sont anéantis par cet anachronisme. L'imposture générale continue d'imposer les systèmes d'une société périmée afin que passe inaperçue une nouvelle forme de civilisation qui déjà pointe, où seul un très faible pourcentage de la population terrestre trouvera des fonctions. L'extinction du travail passe pour une simple éclipse alors que, pour la première fois dans l'Histoire, l'ensemble des êtres humains est de moins en moins nécessaire au petit nombre qui façonne l'économie et détient le pouvoir.
[...] De l'exploitation à l'exclusion, de l'exclusion à l'élimination... ? »

« On ne sait s'il est risible ou bien sinistre, lors d'une perpétuelle, indéracinable et croissante pénurie d'emplois, d'imposer à chacun des chômeurs décomptés par millions – et ce, chaque jour ouvrable de chaque semaine, chaque mois, chaque année – la recherche " effective et permanente " de ce travail qu'il n'y a pas. »

« La pente suivie est bien celle-là, néanmoins. Une quantité majeure d'êtres humains n'est déjà plus nécessaire au petit nombre qui, façonnant l'économie, détient le pouvoir. Des êtres humains en foules se retrouvent ainsi, selon les logiques régnantes, sans raison raisonnable de vivre en ce monde où pourtant ils sont advenus à la vie. »

« Un détail presque anecdotique. Alors que tous les politiciens s'égosillent à nous confier leur ardeur à lutter contre le chômage, l'annonce d'une baisse de celui-ci aux Etats-Unis a fait s'effondrer, très récemment, les cours de la Bourse dans le monde entier. On pouvait lire dans Le Monde du 12 mars 1996 : " Le vendredi 8 mars laissera sur les marchés financiers la trace d'une journée noire. La publication des chiffres excellents, mais inattendus sur l'Emploi aux Etats-Unis a été reçue comme une douche froide [...] A Wall Street, l'indice Dow Jones, qui avait battu encore un record mardi, a terminé sur une dégringolade de plus de 3% ; il s'agit de la plus forte baisse en pourcentage depuis le 15 novembre 1991. Les places européennes ont aussi lourdement chuté... Les places financières semblent particulièrement vulnérables à toutes mauvaises nouvelles... »

« Autre détail : les mêmes cours montaient en flèche, il y a quelques années, à l'annonce d'un licenciement monstre par Xerox de dizaines de milliers de travailleurs. »

« Cette baisse de la Bourse dictée par celle du chômage a-t-elle frappé l'opinion ? On ne l'a guère soulignée. [...] N'y avait-il pas là quelque signe, quelque indice ? Eh bien non ! Il n'a pas semblé. Même si la contradiction était radicale avec les lyrismes du discours général, avec les sempiternelles déclarations des politiques, celles aussi des chefs d'entreprise. Même si c'était un aveu des puissances financières reconnaissant là leurs intérêts véritables . »

« Voici donc l'économie privée lâchée comme jamais en toute liberté – cette liberté qu'elle a tant revendiquée et qui se traduit en déréglementations légalisées, en anarchie officielle. Liberté assortie de tous les droits, de toutes les permissivités. Débridée, elle sature de ses logiques une civilisation qui s'achève et dont elle active le naufrage. »

« Reste au grand nombre un dernier rôle à remplir, éminent : celui de consommateurs. Il convient à chacun : n'arrive-t-il pas, même aux plus défavorisés de manger, par exemple, des nouilles aux noms célèbres, plus honorés que leurs propres noms ? Des nouilles cotées en Bourse ? [...] Consommer, notre dernier recours. Notre dernière utilité. »

Extraits de L'horreur économique de Viviane Forrester paru chez Fayard en 1996…


 

 

 

 

Les Shipibos-Conibos et l'association SHANE

 

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En langue Shipibo, shane désigne un oiseau dont le chant est si mélodieux et distinct de tout autre que la légende prétend que tous les autres oiseaux se taisent pour l'écouter.

A pour objectif de permettre aux populations des communautés indiennes shipibo-conibo de l'Ucayali en Amazonie péruvienne de préserver et valoriser leur patrimoine culturel et spirituel qui fait partie des trésors de l'humanité, d'accéder à une vie matérielle décente et de se maintenir et se développer sur leurs lieux d'existence. Les savoirs ancestraux du peuple Shipibo nous offrent une mine de connaissances originales, acquises au cours des siècles de leur expérience humaine, dans de nombreux domaines. L’identité culturelle de ce peuple est appelée à disparaître car elle est de tradition orale, non écrite d’où l’urgence d’une sauvegarde. C’est toute l’âme d’un peuple qui transparaît à travers ses modes d’expression artistique. Cette richesse de l’humain nous concerne tous et mérite d’être gardée vivante.

 

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Réalisations depuis 2003 :
· Expéditions dans les communautés indiennes shipibo de l'Ucayali en 2003 et 2004 pour le collectage des chants traditionnels
· Expositions de photos et d'artisanat
· Réalisation du site de l'association
· Animations scolaires à l'école de Villedoux (17) dans le cadre des échanges culturels avec l'école de la forêt de Shambo Porvenir
· Réalisation de deux documentaires vidéo (disponibles sur DVD) sur l'art et la culture des shipibos : "A l'écoute du peuple Shipibo" - "Ucayali, entre terre et eau… le chant"
· Vidéo conférences
· Parrainages, bourses d'études
· Octrois de micro-crédits à quinze familles

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Projets :
· Recueil de chants traditionnels shipibo (pour les écoles de la forêt)
· Réalisation d'un livre d'art avec photos et textes incluant un CD-Rom
· Réalisation d'un film de docu-fiction sur un mythe shipibo
· Aide à la scolarisation d'orphelins, matériel scolaire (récupération ou financement sur place )
· Octroi de bourses d'études universitaires
· Aide à la mise en place d'infrastructures dans certaines communautés : puits, postes de santé fixes ou mobiles, postes de radiophonie.
· Envoi de formateurs (santé, agriculture, maintenance)
· Création d’un laboratoire shipibo pour le conditionnement des plantes médicinales d’Amazonie pour la phytothérapie, les huiles essentielles… (matériel + formation du personnel)

 

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Arnulfo Arevalo

 

Pour se procurer les DVD "A l'écoute du peuple Shipibo" et "Ucayali, entre terre et eau… le chant" et soutenir l’asso :

Association Shane
12 rue Etienne Cabet
17000 La Rochelle
http://www.ethno-botanic.com/Association-Shane/Associatio...

mail: pierre.urban@tiscali.fr Tél.0546 440 895

 

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ASSOCIATION BANCS PUBLICS


« L’uniformité n’est pas l’unité. Seuls peuvent s’unir ceux qui ne se ressemblent pas »
Rabindranath Tagore, poète indien


Non, les sans-abri ne viennent pas d’une autre planète !

Et c’est bien pour cela que nous avons eu envie, il y a presque 5 ans maintenant, de partager avec eux des moments de complicité en leur facilitant l’accès à la culture qui, à nos yeux, est un magnifique outil pour se réapproprier une place dans la société. Bien sûr, certains en ont oublié l’accès mais ils ne demandent bien souvent qu’à réapprendre.

Partis d’une bibliothèque de rue, nous avons développé une activité d’accompagnement des sans-abri. Nous les accueillons le samedi après-midi pour partager un moment de vie autour d’une animation, qui peut être la découverte d’un pays, d’un jeu autour de l’écriture ou de la lecture, de la musique ou de la cuisine. Nous échangeons des idées, nous jouons et nous rions ensemble ! Comme cela nous fait du bien à tous de rire !

Ceux qui ne viennent pas au centre d’hébergement ne sont pas oubliés pour autant ! Nous passons les voir, régulièrement. Et puis, pour d’autres, c’est une rencontre un jour de la semaine, de préférence, toujours le même et à une certaine heure. Nous tissons du lien.

Et pour que ce lien se resserre chaque jour davantage, nous effectuons des opérations de sensibilisation auprès des jeunes dans les établissements scolaires et avons lancé le projet « De l’un à l’autre – Changer de regard », projet placé sous le signe d'une fraternité renouvelée entre citoyens insérés et personnes exclues. Nous ne prétendons pas changer la société mais permettre à ceux qui ont la chance d’y être insérés et à ceux qui en sont exclus, de se rencontrer. Accompagner une personne sans abri dans ses démarches, dans ses projets, s’investir davantage auprès d’elle, tisser des liens dans le respect absolu de son indépendance et dans la mesure des possibilités de chacun, voilà les objectifs de cette nouvelle démarche des Bancs Publics.

De bavardages légers en confidences consenties, l’objectif serait d’aider la personne à reconstituer doucement son identité, de l’amener lentement à croire qu’un lendemain différent de la veille est possible et d’améliorer son quotidien.


Vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à consulter notre site www.lesbancspublics.fr, à nous écrire au 28 rue Nungesser et Coli, 75016 Paris ou info@lesbancspublics.fr ou à nous téléphoner : 06 61 37 92 52

 

 

 

Histoire chimique d'une tarte aux cerises de supermarché

(Extrait du livre Le sol, la terre et les champs de Claude Bourguignon Ed. Sang de la Terre)

I Histoire de la pâte

La farine : Les grains de blé ont été enrobés d'un fongicide avant semis. Pendant sa culture, le blé a reçu de deux à six traitements de pesticides selon les années, un traitement aux hormones pour raccourcir les tiges afin d'éviter la verse et une dose importante d'engrais : 240 kg d'azote, 100 kg de phosphore et 100 kg de potassium à l'hectare. Dans le silo, après récolte, les grains sont fumigés au tétrachlorure de carbone et au bisulfide de carbone puis arrosés au chlopyriphosmethyl. Pour la mouture, la farine reçoit du chlorure de nitrosyle puis de l'acide ascorbique, de la farine de fève, du gluten et de l'amylase.

La poudre levante : Elle est traitée au silicate de calcium et l'amidon est blanchi au permanganate de potassium.

Les corps gras : Ils reçoivent un antioxydant comme l'hydroxytoluêne de butyl et un émulsifiant type lécithine.


II Histoire de la crème

Les œufs : Ils proviennent d'un élevage industriel où les poules sont nourries aux granulés contenant des antioxydants (E300 à E311), des arômes, des émulsifiants comme l'alginate de calcium, des conservateurs comme l'acide formique, des colorants comme la capsanthéine, des agents liants comme le lignosulfate et enfin des appétants pour qu'elles puissent avaler tout ça comme le glutamate de sodium. Elles reçoivent en plus des antibiotiques et en particulier des anticoccidiens. Les oeufs avant séchage reçoivent des émulsifiants, des agents actifs de surface comme l'acide cholique et une enzyme pour retirer le sucre du blanc.

Le lait : Il provient d'un élevage industriel où les vaches reçoivent une alimentation riche en produits chimiques : des antibiotiques comme le flavophospholipol (F712) ou le monensin-sodium (F714), des antioxydants comme l'ascorbate de sodium (F301), l'alpha-tocophérol de synthèse (F307), le buthyl-hydrox-toluène (F321) ou l'ethoxyquine (E324), des émulsifiants comme l'alginate de propylène-glycol (F405) ou le polyéthylène glycol F496), des conservateurs comme l'acide acétique, l'acide tartrique (E334), l'acide propionique (F280) et ses dérivés (F281 à E284), des composés azotés chimiques comme l'urée (F801) ou le diurédo-isobutane (F803), des agents liants comme le stéarate de sodium, des colorants comme F131 ou F142 et enfin des appétants pour que les vaches puissent manger tout cela comme le glutamate de sodium.

Les huiles : Elles ont été extraites par des solvants comme l'acétone puis raffinées par action de l'acide sulfurique, puis lavage à chaud, neutralisées à la lessive de soude, décolorées au bioxyde de chlore ou au bichromate de potassium et désodorisées à 160 0C avec du chlorure de zinc. Enfin, elles ont été recolorées à la curcumine.

La crème : Une fois obtenue, elle reçoit des arômes et des stabilisants comme l'acide alginique (E400).


III Histoire des cerises

Les cerisiers ont reçu pendant la saison entre dix et quarante traitements de pesticides selon les années.
Les cerises sont décolorées à l'anhydride sulfureux et recolorées de façon uniforme à l'acide carminique ou à l'érythrosine. Elles sont plongées dans une saumure contenant du sulfate d'aluminium et à la sortie elles reçoivent un conservateur comme le sorbate de potassium (E202).
Elles sont enfin enduites d'un sucre qui provient de betteraves qui, comme les blés, ont reçu leur dose d'engrais et de pesticides. Le sucre extrait par défécation à la chaux et à l'anhydride sulfureux puis décoloré au sulfoxylate de sodium, puis raffiné au norite et à l'alcool isopropylique. Il est enfin azuré au bleu anthraquinonique.



Peut-être même chez votre pâtissier du coin.... Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter bon appétit !

 

 

 

LE PRINCIPE DE LA GRENOUILLE CHAUFFÉE de Olivier Clerc

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« Imaginez une marmite remplie d'eau froide dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite, l'eau chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue à nager.
La température continue à grimper. L'eau est maintenant chaude. C'est un peu plus que n'apprécie la grenouille, ça la fatigue un peu, mais elle ne s'affole pas pour autant.
L'eau est cette fois vraiment chaude. La grenouille commence à trouver cela désagréable, mais elle s'est affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien.
La température continue à monter jusqu'au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir, sans jamais avoir fait quelque chose pour s'extraire de la marmite.
Si la même grenouille avait été plongée directement dans l'eau à 50, elle aurait immédiatement donné le coup de patte adéquat qui l'aurait éjectée aussitôt de la marmite...
Cette expérience montre que, lorsqu'un changement s'effectue d'une manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps aucune réaction, aucune opposition, aucune révolte ».


Olivier Clerc, écrivain et philosophe

 

 

 

Si j'étais Dieu... de René Barjavel

« Si je mets dix hommes sur une île déserte, la loi d'attraction va les rassembler en deux groupes, et la loi d'opposition leur inspirer des idées absolument contraires sur la façon d'organiser l'île. Si un groupe pense "nord", l'autre groupe, par réflexe immédiat, pensera "sud". Et ils commenceront à ramasser des cailloux pour se convaincre réciproquement en se les envoyant sur la figure. Si un des deux groupes se montre plus fort et absorbe l'autre, une force d'opposition va naître en lui, grandir et le couper de nouveau en deux ou en plusieurs morceaux. C'est la loi!
Ce n'est pas cela qui fait le malheur des hommes. Ils pourraient entre l'attraction et l'opposition, trouver un équilibre et vivre en paix, comme le soleil et les planètes. Ce qui les rend malheureux, c'est le bonheur. L'idée qu'ils s'en font, et le besoin de l'attraper. Ils s'imaginent qu'ils sont malheureux aujourd'hui, mais qu'ils pourront être heureux demain, s'ils adoptent certaine forme d'organisation. Chaque groupe a une idée d'organisation différente. Non seulement il se l'impose à lui-même, à grande souffrance, mais il cherche à l'imposer à l'autre groupe, qui n'en veut absolument pas, et qui essaie au contraire de lui faire avaler de force sa propre cuisine.
Et chaque individu croit qu'il sera heureux demain, s'il est plus riche, plus considéré, plus aimé, s'il change de partenaire sexuel, de voiture, de cravate ou de soutien-gorge. Chacun, chacune attend de l'avenir des conditions meilleures, qui lui permettront, enfin, d'atteindre le bonheur. Cette conviction, cette attente, ou le combat que l'homme mène pour un bonheur futur, l'empêchent d'être heureux aujourd'hui. Le bonheur de demain n'existe pas. Le bonheur, c'est tout de suite ou jamais. Ce n'est pas organiser, enrichir, dorer, capitonner la vie, mais savoir la goûter à tout instant. C'est la joie de vivre, quelles que soient l'organisation et les circonstances. C'est la joie de boire l'univers par tous ses sens, de goûter, sentir, entendre, le soleil et la pluie, le vent et le sang, l'air dans les poumons, le sein dans la main, l'outil dans le poing, dans l’œil le ciel et la marguerite.
Si tu ne sais pas que tu es vivant, tout cela tourne autour de toi sans que tu y goûtes, la vie te traverse sans que tu retiennes rien des joies ininterrompues qu'elle t'offre.
»



René Barjavel
in Si j'étais Dieu...

 

 

 

Les Indiens Kogis et l'asso TCHENDUKUA

Les Indiens Kogis et l’association Tchendukua
http://www.tchendukua.com/



medium_Kogis_general.jpgGéographe français, Eric JULIEN est à l'origine de la démarche. Sauvé d'un oedème pulmonaire par les Kogis, alors qu'il découvrait leur territoire, il s'est mis dans la tête de les aider à récupérer leurs terres. Ces terres sans lesquelles, coupés de leurs racines, les Kogis deviennent des êtres flottants, des êtres morts. En 1997, il fonde l'Association Tchendukua - Ici et Ailleurs. En février 1998, une première terre est achetée (50 ha), une seconde en avril 1999 (70 ha) … une troisième en mai 2000 (50 ha) et enfin une quatrième en décembre 2000 (60 ha).
Repliés dans les hautes vallées de la Sierra, pendant plusieurs siècles les Kogis resteront coupés du monde. De la Sierra Nevada de Santa Marta, ceux qui l'ont connue disent qu'elle est étrange, mystérieuse, attachante. Sans doute est-elle un peu tout cela. Sa localisation à seulement 45 km de la mer, sa forme, une pyramide aux parois vertigineuses, la variété de ses climats, font de cette île montagneuse, cernée par la mer et les déserts, un monde à part.
Les Kogis, les Aruacos et les Arsarios, sont les derniers héritiers de l'une des plus brillantes civilisations du continent sud-américain, les Tayronas. Des 500.000 habitants approximativement dénombrés au XVIème siècle, on ne compte plus aujourd'hui que 25.000 représentants. Plus qu'une simple montagne, la Sierra Nevada représente à leurs yeux, le centre du monde, la mère terre qui leur a transmis le code moral et spirituel qui régit leur civilisation. Peuple de sages et de philosophes, ils connaissent une vie spirituelle intense. Privilégiant les choses de l'esprit, très tôt, ils initient certains de leurs enfants aux mystères de leur religion, selon un rite et une éthique particulièrement rigoureuse. L'acquisition de ce savoir n'a qu'un but, s'efforcer d'être en harmonie avec soi-même et avec le monde. Au centre de cet univers, les Mamus- prêtres et philosophes - règlent l'ordre social et spirituel de la communauté. Grands observateurs des phénomènes naturels, assurant les fonctions de juges et de médecins, ils veillent au bien-être de leur communauté et à l'équilibre de l'univers.

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Mamu Antonino

Le problème majeur des Indiens en général, des Kogis en particulier, c'est la terre. Leur vision du monde ne leur permet pas de faire la distinction que nous faisons, nous occidentaux, entre, d'un côté, la terre, sa propriété, son usage, et l'homme, considéré comme ne faisant pas partie du monde naturel. Pour les Kogis, la terre ne peut être réduite à un simple espace géophysique capable de supporter tous les outrages. Pour une raison simple, ils en font partie, ils en sont une composante aussi importante ou insignifiante qu'un arbre, une rivière, un animal ou une montagne. C'est de cette terre qu'ils sont nés, c'est grâce à elle qu'ils vivent et c'est vers elle qu'ils retournent au moment de leur mort. La terre est pour eux, comme une mémoire qui garde inscrite en elle, leur histoire, l'histoire du monde et les clés de leur avenir. En préserver l'équilibre et l'harmonie est une question de survie. Or aujourd'hui, cet équilibre ils ne peuvent plus le maintenir. Sous la pression de tous les paysans sans terre qui escaladent les contreforts de la Sierra, de la guérilla, des narcotrafiquants, les Kogis se trouvent repoussés vers les terres froides du massif où leur survie devient difficile. Face à ces changements, ces ruptures, ces menaces qui pèsent sur leur univers, Aruacos, Kogis, et Arsarios veulent prendre en charge leur destin. Dépositaires d'une sagesse, basée sur le respect, l'équilibre et la responsabilité, ils veulent prendre la parole et être écoutés. Ils voudraient nous enseigner à se soucier du monde, à prendre soin des autres et de l'environnement. Surtout, ils voudraient nous amener à explorer les voies de l'harmonie avec le monde et avec nous-mêmes. 

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 Sukua



Pour en savoir plus, chez Albin Michel :
Le chemin des neuf mondes Eric Julien (il existe aussi une vidéo du même nom à voir absolument)
Le réveil d'une civilisation précolombienne Eric Julien avec Gentil Cruz (ce dernier a été assassiné en 2005 par les paramilitaires)

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Pour agir : Tchendukua - Ici et Ailleurs - 11 rue de la Jarry 94300 Vincennes


 

 

 

CAMPAGNE NATIONALE POUR LA DÉCROISSANCE

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 Mes chers compatriotes, l’heure est grave, très grave. C’est aujourd'hui l’existence même de la nation qui est en péril. Vous le savez, la croissance économique mène notre monde au suicide écologique. En effet, plus de croissance, c’est inéluctablement plus de pollutions et moins de ressources naturelles. Aujourd'hui, la pollution a atteint un seuil critique pour notre planète. Évidemment, la planète détruite, ce serait la fin de la France ! Il faut donc sauver le monde pour sauver la France. Le niveau moyen de consommation des Français est devenu insupportable pour la Terre et seule la décroissance économique permettra de réduire la pression que nous exerçons sur la nature. Ainsi, fidèle à sa vocation universelle et humaniste, la France, qui a éclairé le monde avec les Lumières, sera de nouveau exemplaire : elle montrera aux pays riches le chemin de la justice en réduisant de manière drastique sa consommation, ceci afin de partager avec les bientôt 7 milliards de Terriens des ressources planétaires qui ne sont pas extensibles. Aussi, je vous engage dès aujourd'hui, solennellement, à réduire, et ceci de la façon la plus radicale qui soit, votre consommation. Chers compatriotes, gageons que nous serons plus épanouis, dans une France et sur une planète qui ne verra plus jamais l’Humain seulement dans sa dimension marchande, c’est-à-dire de consommateur.


Vive la République, Vive la France, vive la Terre et vive la décroissance !
Le Président