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18/10/2009

NUMERO 34

 

Ombilic-Lombric SMALL.jpg

 Oct. Nov. décembre 2009
 
 
Un automne de plus, un numéro de plus, un édito de plus. Et voilà la panne ! D’inspiration comme on dit, inspirez, expirez, inspirez, expirez… On meurt donc entre chaque inspiration ? Ce n’est pas la petite mort, celle-là est déjà prise, mais alors quel genre de mort ? Peut-être bien celle qui s’annonce en automne, la mort cyclique, celle qui permet la renaissance. Tout est affaire de cycle, et c’est donc à nous de pédaler. Inspirez, expirez, inspirez, expirez. Certes, vous me direz que je n’ai rien à dire et je vous répondrai « et pourquoi pas ? ». Parfois on n’a rien à dire, et c’est là que vient le meilleur, l’inattendu, la phrase clé, l’illumination comme on dit. Et qu’est-ce que l’automne sinon une sorte d’illumination avant l’extinction des feux ? Une dernière danse, et le vin est  prêt. Le vin de table et le vin de l’âme. A boire en bonne compagnie ou avec la solitude, quand on a appris à l’aimer. Tout est affaire d’équilibre, le vin, la compagnie, la solitude. Cycle, équilibre et nous voilà au cirque, grand cirque de la vie. 
Nous revoilà dans le cercle. Inspirez, expirez, inspirez, expirez, inspirez….
Rompre le cercle comme on rompt le pain, tenter l’apnée, explorer les états intermédiaires, l’intervalle… Tout est possible.  La paix, l’os et la cible.
Écrire un édito quand on n’a rien à dire.
 
CG

 
 
Ne me demandez plus mon programme ;
respirer, n'en est-ce pas un ?

Emil Michel Cioran
in Syllogismes de l'amertume
 
 
 
 
 
AU SOMMAIRE
 
 
Délit de vagabondage : Ernest Pépin (Guadeloupe) nous embarque dans L’Odyssée de la ville
 
Délit de poésie : Isabelle Grosse (Deux-Sèvres) ; Cathy Garcia (Lot)
 
Délit nombriliste : Marc Bureau (Tarn) s’interroge sur L’ombilic du lombric
 
Délit d’(in)citations d’automne, comme feuilles qui volent, fera t-il bon humus ? N’oubliez pas le bulletin de complicité au fond en sortant.

 

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Illustrateur invité :
Jean-Louis Millet (Val de Marne)

jlmillet@free.fr



 
« a atterri à Paris, dans le Marais d'avant les bobos, en 1946. Scientifique de formation, curieux compulsif, il enchaîne et tresse ses passions. Très influencé par les pensées orientales, il est récemment entré en peinture et en écriture. Il anime deux sites http://www.zen-evasion.com
  site personnel et http://www.evazine.com site collectif » L’illustration ci-dessus et celles qui accompagnent les textes d’Ernest Pépin sont de véritables pétroglyphes arawak gravés sur des pierres en Guadeloupe, que Jean-Louis Millet a recopiés lors d’un séjour sur place.
  
 
 
 Nous n'avons rien à déclarer sinon la faim
      la faim n'a pas de passeport
      Nous n'avons rien à déclarer sinon la vie
      la vie n'est pas une marchandise
      Nous n'avons rien à déclarer sinon l'humanité
      L'humanité n'est pas une nationalité

Ernest Pépin
in A tous les reconduits 

 

 

 
 
 
 
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Nouveaux Délits
fait partie du fonds de l’ARPO, à Carmaux (81)
http://www.arpo-poesie.org/

et de la Poéthèque de la Cave Littéraire de Villefontaine (69) http://caveli.free.fr/lacave/scripts/POETHEQ_A_Z.htm.


Deux associations qui travaillent à faire connaître et reconnaître la poésie et qui ont fondé chacune une bibliothèque spécialisée de revues poétiques, présentées également sur leur site internet.
 
 
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 Celui qui déplace la montagne,
c'est celui qui commence à enlever les petites pierres.

Kong tseu (Confucius)

A tous les reconduits (extrait), Ernest Pépin

La misère ne passe pas
      Passager clandestin
      Elle retourne au pays
      Nos sandales ont usé les nuits
      Nos pieds nus ont écorché les dunes
      La rosée pleurait une terre inhumaine
      Et nos mains mendiaient une autre main
      Les drapeaux ont peur de leurs promesses
      Ils se sont enroulés comme des scolopendres
      Notre soif est retournée au feu de notre gorge
      Et la vie nous a tourné son dos
      Tout homme qui s'en va défie l'entour
      Dessouche une nation
      Et lézarde une étoile
      Et dans ses yeux grésillent une autre vie
      Son feuillage est d'outre-mer
      Quand tout au loin luit son désastre
      Il fait troupeau vers les quatre saisons
      Il fait tombeau aux bornages
      O nègres marrons !
      Ce sont forêts de béton et d'arbres chauves
      Souviens-toi de l'enfant mort d'atterrir
      En un seul bloc de froidure
      Dessous le ventre de l'avion
      Souviens-toi de sa mort d'oiseau gelé
      Souviens-toi
      Et toi reconduit
      Econduit
      Déviré
      Jeté par-dessus bord
      Taureau d'herbe sèche
      Regarde toi passer sur ta terre
      Les yeux baissés
      Et sur la joue le crachat des nations
 
Ernest Pépin, Lamentin le 29 octobre 2006