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26/03/2015

NUMÉRO 51

 

 

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C’est un numéro qui sent l’anisette, non ? Et pourtant l’été est loin, le printemps encore frileux, faut dire que ce n’est pas jojo l’ambiance, on s’attendrait presque à ne voir fleurir que des rosettes tricolores … La peur est depuis toujours une arme de persuasion massive. Il y a de la confusion, beaucoup de confusion dans l’air en ce moment, de menteries et de récupérations, tellement que ça donne envie de se taire pour ne pas en rajouter, se taire et prendre suffisamment de recul pour être capable de sourire encore à l’inconnu, de lui faire confiance, de lui ouvrir sa porte et l’inviter à boire un café bien noir ou un thé bien à la menthe, ou un coup de rouge bien biodynamique, ou une anisette tiens, pourquoi pas ? Même si l’été n’est pas encore là, que le printemps retient sa sève, sachant que même le vert, ça ne plait pas, au point qu’on lui fout du lisier plein la face à ce pialut* avec ses clochettes et ses fleurettes et toutes ces couleurs éclatantes, prêtes à s’exhiber sans pudeur. Donc, se taire oui, fermer sa bouche et déployer sa plume, car il y a bien « trop de chefs et pas assez d’Indiens », alors déployer sa plume, son art, sa syntaxe, sa différence et l’afficher bien haut, paf dans la cible-ciel, qu’il en pleure de joie pour arroser tout le monde, même les cons qui eux aussi ont la plume haute, la plume au fion.

c.g.

 

*un pialut est un terme dérivé de l’occitan pelut « poilu » utilisé dans le Quercy (pelut dans le Tarn) depuis les années 70 pour qualifier sans grande sympathie les babos à barbe et cheveux longs et aujourd’hui les néo-ruraux à tendance écolo quel que soit leur degré de pilosité… et sans forcément plus de sympathie.

 

 

 

L'ennemi est con, il croit que c'est nous l'ennemi

alors que c'est lui.

Pierre Desproges

 

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AU SOMMAIRE

 

 

Délit de poésie :

 

Hommage aux Ombres Vives d’Enrico Bertoncini

Blue star de Nicole Barromé

Jean-Louis Llorca

Annabelle Verhaeghe

Sang d’encre (extraits) de Sadoun Nakib

 

Délit piquant : Épingler les papillons de Louise Sullivan

 

Délit salant : L’océan par la vitre de Jean-Baptiste Pedini

 

Délit d’homo bellicus : Les appâts rances de Jean Gédéon

 

 Mots sur les mots du poème de Michel Host en écho à l’édito du n°50

 

 

Résonance : Le mémo d’Amiens de Jean-Louis Rambour, éd. Henry et Pieds nus dans R. de Perrine Le Querrec– Ed. Les Carnets du Dessert de Lune

 

 

Délits d’(in)citations fleurissent, fleurissent…  Vous trouverez au fond en sortant le bulletin de complicité dans une posture très aguicheuse mais pas encore vulgaire, malgré que ses propositions qui se veulent toujours honnêtes soient contraintes de s’aligner sur la hausse des tarifs postaux.

 

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Illustratrice : Corinne Pluchart

 

Vit en Bretagne. De mer, de vent et d'ouest.

Parce qu'un jour il y eut  rencontre,

fulgurance abrupte,

un temps de vent et de lumière vive.

Traces, signes, empreintes et tout ce qui fait chemin.

Pas de vie ni de sens sans poésie.

 

http://corinne.pluchart.over-blog.com/

 

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Oui, la vie porte l'absolu et il revient à l'homme de l'incarner ici, qui ne l'atteindra jamais.

 

Oui, la beauté, la poésie, l'amour, l'éros, la joie, la subversion, l'autonomie, l'indépendance sont des valeurs contemporaines qu'il reste à défendre.

 

Oui, le but de l'homme est l'amour, toujours plus d'amour. Oui, n'en déplaise aux marchands, aux esthètes, aux cyniques, aux épargnants, aux religieux et aux athées, la vie se conjugue dans la dépense, le don, l'ouverture, l'acceptation, la perte. Ceux qui l'osent ont appris que l'écriture est habitée de sexualité comme le ventre, et qu'il faut s'y enfoncer avec la même ardeur que les consonnes masculines fouaillent la béance des voyelles dans la phrase. C'est au prix de cette conscience-là, et de l'enjeu qu'elle représente, que l'esprit circule entre les lettres et porte le souffle.

 

Les poètes le savent, les prophètes et les saints : que les mots sont aussi sexuels que le corps des femmes et que le souffle les fécondent s'ils se laissent épouser.

 

 Lorette Nobécou

 

in La clôture des merveilles: Une vie d'Hildegarde de Bingen

 

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Vient de paraître aux Ed. Gros Textes

 

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30 essais de décollage du réel

1993-2013

 

Il y avait au fond de ma valise, un vieux brouillon, une veste d’homme, une bouteille, quelques fantômes et leurs bleus désirs de méharées. C’est de bon cœur que je m’apprêtais à les suivre, hélas, monsieur, en guise de départ, j’entendis pleurer les bombes et je vis l’automne passer sous les rails. Oui Monsieur ! J’ai donc ôté mes souliers et j’ai même ôté mes pieds avant de me glisser, sans rien de plus à dire, sous cet atome de soupir où vous m’avez trouvée.

 

 

  

40 pages au format 14 x 21

orné de 12 pleines pages couleur avec des illustrations de l’auteur

imprimé sur papier bouffant munken 90 g

ISBN : 978-2-35082-273-0

 

9 € (+ 2 € de port – port compris à partir de l’achat de 2 exemplaires)

 

Commande à :

Gros Textes

Fontfourane

05380 Châteauroux-les-Alpes

(Chèques à l’ordre de Gros Textes)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Soliflore n°31 : Khalid EL Morabethi, Maroc

 

Hier

Le ciel a été vert,

Il est jaune, aujourd’hui,

Hier, la pluie n’a pas voulu tomber,

Même si les nuages l'ont priée,

Même si la terre vendue, l’a suppliée

Et Le soleil bleu, le roi ne parle plus

Depuis  longtemps déjà,

Les étoiles qui apparaissaient pendant le jour,

Savaient pourquoi,

Ils savaient.

Hier

La lune rouge, vêtue d’une longue robe blanche,

Déambula dans la ville sombre et silencieuse,

Chercha tout ce qui pouvait lui permettre de continuer d’être lumineuse,

Tout ce qui pouvait lui permettre d’être merveilleuse.

Hier soir,

L’oublié ivre avec un sourire charmeur,

A regardé la lune et le peu de magie et sa douceur,

Il a pu lui dire qu’elle brille encore,

Il a eu le courage de lui dire qu’elle pouvait briller plus fort,

Il a mis sa main sur son cœur, sans perdre l’équilibre,

Et il est parti.

Hier,

Plus loin des explosions et des cimetières,

Plus loin des soldats zombie et leurs cris qui polluent l’air,

Loin des pressions qui s’accentuent,

Loin des maisons ou les frères s’entretuent,

Trop loin,

Derrière,

Le vend était taiseux,

Les arbres à feuille caduques se regardaient,

L’espoir essayait d’ouvrir ses yeux,

Derrière les montagnes,

Gavroche,

A enfin vu, la Pureté,

Elle a perdu la mémoire, jusqu'à oublier sa perfection,

Jusqu'à oublier, que son cœur violet, avait des sentiments,

Mais la présence d’une âme naïve,

Lui a donné la force de prendre son oud,

Et pour  la première fois, le rythme se joue,

Et pour la première fois,

L’homme entend à part la colère de la terre, un chant doux.

 

 

 

 

06/03/2015

"Mon sublime ordinaire" à Théminettes

                                        

Les textes de Fanny Sheper ont été publiés pour la première fois dans le numéro 44 (janvier 2013) de la revue Nouveaux Délits et par la suite un spectacle est né de la rencontre de la poète et une danseuse.

Aussi j'ai le grand plaisir de me joindre à La compagnie Ligne Mouvante pour vous inviter à découvrir son spectacle "Mon sublime ordinaire" le samedi 14 mars à 19h dans la salle de spectacle de Théminettes (Les Bourg, 46120 Théminettes).

Réservation : lignemouvante@gmail.com

 

 

Interview par Jean-Pierre Riu à écouter sur Antenne d'Oc - Figeac : http://www.antenne-d-oc.fr/article.php?id=129

 

 

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"Mon sublime ordinaire" est une création pluridisciplinaire mêlant danse et poésie, dans une mise en scène théâtrale originale où la poésie du mouvement s'entremêle au rythme des mots. Ce spectacle donne ainsi reliefs et saveurs aux émotions de deux personnages ordinaires...et sublimes à la fois.
 
 
 Nous vous invitons à découvrir la compagnie via son site:
       www.lignemouvante.wordpress.com.