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30/08/2018

Soliflore 64 - Anne B.

 

 

L'Absence  Raphaël Fournier.jpg

 (c)Raphaël Fournier

 

 

L’ABSENCE

 

L’absence,

C’est une part de nous

Qu'on a éprouvé dans l’autre

Et qui se respire sans visage

L’absence,

C’est une veine

Qui se frotte à notre démouillée

C’est cet absurde grillé par l'absolu

De vouloir tout garder et grandir

Dans notre fragilité

L’absence,

C’est le satin de la branche

De nos racines

Où l’on ne voudrait que la cambrure

Sans la surface dessoudée

L’absence,

C’est ce voile

Qui trempe notre encre dans sa chair

L’absence,

C’est la terre brouillée

A l’indélébile de notre présent

L’absence,

C’est cette bulle couchée

Aux larmes épuisées de la nuit

L’absence,

C’est cette promesse que le buvard

Se remplira à nouveau

Dès l’aube de sa rosée

L’absence,

C’est ce miroir

Où le cœur se fond dans ses graines

De toiles de silence.

 

 

https://www.facebook.com/Anne.B.SOLEIL/

 

Soliflore 63 - Jean Piet

 

 

10 décembre 2017..JPG

(c) Séverine Portejoie

 

 

Sagesse

 

 Elle s'assied au pied d'un chêne centenaire,

Hume l'odeur du temps, fumant sa pipe en bois,

Fait bruisser  les feuilles rouges entre ses doigts

Lève les bras, enlace le ciel salutaire.

 

Elle est le loup solitaire sur son rocher,

Celui veillant sur la meute juste en dessous.

La sagesse est le fil du temps, l'eau, ses remous,

Le ruisseau qui connait la mer et ses dangers.

 

Elle est dans le souffle du vent, dans les embruns,

Parfume les soupes, le pain des pauvres gens,

Dîne à la table sans nappe des indigents,

Puis, calme les colères de ceux qui ont faim.

 

Vous la trouverez au creux d'un arbre pourri,

Dans les pommes vertes, dans votre potager,

Dans les  cimetières, au détour d'une allée,

Vous parlant de la mort, mais surtout de la vie.

 

https://www.facebook.com/jean.piet1967/

 

 

 

29/08/2018

Soliflore 62 - Frédéric Vitiello

 

 

Christian HALNA DU FRETAY .gif

Christian Halna du Fretay

 

 

Prendre le parti du large

sans étroitesse ni a priori

Espérer la tempête

pour se hisser sur la pointe de l’eau

à flux tendu

Braver le ciel

les navires conquérants

et préférer toujours

au monde de terre

les horizons moqueurs

 

http://fredericvitiello.hautetfort.com

 

 

 

 

Soliflore 61 - Charles Orlac

 

 

 

Cézanne.jpg

Cézanne - La montagne Sainte-Victoire

 

 

 À celle qui

 Verse l’eau fertile sur les sables de la nuit

Qui barre la route aux vaines encyclopédies

 

 À celle des

 Restanques lézardées sous l’effort de mémoire

Celles des

 Villages perchés jeunes filles ou grand-mères loquaces

Leurs collines en marche vers des golfes rutilants

 

 À celle des

 Oiseaux prénommés de couleurs

Des ravines calcinées et leur bouche plus grave

Celle des

Portraits d’anonymes sous la plume désennuyée

Quand la pensée en panne se cherche un vocabulaire

Celle qui

Souligne les crêtes arpégées d’une glorieuse brume

 

 À celle des

Parapluies emmurés qui désamorce les malheurs

Qui rapatrie dans leur brousse

Les taxis aux cœurs embouteillés

Celle qui

Rive les ciels nocturnes de réverbères-pleines lunes

Pour tous les mécréants qui craignent

Un jour de les voir s’écraser

 

 À celle des

Abris-bus aux sans-abris parasités de matins clairs

Parasités du luxe de l’espoir

 À celle qui

Revêt le vent de pardons jaunissants

Quand sous la porte il glisse paupières mi-closes

Celle qui

Garde-barrière se soulève

Quand passent les soleils couchants

 

  À celle des

 Volontés puissantes, des barrages défiant les montagnes

Celle des

Garrigues hiérarchisant les parfums les heures

Celle des

Après-midi incendiés de crépitements d’insectes

 

 À celle qui

Écosse les jours et les délie de leur fil spatiotemporel

Celle des

Balustrades-belvédères où s’arrête la parole

Où le regard vient à nouveau tout unifier tout simplifier

Pour mieux partager l’éternité ainsi retrouvée

 

 À celle qui

 Coule l’horloge de cire dans nos cerveaux flottants

 

extrait de Vie d'origami et autres pliages (Édilivre)

 

https://www.facebook.com/CharlesOrlac/

 

 

 

 

 

01/08/2018

PETIT MESSAGE À L'ATTENTION DES AUTEURS QUI VOUDRAIENT PROPOSER LEURS TEXTES

Le nombre de propositions débordant, et de loin, mes possibilités en terme de temps et d'énergie, et de mon côté n'ayant pas vraiment les moyens de me consacrer à des activités bénévoles, je vais devoir passer un cap dans le niveau d'exigence, et donc je ne répondrais plus aux auteurs qui envoient au pif, sans même connaître au moins un peu la revue, sa démarche, son esprit, sans aucun égard donc pour le travail que cela demande. Je n'ai jamais exigé de la part des auteurs qu'ils aient lu au moins un numéro et encore moins de s'abonner pour être publiés (quelle horreur !), mais vu ce que je reçois, il me semble que ce serait parfois nécessaire de comprendre qu'autant il est légitime de désirer être lu, autant une forme de réciprocité et un intérêt pour les autres auteurs publiés, pour la revue que l'on sollicite (éventuellement pour le travail de la revuiste qui est poète également et qui fait tout le travail en solo), sont loin d'être superflus. La revue Nouveaux Délits se veut et s'est toujours voulu depuis sa création en juillet 2003, un lieu d'échanges, de rencontres, de découvertes, ce n'est pas juste une vitrine, et sachez que depuis 15 ans que je fais cette revue, j'ai appris à reconnaître celles et ceux qui font semblant de s'y intéresser, mais dont l'unique but est de mettre une référence de plus sur leur tableau de chasse. À bons lecteurs, vives salutations !

Cathy Garcia Canalès