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10/07/2013

Soliflore n°12 : Jacques Ceaux

Plénitude

 

Souffler d'un nuage

tombée à la pluie

tendre douceur

aux ailes mousse

sucrée d'avoine

en étés d'ocre

embaumée libre

dépliant à bonheur

douce embellie

sans la course

jaune lumière

et vertes routes

 Echapée.JPG

enveloppe azurée

aux plaisirs doux

sieste d'amour

sur son lit tendre

fines embrasures

de portes ouvertes

angle vivant d'arrondi

repas moelleux

en agapes bonnes

sirop du temps

coule au long plaisir

 

 Jacques Ceaux

 

 

 

photo (c)cathy garcia

 

 

 

 

 

09/07/2013

Soliflore n°11 : Isabelle Grosse

 se faire des idées
faire son cirque
raconter des histoires
faire du cinéma
    à quoi tu joues toi ?


chercher des signes partout
de vilains petits canards
cachés ici ou là
qui lui diraient
quoi quoi quoi


tremble et tressaute
à la moindre trace
tout petit pas de travers
tout droit


raye son nom sur le calendrier
souffle coupé rature son prénom
en oublie le jour et l'heure


rêve entre aurore et crépuscule
rêve que         et aussi que
alors seulement peut dormir enfin


keskessadi sadikoi
ça dit que tu t'oublies
ça parle de lumière et de beauté
ça dit de foncer tête la première dans ce qui te rend heureux
ça dit que ça peut aussi claquer fort et que si ça cogne la nuit c'est normal
tout ira bien


rassurez-vous madame
écrire redevient possible

 

   

Isabelle Grosse

 

 http://www.m-e-l.fr/isabelle-grosse,ec,494

 

 

 

 

 

06/07/2013

Soliflore n°10 : Thierry Radière

ARTICULATIONS

 

 craque les articulations

de mes doigts que

j’entende la première

musique du réveil

que je sente les extrémités

de la mort au petit déjeuner

 


Mémoire, traces III NB.JPG

Cathy Garcia - Mémoire, traces III NB

 

 

PENSÉE PORTUAIRE

  

la vie dans un élan

de carte postale écrite

face à un port

pourrait être simple

si les bateaux

ne tanguaient pas

pour la photo

 

 

04/07/2013

Soliflore n°9 : Michèle Rosenzweig

Le psychiatre

 

Dites-moi, c'est quoi, un psychiatre ?

demanda la femme innocemment

au retour d'un délire.

Oh, non, ce n'est pas un ami

plutôt un lointain parent

un peu de ce père qu'on sauve et qu'on tue

chaque jour un peu plus

un peu de ce frère absent qui exerce ses talents.

Un professeur de replis

de replis stratégiques

Un amateur d'oublis

d'oublis systématiques.

Un élève de nos vies

qui laisse bien des maux en suspens

comme on ménage un enfant

(récalcitrant, l'enfant, surtout aux médicaments ...)

Un rôdeur d'âme, un aspic rampant

Un déverrouilleur de peines

Un tâtonneur de vérités

Un combattant dans le noir

Un dérouilleur de mécaniques

Un essayeur de clés, un horloger

Un chasseur de gazelles

Un trappeur du Grand Nord

Un pourfendeur d'hydres à six têtes

Un oiseleur en cage

Un détrousseur d'images

Un décortiqueur d'amandes

Un drôle de type

Un docteur bien énigmatique

avec un léger accent

(Très charmant, l'accent !...)

 

Mais oui, un psychiatre c'est cela :

Un docteur exotique ...

 

Michèle Rosenzsweig

 

Soliflore n° 8 : Joël Jacquet

AUX TAMBOURS DE L’EAU

 

Le flot jaillit !

 

Impérieuse, la crue s’étend

Des arbres bruns tombent

Que le courant emporte

 

Ce bruit de l’eau qui monte

Ressemble tant aux tambours qui battent

A la frontière des morts et des vivants

 

Joël Jacquet, 20 octobre 2012

 

 

 

02/07/2013

Joyeux Anniversaire !

Dingue !

La revue

NOUVEAUX DÉLITS

a dix ans !!!

 

petite flamme restau Nant.JPG

 

Pari fou, pari tenu

 

218 auteurs y ont été publiés à ce jour, dont certains nous ont malheureusement quittés

16 artistes l'ont illustrée, autant dire que certains plus d'une fois !

 

Je les remercie toutes et tous, car une revue c'est avant tout le fruit du généreux travail et de la douce folie de chacun et si elle a réussi à perdurer jusqu'à aujourd'hui, c'est bien grâce à celles et ceux qui s'y intéressent, tous les abonné(e)s mais aussi les lectrices et lecteurs occasionnel que je remercie également, 

 

MERCI

MERCI 

MERCI !!! 

 

 

Petit rappel de mon tout premier édito en

Juillet 2003 
 
Pourquoi Nouveaux Délits ? Et pourquoi pas ?
Voilà le point de départ de cette revue qui se lance, à l’eau ou par la fenêtre comme on voudra, l’essentiel étant l’élan, l’impulsion, l’envie de faire. Faire réfléchir plus que plaisir, faire connaissance, faire le lien entre tous et chacun, pourvu qu’il soit avide de paroles, fraîches ou chaleureuses c’est selon, mais dans tous les cas vivantes.

Les auteurs sont lecteurs, les lecteurs auteurs et chacun contribue ainsi à poétiser le monde.
Poétiser : nettoyer les regards de la poussière du conformisme ambiant, goûter des saveurs nouvelles. Nouveaux Délits aime les mélanges, les différences, les mots qui dérangent, qui grattent, qui démangent, pour ne pas céder au sommeil qui dissout les consciences.
Nouveaux Délits à inventer, à commettre ensemble. Poétiser est un acte, pas un luxe.
Soyez à l’écoute du vent qui passe, ignorant les frontières, colporteur de bonnes et mauvaises nouvelles. Confiez-lui vos textes, vos poèmes, vos délires, il en fera peut-être de la matière à Nouveaux Délits.
 
 
CG

"Un poète doit laisser des traces de son passage, non
des preuves. Seules les traces font rêver"

René Char
 
 
 
Et bien, nous voilà donc prêts
à  laisser quelques traces
pour dix années de plus ?
 
 
 

 

01/07/2013

Soliflore n°7 : Andrea d'Urso

Next exit

 

Prochaine sortie,

il ya toujours une prochaine sortie,

je le sais.

Il y a toujours une prochaine sortie,

même sur ces routes départementales,

qui ne sont pas comme les autoroutes

où il y a toujours une prochaine sortie,

ici aussi il y a toujours une prochaine sortie,

même si ça ne se voit pas toujours.

Il y a une prochaine sortie,

dans la lumière matinale sur le visage de la fille du bar,

dans son sourire affable et provisoire,

il y a une prochaine sortie

dans les fleurs que tu n’as jamais achetées

et que tu as offert en rêve à une femme distraite en vrai.

Il y a une prochaine sortie

sur les pancartes maisons à vendre le long de la route,

maisons sur la colline, jamais habitées,

patios et vérandas qui n’attendent que d’être ouverts

dans les après-midi d’été finissants

qui n’attendent que d’être fermés.

Il y a une prochaine sortie

dans le regard vif de la vieille femme de ménage

qui vient dans nos bureaux le lundi matin,

je l’ai vue se planter avec son balai-brosse

devant une carte géographique

et aller là où personne n’est jamais allé

et revenir là d’où personne n’est jamais revenu,

elle y compris.

Elle ne m’achètera jamais de robinet,

mais je l’aime bien quand même.

Il y a une prochaine sortie,

quand à la radio de ta voiture

tu trouves la bonne chanson et tu montes le son,

il y a une prochaine sortie

quand tu écoutes Largo from Serse de Haendel,

pas besoin de monter le son

car on n’a plus besoin de rien

quand on écoute Largo from Serse de Haendel,

tout est parfait, tout est à sa place,

tout prend une connotation différente,

le ciel, la route, les voitures.

et le type qui te coupe la route avec son Cayenne

ne t’atteint pas, ne te concerne pas,

il a son rôle, sa fonction,

et même une forme de beauté,

il y a toujours une prochaine sortie

mais il faut se dépêcher

car dès que le morceau s’achève

tout redevient comme avant

et le type qui te coupe la route avec son Cayenne

redevient  juste un gros con.

Il y a toujours  une prochaine sortie,

le seul problème pour moi c’est de trouver l’entrée.

 

 

Andrea d'Urso, Italie

Traduction Muriel Morelli