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11/09/2018

Soliflore 70 - Xavier Monloubou

 

 

pour Soliflores - la paix. Xavier Monloubou.jpg

photo de l'auteur

 

la paix.

elle mue d’arbre en arbre. apparition enlacée au cuivre du soleil. d’une marche lente. jamais à l’abri. majesté venue d’ailleurs. mal de rêveur, son agenda toujours ouvert. contre la pierre entrebâillée qui traîne sous la pluie. son brouillon épuisé de ville. ce quelque chose dans le pain. elle sauvera l’autre rêveur. qu’elle impose. au rythme de l’invisible ciel qui respire l’onde blonde, la présence, le geste libre. elle, la paix. elle anime le « i » d’aimer. se déporte avec le pollen et le vent. part encensée. passage secret. pour nous trouver enfin.

 

 

 

 

 

 

 

09/09/2018

Le numéro 60 lu par Marilyne Bertoncini pour la revue Recours au poème

Les Revues “pauvres” (1) : “Nouveaux Délits” et “Comme en poésie”

Par | 4 septembre 2018|Catégories : Comme en poésieNouveaux DélitsRevue des revues

Ce n’est certainement pas à l’excellent qualité des contenus et des projets  que renvoie le terme « pauvre » – mais comme pour ce qu’on nomme « l’art pauvre », je voudrais par ce titre souligner l’inventivité, les maigres ressources (les abonnements et l’investissement bénévole des revuistes), et ce génie de l’utilisation des bouts de ficelle qui permet de concocter des revues ne le cédant en rien aux plus connues, mais qui vivent à la marge, en raison de la confidentialité de leur diffusion.

 

« Nouveaux Délits, revue de poésie vive » en est un excellent exemple : de petit format (une feuille A4 pliée en 2), agrafée sous une couverture rousse, il offre 54 pages d’excellente poésie accompagnée d’illustrations en n&b – un illustrateur différent invité pour chaque numéro – imprimée sur papier recyclé : « Du fait maison avec les moyens et la technicienne du bord, pour le plaisir et le partage. » ainsi que le déclare la maîtresse d’œuvre, la poète Cathy Garcia, qui mène contre vents et marées cette entreprise depuis 15 ans, et à laquelle je cède la parole en recopiant l’édito du numéro 60, dans lequel on lit l’enthousiasme et les difficultés de l’entreprise. (...) 

 

 

 

"Ce n’est pas quelque chose sur quoi j’aime m’étaler mais il faut savoir peut-être que si cette revue existe, c’est par une sorte de passion entêtée de ma part, car elle est réalisée (volontairement) sans subvention et bénévolement, dans un contexte de précarité permanente, qui a d’ailleurs tendance à s’accroître d’année en année et ce numéro 60 a eu un accouchement particulièrement difficile. Cependant, je crois bien qu’au final, c’est un beau bébé ! Un peu étrange, douloureux même, mais riche de toute sa complexité humaine et de cette énergie qui passe dans les mots, qui les traverse et parfois nous transperce, cet appel d’air, ce désir indéfinissable de saisir, en nous et hors de nous par les filets de la parole, ce qui le plus souvent demeure insaisissable.”

 

Feuilletons ensemble ce numéro fatidique : après l’édito que nous venons de citer in extenso, le sommaire : 7 poètes pour cette livraison, dans une partie intitulée « Délit de poésie » puis deux livres présentés dans la rubrique « Résonance ». Suit la mention intriguante « Délits d’’in)citations percent la brume des coins de page » : en effet, la revue est ponctuée de citations plus ou moins longues, dans l’angle des pages non numérotées : on trouve dans ce numéro un proverbe russe, Victor Hugo, Daniel Biga, un haïku de Sôseki… ou encore – en écho au poème de Valère Kaletka, « Le lieu », cette phrase de l’humoriste Pierre Doris : « C’est très beau un arbre qui pousse dans un cimetière. On dirait un cercueil qui pousse ». Car l’entreprise de Cathy Garcia, on le comprend vite, n’est pas dépourvue de cette distance souriante, qui lui a fait choisir le titre provocant de cette publication, liée à l’association et aux éditions Nouveaux délits, à Saint Cirq-Lapopie – rien de moins : revue pauvre, peut-être, mais au moins sous le regard tutélaire d’André Breton, qui y a séjourné après y avoir acheté une maison en 1950. D’ailleurs, si elle invite le lecteur à s’abonner, elle le fait en dernière page avec un « bulletin de complicité » qui vous propose de « blanchir (votre) argent en envoyant (votre) chèque à l’association – et comment résister à cet appel à soutien, lorsqu'on a pu constater la variété des textes publiés ? Dans cette livraison, outre Valère Kaletka, Pierre Rosin, dont on suit le parcours de peintre-poète dans Recours au Poème également, et dont je relève le post-scriptum à l’un de ses textes : « PS : nous pourrons garder les poètes et les peintres à condition qu’ils sachent jardiner ». Puis Daniel Birnbaum, Joseph Pommier, Florent Chamard, dont on peut écouter deux textes lus par Cathy Garcia sur la chaîne youtube « donner de la voix » 

Puis Vincent Duhamel avec quelques proses poétiques, et Antonella Eye Porcelluzzi, dont la biographie succinte nous amène sur google à regarder les films ou écouter à travers la voix de Cathy sur la chaîne associée à la revue

Vous ne connaissez pas la plupart de ces noms ? C’est qu’ils ont surtout publié en revue, et que les éditeurs ne les ont pas encore rencontrés, mais parcourez donc, sur le site, la liste des poètes publiés par la courageuse revue Nouveaux Délits – et : bonnes découvertes !

 

Pour lire l'intégralité de l'article : https://www.recoursaupoeme.fr/les-revues-pauvres-1-nouvea...

 

 

 

 

Soliflore 69 - Patrice Blanc

 

alison scarpulla-02.jpg

(c)Alison Scarpulla

 

 

vagabond,

le sommeil flirtait avec la mort

crises justes, aiguisées

 

 

chose des morts

dans l’enfer des buissons !

 

 

images cuites des mots,

étoiles baignées d’ivresse…

 

 

les mots sucent  la poussière

la bête approche

sur le sentier du dire

 

elle flanne

jusqu’au repère du poème

 

 

 

(…)

 

les nerfs besognent en terre de douleur

champs malades

 

l’existence use le poème

 

ailleurs,

mêmes les rêves meurent…

 

 

 

 

un sommeil rouillé

un mort lave la nuit

 

les flaques cassantes

du ciel

drainent les falaises

 

au hasard des pierres…

 

 

 

05/09/2018

Soliflore 68 - Patrick Le Divenah

 

P.Le Divenah illustration café 2 (Nouv.Délits) 001.jpg

illustration de l'auteur

 

 

café  2

 

claque aux doigts

fringué de sa dégaine

 

coup d'œil qui délimite le territoire

 

claque la commande

 

se jette un verre

rituel

 

claque la langue

 

coude affirmé

billet désinvolte sur le comptoir

 

claque le fric

 

main qui s’impose paternaliste

droit de cuissage

claque la cuisse

 

le pas irrémédiable qui doit laisser un vide

 

claque la porte

 

 

 

Patrick Le Divenah a illustré le n°56 de la revue

http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/archive/2016/...

 

 

 

Soliflore 67 - Laurence Skivée

 

 

 

La Roche-en-Ardenne, LS août 2018.jpeg

(c)photo de l'auteur - La Roche-en-Ardenne, août 2018

 

 

   Revenir à la source

 

    Lumière pure             entre les plus hautes déchirures

 le vent      la pluie         la liberté

        le chant         et le silence

          mon beau pays

         de joie

 

 

 

         www.laurenceskivee.be

 

 

 

 

04/09/2018

Soliflore 66 - Antoine Durin

 

 

Dieter Appelt self-portrait 1978.jpg

Dieter Appelt - self-portrait - 1978

 

 

Le miroir te renvoie
des rides nouvelles
qui s’accentuent
avec ton sourire benêt.

Que s’est-il passé
pendant ton sommeil ?

Tu avais pourtant mis
une crème de nuit
dans le gouffre
de tes angoisses…

 

 

 

 

01/09/2018

Soliflore 65 - Pierre J. Niedergang

 

lucile lert.jpeg

(c)Lucile Lert

 

 

Attaqué de tous les côtés, 

Je suis une pile

d’accablement 

étoile d’un filant

manque d’espoir

un dévorant

dévoré.

Mais je l’ai dit à votre juge, 

amoureux.

J’ai répété, j’ai crié 

la secousse

l’ouverture

qui m’habitait.

J’ai tenté la suturation,

J’ai même voulu écrire,

mais je ne suis pas un graveur de roche 

Je suis une fumée habile

qui vibre

de toutes parts.

Je ne suis pas un fluide, un flux,

je ne coule pas.

Je suis une fumée en vibration 

en expansion.

Mais tu m’assièges, 

tu m’assènes

que la porte est fermée 

et les clés, perdues

dans un lointain futur; 

que nous sommes

une prison en démolition

 

pniedergang@gmail.com

 

 

30/08/2018

Soliflore 64 - Anne B.

 

 

L'Absence  Raphaël Fournier.jpg

 (c)Raphaël Fournier

 

 

L’ABSENCE

 

L’absence,

C’est une part de nous

Qu'on a éprouvé dans l’autre

Et qui se respire sans visage

L’absence,

C’est une veine

Qui se frotte à notre démouillée

C’est cet absurde grillé par l'absolu

De vouloir tout garder et grandir

Dans notre fragilité

L’absence,

C’est le satin de la branche

De nos racines

Où l’on ne voudrait que la cambrure

Sans la surface dessoudée

L’absence,

C’est ce voile

Qui trempe notre encre dans sa chair

L’absence,

C’est la terre brouillée

A l’indélébile de notre présent

L’absence,

C’est cette bulle couchée

Aux larmes épuisées de la nuit

L’absence,

C’est cette promesse que le buvard

Se remplira à nouveau

Dès l’aube de sa rosée

L’absence,

C’est ce miroir

Où le cœur se fond dans ses graines

De toiles de silence.

 

 

https://www.facebook.com/Anne.B.SOLEIL/

 

Soliflore 63 - Jean Piet

 

 

10 décembre 2017..JPG

(c) Séverine Portejoie

 

 

Sagesse

 

 Elle s'assied au pied d'un chêne centenaire,

Hume l'odeur du temps, fumant sa pipe en bois,

Fait bruisser  les feuilles rouges entre ses doigts

Lève les bras, enlace le ciel salutaire.

 

Elle est le loup solitaire sur son rocher,

Celui veillant sur la meute juste en dessous.

La sagesse est le fil du temps, l'eau, ses remous,

Le ruisseau qui connait la mer et ses dangers.

 

Elle est dans le souffle du vent, dans les embruns,

Parfume les soupes, le pain des pauvres gens,

Dîne à la table sans nappe des indigents,

Puis, calme les colères de ceux qui ont faim.

 

Vous la trouverez au creux d'un arbre pourri,

Dans les pommes vertes, dans votre potager,

Dans les  cimetières, au détour d'une allée,

Vous parlant de la mort, mais surtout de la vie.

 

https://www.facebook.com/jean.piet1967/

 

 

 

29/08/2018

Soliflore 62 - Frédéric Vitiello

 

 

Christian HALNA DU FRETAY .gif

Christian Halna du Fretay

 

 

Prendre le parti du large

sans étroitesse ni a priori

Espérer la tempête

pour se hisser sur la pointe de l’eau

à flux tendu

Braver le ciel

les navires conquérants

et préférer toujours

au monde de terre

les horizons moqueurs

 

http://fredericvitiello.hautetfort.com

 

 

 

 

Soliflore 61 - Charles Orlac

 

 

 

Cézanne.jpg

Cézanne - La montagne Sainte-Victoire

 

 

 À celle qui

 Verse l’eau fertile sur les sables de la nuit

Qui barre la route aux vaines encyclopédies

 

 À celle des

 Restanques lézardées sous l’effort de mémoire

Celles des

 Villages perchés jeunes filles ou grand-mères loquaces

Leurs collines en marche vers des golfes rutilants

 

 À celle des

 Oiseaux prénommés de couleurs

Des ravines calcinées et leur bouche plus grave

Celle des

Portraits d’anonymes sous la plume désennuyée

Quand la pensée en panne se cherche un vocabulaire

Celle qui

Souligne les crêtes arpégées d’une glorieuse brume

 

 À celle des

Parapluies emmurés qui désamorce les malheurs

Qui rapatrie dans leur brousse

Les taxis aux cœurs embouteillés

Celle qui

Rive les ciels nocturnes de réverbères-pleines lunes

Pour tous les mécréants qui craignent

Un jour de les voir s’écraser

 

 À celle des

Abris-bus aux sans-abris parasités de matins clairs

Parasités du luxe de l’espoir

 À celle qui

Revêt le vent de pardons jaunissants

Quand sous la porte il glisse paupières mi-closes

Celle qui

Garde-barrière se soulève

Quand passent les soleils couchants

 

  À celle des

 Volontés puissantes, des barrages défiant les montagnes

Celle des

Garrigues hiérarchisant les parfums les heures

Celle des

Après-midi incendiés de crépitements d’insectes

 

 À celle qui

Écosse les jours et les délie de leur fil spatiotemporel

Celle des

Balustrades-belvédères où s’arrête la parole

Où le regard vient à nouveau tout unifier tout simplifier

Pour mieux partager l’éternité ainsi retrouvée

 

 À celle qui

 Coule l’horloge de cire dans nos cerveaux flottants

 

extrait de Vie d'origami et autres pliages (Édilivre)

 

https://www.facebook.com/CharlesOrlac/

 

 

 

 

 

29/07/2018

Soliflore 60 - Anne Perrin

 

chaleur image.jpg

(photo de l'auteur)

 

 

Chaleur suave et étrangeté de ce soir en pointillé
où rôdent les épaves. Que les yeux se plissent
aux immondices, que l'écarlate jaillisse
à l'horizon-délice.

Fais-moi silence pour ne plus voir l'orage et sa robe de plage,
fais-moi absence.

Retenons merveilles aux creux de l'océan,
sablons les courants des étoiles-vermeil

Et d'un ciel de feu, nous peindrons
les oraisons des nouveaux dieux.

 

 

 

21/07/2018

Soliflore 59 - Sébastien Cochinard

La Lavandière Toulouse-Lautrec.jpeg

Toulouse-Lautrec - La blanchisseuse, Rosa

 

 

je ne t’idéalise pas
d’une glaise de mots je sculpte ton retard
je vais t’inverser de couleurs
peau rousse et cheveux lactés d’alpaline
ta langue de feldspath marouflant l’espace de nos bouches
d’un millefeuilles la mienne ruant aux flux de tes secousses
à l’oraison de tes jambes
le rougeoiement des estrans
l’incendie joint à ses couleurs
ta langue de victoire des rapides du monde
ton sexe mont-cratère gorgé de cerises racines
beau de son ignorance pour l’ardeur du jour
pour la cannelle de tes yeux
pour le pluriel ovni de ton regard
belle d’inassouvance
pour ton gypse gitan dont je ne sais la saveur

 

https://www.facebook.com/scochinard

 

 

 

 

14/07/2018

Petite histoire essentielle de la futilité de Bruno Toméra - Lu par Patrice Maltaverne

 


Publié par Cathy Garcia, en tant que supplément de la revue Nouveaux Délits (même si ce texte s'achète indépendamment de la revue), "Petite histoire essentielle de la futilité", de Bruno Toméra est son troisième supplément (collection des délits buissonniers).
 
Cela fait plusieurs années que j'espérais relire des poèmes de Bruno Toméra, que j'ai publié à plusieurs reprises dans les premiers numéros de "Traction-brabant".
 
Heureux, donc, de retrouver cette poésie inchangée., qui suit, au plus près, des vies d'infortunes, faites de petits boulots mal payés, de misères de la rue, de ces réalités impossibles à cacher, à moins d'être de mauvaise foi.
 
Si la poésie de l'auteur sort souvent cabossée de ces malheurs ordinaires, ne croyez pas pour autant qu'elle s'y enfonce. Une lueur d'espoir traverse tous ces poèmes, qui est celle d'une fraternité humaine non feinte, et non basée sur l'intérêt. Quelque chose de franc, de direct, de solide, qui s'affirme contre vents et marées. 
 
Rien de malsain dans ces textes, juste une soif de révolte renouvelée, qui s'exprime avec le sourire, qualité rare qui fait que le style des poèmes, chaleureux dans ses images comme dans ses mains tendues, est reconnaissable et rare entre tous.
 
Extrait de "Petite histoire essentielle de la futilité", de Bruno Toméra :

"Le nouveau testament personnel et subjectif"

En m'invitant dans la fiesta de la vie,

l'univers a égaré le carton d'invitation
et me voilà loufiat (comme des milliards d'autres)
à chercher une planque pas trop inconfortable,
un peu d'amour et de calme
mais c'est sans compter
sur la panne d'électricité au seuil du Grand Soir
sur la dernière chanson déprimée du rebelle Renaud
sur dieu et sa bande d'abrutis sanguinaires
sur les grossistes des boutiques multinationales
sur le salon de la motoculture et du tripatouillage animal
sur la délocalisation des entreprises de confettis
sur la peine-à-jouir de l'égocentrique poésie
sur le one man show de la spectaculaire connerie
et son public connaisseur et ravi.
Sur un tas de fatras que nous enjambons chaque jour,
pauvres cloches.
Quand la mort m’enlacera sur un slow éculé
avec ses clins d’œil d'allumeuse pubère
ou sur un dico débridé avec des petits cris jouissifs de travelo
sortir de la fête à son bras sera le point final
de foutus SOS éparpillés en pointillés
avec la satisfaction de celui qui s'est exténué
à rafistoler la ligne de flottaison du radeau jusqu'au bout
et hypocrite jure que c'était bien mais que toute
bonne a une fin... Enfin."

Les illustrations de la couverture et des pages intérieures sont de Jean-Louis Millet.

http://poesiechroniquetamalle.blogspot.com/2018/07/petite...

 

 

 

 

 

28/06/2018

1er juillet 2018 – Cabrerets : Chemin poétique du Célé à Pech Merle

Dans le cadre de la 1ère édition du Printemps des paysages, le Printemps des Poètes joue du Hors Saison, en programmant sa première salve aux premiers jours de l'été 2018, les 29, 30 juin et 1er juillet. Le choix a été fait de retenir trois lieux réunis par un fil conducteur fort (la vallée du Lot) et révélateurs par ailleurs d’une pluralité de situations et de paysages (de confluence, industriels, préhistoriques…) : Aiguillon, Fumel et Cabrerets.

 

Et donc, voici le programme pour le 1er juillet, à Cabrerets, village pittoresque entre falaise et ruisseau :


14h Point de rendez-vous : Place de la mairie, où Cathy Garcia, poète, créatrice et responsable de la revue Nouveaux délits, tiendra un stand.


Cœur de Village, déambulation de la place du foirail au fil de La Sagne jusqu’au Célé ; présentation de Dominique Segond, maire de Cabrerets, et Emmanuel Prieur, paysagiste concepteur.


14h30 La légende de la chèvre blanche depuis les berges du Célé
Point de rendez-vous : Pont du Célé
Transmission audio de la légende de la Chèvre Blanche de l’autre coté du pont face au château du Diable.


15h La grotte et le sentier de Pech Merle
Point de rendez-vous : Église de Cabrerets


Initiez-vous à la lecture de paysage des Causes du Quercy, avec le PNR des
Causses du Quercy et le CAUE du Lot :
- le village de Cabrerets (Belvédère de l’église)
- le paysage du Causse depuis le sentier de la Grotte, avec halte à mi chemin
pour découvrir la vue plongeante sur le coeur de village niché au pied de la
falaise


Descente par groupe (sur inscription préalable auprès de la mairie) au sein de la grotte et lecture de Dominique Sampiero. Possibilité de retrouver le groupe sur l’esplanade en contrebas du grand escalier sur un espace plat herbé.

 

 

98149a469139a567ebd283c8a3bd597e_announced_sampiero.jpgDominique Sampiero est né dans l’avesnois en 1954, région de bocage du Nord de la France. Instituteur pendant une vingtaine d’années, militant des pédagogies Freinet, Montessori, Rudolph Steiner et de l’approche humaniste « L’enfant est une personne » de Françoise Dolto, il démissionne de l’éducation nationale pour se consacrer entièrement à l’écriture.


Poète, romancier, scénariste, auteur jeunesse et de théâtre (Tchat Land / Le bleu est au fond), réalisateur de vidéos et de courts métrages (La dormeuse / On est méchant avec ceux qu’on aime), Dominique Sampiero explore la création littéraire et obtient une première consécration de son écriture poétique avec La vie Pauvre (Prix Max Pol Fouchet. Ed. La différence, 1992) et de son écriture romanesque avec Le rebutant (Prix du roman populiste Ed Gallimard, 2003). Il reçoit le prix Robert Ganzo (Étonnants voyageurs) pour La vie est chaude et l’ensemble de son œuvre en 2014. Son expression parcourt différentes formes d'écriture en restant fidèle aux personnages et aux thèmes de son univers poétique : les vies lumineuses et minuscules mais aussi les sites fondateurs de la région du Nord et de la France en général : le paysage comme utopie.


En 1998 et en 2004, il écrit deux scénarios sur des sujets sensibles, l’école et l’adoption : Ça commence aujourd'hui (Prix international de la critique à Berlin) et Holy Lola, réalisés par Bertrand Tavernier. Le scénario de Fils unique a été réalisé par Miel Van Hoogembent en 2013 et a reçu le prix du jeune regard au festival d’Arras.
En 2016, les éditions La Rumeur Libre ont publié le premier tome de son œuvre intégrale (deux autres volumes à venir). Les éditions Gallimard ont publié un récit écrit lors d’une résidence avec des enfants en difficulté scolaire : La petite fille qui a perdu sa langue.


Membre de la commission Poésie au CNL de 2002 à 2005.
Membre de l’académie des César depuis 2004.
Membre du conseil d’administration de la SACD commission cinéma de 2017 à 2020.

 

 

Le Printemps des Paysages est né de la rencontre du Printemps des Poètes et du Bureau des Paysages du Ministère de la Transition Écologique et Solidaire. Cette initiative en partage entend donner à voir de façon originale la dimension sensible et poétique du paysage (qui en fait sa totale singularité par rapport à d’autres formes d’analyse ou d’aménagement de l’espace).

 

La brochure pour en savoir plus sur ces évènements : Brochure paysage - poésie A5 V4.doc

 

Suivez pas à pas cette résidence poétique, à travers les textes & photographies de Dominique Sampiero

http://www.printempsdespoetes.com/?rub=7&ssrub=68&...

 

 

 

21/06/2018

Avis de parution : Petite histoire essentielle de la futilité de Bruno Toméra - Délit buissonnier n°3, juillet 2018

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40 pages agrafées

 

tirage limité et numéroté

sur papier recyclé  

offset 90 gr

couverture calcaire 250 gr

 

textes de Bruno Toméra

 

 

 

l’auteur  présenté par Jean-Louis Millet :

 

Tom   le malgré tout poète

Quelle est cette manie de vouloir coller une bio ?  les poèmes se

suffisent, non ? Pour les bios je préfère l'intime à deux, dans un canapé

moelleux, prêts à se défenestrer l'ego et le corps, dans le duel de la

parade séductrice.... (non je rigole)

 

Mais, faut se méfier des chats acculés dans les coins de murs, balancent

toujours de foutus coups de pattes, enfin...  je suis aux aguets des

pulsions de révoltes comme autant de petits espoirs de cette humanité

déchue.

 

Ce regard entrouvre la porte d'un désir

que nous n'aurons pas le temps de franchir

c'est le cambriolage d'une caresse

qui restera là, dérobée, sans adresse.

 

… mais, avec le recul, y a de quoi pondre quelques belles foutues

phrases  sur le tapis savonneux de l'existence.

Mon rire délivre insolent et joyeux l'impertinence de vivre.

 

 

Tom

Ouvrier mécanicien pour la raison sociale, poète essentiellement

chercheur de vie et d’étonnement, chercheur de musicos chanteurs & enchanteurs aussi pour que les mots puissent vaincre les lois de la

gravité.

 

 

Bio recomposée par petits prélèvements dans l’œuvre et les échanges épistolaires avec « le malgré tout poète ».

 

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illustrations originales de Jean-Louis Millet

 

 

Grand spécialiste en rien mais curieux de tout : dessin, peinture, sculpture, photo, écriture, vidéos, édition virtuelle, chasse aux connivences & alternatives… Ensemble de ‘’propos’’ mis en actes dans l'animation de blogs et de sites dont "Zen-évasion", site cave-grenier aux malles ego-mystérieuses : http://www.zen-evasion.com/. Il a déjà maintes fois illustré la revue ainsi que d’autres publications Nouveaux Délits comme Ailleurs simple ; Claques & boxons ; Guerres et autres gâchis  (textes de Cathy Garcia) et ses encres sont à l’origine du livr’art : États du Big Bang. Il a illustré Le poulpe et la pulpe de Cathy Garcia également (Cardère éd., 2010) et Des brins et des bribes (éd. Du Cygne, 2011) de Werner Lambersy et Cheval rouge de Fanny Sheper, 2017 (thebookedition.com). Il a exposé ses travaux artistiques, notamment à Perros-Guirec, en Bretagne, sa terre évasion.

 

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« Au retour dans la bagnole, intercalé dans la file des pressurés

l'humanité klaxonnait, gueulait, les bras au ciel, pressés

de se jeter corps et âmes dans d'autres emmerdements.

Le connard de derrière habillé en voiture dernier cri

gesticulait dans le rétro, le poing brandi.

 

Garde toujours le piaf des urgences dans ton cœur

Garde toujours le piaf des urgences dans ton cœur.

Que je me suis dit. »

 

 

Tom 07csm.jpg

 

Serrant mes mains dans ses mains

elle me dit :

“Gamin, c'est une bulle de savon, la vie,

ça pique les yeux et c'est fini.”

 

 

 

 

 

10 €

 

 à commander à

Association Nouveaux délits

Létou

46330 St Cirq-Lapopie

 

 

 

 

 

28/05/2018

Revue Nouveaux délits n°60 - Antonella Eye Porcelluzzi

 

 

Deux poèmes (extraits de "Papamaman 4") parmi les poèmes d'Antonella Eye Porcelluzzi publiés dans ce numéro.

Lus par Cathy Garcia Canalès.

 

 

 

 

 

25/05/2018

Revue Nouveaux délits n°60 - Vincent Duhamel

 

"La Boîte", un des textes poétiques de Vincent Duhamel liés dans ce numéro.

Lu par Cathy Garcia Canalès.

 

 

 

 

 

24/05/2018

Revue Nouveaux délits n°60 - Florent Chamard

 

Deux des poèmes de Florent Chamard publiés dans ce numéro.
Lus par Cathy Garcia Canalès.

 

 

23/05/2018

Revue Nouveaux Délits n°60 - Joseph Pommier

 

 

Un des poèmes de Joseph Pommier publiés dans ce numéro.

Lu par Cathy Garcia Canalès.

 

 

 

 

19/05/2018

Revue Nouveaux Délits n°60 - Daniel Birnbaum

 

 

 

Le tuk-tuk et Les ongles, deux des poèmes extraits de "Mada" de Daniel Birnbaum publiés dans ce numéro.

Lus par Cathy Garcia Canalès.

 

 

 

 

Revue Nouveaux Délits n°60 - Pierre Rosin

 

 

 

Deux des poèmes de Pierre Rosin publiés dans ce numéro.

Lus par Cathy Garcia Canalès.

 

 

 

 

18/05/2018

Revue Nouveaux Délits n°60 - Valère Kaletka

 

 Pluion et Le lieu, deux des poèmes de Valère Kaletka publiés dans ce numéro.

Lus par Cathy Garcia Canalès.

 

 

 

 

 

14/05/2018

Double fond d’Elsa Osorio

 

traduit de l’espagnol (Argentine) par François Gaudry

Métailié, 18 janvier 2018

 

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400 pages, 21 €

 

 

« L’ananké. L’impossibilité d’échapper au destin. »

Sur la côte bretonne à La Turballe, proche de Saint-Nazaire, un pêcheur a retrouvé le corps d’une femme noyée. On découvre qu’il s’agit de Marie Le Boullec, un médecin apprécié, épouse d’Yves le Boullec, un photographe décédé quelque temps auparavant et issu d’une famille de notables locaux connue et respectée. La thèse du suicide semble la plus évidente et sans doute la plus arrangeante aussi pour cette famille sans histoire qui n’apprécie pas qu’on parle d’elle, si ce n’est pour en faire l’éloge, mais cette thèse ne satisfait pas Muriel, la jeune journaliste chargée d’écrire des articles sur la « femme de La Turballe » dans le journal local, depuis qu’elle a eu une conversation avec le commissaire Fouquet. Outre que le but d’un journal est forcément de capter et conserver l’attention des lecteurs, Muriel a un goût pour l’investigation et la vérité et Fouquet en lui révélant les origines argentines de la noyée, a aussi évoqué des assassinats jamais élucidés pendant la dictature, il la met sur une piste que lui-même, proche de la retraite, ne va pourtant pas creuser. Elle va donc mener sa propre enquête, même si elle ne pourra révéler publiquement toutes ses découvertes et encore moins quand l’affaire sera déclarée classée.

Ce qui a éveillé les soupçons du commissaire dans cette histoire de suicide par noyade, ce sont les fractures du corps de la noyée qui indiqueraient qu’elle soit tombée d’une certaine hauteur et les traces d’un anesthésique retrouvées elles aussi à l’autopsie. Marie Le Boullec étant médecin, cela pourrait confirmer la thèse du suicide, mais il se trouve que c’est du penthotal, exactement le même anesthésique utilisé par les officiers de la junte pendant la dictature argentine, lors de ce qu’ils appelaient des « transferts », ces vols de la mort qui consistaient à balancer des prisonniers vivants, conscients mais anesthésiés, du haut d’avions pendant des vols de nuit tous feux éteints au-dessus de la mer. Membres des FAR, des Monteneros, simples militants politiques, syndicalistes, artistes, étudiants, parents, religieuses ou autres soi-disant subversifs qui comptent au nombre des milliers de « disparus » de la dictature.

Mais quel rapport avec Marie Le Boullec, même si celle-ci à des origines argentines ? En menant son enquête, Muriel est aidée par Marcel, un ami très ou trop attaché à elle mais calé en Espagnol et Melle Geneviève Leroux, une voisine âgée de Marie de Boullec qui ne croit pas à la thèse du suicide, car cette dernière lui avait téléphoné pour l’appeler à l’aide le soir de sa disparition. Marie était venue parfois chez Geneviève pour consulter ses mails sur l’ordinateur de cette dernière et c’est en réussissant à avoir accès à cette boîte, que le trio tombe sur une correspondance avec un jeune homme dans laquelle il est question de la mère de ce dernier et où elle utilise un autre nom, Soledad Durand.

Double fond démarre sur un récit, que nous allons suivre simultanément avec l’enquête de Muriel, dans une sorte de patchwork vertigineux, un récit qui nous transporte des années en arrière, à la fin des années 70. Celle qui raconte, c’est une mère et elle raconte à son fils, tous deux sont Argentins et elle raconte pour qu’il sache que, malgré toutes les apparences, elle ne l’a jamais véritablement abandonné. Elle raconte sa participation à la lutte armée contre la dictature, lutte en laquelle elle croyait et comment elle fut contrainte à la clandestinité, elle raconte l’arrestation qui l’a conduite avec son fils alors âgé de 3 ans, au terrible centre secret de rétention, l’ESMA et son « avenida de la Felicidad », un couloir baptisé ainsi par les militaires à cause des hurlements des prisonniers torturés qui y résonnaient en permanence.

Elle aussi a été torturée sur un grabat de la cellule 13 et son fils à l’écart entendait ses cris, elle criait mais elle n’a jamais parlé. Elle s’appelle Juana, mais aussi Lucia, et elle raconte, elle raconte tout, elle écrit sur du papier.

« J’aime ce chuchotement de la plume sur le papier. Elle le caresse, l’égratigne, fait surgir des mots cachés, prisonniers. Comme ces noms que je comptais sur les doigts de la main gauche : ceux des nôtres, et sur la main droite ceux de nos ennemis. Des noms que je répétais sans cesse, comme une litanie, une prière païenne. Je m’en souviens encore, il y aura bientôt vingt-sept ans, depuis le 16 septembre 1978 où j’ai commencé à les mémoriser. »

Du sous-sol de l’ESMA à son antenne à Paris, le Centre de Pilote, où des prisonniers furent envoyés clandestinement pour infiltrer le COBA, les groupes d’exilés sud-américains qui luttaient depuis leur exil et tentaient de dénoncer les crimes de la dictature et puis à l’ESMA de nouveau et de là à un appartement à Buenos Aires, un autre genre de prison, où sa seule liberté fut de pouvoir suivre des études de médecine, elle raconte son destin de femme, de mère, une femme et une mère dont l’intelligence et le courage furent à la fois le salut et l’enfer. Une femme qui n’a jamais parlé mais qui a dû se compromettre au-delà de tout respect d’elle-même et s’arracher le cœur pour sauver des vies. Et si la dictature a eu une fin, son enfer lui n’en a pas. L’injustice et l’impunité continuent de régner 30 ans après et vont la rattraper, même si elle a tenté de sauver ce qu’il restait de sa dignité et ce qui a toujours été le plus cher à son cœur : son fils, dût-il la haïr pour toujours.

« (…) ce que fuyait la femme de la Turballe, un homme, un régime, une folie, une haine tenace, l’a poursuivie jusqu’ici et la tuée. Noyée. », écrira Muriel dans un de ses articles.

Il est question dans Double fond de ces circonstances qui permettent à des êtres humains de devenir des monstres sans culpabilité et d’autres qui combattent les monstres, bourreaux et victimes pris dans une même tourmente. Résonne douloureusement cette phrase de Nietzsche : « Quiconque lutte contre des monstres devrait prendre garde, dans le combat, à ne pas devenir monstre lui-même. Et quant à celui qui scrute le fond de l'abysse, l'abysse le scrute à son tour. » Reste qu’il y a tout de même deux côtés de la barrière quand il s’agit de dictature, de torture et d’assassinats. Les faibles, les lâches, les opportunistes qui ont vendu leur âme sont souvent hélas du côté qui semble le plus fort et qui s’auto-justifie sans honte, et même si rien n’est jamais complètement noir ou complètement blanc, apparaît clairement dans ce livre — et dans toute sa pathétique et terrible indigence morale —, la folie humaine.

C’est tout un pan de l’histoire argentine qui est contenu dans ce livre, avec ses dessous les plus sales, les liens avec la France et les connivences entre militaires argentins et membres du gouvernement français, l’Ambassade argentine en France — comme dans d’autres pays — servant de centre de propagande et le Mondial de Foot en 1978 qui s’est déroulé en Argentine à la face du monde entier. Les hurlements des supporters couvraient ceux des torturés. Et n’oublions jamais qui a enseigné aussi aux militaires sud-américains leurs techniques de torture, à l’École des Amériques…

L’auteur nous livre une enquête romanesque mais fouillée dont les éléments n’ont rien de fictionnel, il s’agit de toute évidence pour Elsa Osorio, argentine elle-même, d’un devoir de mémoire dont on ressent pleinement la tension et la force émotionnelle et c’est en ce sens que ce livre, écrit lors d’une résidence à la Maison des écrivains et des traducteurs en France, en plus d’être réellement passionnant, est absolument indispensable. Il sert de cadre à une vérité qui n’a pas encore été assez dite, la plupart des coupables n’ayant pas été condamnés, les assassins dispersés dans la nature, sont devenus de redoutables hommes d’affaires, des maffieux avec pignon sur rue, enrichis grâce à leurs crimes, quand ils ne sont pas carrément réapparus dans les gouvernements soi-disant démocratiques qui ont succédé à la dictature. La mort de Marie Le Boullec dans le roman, survient un an après que les lois d'amnistie aient enfin été levées en Argentine par le président Nestor Kirchner, ce qui a permis de ré-ouvrir les dossiers judiciaires des militaires assassins et les conduire devant la justice, le procès le plus emblématique étant celui qui a concerné l’ESMA (École de mécanique de la marine) où plus de 5 000 victimes avaient été torturées puis éliminées.

Captivant, bouleversant, édifiant et incontournable, Double fond nous prend à la gorge et ne nous lâche plus. L’odeur de la mort, l’odeur de la peur.

« L’odeur de la peur grimpe aux murs, elle raréfie l’air, elle est plus forte que la saleté, que les torchons sales, plus forte que tout. »

 

Cathy Garcia

 

editions-metailie.com-elsa-osorio-sophie-bassouls-2-300x460.jpgNée à Buenos Aires en 1952, Elsa Osorio est romancière, biographe, nouvelliste et scénariste pour le cinéma et la télévision. Elle a vécu à Paris et à Madrid, et réside actuellement à Buenos Aires. Elle a publié notamment de nombreuses œuvres en Argentine (Ritos privados, Reina Mugre, Beatriz Guido, Como tenerlo todo, Las malas lenguas). Elle est lauréate de plusieurs prix, dont le Prix National de Littérature pour Ritos Privados, le Prix Amnesty International pour Luz ou le temps sauvage. Ses romans sont largement traduits en Europe et dans le monde. Son œuvre est disponible en français chez Métailié, dont Luz ou le temps sauvage, Tango, Sept nuits d’insomnie, La Capitana (2012).

 

 

 

 

08/05/2018

Marc Tison - Des abribus pour l’exode

 

 

images et peintures de Raymond Majchrzak

éditions Le Citron Gare, novembre 2017

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82 pages, 10 €.

 

Sensations vivaces qui imprègnent le mental, maintiennent sous tension le réseau de nerfs, scarifications émotionnelles sur le corps de la mémoire qui n’accepte pas la reddition, ni la soumission. Mémoire du corps jamais rassasiée de cette ivresse qui nous propulse dans le corps de l’autre. Sexe, musique, jeunesse, pures sensations qui lancent les rêves à l’assaut des horizons, pied sur l’accélérateur.

 

On ne va plus dans les étoiles. Les fusées sont dépiécées. La tête en feu de joie c’était pourtant bien là, claquant le réel à l’enchantement du voyage.

 

Il y a si peu de temps. Il y a si peu de soi.

 

Mémoire du corps accro à l’intensité, à la sensation de liberté, aussi illusoire soit-elle.

 

Il y a tant d’espaces délabrés que tu revisites plein d’espoir, incrédule. L’avant ne s’est pas peint d’éternité.

 

Le passé n’existe plus, mais le monde a-t-il mieux à offrir ? Tel est le questionnement qui sourd de ce recueil de Marc Tison. Abribus pour l’exode, tentations en lignes de fuite.

 

L’alcool me flambe toujours au crépuscule

pour saluer les jours brûlés à l’ennui.

Je ne suis pas si fragile

 

Un recueil pas tout à fait nostalgique, ou pas seulement, même lors d’un retour dans le Nord, à Denain.

 

« Je reviens à mon pays, intérieur, affranchi, en orpailleur. (…) Entre les usines désarmées, les terrils décapités, il reste sur les bars de poussière, les traces rondes des bocks de bières. Les jukebox remisés chuchotent mémoriels des Ep gravés pour des bals rock et ouvriers. »

 

Le poète pratique un art magique. Avec ses mots, il peut souffler sur les braises, réanimer à volonté la flamme. Ce n’est pas sans danger d’user de ce pouvoir et l’hypersensibilité permanente lui interdit de s’abrutir dans un confort étanche. Convocation lucide de sensations dont le corps ne parvient pas à se défaire au point parfois de ne pouvoir dormir. La révolte est intacte, la conscience vive et les injustices demeurent insupportables.

 

« Au cœur de l’Europe chrétienne on aime son prochain. (…) Ha qu’est ce qu’on l’aime son prochain quand il est courageux et qu’il reste noyé dans la mer. »

 

Insupportable comme la tiédeur, la médiocrité, l’hypocrisie, le mensonge, le vide de sens contemporain.

 

« Les animateurs des émissions d’actualité et de divertissement des chaines de télévision ont des trous dans leurs mots. A travers passent d’immenses tristesses de rien. Alors les téléspectateurs tombent dedans.

Ceux qui n’ont pas de parachute s’écrasent méchamment le dedans de la tête. »

 

Même la musique est creuse. « Les notes juteuses - qui touchent le corps – se sont tirées des clips maniérés. Parties continuer la fête ailleurs.

 

(…) Nous appelons alors musiques les dérangements sonores qui habillent les cliquetis des caisses enregistreuses des supermarchés. »

 

« Au quotidien on se fait à toutes les crapuleries (!?!) » Ce n’est pas un constat résigné, mais un « !?! », car non poète, tant que ton corps est vivant, il vibre ! Il n’est pas dupe mais il sait encore ressentir.

 

« Prends le matin nu en embrassade. Tu l’effleures et tu lui souffles des siroccos. Ta bouche pleine du sucre des figues fraîches de l’aube.

 

Fais l’amour, alors fais l’amour comme se maquillent les rêves. Dans tes yeux explosent des couleurs, des rouges mélangées de jaunes et d’ailleurs. »

 

Mais il faut savoir qu’après chaque shoot de sensations intenses, il y a la redescente. Amertume et dégoût guettent l’insurgé, les focus sur le monde attisent la rage et la nuit, seul espace de rêve, exige l’insomnie.

 

« Une communication interlope avec les fantômes de tes désirs. (…) Le sommeil t’attend. Tu n’en veux pas. Pourtant les draps frais sentent si près la mélancolie de l’enfant. Cet état qui t’apeure.

Comme un licol sur l’encolure d’un mustang. »

 

Le poète est en cavale, ce n’est pas la mort qu’il fuit, ni même la vieillesse, mais bien ce licol à l’encolure. Semant au vent ses brassées de mots indomptables, cet « autochtone des plaines d’exodes » ne se rendra jamais, parce qu’ayant su saisir l’essentiel de sa vie et de ses folies, il le convoque autant qu’il lui plait pour des fêtes intimes subtiles qui passent au travers des mailles de n’importe quel filet.  De toutes les pertes, il sort vainqueur. Il a gagné la plus belle des libertés, sa liberté intérieure.

 

« J’abandonne le champ des batailles en friches. J’abandonne la routine des ultimes charges.

 

J’en reviens à l’absolu.

 

L’absolu silence. D’où se recompose le mystère. La parole et le chant.

 

L’absolue virginité. D’où nait l’amour. La complexité absolue du vivant.

 

L’absolu lointain. D’où se mesure l’avenir. Son effacement conjuré de promesses.

 

(…) Toute disparition fera un renouvellement.

 

 

Pas de nostalgie donc, ou pas seulement. Trop de saveur encore dans la bouche, pour cultiver les regrets.

 

(…) Dans l’espace existentiel de millions d’années lumières, je ne saurais pas l’omniscience. Ça n’a pas d’importance.

 

Ma vie idiote est une merveille. »

 

 

Et quand c’est l’âme qui jouit, il n’y a plus aucune limite.

 

 

Cathy Garcia

 

 

 

tison nb_031433651bfd190a9d553ddfeb391298.jpgMarc Tison est né en 1956 entre les usines et les terrils, dans le nord de la France. Fondamental. A la lisière poreuse de la Belgique. Conscience politique et d’effacement des frontières. Engagé tôt dans le monde du travail. Il a pratiqué dans un premier temps de multiples jobs : de chauffeur poids-lourd à rédacteur de pages culturelles, en passant par la régie d’exposition (notamment H. Cartier Bresson) et la position du chanteur de rock. Puis il s’est spécialisé dans la gestion et l’accompagnement de projets culturels et d’artistes. S’est mis à l’écriture de poésie très tôt comme la juste expression des sensations vivaces. Habite maintenant dans le Tarn où il continue, heureusement troublé, l’exploration des univers à réinventer.

  

Raymond Majchrzak est né en 1955 à Escaudain (59), pays minier et industriel, à quelques kilomètres de Denain. Il a fait les beaux arts à Valenciennes. Il peint et travaille des images numériques. Il déroule aussi de longues improvisations musicales plus ou moins électroniques pour lui même à longueur de temps. 

 

Pour commander le recueil auprès de l'association le Citron Gare, p.maltaverne@orange.fr

 

 

30/04/2018

Soliflore 58 - Pierre Aurélien Delabre

 

Ernest Pignon-Ernest  Pasolini portant sa propre dépouille  prise à quelques pas de Campo dei Fiori, Roma par Pierre Aurélien delabre..jpg

 

catania

 

j’arrive à catania

mais mon cœur est souillé

hésitant

à l’heure de vivre simplement

 

et tout dans ma vie

à ce goût de l’indifférence sordide

 

mais j’arrive a catania

qui m’invite à jeter

un verre d’eau fraiche sur mes regrets

 

pas envie de rire

pas envie de jouir

je tiens trop à mes regrets

 

et je tisse un monde

où même les ombres doutent de leurs effets

 

 

photo prise par l'auteur :

Ernest Pignon-Ernest Pasolini portant sa propre dépouille prise à quelques pas de Campo dei Fiori, Roma

 

 

 

 

 

16/04/2018

Revue Nouveaux délits n°60 lu par Patrice Maltaverne

 
 
 

 

Le numéro 60 de la revue "Nouveaux délits" (14,7 cms X 20,4 cms), animée par Cathy Garcia (et auteur de l'édito et de la 4e de couverture, une belle réflexion à partir de la macro en photo), comprend des textes poétiques de Valère Kaletka, Pierre Rosin, Daniel Birnbaum, Jospeh Pommier, Florent Chamard, Vincent Duhamel, Antonella Eye Porcelluzzi.
 
Les livres chroniqués par Cathy Garcia sont "Double fond" d'Elsa Orroyo, et "Des abribus pour l'exode", de Marc Tison (ce dernier recueil de poèmes publié par les éditions du Citron Gare).
 
Avec également les citations de bas de pages empruntées à d'autres livres, caractéristiques de la revue "Nouveaux délits", comme, par exemple, "La terre seule me rassure, quelle que soit la part de boue qu'elle contient" (de Françoise Sagan).
 
Les illustrations de ce numéro 60 sont de Jean-Louis Millet.
 
Extrait de ce numéro 60, "Pluion", de Valère Kaletka :
 
"Cet homme me parle en langage ourlé
Génuflexions Rodomontades
Et - j'en suis sûr
Violences contenues
Il parle pour vendre
J'écoute pour acheter
Ou est-ce l'inverse
(tiens, dehors, une averse)
Je suis un miroir qui ne s'aime pas
(antithétique ?)
Qu'est-ce que je fous là ?
(tiens, dedans, une aversion)"
 
 
 

10/04/2018

Le numéro 60 lu par Florent Toniello

 

Revue de revue : Nouveaux Délits

Je l’avoue : déjà abonné à pas mal de revues et avec un budget poésie pas illimité — en tout cas pas aussi vaste que mon goût éclectique, parfois trop, je sais, pour le genre —, j’ai tendance à me reposer sur le grand nombre de revues que je reçois, sans trop regarder les autres maintenant. Eh oui, la poésie est aussi la vie, et il y en a une en dehors de la poésie. Je sais, je radote… Mais le sous-titre « revue de poésie vive » et un appel à soutien de Cathy Garcia, la taulière, qui a vu son vieil ordinateur cesser ses services aux vers et aux strophes inopinément, m’ont convaincu de tenter l’aventure. Peut-être aussi le fait qu’un numéro précédent a été consacré à la remuante poésie guatémaltèque traduite par Laurent Bouisset, allez savoir. Enfin bon : grand bien m’en a pris.

Le numéro 60 de Nouveaux Délits rassemble des textes de sept poètes, agrémentés par Cathy Garcia d’un court édito relatant la genèse (pas simple) de cet opus et d’une quatrième de couverture en forme d’extrait d’un essai sur la simplicité joyeuse et volontaire. Quand le politique s’en mêle, et bien tourné en plus... S’y ajoutent deux « résonances », notes de lecture aussi bien que jeux de miroir à l’écriture ciselée sur deux livres récents, également par la maîtresse des lieux, décidément productive et tellement amoureuse de la poésie que cet enthousiasme est particulièrement contagieux. Ah oui : de petites notes de bas de page, extraits de poèmes ou de romans, font aussi écho, comme des résonances, aux textes originaux publiés ; ces « délits d’(in)citation » confirment, s’il fallait encore la démontrer, la haute connaissance littéraire de Cathy Garcia, qui peaufine une revue franchement réussie tant sur la forme que sur le fond.

Car sur le fond, la cohérence de l’ensemble des sept poètes choisis est admirable, et l’exigence dans l’écriture est un dénominateur commun. Connu des amateurs de revues, Valère Kaletka ouvre le bal avec des textes à la nostalgie qui tourne à l’étrange et au fantastique parfois, avec des titres énigmatiques et décalés : « Ahan / Fils de Crâo / Sur la route du Run / Poumons-de-feu / Ahan / Guerre au gramme intégral / À l’anévrisme hautain en rupture / De son ban », peut-on lire dans « Ahan », savant détournement d’un personnage bien connu en « poésie de Cro-Magnon » (là, c’est moi qui invente, ce n’est pas une citation), pourrait-on dire. Pierre Rosin, lui, ose la poésie de science-fiction (on en publie trop peu, je trouve), même si ce n’est qu’un poème parmi les autres où peut-être sonne comme dénominateur commun « le malheur d’être un homme et de n’être rien » : « construisons un vaisseau / une flottille / une arche / semons les germes d’une nouvelle espérance ». Espérance que versifie Daniel Birnbaum, dans une série narrative qui décrit un voyage à Madagascar ; Daniel, comme souvent, y montre une empathie (« elle a les pieds infectés / suintants / sanguinolents / il faudrait les mettre à l’abri de la poussière / de la boue des ordures des mouches ») qui rend ses vers simples immédiatement assimilables sans cheminement intellectuel tarabiscoté : une poésie qui va droit au cœur. Joseph Pommier, lui, ne parle pas d’autre chose que d’espérance non plus quand, après avoir décrit en vers plus longs et plus fourmillants de cassures de rythme une vie au travail marquée par la servitude volontaire, il glisse qu’« Au prix d’un sommeil lourd on s’arrache / À ces pensées rageuses qui stationneront dans l’oubli ». Florent Chamard flirte (un peu, par rapport à ses prédécesseurs plus narratifs et moins métaphoriques) avec le surréalisme pour « réapprendre le silence des horizons sans but » et retrouver « la tentation du sel et des vagues » ; dans sa présentation, il avoue qu’il aime haïr… tout un programme ! Poésie rock’n’roll pour Vincent Duhamel, mon chouchou de ce numéro, avec un poème magistral et habité intitulé « La boîte » : « J’aurais voulu mourir à neuf ans lors d’un mercredi pluvieux ennuagé de flocons et de victoires avec sur le bord des lèvres l’amour d’une pêche ensoleillée de la veille et, dans le cœur, un oisillon s’étouffant d’un requiem enchanté. » Puis vient une étrange boîte offerte par la mystérieuse Matriochka, concentré de peurs et de fantasmes ; un texte puissant sur les attirances de l’enfance, qu’elle soit enchantée ou brisée. Enfin, dernière autrice et seule femme, Antonella Eye Porcelluzzi conclut par une poésie plus déstructurée où le langage se fait plutôt phonèmes que longs vers. C’est un de ses poèmes, court alors qu’elle peut aussi nous embarquer dans de longues variations hypnotiques sur un sujet donné, qui sera reproduit complet ci-dessous.

En un mot comme en cent : Nouveaux Délits, c’est une belle revue, bien conçue, bien réalisée, et ce numéro 60 en est la preuve.

Pour en savoir plus et surtout ! vous abonner, visitez le site internet de la revue Nouveaux Délits.


Love deux song n. 25 (Antonella Eye Porcelluzzi)

Pour ceux qui conduisent deux avions
qui dirigent deux industries
qui chevauchent deux chevaux
et tirent avec deux arcs
pour ne pas se retrouver avec
deux anus à soigner
en cas d’hémorroïdes.
je suis un monstre qui a tout osé

 

Source :

http://accrocstich.es/post/2018/04/10/Revue-de-revue-%3A-...

 

 

23/03/2018

Nouveaux Délits n°60

 

 

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Avril 2018

 

Eh bien, voilà un numéro qui n’a pas été simple à réaliser, il a fallu que je m’adapte aux circonstances assez pénibles et aux données qui m’étaient accessibles. Aussi Je profite de cet édito pour remercier infiniment celles et ceux d’entre vous qui ont pu répondre présent(e)s à mon appel à soutien pour le rachat d’un nouvel ordinateur, indispensable, le mien ayant pris définitivement congé après une dizaine d’années de pas trop mauvais services. Merci donc, d’ici quelque temps, une nouvelle machine devrait permettre de poursuivre l’aventure dans de bonnes, voire de meilleures conditions et aussi de stocker à l’abri, entre autres, 15 années de Nouveaux Délits !

 

 Ce n’est pas quelque chose sur quoi j’aime m’étaler mais il faut savoir peut-être que si cette revue existe, c’est par une sorte de passion entêtée de ma part, car elle est réalisée (volontairement) sans subvention et bénévolement, dans un contexte de précarité permanente, qui a d’ailleurs tendance à s’accroître d’année en année et ce numéro 60 a eu un accouchement particulièrement difficile. Cependant, je crois bien qu’au final, c’est un beau bébé ! Un peu étrange, douloureux même, mais riche de toute sa complexité humaine et de cette énergie qui passe dans les mots, qui les traverse et parfois nous transperce, cet appel d’air, ce désir indéfinissable de saisir, en nous et hors de nous par les filets de la parole, ce qui le plus souvent demeure insaisissable.

 

CG

 

 

Je pense donc j’écris. J’écris ce que je ne sais pas dire. Le gouffre entre le semblant et le réel. Réel morcelé, multiplié par un coefficient inconnu, un prisme, un miroir à mille facettes. Toute parole est attaquable, transformable, critiquable. Toute parole pourrait être vaine et pourtant nous avons besoin de ce moyen imparfait de communication, nous sommes des êtres communiquant, nous sommes même des vases communicants. La réalité est absurde. Parler de réalité est absurde. Alors, se raccrocher à quoi ?

À une fleur, à la graine qui va peut-être germer, au nuage qui passe. À un rayon de lune ou de soleil. C’est ça la poésie et pas autre chose, c’est trouver une réalité à laquelle s’accrocher. La nature, la douleur, l’amour, la haine. La possibilité d’échapper à sa propre carcasse.

 

Cathy Garcia in Journal 2001

 

 

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AU SOMMAIRE

 

 

Délit de poésie :

 

፠  Valère Kaletka

፠  Pierre Rosin

፠  Daniel Birnbaum

፠  Joseph Pommier

፠  Florent Chamard

፠  Vincent Duhamel

፠  Antonella Eye Porcelluzzi

 

Résonance :

 

Des abribus pour l’exode, Marc Tison, Le Citron Gare éd.

Double fond, Elsa Orroyo (Argentine), Métailié éd.

 

 

Délits d’(in)citations percent la brume des coins de page.

Vous verrez le bulletin de complicité au fond en sortant qui vous fait de gros appels de phares, tout en résistant une fois de plus à la hausse des tarifs postaux (et du reste).

 

 

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Illustrateur : Jean-Louis Millet

jlmillet@free.fr

 

Grand spécialiste en rien mais curieux de tout : dessin, peinture, sculpture, photo, écriture, édition virtuelle, chasse aux connivences & alternatives… ensemble de  ‘’propos’’  mis en actes dans l'animation de blogs et de sites dont "Zen-évasion", site cave-grenier aux malles ego-mystérieuses ; http://www.zen-evasion.com/. Il a déjà maintes fois illustré la revue ainsi que d’autres publications Nouveaux Délits.

 

 

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Soir de printemps -
de bougie en bougie
la flamme se transmet
Yosa Buso

 

 

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Nouveaux Délits  -  avril 2018  -  ISSN : 1761-6530  -  Dépôt légal : à parution  -  Imprimée sur papier recyclé et diffusée par l’Association Nouveaux Délits Coupable responsable : Cathy Garcia Illustrateur : Jean-Louis Millet Correcteur : Élisée Bec

 

 

 

 

La simplicité joyeuse et volontaire

 

La simplicité joyeuse et volontaire, comme je la vis et l’ai vécue avant même de l’avoir nommée, c’est de savoir apprécier ce qu’on a, quels que soient nos moyens, et ceci sur tous les plans. Pas dans l’idée d’une discipline qu’on s’impose, d’une vertu à cultiver, non, pas d’efforts qui finiront par nous dégoûter, nous révolter et nous faire retomber plus bas qu’au départ, c’est vraiment autre chose. C’est une sorte d’initiation à l’essence du plaisir. C’est d’abord apprendre à regarder les choses à la loupe et à amplifier nos sensations. Lorsqu’on passe près d’une plante à toutes petites fleurs, souvent elle est tellement insignifiante qu’on ne la remarque pas ou à peine, mais si on prend le temps de se pencher et de la regarder de près, alors se révèlent des trésors de nuances, de finesse, de beauté. C’est pourquoi j’aime faire de la macro en photo. En macro une punaise devient un joyau, mais la macro, c’est aussi une façon de voir que l’on peut appliquer à tous les domaines de notre vie. Pas seulement pour aller remuer ce qui ne va pas, ce qui manque, ce qui fait mal, ça en général on sait tous le faire et il faut parfois le faire, mais il faudrait aussi le faire pour aller arroser les minuscules graines de joie inconditionnelle qui n’attendent que notre attention pour s’épanouir. Alors, ça ne veut pas dire se forcer à être d’un optimiste béat ou se voiler la face, bien au contraire, plus on sait apprécier le minuscule, plus on voit aussi la moindre petite ombre triste de ne pas être prise en compte elle aussi, car la vie est faite d’ombres et de lumière et nous avons à apprendre des deux. Les deux sont nécessaires pour prendre conscience, terme emprunté au latin classique « conscientia », la « connaissance en commun », donc quelque chose qui va au-delà de l’individu, quelque chose que nous partageons et que nous devons chacun alimenter autant que possible, afin que l’humanité dans son ensemble puisse évoluer. Ainsi la simplicité joyeuse et volontaire pourrait s’apparenter à une sorte de travail d’alchimiste : en plongeant dans l’infiniment petit, on dégage les éléments les plus élémentaires du réel et il nous est alors possible de transformer le plomb en or. (…)

La simplicité ce n'est pas seulement faire des choses mais c'est aussi et surtout ÊTRE. Faire autant que possible des choix qui nous permettent d’être plutôt que de paraître et/ou d'avoir (deux redoutables diktats), donc que ce soit sur le plan pratique et matériel ou moral, toujours se poser la question de l'utilité, du sens de ce qu'on l'on fait, de ce que l'on achète, de ce que l'on possède, de ce que l'on pense, de ce que l'on dit. L'utilité d'une façon très vaste et le sens et l'impact des choix que nous faisons, comment nous utilisons notre temps et quelle place nous laissons dans notre vie pour l'essentiel. Ce qui veut dire déterminer déjà qu'est-ce qui est réellement essentiel pour nous et là nous trouverons ce qui est essentiel communément à la plupart des êtres humains et puis ce qui nous est essentiel à nous tout personnellement et particulièrement, et pour déterminer cela il faut se connaître, au-delà de ce que nous avons appris, au-delà de ce que nous pensons devoir être ou faire, au-delà de ce que nous pensons devoir prouver et au-delà des attentes que nous pensons être les nôtres ou celles des autres qui nous entourent et de la société elle-même.

 

Cathy Garcia

 

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