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01/10/2012

Revue La femme Réelle, sommaire, juillet 2023

Anticipation, bientôt, dans le saisissement de ce qui est indéniablement là
ou ce que nous pouvons concevoir, Revue La femme Réelle, sommaire, juillet 2023


FEMME RÉELLE S'ENGAGE/Des no-child osent s'exprimer ; interviews en toute liberté


MODE/Cet été on craque pour les iris à rayures appareillés à la box de son headphone


AMOUR/L'amincissement du vagin ; une opération sans douleur qui fera le plaisir de vos complices


CULTURE/Le nouveau roman de Miss Lou "l'homme est l'avenir de la femme"


PRATIQUE/Gérer sa vie virtuelle ; pièges à éviter


SANTÉ/Le risque-bénéfice des terminaux sous-cutanés; les études récentes sont rassurantes.


PSYCHOLOGIE/I) Rebondir après une désemployabilité  2) Pourquoi êtes-vous une nomaphobe ?


ÉCONOMIE/L'eau est précieuse ; de bons éco-placements à réaliser


HOMMES/Ils préfèrent les femmes jeunes sans ovaires


PRÉVOYANCE/Pensez à vos proches ; sauvegardez vos données mémorielles


NEWS/Comment Andela Scruize est devenue une chienne en 2 mois


DÉSIGN-MINCEUR/1)Faire peau neuve avant la saison sèche avec l'hydro-massage du colon 2) Les vertus de la dialyse


L'ACTU/L'incroyable poussée d'arbres végétaux dans une région rebelle du globe


BIEN-ÊTRE/Les 5 clefs pour réussir sa simplification sensorielle


TÉMOIGNAGE/L'accouchement par les voies naturelles ; des femmes relatent

 
SEXE/Progrès dans les prothèses ; gardez celui que vous aimez en vous


ASTUCES/Reprendre le contrôle de sa vie réelle


ENFANTS/Parlez leurs, il se pourrait qu'ils vous comprennent


JOB/Lancez-vous dans une activité lucrative ; faites du bien à un autre individu

 

 

Corinne Le Lepvrier corinne.lelepvrier@orange.fr

 

http://corinnelelepvrier.hautetfort.com/

 

26/07/2012

NOUVEAUX DÉLITS n° 42 lu par Jacmo

La revue de Cathy Garcia se montre toujours riche. Trois choses, entre autres, à retenir. Un retour sur Fukushima, par Taro Aizu, en prolongement du dernier n°, avec une alternance de prose et de gogyohshi, strophes de cinq vers, sans contrainte, qui en l’occurrence reprennent d’une autre manière, épurée et condensée, ce qui a été dit dans le paragraphe précédent. Pour suivre, Jacques Coly, virevoltant et vibrionnant, avec ses listes longues comme le bras, à la Bernard Bretonnière, et ses textes improbables et espiègles. Enfin clin d’œil à notre récent Polder : Guillaume Decourt.

Jacmo dans la rubrique Vrac sur le site de la revue Décharge 

Allez-y faire un tour, c'est riche : http://www.dechargelarevue.com/

31/05/2012

Michel Host dans le Scalp en feu

Chronique de Michel Host dans Recours au poème, un nouveau webzine consacré intégralement à la poésie
 

Le Scalp en feu est une chronique irrégulière et intermittente, dont le seul sujet, en raison du manque et de l’urgence, est la poésie. Elle ouvre six fenêtres de tir sur le poète et son poème. Selon le temps, l’humeur, les nécessités de l’instant ou du jour, son auteur, un cynique sans scrupules, s’engage à ouvrir à chaque fois toutes ces fenêtres ou quelques-unes seulement.

 

(...)

 

Lieu 3

La revue

NOUVEAUX DÉLITS est régulièrement publiée par Cathy Garcia, qui est une poétesse que je considère comme l’une des plus grandes et lumineuses de notre époque. D’elle LE SCALP EN FEU sera amené à parler plus longuement dans quelque temps. Vient de paraître le n° 42 de sa revue (avril, mai, juin 2012) : on y lit l’aujourd’hui, l’urgence, le rire, les larmes, les charmes…
Aller sur le site : http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/
et sur : http://www.arpo-poesie.org/

Fin de Scalp 1


 

24/04/2012

Le numéro 41 lu par Basile Rouchin, auteur publié dans ce numéro

"En effet, en dépit de tes bons vœux en langue Navajos, ce numéro 41 est celui d'un triste anniversaire : le Japon un an après la catastrophe nucléaire.  Ton engagement pour différentes causes donnent lieu à des contacts variés (Georgie Viccini et les Roms pour le n° 39, ici, cercle de faiseurs de haïkus pour ce numéro). Et si l'on ne peut embrasser toutes les causes (appelées bêtement "perdues" ou "désespérées" souvent par ceux qui refusent la lutte), il importe de rester fidèle à celles que l'on choisit. Et de les faire entendre, tu le dis toi-même : ces voix pourraient disparaître. La poésie comme un carnet de circulation des idées, des pensées et des actes. Une poésie qui n'est pas déconnectée de son temps (mais pas trop "connectée" non plus, dans un autre registre). Bien que très inquiétant, j'ai apprécié « Après Fukushima » : ce recueil de haïkus du cercle Seegan. La responsabilité de chacun qui en découle se mesure à l'échelle planétaire : on n'y coupera pas. Difficile de mesurer les conséquences d'une telle tragédie : les chiffres nous dépassent ! 24 000 ans, ça met le vertige ?  A la suite, les textes d'Alain Gourhant et ses extraits de « la poésie du désastre et de la guérison » semblent constituer une prise de léger recul. J'ai été sensible à cette conception de la promenade comme manière de se retrouver : c’est un temps solitaire, hors production, sans concession (technologies) - l’ultime promenade étant la mort. Enfin, dans un genre différent, j'ai été désarçonné par le style d'écriture de Timotéo Sergoï et « Le diagonaute amouraché ». Son autoportrait en spectateur : « ai-je d’autre pouvoir que celui d’applaudir » reste dans la lignée de la sidération provoquée par les 3 auteurs précédents. Enfin tes résonances documentées sont toujours très instructives et originales. J'ai donc été content de figurer parmi ces auteurs : le sujet que je traite n'étant pas non plus très réjouissant. Mais ne parle-t-on pas de fission du couple ? Il restait donc quelques repères culturels, à la geisha évoquée dans mon dernier texte. J'avais noté dans le "purgatoire du quotidien"*, cette ouverture aux autres cultures et probablement ces pensées notées lors ou après un voyage. Notamment à travers le respect tout oriental de toute forme de vie. Il est des cultures où l'on n'attente pas à la vie des insectes, je crois."

 

 Merci Basile, c'est toujours très agréable d'avoir des retours !

Purgatoire du quotidien, voir ici : http://cathygarcia.hautetfort.com/archive/2012/01/07/micr...

09/04/2012

Numéro 42 lu par Fabrice Marzuolo

JE PISSE EN FLEUR

Publié le 09/04/2012 à 10:15 par ravenchar
JE PISSE EN FLEUR

Je suis indécrottable et pourtant je fais des efforts pour moins puer.

Je viens de lire dans le numéro 42 de Nouveaux Délits,la revue de Cathy Garcia , cette phrase-poème, de Thomas Vinau :

Le jour

où je marcherai

sur les premiers bleuets

sans frisson ni sourire

pour la beauté sauvage

des mauvaises herbes

n’hésite pas à essuyer

le cul de ton chien

sur mon visage

 

Qu’est-ce que j’ai culpabilisé du coup ! Quel rustre je fais ! Et, une fois de plus, on me met le nez dessus !

Oui, je marche sur les bleuets sans état d’âme, j’avoue même qu’il m’arrive de m’essuyer dessus quand je pose un pied dans une de ces merdes qui ne portent pas bonheur – c’est toujours le cas (…) puisque quand je ne m’essuie pas, j’me fais salopementenguirlander.

Reste le cul du chien…Bof, là vraiment, c’est un peu raide. Y aurait pas une peine intermédiaire, un avertissement avant…Pas du bleuet au rouge, comme ça, direct ! Un truc qui fasse moins de mal, J’sais pas moi, comme m’essuyer plutôt avec celui de Cathy, le numéro 42 de sa revue j’entends,…En plus, c’est du papier recyclé…

Avant, on sait jamais, je vais le lire, ce Nouveaux délit. Et pendant que j’lis, j’marche pas dans les platebandes des autres…

 

Au sommaire du 42 :

Taro Aizu , Fukushima Renaissance

Jacques Coly, poèmes

Rémy Durand, Je me souviens - Venezuela

Aymen Hacen, extrait du Journal du ramadan (2009-1430)

Guillaume Decourt, poèmes

ET

Cathy Garcia, les Mots Allumettes

 

plus les illustrations de Joao Carlos Chave-Lopes

 

http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/

NB

Quand j’ai lu les textes de Taro Aizu,sur Fukushima, j’faisais moins le malin, j’avais la thyroïde qui m'pendait comme un coucou suisse étranglé.

illustration, Balthus, Alice

06/04/2012

Hommage à Jean-Lucien Aguié, fondateurde ARPO

 

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Jean-Lucien Aguié, Président d'Honneur fondateur de ARPO,
nous a quittés ce mercredi 4 avril 2012, à l'âge de 96 ans.


" Il n'y a rien d'autre maintenant qu'un ciel serein
une étoile qui n'en finit plus de tomber

la terre nous attend

il faut accomplir le geste qu'elle espère
jusqu'à l'épuisement de notre sève
jusqu'au cri final
jusqu'à la hantise du lendemain"
Jean-Lucien Aguié
(Face au monde à l'envers)

http://www.arpo-poesie.org/

 

31/03/2012

RÉSONANCES 42

 magnificopw3.jpg1 film : Magnifico de Mario J. Delos Reyes. Ce film philippin sorti en 2003 porte bien son nom, car magnifique il est, bouleversant, profondément humain, un hymne lumineux à l’enfance et à sa générosité. Ce film a reçu 50 prix bien mérités dans des festivals du monde entier. Magnifico est un petit garçon de neuf ans, sa famille a beaucoup de difficultés, qui ne vont qu’en empirant, et ce petit garçon, grâce a sa bonté infinie et son courage, va transformer et illuminer la vie de celles et ceux qu’il approche, y compris sa famille qui pourtant ne compte pas le moins du monde sur lui. Cette bonté incroyable ne lui épargnera pas le pire et pourtant là encore, la magie de Magnifico opère. Cet enfant est habité par un tel amour d’autrui, un tel désir d’aider que cela dissout toutes les frontières, tous les obstacles. Portrait d’un quotidien difficile d’une famille aux Philipines, aux liens parfois conflictuels aussi entre frère, sœur, père, mère et la grand-mère en fin de vie, autre personnage central du film. Magnifico parle de beauté intérieure, d’humanité, le film lui-même est d’une belle simplicité, il ouvre une véritable réflexion sur nos rapports aux autres et c’est un vrai souffle d’air dont on ne devrait pas se priver même presque 10 ans après sa sortie. On  ne peut qu’en ressortir touché, touché par un ange.

 

 zoli.jpg1 livre : Zoli de Colum Mc Cann – (Irlande 2006 - Belfond 2007). 1930 - Zoli Novotna avait six ans, mais elle n’était heureusement pas là quand sa famille se retrouve bloquée sur les glaces par la Hlinka, qui allume ensuite des feux sur la berge. Elle n’était heureusement pas là quand sa mère, son frère, ses deux sœurs et toute la famille, roulottes, chevaux, quand tout part englouti sous les eaux. «Lorsqu'il a commencé à faire moins froid dans l'après-midi, les roulottes, bien obligé, se sont déplacées vers le milieu du lac. Mais la glace a fini par craquer, les roues se sont enfoncées et tout a coulé en même temps, les harpes et les chevaux». La Hlinka c’est la haine. La milice fasciste de Slovaquie. La petite Zoli et son grand-père fuient sur les routes, fuient la Hlinka, fuient la haine et la mort, avec pour leitmotiv cette phrase qui reviendra tout au long du livre et qui pourrait finalement presque tout résumer : « Avance mon cheval et chie ». Chie au nez de la haine, chie au nez de ceux qui voudraient enfermer, sangler, anéantir ton peuple libre et nomade. « Grand-Père disait que nous étions faits pour le ciel, pas pour les plafonds. » Mais, grand-père aime la connaissance et il va briser un tabou énorme, que lui-même a brisé plus ou moins en cachette, il va apprendre à sa petite fille à lire et à écrire. Alors, la petite fille va écrire par exemple la liste des choses à faire pour survivre : «Lave ta robe dans une eau qui court. (…) Rappelle-toi le temps qu'il fait au son de la roue. Change de nom. Perds tes chaussures. (...) Garde-toi de la Hlinka, les massacres ont toujours lieu la nuit». Très vite, la petite Zoli prendra goût à l’écriture et en plus des chants que tous connaissent, elle en invente d’autres et en écrit les paroles. Zoli Novotna se découvre poétesse et dans la Tchécoslovaquie communiste de l’après-guerre, qui souhaite intégrer les Roms à sa nouvelle et égalitaire vision du monde, elle deviendra une égérie du régime. Soutenue par un poète déjà glorifié et complètement exalté par cette « découverte », elle fréquente également l’ami de ce dernier, Stephen Swann, un jeune anglais trop romantique, que la jeune veuve rendra fou d’un amour impossible. Elle bravera pourtant là encore l’interdit ancestral, mais y renoncera très vite.  « Avant de repartir chez les siens, elle cousait des pages sous la doublure de son manteau, dans les poches de ses robes. (…) Elle se promenait avec ses chants d'amour collés aux hanches, et j'ai appris par cœur des poèmes entiers pour les lui réciter à voix basse lorsqu'on prenait le risque d'un moment entre nous. Elle conservait dans diverses autres poches des ouvrages de Krasko, Lorca, Whitman, Seifert, et même un Tatarka récent. Quand elle posait son manteau à l'imprimerie, elle faisait tout de suite plus mince ». Portée par ce succès qu’elle ne comprend pas vraiment, Zoli sera produite en public, sera adulée, hissée au sommet d’un monde auquel elle n’appartient pas et ne pourra jamais appartenir, et croyant un instant qu’elle pourrait aider ainsi son peuple, elle sera trahie par Swann l’éconduit et en paiera la déconvenue au prix fort. Même si son peuple, secoué par les évènements de la guerre, « Il y a des choses qu'on peut voir et entendre - encore aujourd'hui, longtemps après : les fosses qu'on creusait, la terre qui tremblait, les oiseaux qui ne volent plus au-dessus de Belsen, ce qui est arrivé à nos frères de Tchéquie, sœurs de Pologne, cousins de Hongrie, quand nous autres Slovaques avons survécu, bien qu'ils nous aient frappés, torturés, jetés en prison. Ils nous ont volé notre musique, nous ont bouclés en camp de travail », même si les siens donc tolèrent pour un temps cette transgression, vient le moment où l’intransigeance des règles revient la prendre de plein fouet. Zoli qui a livré aux gadže, avec sa poésie enregistrée et publiée, l’âme de son peuple, est bannie, devenant selon la coutume, pour tous et à tout jamais, une paria. Alors que les siens sont immobilisés de force dans des tours d’immeubles, Zoli, pour leur épargner la honte, et particulièrement à celles et ceux qui lui sont chers comme Conka, son amie d’enfance, entame une errance sans retour dans l’Europe. Une longue et rude errance d’une femme exceptionnellement digne et courageuse, qui supportera sans broncher et sans jamais perdre son goût inné pour la liberté, toutes les souffrances, les privations, jusqu’à ce qu’un amour paisible croise son chemin, un gadže différents des autres. « J’ai demandé à Enrico pourquoi il n’avait pas demandé si j’étais gitane. Il m’a demandé pourquoi je n’avais pas demandé s’il ne l’était pas. C’est peut-être la plus belle réponse qu’on m’ait jamais faite. » Alors Zoli peut se reposer un temps, « tout cela pour dire čhonorroeja, que l’envie d’aller plus loin venait de s’évanouir. Selon un vieux proverbe rom, la rivière n’est jamais où elle commence, jamais où elle finit, mais il me semblait être arrivée au bout de quelque chose. » Mais, cet amour aussi lui sera brutalement enlevé, lui laissant une fille. Une fille que Zoli à la fin du livre, ira rejoindre pour quelques jours à Paris, nous sommes en 2003, un bond dans le temps et les temps s’emmêlent, mais Zoli n’a pas changé. « Avance mon cheval et chie. » Colum McCann, écrivain né à Dublin en 1965 et vivant aujourd’hui à New York, est l'auteur de très beaux romans (le Chant du coyote, Les Saisons de la nuit, Danseur) et de deux recueils de nouvelles, La Rivière de l’exil et Ailleurs en ce pays. Zoli a pris racine à partir d'une photo de la poétesse tzigane polonaise Papusza, sur laquelle Colum McCann est tombé, en lisant Enterrez-moi debout ! L'Odyssée des Tziganes, d'Isabel Fonseca (livre que je vous recommande aussi fortement). Obsédé par cette image, il n'a pas pu faire autrement que de se plonger dans le monde des Tziganes d'Europe centrale et d’écrire ce très beau roman, «à mi-chemin de la fiction et de la non-fiction». Zoli n'est pas Papusza, mais elle lui ressemble.

 

Bruce Clark couverture_728.jpg1 artiste : Bruce Clark Né en 1959, à Londres. Plasticien et photographe (reportages sur l'Afrique du Sud, la reconstruction du Rwanda, le retour des réfugiés Libériens), il expose depuis 1989 en France (où il est installé) et à l'étranger. Militant anti-apartheid au temps de l'apartheid en Afrique du Sud. Auteur du projet : "Le Jardin de la Mémoire" sculpture mémorielle sur le génocide rwandais soutenu par l'UNESCO et les associations de la société civile rwandaise.

Sa matière donc, c’est l'histoire contemporaine dans toutes ses problématiques. Son art n’est ni complaisant ni décoratif, seulement un moyen d’expression et d’information, car les mots ne suffisent pas. Un regard sur le monde et un questionnement surtout. J’ai découvert ses œuvres dans  son livre Dominations (textes français et anglais et 140 tableaux en couleur), publié en 2006 aux éditions Homnisphères, très représentatif je crois de l’ensemble de son travail. Thématiques omniprésentes : le racisme, l’exploitation, l’asservissement, la pauvreté, l’injustice, l’errance. Beaucoup de visages dans son art, qui évoque parfois comme des affiches superposées, il a d’ailleurs créé quelques affiches de films également. Mélange de textes, déchirures de presse, couleurs parfois comme délavées, très contrastées et des visages, beaucoup de visages, comme pris sur le vif, tout s’imbrique, se superpose, en couches successives d’histoires, son travail est très dense, la densité de l’humanité, et porteur d’un engagement profond. Les titres de ses séries parlent d’eux-mêmes : Mémoires changeantes, Peintures noires, La foule, Se déplacer parmi les ombres,  Portraits effacés, Sur les frontières, Hommes debout, Dérives, Boxeurs/lutteurs, Les marcheurs, Fragments d’une histoire de demain, Homme masse, Le regard, Portraits anonymes, Nostalgies Impériales, Glissements, Tous différents, tous pareils, Une bombe de…, un monde pas très clair. A découvrir sur http://www.bruce-clarke.com/

 

25/03/2012

NUMÉRO 42

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Avril-Mai-Juin 2012

 

 

Urgence poéthiques

Parler de politique, sûrement pas ! Marre ! Du cirque moche, du vilain cinoche, du cigare qui fait pouèt ! Marre des simagrées, des citernes, des sitcoms, des si demain c’était hier ! Marre des ciboulots qui sonnent creux, des si boulot y’avait, des si tu m’aimes je te nique, du cimetière de l’éthique et des si je te le dis, c’est toi qui payes. Marre des silures de salons, des cireurs de pompes funèbres, des citadindes et dindons de la farce ! Marre des cibles trop ciblées, des cyborgs et des cyclopes borgnes. Marre, marre, marre ! Alors stop, ne faisons pas scie de tout bois ! Alors oui, Nouveaux Délits pratique la discrimination dès qu’il s’agit de politique ! Parfois la poésie est trompeuse, l’art aussi, mais ici penseurs nauséabonds, même poètes, non acceptés… Je respecte votre liberté d’être con(ne)s, mais ici c’est mon temps qui passe à votre service, m’sieurs, dames, alors pas d’entourloupe, si besoin je recule et ça cafouille un peu, ça merdouille, ça citrouille. Veuillez descendre du carrosse. Des revues y’en a pléthore, ici on s’affiche avec des valeurs plutôt surannées, démodées : humaines encore quoi ! Pas dogmatiques, ni racistes, ni sexistes, plutôt attirées par la simplicité du genre universel, l’authenticité pas forcément terroir, les esprits clairvoyants grands ouverts, le cœur intelligent qui ne bat pas seulement pour lui-même...

Sur ce, que le printemps vous printanise, que le soleil vous exalte, car lui il est bien exalté et ce n’est qu’un début. Lâchez du lest, nous allons grimper !

 CG

 

 

Je suis contre tous les systèmes politiques qui croient détenir le monopole de la vérité. Je suis contre tous les monopoles idéologiques. (...) Je vomis toutes les vérités absolues et leurs applications totales. Prenez une vérité, levez-la prudemment à hauteur d'homme, voyez qui elle frappe, qui elle tue, qu'est-ce qu'elle épargne, qu'est-ce qu'elle rejette, sentez-la longuement, voyez si ça ne sent pas le cadavre, goûtez en gardant un bon moment sur la langue – mais soyez toujours prêts à recracher immédiatement. C'est cela, la démocratie. C'est le droit de recracher.
Romain Gary - 1957

 

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AU SOMMAIRE

 

Délit d’espérance : Fukushima Renaissance de Taro Aizu (Japon)

Délits et des listes : poèmes de Jacques Coly

Délit de mémoire : Je me souviens – Venezuela de Rémy Durand

Délit de vin, délit divin : Aymen Hacen (Tunisie), un extrait du Journal du ramadan (2009-1430)

Délit de poésie : Cathy Garcia, Guillaume Decourt

Résonances : 1 film, Magnifico de Mario J. Delos Reyes (Philippines) ; 1 livre, Zoli de Colum Mc Can ; 1 artiste, Bruce Clark.

 

C’est un fait, vous tomberez nez à nez avec le bulletin de complicité au fond en sortant.

 

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Illustrateur :

Joao Carlos Chaves-Lopes

jc.c.l@orange.fr

 

Né en 1964. Vit dans le Lot depuis 1999. Bricoleur et ébéniste à ses heures perdues. Adepte de la procrastination et de la réflexion horizontale. Veut travailler quand il sera grand. A gribouillé dans un élan non contrôlé quelques dessins qui se retrouvent, il ne sait comment, dans une revue de poésie.

 

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Courir dans les champs,
sentir le vent,
ce n'était pas assez.
...Comme tous ceux
qui n'ont rien dans la tête,
moi aussi j'ai cru
qu'il fallait faire des choses.

Alexandre Romanès

 

 

 

 

 

 

 

Qué wonderful monde - Délit Vrai n°1

Nouveaux Délits

 

présente le n°1 de la collection

 

« Les Délits Vrais »

 

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 Qué wonderful monde !

 

 

 

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Textes et illustrations en couleur de Cathy Garcia

 

 

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Un recueil de 12 pages, format A5

 

Livré sous enveloppe transparente personnalisée.

 

 8 €

 

 Voir : http://associationeditionsnouveauxdelits.hautetfort.com/

 

 

23/03/2012

Alain Gourhant parle de Nouveaux Délits

A LIRE ICI :

http://blog.psychotherapie-integrative.com/les-haikus-de-...

20/03/2012

Tarn en poésie 2012 avec Kenneth White

Cette année c'est la revue Nouveaux Délits, en la personne de Cathy Garcia, qui assure le compte-rendu de Tarn en poésie. L'invité est Kenneth White.

J'en profite pour rappeler ce texte qui a inauguré en quatrième de couverture le numéro 0 de cette revue, en juillet 2003 :

 

"Ce que je recommande en définitif, sur le plan du comportement, c'est un mélange de résistance, d'indifférence et de rire. Résistance à la bêtise, au système de crétinisation mis en place par une grande partie des médias. Indifférence à tant de discours qui, au nom du Progrès, de l'Avenir, de l'Humanité invitent à une participation sentimentale et aveugle à des mouvements de foule. Rire (sans en faire une profession) devant le faux sérieux, le prétentieux creux, la guimauve sentimentale. Ensuite, je propose d'entrer dans le champ du grand travail, par la porte d'un questionnement radical et par l'intermédiaire de la littérature mondiale. Pour la première fois dans l'histoire du monde, les ressources de pratiquement toutes les cultures sont là, à notre disposition. A l'individu de chercher, en utilisant les institutions. On pourrait aussi envisager la création de groupes, des groupes d'amis, d'esprits chercheurs, pour la discussion de textes radicaux et séminaux, pour l'échange d'informations, pour veiller sur la biosphère, sur l'éco-région. De tels groupes formeraient comme un archipel de vie à l'intérieur de la masse amorphe (ou régimentée) de notre civilisation. Il faut surtout être sur le qui-vive pour tout signe de métamorphose de cette civilisation. Et puis, le plus souvent possible, l'œil et l'esprit ouverts, emprunter n'importe quel sentier dans le bois, suivre n'importe quel ruisseau jusqu'à la mer"

 

Kenneth White(poète, écrivain écossais)

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02/03/2012

Numéro 39 lu par Gérard Paris

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cliquez sur l'image pour lire

14/02/2012

Mon ombre épaisse et lente de Juliette Schweisguth

J'apprends indirectement à l'instant via un mail de Thierry Cazals que Juliette Schweisguth, dite "Clochelune", n'est plus.

C'est arrivé en fait en juillet et je ne l'ai pas su, je connaissais peu Juliette mais j'avais eu de bons échanges avec elle via Francoplois et je l'avais publiée dans le numéro 15 (Les moments de Liette).

Ce mois de juillet 2011 a vu partir deux de mes amie(s) poètes, Ben Kabahn et Yann Orveillon, et voilà donc que Jullette, la toute jeune Juliette, à peine un an de plus que Beb, s'est envolée aussi.

Belles pensées d'amour pour elle et toutes celles et ceux qui nous précèdent dans ce voyage, un voyage qui, j'en suis certaine, continue !

J'en profite donc pour passer le message de Thierry Cazals :

"le vœu de Juliette Schweisguth,
dite "Clochelune"
(1973-2011)
de voir ses haïkus publiés
est enfin exaucé !

MON OMBRE EPAISSE ET LENTE
paraîtra le 3 mai 2012
(jour-anniversaire de Juliette)
aux éditions Pippa.

Merci de diffuser au maximum
le bon de souscription
ci-joint autour de vous !

Je suis heureux que la poésie de Juliette puisse enfin fleurir
aux yeux du plus grand nombre…

De tout cœur
Thierry Cazals"

Bon de souscription : bon_souscription_Juliette[1].pdf

13/02/2012

N°41 lu par Christian Saint-Paul

Toujours égale à elle-même la revue « NOUVEAUX DELITS  Revue de poésie vive » fait paraître son n° 41 (6 € abonnement 25 € pour 4 n° , chèque à adresser à Association Nouveaux Délits Létou -  46330  Saint-Cirq-Lapopie) avec des illustrations originales de Karolinda ( http://karolinda.pagesperso-orange.fr), un recueil de haïkus du cercle japonais Seegan sur l’Après Fukushima, des textes d’Alain GOURHANT, de Basile ROUCHIN, du belge Timotéo SERGOÏ. Une poésie militante et pertinente qui réchauffe l’amitié des peuples comme Cathy GARCIA, inlassable revuiste, en a le talent. La présentation est réussie avec une économie de moyens et s’améliore encore puisque les exemplaires sont maintenant massicotés. Un moment agréable et fort assuré à la lecture de cette revue.

 

Christian Saint-Paul

http://www.lespoetes.fr/emmission/emmission.html

 

10/02/2012

Nouveaux Délits N°41 lu par Georges Cathalo

Note parue sur : http://revue-texture.fr/spip.php?article486

 

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Sans se présenter sous la forme d’un « numéro spécial », cette livraison est une singularité, même si elle s’inscrit dans le droit fil de la ligne éditoriale impulsée par Cathy Garcia. En effet, après un original éditorial, on peut y lire des ensembles de textes cohérents autour de ce que l’on pourrait nommer : la menace nucléaire et la survie sur la planète. Avec « Après Fukushima », on peut lire une brassée de haïkus japonais présentés par Seegan Mabesoone, pour qui « la menace nucléaire n’est comparable à aucune autre ». Suit un bel ensemble de poèmes d’Alain Gourhant extraits de « Poésie du désastre et de la guérison ». De la même veine mais d’un tout autre aspect formel, viennent ensuite de troublants poèmes de Basile Rouchin et une étonnante suite de Timoteo Sergoï. L’ensemble de cette livraison est de bonne facture et la lecture est aérée par les discrets accompagnements graphiques de Karolinda et par d’opportunes citations. Allons, suivons Cathy Garcia qui nous adresse ce vœu des Indiens Navajos : « Hozho ! Que le monde soit hozho ! » c’est-à-dire qu’il nous apporte à la fois beauté et santé.

 

GC

 

 

01/02/2012

Vient de paraître : Le diagonaute amouraché de Timotéo Sergoï

Vous en avez aimé les extraits dans le dernier numéro de la revue ? Le NOUVEAU recueil de textes de Timotéo Sergoï est sorti aux éditions Fram, à Liège.

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Il s'agit d'une correspondance imaginaire entre une certaine Rose Vinaigre et un incertain Monsieur Confetti. On y parle d'amour et de voyage, de guerre, d'enfance et de poésie, en une verve souriante et désespérée. Quoi de mieux que de sourire devant les blessures ?

 

Rose, je mourrai de guerre  (Le savais-tu ? Le savais-tu ?)

 

Et je mourrai idiot, ignorant tout de l’art de tuer.

 

Un char me passera sur le corps et ca fera un grand

 

« SCRNOPRTUSNILZTSCHAK »

 

(Quatre syllabes qui n’existent pas en français)

 

 

 

Rose, je mourrai de vent (Le savais-tu ? Le savais-tu ?)

 

Et je mourrai idiot, ignorant tout de l’art de t’aimer.

 

Un cerf-volant m’emmènera, puis je pourrai tomber

 

Et ca fera un grand  « AAAAAAAAAAAAAAAAAAAKRNAK »

 

(Deux syllabes qui n’existent en aucune langue)

 

 

 

Rose, ô Rose, je mourrai de silence (Le savais-tu ? Le savais-tu dans ta science?)

 

Et je mourrai idiot, ignorant tout de l’art de décéder.

 

Seul au milieu de l’Antarctique, gelé, cassé, brisé, ça fera un grand   " ________________________________________"

 

De ces mots qui n’existent qu’en la langue des Augustes.

 

 

11 € + 2€ port

Pour commander envoyer un mail à :

stephane@cheminsdeterre.be

 

18/01/2012

Vient de paraître : Penser maillée de Murièle MODELY

aux Editions du Cygne

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ISBN : 978-2-84924-263-6

 

13 x 20 cm

 

88 pages

 

12,00 €


Dans le foisonnement ou le manque, dans la mémoire qui file, dans l'île qui se dérobe, la langue explore, fouaille, cherche l'identité métissée…
Comment remplir les blancs, combler le noir ?

Tu t'épelles comme la première lettre
Tu bazardes en morceaux ton corps par la fenêtre
Tu recrées l'alphabet sur l'arête du ciel
[…]
Voilà mis
Bout à bout
Des pores, des pigments
Voilà dans le karaï
Tes épices fragments


Comment penser le mot, mailler le mot, tous les mots...

 

Murièle MODÉLY est née à Saint-Denis, île de la Réunion. Installée à Toulouse depuis une vingtaine d'années, elle écrit depuis toujours, essentiellement de la poésie. Elle présente un penchant fort pour les regards de côté, elle cherche encore et toujours la mer, elle guette sous la lettre le noir / le blanc... Elle a participé par ailleurs à des revues poétiques ou sites : Nouveaux Délits, Microbe, Traction Brabant, L'Autobus, FPDV, etc.

 

Des extraits de Penser maillée ont été publiés dans le numéro 40. Si vous les avez appréciés alors n'hésitez pas à vous procurer ce livre.

 

http://www.editionsducygne.com/editions-du-cygne-penser-m...

 

04/01/2012

RÉSONANCES 41

 

Incendies_fichefilm_imagesfilm.jpg1 film : Incendies, écrit et réalisé par le québécois Denis Villeneuve d’après la pièce de Wajdi Mouawad, a reçu au total 11 récompenses, et elles sont plus que méritées. J’ai rarement vu un film aussi riche et aussi réussi à tout point de vue. Le scénario est en or, les images sont magnifiques, l’intrigue astucieusement composée d’allers-retours entre présent et passé, est captivante et le fond est d’une extrême intelligence et sensibilité. C’est le portrait d’une femme, Nawal, magistralement interprétée par Lubna Azabal, le portrait d’une mère, au passé mystérieux qui sera dévoilé après sa mort. Bouleversant, déchirant même, le film est aussi beau que dur. Ce que les jumeaux Jeanne et Simon Narwan vont devoir découvrir, selon les dernières volontés de leur mère - ou plutôt les derniers caprices, leur semble t-il, d’une femme trop distante - pour être autorisés à graver une épitaphe sur la tombe de cette dernière, les renverra dans un passé qu’ils n’auraient jamais pu soupçonner, en plein cœur de la tragique histoire du Liban. Le nombre de thèmes abordés, chacun avec justesse, dans ce film est tout simplement époustouflant. C’est le genre de film qui ne s’oublie pas.

 

http://www.incendies-lefilm.com/#/bandeannonce

 

 

 9782913465091-0.jpg1 livre : Barrio Flores, Philippe Claudel, avec des photographies de Jean-Michel Marchetti, la Dragonne, 2000. Barrio Flores est comme l'indique son sous-titre, une "petite chronique des oubliés". Le Barrio Flores, à la Havane, est un de ces innombrables quartiers pauvres d’Amérique latine ou d’ailleurs et ce livre évoque tous les oubliés qui y vivent, y survivent. " j'avais dévalé la nuit. Le jour me prenait dans les parfums de fritures. Des ivrognes à l'angle d'un immeuble éboulé s'accrochaient à leur aube de tromperies et d'alcool de canne." Un gamin comme il en existe tant, enfant des rues, d'autant plus vivants qu'ils côtoient la mort au quotidien, nous y promène comme une "petite musique", "Je marchais sur des trottoirs blancs comme des fesses d'agneaux", une comptine entêtante. J'ai été séduite, envoûtée par le chant des mots, la beauté de ce texte qui rend hommage aux exclus "dans le matin du quartier de tôles et de carton, dans le matin hésitant des chiens maigres et des loups de fortune". Un hommage à ceux dont l'existence n'est parfois qu'une brève étincelle "le battement de son cœur, si rapide, qui se précipitaient de vivre en quelques mois une vie entière". Un texte poétique, vibrant et juste, qui résonne encore longtemps après lecture. " Elle a lampé à la bouteille un oubli aux couleurs de lune morte." Philippe Claudel est né en 1962. Écrivain et scénariste, il a publié une quinzaine de livres. On lui doit notamment «Les âmes grises» (éd. Stock), roman couronné en 2003 par le Prix Renaudot.

 

 


 

9782226075338.jpg1 roman : Terre somnambule de Mia Couto (Terra Sonâmbula, 1993), Éd. Albin Michel, 1994, traduit du portugais (Mozambique) par Maryvonne Lapouge-Pettorelli. Il est d'abord déroutant ce premier roman de Mia Couto, deux histoires y avancent en filigrane. Un aller-retour incessant dans le temps, deux protagonistes, le vieil homme et l'enfant, réfugiés dans un car-brousse incendié au-milieu des morts. Un no man's land sinistre cerné de violence, où passé et présent, réel et rêvé, s'entremêlent constamment et la lecture des cahiers trouvés là, dans lesquels aussi se mélangent l'histoire et le mythe, le vécu et l’imaginé... Il n'est pas forcément nécessaire de connaître l'histoire du Mozambique, même si cela aiderait à la compréhension du fond de ce roman, par contre il est nécessaire de lire avec les tripes, plus qu'avec sa tête, de lire avec cet organe indéfinissable qui se met à vibrer dès qu'on le confronte à la dimension poétique. L'écriture de ce roman est belle, étrange et fascinante, et c'est bien de poésie qu'il s'agit ici. Une poésie qui puise dans l'imaginaire africain autant qu'à la beauté de la langue. Ici donc, c’est celle de l'ancien colon, le Portugais, qui est mêlée au dialecte local, pour créer de nouvelles images, riches et surprenantes, ce qui donne un style très particulier qui rappelle certains romans latino-américains. Une poésie où se diluent dans une sorte de fièvre, de lent cauchemar, le tragique des destins, la barbarie des guerres civiles et les paysages qui en sont le décor. L'absurde de la violence, l'abysse des souffrances, là où l'homme se confond avec l'animal, n'en sont que plus palpables. Etrange et magnifique roman, dont on ne sait pas exactement comment on y est entré, ni quand on en est sorti.

 

0e5a2d31d602455c042bc07a7d7b7b7f87cf93d5.jpg1 groupe : Yat-Kha, groupe de rock tuva (Russie), formé en 1991.Le groupe tire son nom d'un instrument typique mongol qui ressemble à la lyre. Actuellement composé d’Albert Kuvezin (chanteur et guitariste), Jenya Tkatchov (percussions) et Scipio (bassiste). Albert Kuvezin maîtrise à la perfection le khöömei. Le khöömei est basé sur ce qu'on appelle le "bourdon", un son fondamental sur lequel les harmoniques, jusqu'à plus de 40, viennent former une mélodie grâce à un ingénieux placement de la langue ou des lèvres. Les chanteurs qui utilisent cette méthode peuvent produire deux voix différentes, voire trois. Le khöömei est inscrit depuis 2009 au patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO pour la Chine et depuis 2010 pour la Mongolie. Les compositions de Yat-Kha s'appuient sur la musique chamanique sibérienne en rajoutant des instruments électriques et ses sons rock. La voix du chanteur extrêmement grave lui a valu des comparaisons avec Tom Waits, mais la dimension chamanique apporte quelque chose de nettement original et de très envoûtant. Discographie : 1991: Kahnparty. 1995: Yenisei Punk. 1999: Dalai Beldiri. 2000: Aldyn Dashka. 2001: Bootleg. 2003: tuva.rock. 2005: Re-covers. 2005: Bootleg 2005. 2010: Poets and Lighthouses.  

 

http://www.yat-kha.ru/en/

 

 

 

01/01/2012

NUMÉRO 41

 

Photo  TERRE 766.jpg

Janv. fév. mars




2012,  la fin ?

Loin de moi l’idée de détourner le calendrier maya, aztèque ou martien à des fins du monde, mais je dois dire que la fin, je l’espère oui, et de tout cœur. La fin de la bêtise crasse, de la violence, la fin du pillage généralisé, la fin de la corruption, la fin du mépris, la fin du cynisme, la fin de l’injustice, la fin de la faim ! La fin, oui, d’un monde régulé par l’avidité, l’arrogance et l’ignorance, la peur et l’agression…

La liste interminable des maux, on la connait n’est-ce pas ? Mais le remède ? 2012, année médecine ? 2012, année de beauté et de bonté ? Beauté comme l’entendent les Navajos : hozho. Un mot qui signifie à la fois beauté et santé. Et non pas au zoo, j’entends déjà les petits malins… Hozho qui signifie surtout un état, un état de beauté et de bien-être. La beauté, une façon d’être, de se conduire pour que règne l’harmonie. Voilà ce que nous devons retrouver, pratiquer, enseigner et nous détourner de tout ce qui est contraire à cet état. Si j’ai un vœu à formuler donc pour cette fin de monde, c’est celui ci :

 

Que je sois hozho, que vous soyez hozho.

Que le monde soit hozho !

 

CG

 

 

dans la beauté je marche

avec la beauté devant moi je marche

avec la beauté derrière moi je marche

avec la beauté au-dessous de moi je marche

avec la beauté au-dessus de moi je marche

accompli dans la beauté

accompli dans la beauté

accompli dans la beauté

 

Chant navajo de la Nuit des Chants


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AU SOMMAIRE

 

Délit nucléaire : Après Fukushima, haïkus du Cercle Seegan, présenté par Seegan Mabesoone (Japon)

 

Délit de poésie :

 

Alain Gourhant, extraits de Poésie du désastre et de la guérison

 

Basile Rouchin, neuf poèmes

 

Timotéo Sergoï (Belgique), extraits du Diagonaute amouraché

 

Résonances : 1 film, 1 livre, 1 roman, 1 groupe de musique


Bulletin de complicité à la sortie.

 

Illustratrice : Karolinda

 

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karolinda@orange.fr

Son site : http://karolinda.pagesperso-orange.fr/

 

« "Peinture tendance art singulier, expression libre, allergique aux définitions qui sclérosent, très sociable ou alors plutôt solitaire, ça oscille ! Profil modifiable selon les saisons... Ici ce sont de petits dessins réalisés à Berlin lors d'un séjour d'une semaine en 2010 ; un passage dans la ville pour faire mes adieux à un amour déjà perdu deux ans auparavant mais qui nécessitait une dernière visite. Dans ma chambre, j'ai pris mes feutres et craies grasses me reliant ainsi à mon être profond, la présence de cet homme devenait fantomatique et je pus ainsi traverser cette période houleuse sans réelle difficulté. Je rencontrais Berlin et son atmosphère si spéciale tout en me réfugiant autant que je le pouvais dans mon espace intime, là ou émerge  un autre monde. Quoique sensible à l’environnement, l'autre monde prend le dessus et alimente mes créations, que ce soit la sculpture, le dessin ou la peinture. Confiée aux mains de l’invisible, l'acte souterrain  s'éprend de mes mains et je me creuse pour en suivre les méandres. »



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Quelle chimère est-ce donc que l'homme ? Quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradictions, quel prodige ? Juge de toutes choses, imbécile ver de terre, dépositaire du vrai, cloaque d'incertitude et d'erreur, gloire et rebut de l'univers. Qui démêlera cet embrouillement ?
Blaise Pascal

in Pensées

 

 

Anthologie de la poésie algérienne

 

Quand la nuit se brise

 

Anthologie de poésie algérienne


Par Abdelmadjid Kaouah, Collectif

 

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Tantôt ténue, délicate, à l’image des tapisseries traditionnelles, tantôt vociférante et éclatée, tel un oued en crue, la poésie algérienne a accompagné les douleurs et annoncé les orages historiques. Cette anthologie de poètes contemporains veut faire entendre les cris engagés des poètes de la résistance comme ceux de leurs héritiers qui ont fait de la langue française, ce tribut de guerre, l'outil d'un dialogue entre les deux rives de la Méditerranée.

  

Parution aux Ed. Points autour du 23 février 2012

 

 

 

30/12/2011

Vœux-tu bien lâcher deux mi-longs œufs ?


 

EN ATTENDANT LA SORTIE EN JANVIER DU N°41 DE LA REVUE,

 

NOUVEAUX DÉLITS VOUS EN SOUHAITE UNE BONNE.

 

L'AN DOUZE C'EST TOUJOURS MIEUX QUE L'ANDOUILLE...

 


 

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SURTOUT DU PAYS DE l'AN DOUILLE

 

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...

 

 


28/12/2011

Les vœux des poètes : Ernest Pépin

 

Je viens de décréter une Bonne Année

 

J’arrive au bout de l’année avec toi

Nous l’avions commencée ensemble

Au bout d’une autre année

Cela fait si longtemps que ça dure

Que mes vœux s’emmêlent

Perdent la mémoire

Ou bien ils se répètent comme le monde se répète

J’aimerais voir un éboueur heureux

Un malade guérir

Un passant qui danse

Une femme qui m’attend au coin de la rue

J’aimerais voir un monde qui sauve la vie

L’espoir qui fabrique une étoile

Mais ce serait trop demander

Le monde est trop le monde

Une bulle de bonheur l’épuise

Il s’enivre comme il peut

Moi

Je n’aime pas voir un amour qui se ride

Un squelette d’enfant

Je n’aime pas voir

Disparaître un animal

Un drapeau qui fait le beau

Je suis un homme simple d’esprit

J’aime la paix du monde

Le bonheur du monde

Le respect du monde

Le bleu du monde

Je crois que les morts rêvent en plein jour

Je crois aux mots qui m’allument

Je crois que les feuilles font l’amour

Que les ombres ont leur vie

Et puis je crois aux noces du monde

L’année ne doit pas avoir honte de nous

Ni la vie

Ni l’étoile qui nous attend

Ni l’enfant dans le ventre du temps

Mais j’ai déjà dit ça

Peut-être devrais-je me taire

Attendre patiemment que mon rêve passe

Et chuchoter pour le fou qui est mon frère

Je viens de décréter une

BONNE ET HEUREUSE ANNEE !

 

Ernest Pépin

Faugas/Lamentin

Le 26 décembre 11

14/12/2011

Rappel : un cadeau (trrrrrrrrrrrrrès) original pour les fêtes

Tiré à Part

 


 NOUVEAUX DELITS

et les 40 éditos



 

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2003-2011

 

 

 

 ******************************************************************************************************

 Textes :

 

Cathy Garcia

 

 

et un clin d'oeil à tous les illustrateurs

ayant participé à la revue :

 

Michelle Martinelli  

Üzeyir Lokman Çayci

Blandine Jullien  

Joaquim Hock

Jacques Rouby

Ferran Casals  Torra

Patrick Evrard

Cathy Garcia 

Serge Dubois

Anaïs Aillet

Corinne Pluchart

Jean-Louis Millet

Valéry Jamin

Jean-Marc Couvé

 

 

 

 

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Tirage à cent exemplaires

entièrement numéroté

et signé par l’auteur

 

http://cathygarcia.hautetfort.com/

 

    Imprimé sur papier recyclé



 

10

port offert

 

Pour commander :

nouveauxdelits@orange.fr

 

07/12/2011

Le Grand Borborichon et autres coquecigrues - Joaquim Hock

Après avoir publié il y a un an et demi son premier roman intitulé L'INTRUS, Joaquim Hock remet le couvert avec un recueil de 26 contes fantastiques illustrés par ses soins.

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Extrait: « La course d’escargots venait de commencer. Celle-ci allait durer au moins cinq jours et autant de nuits. Les pauvres bêtes devaient parcourir une bonne demi-verste sur un chemin périlleux semé d’embûches telles que troncs d’arbres, gravillons et autres machins pointus. Chacun des escargots était entraîné et surveillé par son propriétaire qui se chargeait de l’encourager et de verser de temps en temps quelques gouttes d’eau sur sa trajectoire en cas de sécheresse trop importante. Toute autre aide comme des coups d’index sur la coquille ou le souffle étaient en revanche rigoureusement interdite par les règlements et sévèrement punie de disqualification par les arbitres. »

Disponible aux éditions Durand-Peyroles, http://www.editions-dp.com/
en librairie et sur tous les sites qui vendent des livres en ligne.

http://www.amazon.fr/Grand-Borborichon-autres-coquecigrues/dp/2915723680/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1323162219&sr=1-1


___________________________________

Ses blogs:  http://joaquimhock.blogspot.com
                  http://intruslelivre.blogspot.com

Son roman "l'INTRUS - fragments du récit d'une humiliation en milieu domestique"  est bien sûr aussi  toujours disponible.

15/11/2011

Merci à Christian Saint-Paul

Dans sa nouvelle émission Les poètes sur Radio Occitania Christian Saint-Paul invite à lire le n° 40 de la revue de poésie vive NOUVEAUX DELITS   6 € abonnement 25 € chèque à adresser à Association Nouveaux Délits  Létou -  46330 St CIRQ-LAPOPIE http://larevuenouveauxdelits.hautefort.com . Ce numéro soigné comme toujours rend hommage : à Beb KABAHN (1974-2011) graphicultrice de stigmates, « écrivière en poésie et tellement plus encore » (selon l’expression affectueuse de Cathy Garcia) et à Yann ORVEILLON (1941-2011) poète et voleur de feu, au cœur océan. Les illustrations sont de Corinne Pluchard  http://corinne.pluchart.over-blog.com . Lecture de la fin de l’éditorial de Cathy GARCIA.

Puis toujours de Cathy GARCIA lecture d’extraits de son recueil « le poulpe et la pulpe » avec des dessins de Jean-Louis MILLET paru aux éditions cardère 56 p 10 € commande possible sur : www.cardere.fr 

Dernier poème du recueil :

Me couper rituellement la langue pour ne plus qu’elle fourche.

Semer des graines de sourire à chaud dans le fumier de mon cœur.

Me laver des scories qui cherchent encore reconnaissance.

Être creuse afin d’être usée et renouvelée sans fin.

            Comme une veine.

Les éditions Cocagne 30 rue de la Banque 82000 Montauban www.cocagne-editions.org  ont entrepris de publier l’œuvre de Félix-Marcel CASTAN ; le dernier volume Occitanisme pédagogique 150 p (très beau livre) 30 € rassemble des textes de ce penseur hors norme sur l’humanisme qui découle de la posture culturelle comme un mode de vie à suivre ; et cela pour toutes les cultures, la culture occitane qui est celle de l’auteur comprise. De très belles pages qui font parfois référence à des évènements datés (les années du festival de Montauban par exemple) mais écrits avec une précision pédagogique qui les rendent intemporelles. Pour CASTAN « la littérature occitane peut tout dire au nom de tous, à la fois ceux qui sont de son pays et ceux qui n’en sont pas, au nom de toutes les provinces d’une nation qui veut ressusciter à la vie culturelle, au nom même des hommes qui partout cherchent les moyens les meilleurs d’habiter leur planète. »

Puis le cap de l’émission est mis sur le Portugal, le sud précisément, l’Algarve bien connu de Saint-Paul qui y séjourna quelques étés chez son ami l’éditeur Carapato à Faro. Audition d’un morceau de MADREDEUS pour s’imprégner des accents de cette terre avant de poursuivre sur l’œuvre de Fernando CABRITA dont les éditions L’Harmattan dans leur collection « Poètes des cinq continents » ont fait paraître en édition bilingue portugais-français « Douze poèmes de Saudade » traduit et préfacé par François-Luis Blanc  65 p 10,50 €  http://www.librairieharmattan.com 

Né à Olhao prés de Faro en 1954, Fernando CABRITA a collaboré à divers journaux et revues, au Portugal, en Suisse et au Mozambique, à travers des articles, des dessins, des photos et des textes. Il a publié à ce jour une vingtaine d’ouvrages, essentiellement de poésie et fût lauréat de nombreux prix.

CABRITA dont c’est le premier recueil traduit en français, suscite l’émotion avec des mots simples, soulevant des ondes de plaisir chez l’auditeur. Lecture de larges extraits avec une pause pour écouter une saudade d’Amalia RODRIGUEZ.

Un poète à découvrir !

 

à écouter sur

http://lespoetes.fr/emmission/emmission.html

 

 

 

05/11/2011

Ile Eniger sur Nice Azur Tv - 25/03/2011


OVVR du 25/03/11 sur Nice Azur TV - Littérature... par niceazurtv

10/10/2011

RÉSONANCES 40

41X1YNQ4VXL.jpg1 livre : La Poésie de l’extase et le pouvoir chamanique du langage (Ed. Maisonneuve et Larose 1997) de Stéphane Labat. Un pavé de 450 pages qui s’avère, malgré quelques longueurs et des affirmations qui n’engagent que l’auteur, très intéressant, voire passionnant, pour tous ceux qui s’interrogent, ou plutôt qui sont interrogés, par ce lien entre poésie et quête initiatique, visions, métamorphose et dépassement de l’être, traversée des miroirs, rencontre avec le Double, sexe, magie, transe, enfermement et libération L’auteur compare et juxtapose, innombrables citations à l’appui, œuvre et vie d’écrivains, poètes, artistes comme Artaud, Hesse, Nietzche, Gibran, Novalis, Lautréamont, Van Gogh, Nerval, Rûmi, Rimbaud, Baudelaire, Lovecraft, Poe et bien d‘autres, y compris Morrison et même Hendrix - chacun ayant eu affaire d’une façon ou d’une autre aux excès tragiques de l’existence - avec les thèmes que l’on retrouve dans le parcours des chamanes des cultures chamaniques traditionnelles. Point commun entre ces chamans traditionnels et ces poètes chamans d’Occident : le fait d’utiliser l’extase (l’acte de sortir de soi-même) comme instrument de perception et de se faire « techniciens de la Source ». Les thèmes abordés couvrent un vaste territoire mais les femmes sont absentes de ce livre. C’est un choix de l’auteur, avec qui j’aimerais avoir une bonne discussion à ce propos, mais cela reste un ouvrage riche, approfondi, qui me parle au-delà de ce que je pourrais vous en dire, et une chose est claire, comme l’écrit l’auteur : « qui refuse la souffrance et la lucidité dans sa vie refuse également la volupté et la connaissance ».Stéphane Labat,docteur en littérature comparée à la Sorbonne, a publié 10 ans après, Escort girl et autres poèmes (Publibook).

 

1194364182.JPG1 recueil : Ces missiles d’allégresse d’Anna Jouy (Ed. de l’Atlantique 2011) Et la femme fut… Et la femme fuit, de toute part, comme une passoire, et s’enfuit en flaques, comme un étang pris entre deux écluses/comme une flaque, en rivières, batik de soupirs teinture de lapements assurant les rivières/incrusté du venin d’ecchymoses, aspire tantôt au puits, je cherche le noir profond des cuves le noir du puits et le blanc de la mémoire tantôt à l’océan, Tête basse collée contre mon souffle j’ouvre les passages secrets pour que l’ailleurs m’inonde. Ses mots radeaux ses bouées légères. J’y bois j’y pense : l’océan l’océan… Et la femme fut… Funambule, elle marche sur le fil de la lame, inspirée, emportée dans son propre vertige, ciel et chute, elle enfle, elle gémit, elle crisse, elle grince. Plutôt que d’évoquer l’écriture d’Anna Jouy, il faudrait parler de sa langue. Cette langue amoureuse qui chante, envoûtante, qui claque, qui appelle, cherche la peau, cherche à toucher, cherche la langue de l’Autre, je te bois te suce papille contre papille ma langue dans ton vin, l’Autre, le mâle et sa male mort, pour enrober de salive et dissoudre ce bonbon amer, la lancinante solitude. Je te bois solitaire muette les yeux cousus d’épigramme. La solitude comme un jardin de couvent, de fleurs et d’épines. Dans le déambulatoire je passe je passe à l’endroit à l envers/Toutes laines à la lune. Et la femme fume, comme l’eau jetée sur le feu… Vapeur, désir. Infusion de sueurs sur les toiles du lit/Toujours ce fleuve qui embrasse sa source (…) Et la femme toute entière dans son désir de fusion, fustige la mort qui emporte le vif amant. Qu’est-il arrivé au feu pour qu’il brûle ta peau et te foute en jachères de vivre (…) Je t’ai perdu comme une trace dans une eau de fortune/Perdu comme un doigt dessinant l’océan/Et le noir qui se noie sans cesse dans le noir Et la douceur tangue avec la douleur, et la langue se tord, en chant de souffrance appelant la sentence : Je veux entortiller ma langue la nouer d’épicentre la tirer au fusil comme un oiseau nié de migration. Et la femme fut… Futile, elle aimerait, mais la nacre des ongles Je les aiguise lames d’émeri contre corne de poudre pour l’affûtage du futile. /De quoi est-ce que je pitonne mon parcours de vie ? Ongleries et nacres et l’ombre de la dentelle, ne peuvent taire le trou, le manque, et la terre devient baume. Terre. Je m’allonge me glisse au sol et tente des épousailles d’herbe. (…) Mise à terre qui me rend si aérienne et qui arrose mon ventre d’un azur chaud déleste mes membres de leurs comités d’entreprise subtilise mes « marche ou crève ». La terre accueille et l’eau coule, en bain, cette tiédeur d’huiles et des transparences de moire, en larmes, la journée tient sur le crin d’un archet. Et je bascule entre joue et salières… En rivière, entre baies et comètes, l’obscur des rivières coule entre les seins, la soif dégouline entre mes seins la gorge rigole. Une rivière sue. Se fait feu entre les cuisses, l’intérieur de moi immense large comme ces bras ouverts profond comme l’antre d’un volcan empli de ces sueurs de ces odeurs magiciennes et l’eau et la terre, forment la boue de la langue pour lancer ces missiles d’allégresse, ce cri engouffré, noyé de silence. L’eau…  Elle finira bien par m’ensabler quelque part sur une anse de bras. Dans ce recueil intense, se concentre toute la splendeur d’une femme débordante de suc, qui marche vers son zénith. J’ai l’espace d’aimer comme un arbre en hiver. Ma peau devient si douce qu’elle ouvre tous les sens. (…) Je vais vers l’âge à tâtons de bonheur. On pourrait même m’en aimer. Le blog d’Anna Jouy : http://annajouy.over-blog.fr/

 

images.jpg1 groupe de musique : Wovenhand, originaire de Denver dans le Colorado, fondé par le talentueux et mélancolique chanteur-compositeur des 16 Horsepower, David Eugene Edwards à la fin 2000 (d’abord sous le nom de Woven Hand). Comparées à celles des 16 Horsepower (dont le bassiste est le français Pascal Humbert qu’on retrouvera sur les deux derniers albums de Wovenhand), les compos de Wovenhand sont plus sombres, plus intériorisées, moins country/folk et plus marquées par les percussions jouées par Ordy Garrison et les expériences d'Edwards avec divers instruments (guitares acoustique et électrique, banjos...). Depuis la dissolution de 16 Horsepower en 2005, David Eugene Edwards s'est consacré essentiellement à Wovenhand. Le groupe collabore activement avec Ultima Vez, la compagnie de danse contemporaine de Wim Vandekeybus. Wovenhand est l'auteur des musiques de plusieurs spectacles de la compagnie (Blush en 2002, Sonic Boom en 2003, Puur en 2005, Spiegel en 2006) et apparaît également dans le film Blush de Vandekeybus. La voix de David Eugene Edwards a quelque chose de réellement envoûtant,  à la limite de l’incantatoire, au service de textes dont les thèmes de prédilection sont effectivement souvent en relation avec la foi, la rédemption, le mysticisme et la religion chrétienne, une sorte de country gothique. David Eugene Edwards, petit-fils d'un pasteur nazaréen qui l'emmenait avec lui sur les routes du Colorado dès son plus jeune âge, est très croyant, cependant son mysticisme reste cantonné à son art et à sa vie personnelle, il ne pratique pas de prosélytisme sur scène, mais c’est probablement cette vie intérieure très forte qui donne autant de densité à ses compositions. Wovenhand fait partie du mouvement rock appelé le Denver Sound. Quelle que soient les croyances et le background de ce chanteur, je ne me lasse pas en tout cas d’écouter Wovenhand (comme j’ai apprécié aussi mais dans une moindre mesure 16 Horsepower), car c'est comme une redécouverte à chaque fois, avec une préférence pour les albums de 2004 et 2006. Discographie :

 

 

album-woven-hand.jpg2002 : Woven Hand

2003 : Blush Music et Blush Music (original score)

 

 

 

 

 

 

 

cover_31351421122007.jpg

2004 : Consider the Birds

2005 : Puur  

 

 

 

 

 

 

 

 

album-mosaic.jpg2006 : Mosaic

2008 : Ten Stones

2010 : The Threshingfloor.

Le site du groupe : http://www.wovenhand.com/

 

 

1 couple de photographes : découvert cette année au hasard du net, ce fut le coup de cœur immédiat ! Robert & Shana ParkeHarrison, nés respectivement en 1968 et 1964, après une collaboration de plusieurs années, ont commencé à présenter  leur travail en co-création en 2001. Leur curriculum est éloquent, mais leur travail mérite sans aucun doute cette notoriété. Onirisme, surréalisme, torsion de l’imaginaire, le temps comme arrêté, fragilité, cauchemars et nostalgie d’une humanité perdue, on pense à Prévert, mais les créations de ce couple de plasticiens photographes restent absolument originales et immensément poétiques, tout en distillant un message à fortes résonances écologiques. Pour chacune de leurs œuvres,  ils créent décors et accessoires, photographient puis collent, peignent et photographient encore jusqu’à ce que l’image soit celle qu’ils ont voulu donner à voir. L’ambiance qui s’en dégage est parfois très sombre, pessimiste, mais jamais directement violente. Certaines photos peuvent rappeler le travail du hollandais Teun Hocks. Leur livre, The Architect’s Brother a été nommé comme un des dix meilleurs livres de photographies de l’an 2000 par le New-York Times. Voici le nom de quelques photos de deux séries différentes, qui me parlent tout particulièrement et que vous pourrez retrouver sur le net :

 

The Guardian

 

 

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Tethered Sky

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Flying Lesson

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Earth Coat

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Mending the Earth 

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CloudCatcher

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Garden of Selves

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The Clearing ; The wound ; Gray Dawn ; The Scribe et bien d ‘autres encore dont je n’ai hélas pas les noms.

 

 

 

Leur site : http://www.parkeharrison.com/

 

RÉSONANCES 39

 

Memoires d'un rat - Belfond.jpg1 roman Mémoires d’un rat d’Andrzej Zaniewski (Belfond 1994). Intitulé Szczur (Rat) en polonais, il a été écrit à Varsovie en septembre-novembre 1979 et refusé par tous les éditeurs. Jugé « pessimiste, outrancier, amoral et pornographique », le roman fut finalement traduit en tchèque et édité pour la première fois en 1990. Sa publication en allemand lui a donné ses lettres de noblesse, traduit ensuite en seize langues, il devient un best-seller. Mémoires d’un rat est un roman aussi passionnant que brutal. Il se dévore. Un livre où nous devenons rat, et traversons à ras de terre l’Histoire des hommes, rat de terre et de mer aussi, car le rat poussé par la faim est un voyageur. La vie d’un rat de sa naissance à sa mort, racontée par lui-même. Un rat qui pour contrer les peurs et la fragilité de sa prime jeunesse devient peu à peu un monstre, un rat dominant. Et peu à peu se fait jour cette troublante ressemblance entre lui et nous, nous et lui. Nous humains, lui rat, nous rats humains. Le rat est une créature intelligente, opportuniste, qui vit en clans familiaux, sans pitié pour tous ceux qui ne sont pas de la famille. Ce qui n’empêche pas le rat de manger un jour sa mère ou ses enfants. Ce livre, par ailleurs très documenté, nous parle de notre propre répugnante condition quand nous nous laissons aller à nos instincts les plus primaires. "Tu comprendras tout ce qui t'unis à cet animal apparemment si éloigné de toi". Seulement voilà, un rat est un rat, nous, nous n’avons pas cette excuse… Andrzej Zaniewski est né en 1940. Sa mère, épouse d’un homme issu d'une bonne famille bourgeoise, devra cacher pendant des années son identité à moitié juive, mais aussi son métier de danseuse. Son père, membre de l'armée clandestine, trahi par ses compagnons, sera interné et fusillé à Auschwitz. D’août 1944 jusqu’à la fin de l'insurrection, en octobre, Andrzej Zaniewski enfant et sa mère se cachent dans les caves à Varsovie. C'est là qu’il entend, pour la première fois de sa vie, des rats derrière le mur. Il vivra toutes les horreurs de cette période, sera témoin d’exécutions. Les habitants des caves survivent grâce à une chèvre, cachée avec eux, qui, à la grande stupeur de l’enfant, sera tuée lorsque devenue trop faible pour donner du lait. Tuée et mangée. Après la guerre, sa mère et lui s'installent à Gdansk dans le quartier du nouveau port, peuplé de trafiquants, de prostituées et de rats. Pour André, l'horreur continue, il voit des pères abuser de leurs propres filles. Il grandit dans un monde brutal et sordide. Sa mère tombe malade, la schizophrénie. Pour fuir tout ça, il étudie l'histoire de l'art et s’adonne à la poésie, mais sans succès, puis fait une tentative de suicide suite à un chagrin d’amour. Andrzej Zaniewski entrera au parti communiste, et sera membre de l'association des écrivains polonais, contrôlée par le parti. Il n’a jamais été apprécié en Pologne.

 

 

Sainkho_Lugano.jpg1 chanteuse Je ne me souviens plus où et quand j’ai entendu Sainkho Namtchylak la première fois, mais je sais que ce fut une révélation instantanée : voilà MA chanteuse préférée. Artiste hors norme, intégrale, véritablement habitée par l’’esprit du chant, puisant aux techniques ancestrales des nomades d’Asie centrale et dans une recherche contemporaine des plus originales. Sa voix voyage dans les tessitures les plus diverses, du chant cristallin au cri animal, de l’ultra aigu à l’ultra grave. Écouter Sainkho, c’est faire ce voyage dans l’autre monde, là où le vent des steppes se conjugue au souffle des esprits. Sainkho Namtchylak est née de parents instituteurs et grands-parents nomades dans un petit village de la République de Tuva, au sud de la Sibérie, à la frontière de la Mongolie. Les Tuvas sont célèbres pour leur chant diphonique, le « khöömei », appelé aussi chant de gorge. Elle étudie le chant au collège et s’intéresse particulièrement aux chants chamaniques réservés aux hommes. Non reconnue par les instances locales, c’est à Moscou qu’elle finit ses études et découvre l’improvisation. Parallèlement, elle s’initie aux différentes techniques vocales lamaïstes et chamaniques sibériennes. Elle commence sa carrière avec un ensemble folk de l’Etat de Tuva et part en tournée sur d’autres continents. En 1988, elle rejoint l’ensemble jazz Tri-O et se fait remarquer par les médias occidentaux. Elle enchaîne alors les expériences artistiques, les tournées, s’installe en Europe et participe à des créations chorégraphiques, théâtrales et cinématographiques. Sa discographie compte une bonne vingtaine d’album mais en plus de Out of Tuva, enregistré entre 1989 et 1993 à Kyzyl, Moscou, Paris et Bruxelles, sorti en 1993, images.jpgje citerai tout particulièrement Naked Spirit, 1998, images.jpgqui porte bien son nom,

 

 

 

 

 

 

sainkho_stepmothercity.jpgpuis plus électro, mélange de sons expérimentaux, de frénésies vocales et mélodies planantes, "Stepmother city", 2001

 

 

 

 

 et l’album Who stole the sky, 2003,

 

 

B0001M0KWK.01._SCLZZZZZZZ.jpgchanté en trois langues, le russe, l’anglais et la langue de Tuva, enregistré en Italie avec la participation de nombreux musiciens italiens et internationaux. Et toujours ce savant et surprenant métissage du traditionnel et de l’avant-garde.

 

 

 

 

 

 

 

 arton633-997f0.jpg1 recueil : le mien ! Celle qui Manque, paru en janvier chez Asphodèle, dans cette collection Minuscule qui m’avait tant plue en y lisant mes prédécesseurs et je suis donc vraiment ravie d’en être. Celle qui manque n’est pas racontable : « Si j’écris donc, je vais mot dire. Cris, clameurs, siècles, foules et le chuchotis d’une fleur./C’est vrai, un rouge-gorge peut m’arracher des larmes. Une mésange au soleil. Du pain trempé, une flaque d’eau. Douce lumière du présent parfait. Le sourire intérieur s’épanche aux lèvres./Partager ? Alors j’écris, je te parle, du fleuve, du cœur. Je te parle du labyrinthe et je crois savoir que tu m’attends là. Au centre, au cœur de la cible. » Et pour accompagner le texte, quelques-uns de mes gribouglyphes qu’on peut voir aussi parmi d’autres bizarteries ici :

http://ledecompresseuratelierpictopoetiquedecathygarcia.h...

 

 

 

RÉSONANCES 38

 

microbe_163.jpg1 REVUE Plutôt que prendre des antidépresseurs pourquoi ne pas s’abonner à la revue Microbe ? Petite mais costaude, cette excellente revue est fabriquée d’une main (l’autre c’est pour tenir la bière) par deux complices qui tour à tour se refilent la bestiole, j’ai nommé Eric Dejaeger (déjà connu de nos services) et Paul Guiot. Microbe a contaminé bon nombre d’auteurs qui ont tous en commun un solide sens de la dérision et je cite « concision sans concession, intellisibilité (mais pas trop), humour… et plus si affinités. » et en plus Microbe se mouche de belles illustrations en nb. En abonnement simple mais aussi abonnement +++, avec 5 mi(ni)crobes, chacun imprégné d’un auteur choisi parmi les microbiens comme il faut. Microbe est donc « La revue qui refuse de jouer dans la cour des grands ! » et c’est tant mieux, car c’est comme ça qu’elle fait du bien par où elle passe, une dose de simplicité salutaire et un décapant très efficace contre la morosité ambiante. Oui, il m’arrive d’en être (de Microbe pas de la morosité !) et j’en suis pas peu fière.

Adresse du laboratoire : Launoy 4 B-6230 Pont-à-Celles – Belgique/ Contact : ericdejaeger@yahoo.fr.

 

 

9782918329091.jpg1 RECUEIL Tout frais et tout bon, Nos parcelles de terrain très très vague de Marlène Tissot (Ed. Asphodèle - Coll. minuscule). Marlène que vous avez pu lire à plusieurs reprises dans cette revue et qui est une de ses plus anciennes complices. J’adore les textes de Marlène, à la fois doux et percutants et qui tapent au cœur de la cible, c'est-à-dire ton cœur à toi, lectrice-lecteur. À lire et à offrir. Dans la même collection, il y a aussi l’excellent Little man de Thomas Vinau. Voir : http://asphodele-edition.pagesperso-orange.fr/

 

 

 

 

maulin.jpg1 ROMAN Je suis tombée par hasard à la bibliothèque sur Les évangiles du lac d’Olivier Maulin (L'Esprit des Péninsules, 2008), la photo en couverture et la présentation en quatrième l’ont mis rapidement dans ma poche et puis naturellement j’ai commencé à le grignoter… Et alors là, totale jubilation ! Jamais, je crois, je n’ai autant ri en lisant un livre, rire partagé, car ce livre il faut le lire à haute voix à quelqu’un que vous aimez bien, voire beaucoup. J’ai adoré ce roman merveilleux et déjanté, il est absolument génial ! Et pas que drôle, noir aussi, car il enchante pour mieux parler du désenchantement et le final vous met une grosse claque, parce que ce qui peut faire pleurer de rire est forcément tragique aussi. Irrévérencieux, intelligent, décapant, exaltant, jouissif… Bref, un livre à lire au coin du feu en organisant une veillée de lecture avec de bon(ne)s ami(e)s et plusieurs bouteilles de schnaps – vous comprendrez pourquoi en le lisant. Olivier Maulin est un auteur qui réveille, bien ancré dans l’aujourd’hui que certains n’ont pas encore vu venir…  Du même auteur : Dernier combat, (Rencontres, 2001) ; Isabelle, (00h00, 2002) ; En attendant le roi du monde, (L’Esprit des Péninsules, 2006), réédité dans la coll. Pocket (2008) et que je vais lire très prochainement ; Derrière l'horizon et enfin Petit monarque et catacombes, (L'Esprit des Péninsules, 2009). Né en Alsace en 1969, Olivier Maulin vit et travaille à Paris. Après avoir étudié l’histoire du Brésil à la Sorbonne et avoir exercé divers métiers – employé de banque, barman, conférencier, vendeur de sapins de noël ou facteur -, il écrit aujourd’hui pour la presse notamment sur l’écologie.

 

 

 

 

600full-ki--duk-kim.jpg1 RÉALISATEUR, Kim Ki-Duk est un de mes réalisateurs fétiches. Réalisateur autodidacte, atypique, ses films sont tous sauf attendus et manichéens, ses personnages sont complexes comme la nature humaine et on ne sait jamais où cet enfant terrible du cinéma sud-coréen va nous emmener. Alliant un sens profond de l’esthétique, l’attrait de la marge et une audace certaine, Kim-Ki Duk est un réalisateur dérangeant et extrêmement créatif. Printemps, été, automne, hiver et… printemps (2003) est à mon goût un véritable chef d’œuvre, mais L’Arc (2004) est tout aussi splendide. Ensuite, je citerai L’île, son premier succès (2000), Bad guy (2001), Samaria (Ours d’Argent du meilleur réalisateur en 2004). Il y a aussi Adresse unknown (2001), Locataires (2004) et Time (2006) . Il n’y a que Coast Guard (2002) que j’ai moins apprécié. Il est impossible malheureusement de trouver en DVD ses trois premiers films, ni pour l’instant les derniers : Souffle (2007) et Dream (2010). Kim Ki-Duk compte parmi les réalisateurs les plus marquants de la nouvelle mouvance du cinéma coréen, cinéma que j’ADORE et considère comme l’un des plus inventifs et des plus intéressants de notre époque, mais Kim Ki-Duk demeure véritablement à part. Né à Bonghwa, dans le nord de la province Kyungsang, il grandit dans un village de montagne. À neuf ans, il déménage avec ses parents à Séoul, puis doit quitter le lycée après que son frère ait été renvoyé de l'école. Son avenir semble alors tracé : école d'agriculture puis travail à l'usine dès 17 ans mais trois ans plus tard, il s'engage dans les Marines, puis pense à devenir prêtre les deux années suivantes. Ce qui est constant chez lui, ce sont ses aspirations artistiques, notamment une passion pour la peinture qui le pousse, en 1990, à quitter son pays pour venir étudier le dessin et la peinture à Paris. C’est là qu’en vendant ses peintures pour survivre, il découvre le cinéma. De retour en Corée, il y écrit son premier scénario en 1994, Painter and prisoner, grâce auquel il se voit décerner le Prix de la Création par l'Association des Scénaristes. L'année suivante, il remporte le Grand Prix du Scénario, délivré par la Commission du Film Coréen, pour Illegal crossing. En 1996, il met en scène The Crocodile, un premier film poétique et violent, confus mais sans doute déjà prometteur, suivi de Wild animals. Les deux films sortent dans un anonymat quasi total. Puis il parvient tant bien que mal à monter Birdcage Inn, qu’on dit plus doux et nostalgique, et ensuite vient donc L’Île et le début d’un succès grandissant, et à mon avis donc, amplement mérité.

 

Autres films sud-coréens que je vous conseille (liste non exhaustive) :

 

De Park Chan-wook, Old boy old_boy_poster.jpget Thirst index.jpg(il y a aussi Je suis un cyborg mais que je n’ai pas – encore - vu).

 

 

 

 

 

 

 

De Bong Joon-ho, les excellents Memories of murder et Mother (il a fait aussi The Host qui n’est pas mal du tout). index.jpg


 

 

 

 

 

 

 

 

De Lee Chang-dong, l’excellent Oasis 51NJPWADVVL._SL500_AA240_.jpget Secret Sunshine (et Poetry qui vient de sortir et que j’ai hâte de voir, par contre son Perpermint Candy, pas aimé du tout).

 

 

 

 127790-b-secret-sunshine.jpg

 

 

208_44683.jpgDe Lee Jung-hyang, Jiburo, à voir en famille, sur le choc des générations, un magnifique et très émouvant hommage aux grand-mères.

 

 

 

 

 

  index.jpgDe Yim Phil-Sung, le glacial et très prenant Antarctic Journal

 et   Hansel et Gretel, index.jpgun faux film d’horreur mais un vrai conte noir.

De Kim Hyeong-Jun, images.jpg No Mercy

 

 

windstruck.jpgDe Kwak Jae-young, Windstruck, drôle et touchant

et de Jang Sun-woo, le sulfureux Fantasmes.  38695.jpg


 

 

Et puis pour les enfants,

516WK7QK4VL._SL500_AA300_.jpgMari Iyagi de Lee Sung-gang, absolument superbe et très poétique et

18385954.jpg-r_160_214-b_1_CFD7E1-f_jpg-q_x-20040723_121140.jpgOseam de Seong Baek-yeop, un conte de fée moderne inspirée d’une ancienne légende coréenne.

RÉSONANCES 37

 

Nouvelles rubrique dans la revue initiée avec le numéro 37 voici, les résonances.

 

Quelques échos  de ce qui est entré en résonance avec ma propre vibration et sans aucune logique chronologique. Il ne s’agit pas forcément de parler de « nouveautés ». CG

 

1 REVUE : Pages Insulaires n°13 – Juin 2010 

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Un très passionnant numéro tout autour de Maurice Couquiaud, et la transdisciplinarité, et pour en savoir plus à ce sujet, un site : http://basarab.nicolescu.perso.sfr.fr/ciret/index.htm

 

1 FILM : Les  Tortues volent aussi de Bahman Ghobadi - Irak/Iran, 2003

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Premier film irakien tourné après la chute de Saddam, un film fort qui vous prend aux tripes. Sans détour, gênant sans doute pour certains, mais nimbé aussi d’une vraie douceur comme un voile à peine posé sur l’extrême cruauté et le non sens de toute guerre, et que le moindre souffle pourrait à nouveau emporter. Plutôt qu’en parler, je préfère me rapporter à ces vers d’un poème de Wislawa Szymborska, La fin et le Commencement :

 

Après chaque guerre
quelqu'un doit faire le ménage.
L’ordre quel qu'il soit
ne se fera pas tout seul.

 

Et là-bas comme ailleurs ce sont souvent les enfants qui font le ménage et se ramassent les pots cassés…

 

1 LIVRE : Les deux fins d’Orimita Karabegović de Janine Matillon (M. Nadeau 1996)

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Alors qu’on a exhumé, quinze ans après, des corps de musulmans bosniaques d’un charnier près de Srebrenica, et que plus de 700 victimes identifiées provenant d’une centaine de fosses communes ont été enterrées le 11 juillet au centre mémorial de Potocari, à l'occasion du quinzième « anniversaire » du massacre de Srebrenica, j’avais déjà depuis quelques jours entamé ce livre, sachant que ce n’est pas exactement ce qu’on appelle dans le monde à la mode, un roman d’été… Troublante coïncidence en tout cas, car je ne m’attendais pas à ce qu’on reparle tout à coup dans les médias de ces atroces massacres si vite oubliés, sans parler de la lamentable passivité pour ne pas dire complicité, des autres pays d’Europe, entre autre. Dans ce livre, paru à peine un an après la fin de cette guerre, Janine Matillon nous plonge directement dans le ventre de la bête. Son héroïne, Orimita, est une jeune étudiante bosniaque et musulmane, qui parle plusieurs langues et qui prépare à l’université de Zagreb une thèse sur Mallarmé et la logique négative, espérant devenir professeur de littérature française. Le premier jour où la guerre frappe, elle assiste à un mariage à Vukovar, et le plafond de la salle s’écroule sur la table de noces et sur les convives. Pendant quelques mois, elle reste avec les survivants dans une cave avant de se retrouver emportée dans les flots de réfugiés. Elle finit par être arrêtée et brutalement embarquée avec beaucoup d’autres femmes, dont certaines meurent en route, vers d’immenses poulaillers transformés en camp.

 

Là, Orimita et onze autres jeunes femmes de sa condition, sont très vite choisies pour subir un sort privilégié. Mises à part dans un autre bâtiment, une ancienne école, elles sont nourries et bien traitées, sous l’égide d’un professeur attentionné, qui leur administre journellement des cours, c'est-à-dire un lavage de cerveau idéologique.

Ces douze jeunes femmes apprennent très vite qu’elles sont destinées à être purifiées, non pas par la déportation et la mort, mais par l’ensemencement quotidien de valeureuse et orthodoxe sève serbe, jusqu’à ce qu’elles en portent le fruit, ce qui leur offrira l’incroyable chance d’être accueillies au sein du seul et grand peuple légitime, le peuple astral des Balkans et d’être lavées à jamais de leurs souillures d’origine. Ce roman nous embarque donc dans le pire, avec pourtant une force poétique incroyable. C’est un roman viscéral, l’héroïne toujours au bord de basculer dans la folie, certaines de ses compagnes y sombreront totalement, et disparaitront de nuit, le fameux camion de minuit, et seront remplacées par d’autres comme si de rien n’était, car l’horreur est là, d’autant plus atroce qu’elle est pour un temps étouffée, déguisée, camouflée. Orimita, hantée par Mallarmé y puise sa force, se protège par des couches de glace, de neige, combat le feu des obus, des massacres, de la violence et du sang, par le froid intense, la nudité des paysages à jamais glacés, tout son être se congèle de l'intérieur. La poésie la sauve pour un temps mais la rage monte, insidieusement, la rage envers les épurateurs mais aussi, et peut-être encore plus fortement, pour le pays tant aimé, le pays de littérature, la France, dont elle ne peut croire la trahison, l’abandon, la langue de bois des technocrates « laissons le temps au temps » dit le président de France, pendant que le temps avance à coup d’obus, de chars et de tanks, dans ses grosses bottes de crapules saoules, et les têtes tombent sur les omoplates, et les membres se mélangent, détachés de leurs corps, et massacres, viols, pillages, incendies, se succèdent à la barbe de l’ONU et toute l’inexprimable horreur de cette démence qu’on appelle la guerre, et « il faut laisser le temps au temps », pendant que tous les ministres, présidents, diplomates, militaires de France, d’’Europe et d’ailleurs ont « le sentiment d’avoir établi une bonne base pour la solution négociée », et d’ailleurs vient le temps où les réfugiés peuvent rentrer chez eux, chez eux c'est-à-dire chez les conquérants, qui les renvoient sur des terrains truffés de mines, mais si les réfugiés rentrent chez eux, directive de l’Europe, il n’y a plus de réfugiés, effacés les réfugiés, disparus et enterrés les massacrés, les membres, les têtes, les corps, oubliés les massacres… Et chez Orimita, la rage monte insidieusement, une rage folle et froide, et quand elle se retrouve avec un groupe armé bosniaque, les siens donc, c’est un autre Islam qui monte, le sang appelle le sang, et un Moudjahidine lui impose un foulard sur la tête sous peine de l'égorger, et même ceux qui se sentaient plutôt athées voient monter en eux la colère d’être considérés autres, différents, et donc la rage de l’être jusqu’au bout, intégralement, la haine appelle la haine et tout vole en éclat…Et chacun voit sa vision de plus en plus obstruée, étroite, l’autre est l’ennemi, l’autre est le tueur et doit être tué, "la Croatie aux Croates" lui lanceront les nouveaux occupants de son appartement, et il devient impossible de retourner à la normalité, impossible ne serait-ce que de la supporter, quand on est allé aussi loin en enfer, même la littérature et la poésie n’y survivent pas. Deux fins seulement sont possible pour Orimita Karabegović, mourir ou tuer.

 

Janine Matillon, épouse de l’écrivain ex-yougoslave Stanko Lasic, a enseigné et vécu 15 ans à Zagreb, enseigne le croate, le bosniaque et le serbe à l'école des langues orientales à Paris.